Décidément, les grands du Thrash se sont donnés le mot ! Anthrax réalise le Kings Among Scotland, concert qui voit les Américains reprendre entièrement leur album phare, Among The Living et Overkill, lui, sort enfin le Live At Overhausen, peut-être le concert le plus important de sa carrière. En effet, Bobby Blitz et sa bande y avaient interprété, non pas un seul album culte, mais bien deux : Feel The Fire (1985) et Horrorscope (1990) ! Son illustre chanteur, Bobby Blitz, a bien voulu revenir sur le pourquoi du comment de l’affaire ! 

Propos de Bobby Blitz (chant) recueillis par Axel Meu


Un an après The Grinding Wheel, Overkill publie le Live at Overhausen, concert capté à Oberhausen en Allemagne en Avril 2016. Vous y aviez joué deux albums dans leur intégralité : Feel The Fire (1985) et Horrorscope (1990). Pourquoi ?

Car nous en voulons toujours plus ! Cette idée m’est venue à l’esprit quand nous étions à l’Alcatraz Festival (2015, NDLR). Nous sommes sous contrat chez Nuclear Blast, et nous devions sortir un DVD live. D.D. (Verni, basse, NDLR) se trouvait à proximité de moi et je lui ai proposé d’interpréter non pas un seul album dans son intégralité, mais deux. Suite à cela, il m’explique que nous pourrions très bien faire Feel The Fire et Horrorscope. Le label manager de Nuclear Blast se trouvait dans les parages, nous lui avons suggéré l’idée, et il a accepté ! Je suis fier, car Overkill s’est impliqué de A à Z dans la réalisation de ce projet : aussi bien pour les backdrops, que pour le management de l’équipe que pour les t-shirts et la conception des tickets « oldschool ». 

Pourquoi avez-vous opté pour l’Allemagne et la ville Oberhausen ?

Pour commencer, nous avions déjà immortalisé par le passé une de nos dates aux États-Unis, chez nous, dans le New-Jersey, en 2002 (le Wrecking Everything : An Evening In Asbury Park, NDLR), donc ça n’aurait eu aucun sens de le faire à nouveau chez nous. En fait, lors de notre première grosse tournée européenne, en 1986, nous étions passés par l’Allemagne, la Hollande et la Suisse. C’était dans le cadre du « Metal Hammer Road Show » ! Figuraient également à l’affiche Anthrax et Agent Steel ! Et le concert qu’on avait donné à Bochum, ville qui se situe à quelques kilomètres de Oberhausen, avait été capté. Revenir ici pour enregistrer ce fameux DVD, c’était un peu faire un clin d’oeil à nos débuts.

Oui, en tout cas, quand on compare les images entre ces deux vidéos, on peut vite s’apercevoir qu’il y a une sacrée différence en termes de qualité d’images. La technologie a cruellement évolué depuis. (rires)

Oui, il y a trente ans, il n’y avait que deux caméras et elles étaient très grosses. C’étaient des sortes de gros caméscopes. Elles étaient assez ridicules quand y pense, mais à l’époque, c’était à la pointe de la technologie. Aujourd’hui, c’est totalement différent. Il y a des caméramans qui te suivent et tout est en haute-définition. Ceci dit, en 1986, nous n’avions pas le choix. Il fallait faire avec les moyens du bord. Aujourd’hui, on a tout à notre disposition ! 

J’aimerais revenir sur le choix de ces albums. On peut comprendre la raison pour laquelle vous avez décidé de jouer Feel The Fire en entier. C’est votre premier, et le plus important. Pourquoi avoir repris Horrorscope ? 

On voulait également fêter le 25ème anniversaire d’Horrorscope. Ceci dit, Horrorscope est plus important qu’on ne le croie. Il sonne de manière différente. C’était toujours du Thrash pour l’époque, mais il témoignait de l’évolution à l’époque. On avait enfin compris que l’on pouvait faire du thrash tout en restant groovy. Horrorscope contient à la fois des parties Heavy, très groovy et des parties très Speed. 

Et surtout, Horrorscope est le premier album du groupe avec deux guitaristes à son bord. 

Oui, et ça a changé beaucoup de choses ! Notre approche était totalement différente, après, nous avions toujours pensé Overkill avec deux guitaristes. Et enfin nous avions deux guitaristes avec Horrorscope ! Si Feel The Fire signait le début d’une ère pour le groupe, Horrorscope avait inauguré le deuxième chapître du groupe. Après que cette album est sorti, nous avons eu beaucoup de propositions pour jouer un peu partout. Les ventes étaient très bonnes également ! 

« La fatigue, c’est dans la tête. Et quelque soit le durée du concert, nous donnons tout. Rien n’est superficiel chez Overkill ! »

Au cours de cette date unique, vous aviez donc joué 21 morceaux, ce qui est vraiment beaucoup ! Le concert était construit en deux parties… Vous aviez interprété Horrorscope en premier, puis Feel The Fire, et le groupe n’a jamais perdu en intensité au fil du concert…

C’est sûrement grâce à la coke et au whisky ! (Rires) Tu sais, la scène a toujours été notre drogue. Les fans qui nous voient régulièrement sur scène savent qu’Overkill est un groupe qui trouve son essence sur scène. Nous adorons nous produire et saisir de nouvelles opportunités. Quand une opportunité de gig s’offre à nous, nous fonçons la tête baissée ! Et il ne faut jamais penser à la fatigue que cela peut engendrer, en fait. Et en ce qui concerne le fameux concert à Oberhausen, j’aurais pu me produire une heure de plus si on m’en avait laissé la possibilité ! La fatigue, c’est dans la tête. Et quelque soit le durée du concert, nous donnons tout. Rien n’est superficiel chez Overkill !

Vous avez donc joué ces deux disques dans leur intégralité… N’était-il pas trop difficile de ne pas jouer d’autres classiques comme « I Hate » et « Elimination » ? 

Pas forcément ! Les fans ont eu leur dose de classiques ce soir-là, comme « Rotten To The Core » et « Fuck You »… Puis, nous ne jouons pas toujours les mêmes classiques au cours de nos concerts, ils sont interchangeables. Ce n’est pas un problème en soi… Tant que l’adrénaline est au rendez-vous, ça me va ! 

À Oberhausen, vous avez joué quelques raretés, notamment « Live Young, Die Free »… Puis, il y avait « Soulitude » que le public n’avait pas vu « live » depuis 1992 ! Comment les répétitions se sont-elles déroulées ? 

La situation était unique. Et notre ancien batteur, qui était à nos côtés pendant plus onze ans, nous a dit qu’il ne pouvait pas assurer la tournée que nous avions programmée et cette fameuse date. Mais tout était prêt ! Il fallait qu’on assure la tournée et nous nous étions engagé pour le DVD. Notre ingénieur-son, Eddy Garcia, qui est un batteur professionnel, nous a dépannés pour la tournée et le concert à Oberhausen. Il connaissait bien les morceaux, puisqu’il était dans l’équipe presque aussi longtemps que Ron Lipnicki (l’ancien batteur du groupe, NDLR). Tu me parles du morceau « Soulitude ». Il est très important pour moi… Reproduire ce morceau en 2016, c’était un peu séjourner dans notre passé, à l’époque où j’aspirais à devenir un meilleur chanteur, ce que j’avais essayé de faire sur le morceau « The Years Of Decay »… C’était très bien ! 

Le concert est entrecoupé d’interventions de deux figures du milieu : Eddie Truck (That Metal Show) et Thomas Kupfer (Rock Hard – DE). Pourquoi les avoir choisis ? 

Ce sont des personnes que nous connaissons depuis très longtemps… Eddie, par exemple, était là à nos premiers concerts. Ce n’est pas un gars comme les autres. Par exemple, l’autre soir, on parlait de baseball ensemble. En ce qui concerne Thomas Kupfer, je l’ai rencontré au cours de notre première tournée Européenne, lorsque nous étions passé en Allemagne. Aujourd’hui encore, lorsqu’il est de passage aux États-Unis, il passe chez moi et on se fait un petit barbecue… Nous les connaissons depuis nos débuts, et nous avons de sacrés souvenirs ensemble, et il était donc normal de les faire intervenir. C’étaient les mieux placés !  

Thomas Kupfer était-il déjà journaliste à l’époque ?

Oui ! Rock Hard n’était encore qu’à ses débuts ! Je me souviens, ce n’était que des copies en noir/blanc ! 

L’un de ces deux protagonistes dit dans le DVD, je cite : « Overkill est un groupe qui est « underrated »  » (comprenez, sous-estimé)…

Je ne sais pas si « underrated » est le bon terme. Tu sais, ça renvoie à l’image de « outsider ». Nous sommes arrivés juste après les autres groupes… C’est comme si nous étions en ligue 2 ! Nous sommes l’équipe qui domine notre championnat, le petit championnat… Mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas surprendre ! Au contraire ! 

J’imagine qu’il n’y aura pas de tournées pour promouvoir ce nouveau DVD. Il peut être difficile de reproduire ce même concert tous les soirs à l’identique… 

Peut-être que nous allons le reproduire au Rock Hard Festival (GE). Thomas sera là… Mais ce ne sera pas le DVD en entier. Nous le ferons en format « 15 morceaux »… Il y aura d’autres classiques, comme « Elimination » et « Ironbound »… Mais cette fameuse date à Oberhausen est censée restée unique ! C’est juste un « one shot » ! Nous avons juste fait quelque chose d’unique, et jouer deux albums en entier d’affilée (ce que Testament a pourtant fait dernièrement en interprétant The Legacy et The New Order dans leur intégralité, NDLR). Ça a marché, et nous en sommes très fiers ! 

Overkill a-t-il déjà commencé à travailler sur le successeur de The Grinding Wheel ? 

Oui ! Et avant que tu ne m’appelles, j’étais en train de retravailler quelques textes. Nous avons, à l’heure d’aujourd’hui, dix titres qui sont à l’état de démo, et j’ai les paroles et les arrangements vocaux de cinq d’entre eux. Si tout va bien, l’album devrait sortir en février 2018, soit deux ans après la sortie de The Grinding Wheel. 


Line-up : 

Bobby « Blitz » Ellsworth : chant

Dave Linsk : guitare

Derek Tailer : guitare

Carlos D.D. Verni : basse

Jason « Sticks » Bittner : batterie

Discographie : 

Feel the Fire (1985)

Taking Over (1987)

Under the Influence (1988)

The Years of Decay (1989)

Horrorscope (1991)

I Hear Black (1993)

W.F.O. (1994)

The Killing Kind (1996)

From the Underground and Below (1997)

Necroshine (1999)

Bloodletting (2000)

Killbox 13 (2003)

ReliXIV (2005)

Immortalis (2007)

Ironbound (2010)

The Electric Age (2012)

White Devil Armory (2014)

Grinding Wheel (2017)

 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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