Plus le droit de douter ! La France est bien l’un des pays les plus visités par Arch Enemy ! Rien que chez nous, trois visites dans le nord en trois ans ! Alors si nous n’avions pas eu la chance de figurer parmi les villes visitées par la tournée « équation succès » : Arch Enemy + Wintersun + Tribulation + Jinger = sold out, les Suédois ne nous ont pas oubliés. Ils sont revenus à Lille à l’occasion de leur tournée estivale et quelques heures avant leur prestation « lilloise », Michael Amott nous a ouvert les portes de sa loge…

Propos recueillis par Axl Meu le mardi 6 juin à l’Aéronef (Lille).


Comment votre tournée estivale se déroule-t-elle ? 

Très bien ! Cette tournée durera sept semaines et nous passerons dans quelques-uns des plus grands festivals !

À peine votre tournée commencée, vous faites deux sold out à Strasbourg et à Besançon. Est-ce que cela te surprend ? 

Non, pas vraiment en fait. La dernière tournée européenne que nous avions faite en janvier dernier a également rencontré beaucoup de succès ! Will To Power a été apprécié par l’ensemble de nos fans et il faut également insister sur le fait que la France a toujours été très réceptive à notre musique, depuis pas mal de temps d’ailleurs. Commencer une tournée avec deux shows sold out, ça se prend ! 

Chose à souligner, Arch Enemy ne se contente pas d’un ou de deux passages en France, contrairement à beaucoup d’autres groupes.

Oui… J’adore la France ! À nos débuts, nous ne nous produisions pas très régulièrement en France. Avant, c’était Paris et une autre ville, maintenant, quand nous le pouvons, nous faisons plusieurs arrêts dans votre pays. C’est surtout depuis la sortie de l’album War Eternal que nous avons commencé à vous rendre visite très régulièrement. Parfois, nous nous produisons dans des villes dont nous n’avions jamais entendu parler avant. Mais à chaque fois, tout s’est bien déroulé.

Hier, tu t’es rendu dans un magasin de disques de Lille assez réputé : « Notes en Bulle »… Qu’as-tu déniché là-bas ? 

J’ai également fait un tour à Lille aujourd’hui… Hier, j’ai acheté quelques disques. En fait, je les collectionne. J’aime tous les styles de musique… Mais je me concentre surtout sur les vieilleries. Ça va du Heavy au Thrash en passant par le Punk. Quand je suis en France, je cherche des disques de groupes de chez vous. J’aime beaucoup Sortilège, Warning, Ocean, Trust, Blasphème, Killer, Satan Joker

« Quand je suis en France, je cherche des disques de groupes de chez vous. J’aime beaucoup Sortilège, Warning, Ocean, Trust, Blasphème, Killer, Satan Joker… »

Parlons à présent de votre actualité. L’année dernière fut une année assez chargée pour vous. Vous avez sorti un DVD live, As The Stages Burn, et votre nouvel album, Will To Power. As The Stage Burns n’était pas le premier live que vous sortiez avec Alissa au chant, un autre DVD était sorti, exclusivement au Japon…

Oui, c’est ça. C’était une exclusivité japonaise… War Eternal Tour: Tokyo Sacrifice  est sorti au début de l’année 2016… C’est notre label japonais, Trooper Entertainment, qui s’est occupé de la captation et de la sortie de cet objet. Il ne sortira jamais en Europe, mais on ne sait jamais… ! 

J’ai vu une vidéo d’Alissa en train de regarder le concert que vous avez donné au Wacken (celui de As The Stages Burn) en simulation 3D. Penses-tu que ce genre de procédés finira par se généraliser à l’avenir ? 

(Il réfléchit) Je vois de quelle vidéo tu me parles… Je ne pense pas que les fans regarderont des concerts en 3D chez eux. À vrai dire, ça évolue tellement vite… Si tu m’avais dit il y a dix ans que l’on pourrait se balader dans la rue avec Internet sur soi, je ne t’aurais sûrement pas cru ! En ce qui concerne les concerts, c’est un peu différent. Ce n’est jamais évident de capturer l’essence d’un concert… Quand tu es fan de musique, tu préfères te rendre aux concerts ! Certes, j’ai grandi avec des « live » cultes, maintenant, il y a le streaming, parfois on peut même regarder un concert en direct de chez soi, mais pour moi, le plus important reste le fait de se déplacer pour assister à un concert… Bref, pour moi, 3D ou pas 3D, rien ne remplacera l’expérience « live » ! 

Arch Enemy se produira au Hellfest dans quelques jours. Cette fois-ci, vous serez sur la MainStage 2 alors qu’il y a deux ans, vous étiez sous l’Altar. Les scènes principales ayant pour vocation de faire jouer les groupes « grand public », peut-on dire de la musique d’Arch Enemy qu’elle devient de plus en plus mainstream avec le temps ? 

Non, et je ne tiens pas à ce qu’elle soit mainstream ! Ce que je veux, c’est voir Arch Enemy grossir de plus en plus, et rencontrer le plus de succès… Je n’ai pas envie de jouer de la musique « mainstream ». Ce n’est pas évident de trouver un compromis, mais si nous jouons devant plus de personnes, on pourra faire rentrer plus d’argent pour ensuite proposer des concerts beaucoup plus impressionnants, avec de la pyrotechnie et tout ce qui va avec ! Mais je n’ai pas envie que cela ait un impact sur la musique que l’on propose avec Arch Enemy. Il me tient vraiment à cœur de rester « vrai » auprès de mes fans et de moi-même ! La source d’Arch Enemy, c’est le Death… On veut évoluer en tant que musiciens, mais j’estime que l’on est loin, mais très loin, de ces musiques mainstream ! 

À quel groupe Arch Enemy aspire-t-il  à ressembler ? 

(Il réfléchit) Iron Maiden… En fait, j’éprouve un énorme respect envers ces formations qui ont eu une longue carrière, ces formations, qui, malgré les crises qu’elles ont connues, ont continué contre vents et marées. Bien sûr, je pense à Tony Iommi qui a réussi à conserver l’intégrité de Black Sabbath durant toute sa carrière. Après, bien sûr, il y a Metallica, Slayer, Megadeth et tous les autres…

La musique qu’Arch Enemy m’évoque souvent des sensations très positives véhiculées par le biais des refrains ! 

Oui, et nous ne traitons pas de sujets en lien avec le chaos en fait ! Il fait déjà trop partie de notre quotidien ! Pas la peine d’en remettre une couche ! Nous nous inspirons certes du quotidien, mais par moments, les thématiques que nous abordons sont beaucoup plus intimes. C’est d’ailleurs le cas sur « You Will Know My Name » et « Reason To Believe ».

Le titre  »Will To Power » est-il bien en lien avec le concept de Nietzsche ? 

Oui ! Mais il me faut que je me souvienne du pourquoi du comment de cette affaire ! Je pense que… (il réfléchit)… À l’époque, quand j’en ai entendu parler,  j’avais bien aimé le titre, sa manière de sonner, et les idées que ça véhiculait ! Je n’ai jamais lu ce livre (La Volonté De Puissance, ndlr), mais je peux te dire que ça renvoie à une image positive, comme la plupart des concepts qu’il a développés d’ailleurs. Cela évoque l’homme et son rapport au pouvoir ! 

L’album a surpris, surtout ses passages vocaux clairs sur le morceau « Reason To Believe ». Dans un futur proche, est-il envisageable que ce genre de titres soit monnaie courante chez vous ? 

Je ne sais pas ! Je n’ai pas encore commencé à écrire pour le prochain album… En tout cas, quand je compose, je mets tout à plat. Ce n’est pas pour me faire de l’argent ou quoi que ce soit. Ma démarche est vraiment honnête… Je prends ma guitare et je commence à écrire des mélodies puis ensuite, les paroles. En ce qui concerne « Reason To Believe », c’est donc une « power-ballad » et je me suis ouvertement inspiré des groupes Iron Maiden, Judas Priest et de Dio qui parviennent à faire voyager leurs fans… Nous n’avons pas besoin de toujours jouer à deux cents à l’heure… On peut très bien écrire des musiques profondes chez Arch Enemy, un peu comme Scorpions… Leurs concerts sont géniaux ! Ils fédèrent ! Pareil pour Judas Priest, et même Manowar ! 

« Beyond The Realms Of Death », quel titre ! 

Oui ! Et je me réjouis du fait d’être en capacité d’écrire ce genre de morceaux. Pour « Reason To Believe », on s’est demandé comment il fallait chanter dessus. On ne pouvait pas tout le temps growler sur ce morceau… J’ai écrit les paroles, j’ai consulté Alissa, et ça s’est fait ! Personne ne s’en est plaint pour finir  !

Quelle liberté laisses-tu à Jeff Loomis pour la composition ? 

En vérité, il n’a rien écrit pour le dernier album. Tu sais, c’est toujours moi qui écris la plupart des chansons du groupe. Et je continuerai à en faire autant. Je sais que ça peut être perturbant, mais si tu aimes Arch Enemy, ça ne doit pas trop poser problème.

« Ça n’a pas trop marché pour Bruce, vu qu’il est revenu dans le groupe six ans après ! Donc elle restera ! »

Alissa est actuellement en train de travailler sur son album solo. Sais-tu où elle en est arrivée ? 

Non, je n’en sais rien ! 

N’as-tu pas peur qu’elle parte d’Arch Enemy pour se consacrer entièrement à sa carrière solo, un peu comme Bruce Dickinson et Iron Maiden ? 

Ça n’a pas trop marché pour Bruce, vu qu’il est revenu dans le groupe six ans après ! Donc elle restera ! (Rires) Après, je lui souhaite le meilleur pour son projet ! J’ai eu d’autres projets et je ne suis pas trop regardant par rapport à ça ! 

Oui, tu as Spiritual Beggars à côté toi ! 

Oui ! 

Comment parviens-tu à faire la part des choses entre Arch Enemy et Spiritual Beggars ? 

Arch Enemy me demande plus de temps, plus de travail, plus d’énergie ! Il m’est bien plus difficile de composer pour Arch Enemy que pour Spiritual Beggars. Après, cela ne veut pas dire que je ne prends pas de plaisir à jouer avec l’autre groupe. Au contraire… Mais je ne sais pas vraiment où nous en sommes avec Spiritual Beggars. Nous n’avons rien fait depuis 2016, et je ne sais pas si je vais pouvoir m’investir dans le groupe à l’avenir ! J’ai déjà beaucoup à faire avec Arch Enemy ! On verra bien ce que l’avenir nous réserve, mais pour l’instant, je n’ai rien de prévu avec Spiritual Beggars !

L’année dernière, Arch Enemy s’est produit au 70. 000 Tons Of Metal… Avais-tu participé au « all-star jam » organisé par Jeff Waters, le chanteur/guitariste d’Annihilator ? 

Non. C’était la deuxième fois que nous nous y produisions. La première fois, c’était en 2015. Cette croisière est tout simplement géniale ! 

Elle coûte assez cher…

Oui, pour les fans, je pense que ce n’est pas évident du tout ! Mais à chaque fois c’est complet ! Il faut croire que les metalheads ont de l’argent à dépenser. Après, pour moi, c’est différent, on me paie pour que je me produise au beau milieu de l’océan. C’est fou. Le cadre est paradisiaque et tu vois des groupes comme Venom ! (Rires)

Autre destination moins coûteuse, les Metaldays ! Vous vous êtes aussi produits là-bas, en 2015.

Oui… Pareil, on s’y était également produits quand c’était encore les MetalCamp ! 

À ton avis, quel fut ton apport général dans la musique « Metal » ? 

Ce n’est pas à moi de répondre à cette question, plutôt aux fans ! Tu sais, j’ai été, sans le savoir, impliqué dans le développement de la scène Death Mélodique ! J’ai composé en partie l’album Heartwork de Carcass, des morceaux qui ont fait évoluer le genre. Dans les 90’s, on s’inspirait ouvertement des groupes qui nous ont bercés, comme Iron Maiden. On ajoutait du blast-beat et du chant guttural à tout ça. C’était très excitant, car nous ne savions pas que nous proposions quelque chose de nouveau à l’époque. Avec Arch Enemy, j’ai plus ou moins continué ce que je proposais avec Carcass. Quand je travaillais sur Black Earth, le premier album d’Arch Enemy, je voulais composer des parties de guitare de qualité avec tous ces solos, un peu comme Judas Priest, tout en conservant la vitesse d’un Slayer ou d’un Morbid Angel


Arch Enemy, c’est : 

Alissa White-Gluz : Chant

Michael Amott : Guitare

Jeff Loomis : Guitare

Sharlee D’Angelo : Basse

Daniel Erlandsson : Batterie

Discographie :

Black Earth (1996)

Stigmata (1998)

Burning Bridges  (1999)

Wages of Sin (2001)

Burning Angel (2002)

Anthems of Rebellion (2003)

Doomsday Machine (2005)

Rise of the Tyrant (2007)

Khaos Legions (2011)

War Eternal (2014)

Will to Power (2017)

 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.