C’est le samedi 23 juin que Black Bomb A a investi la MainStage 2 du Hellfest et nous a invités (dès 11h40 du matin !) à vomir notre petit-déjeuner pendant les quelque 30 minutes de son set. Un concert qui a rassemblé beaucoup de monde et s’est déroulé sans encombre devant un public heureux de les revoir sur le site de Clisson. C’est en milieu d’après-midi que nous avons retrouvé Poun et RV, respectivement chanteur et batteur de la formation. Ils nous ont fait par de leurs impressions à chaud et nous en ont dit plus sur l’album éponyme à sortir en octobre ainsi que sur la tournée à venir dès la rentrée.

Propos recueillis par Hyacinthe Hyass Gomérieux.

Crédit photo : Alex Garbowski


Pour commencer merci ! Grâce à vous, on s’est tous chopé un coup de soleil ! Au bout de quatre morceaux, on était tous en train de sortir la crème solaire en profitant du premier vrai show de la journée. Car, on peut le dire, vous êtes LE groupe qui a réellement réveillé le Hellfest. Vous vous en êtes rendu compte sur scène ?

RV : Black Bomb A ramène le soleil (rires). C’était génial !

Poun : C’était une grosse tuerie ! Mais le premier groupe, c’était Redemption, (vainqueur du Voice Of Hell, NDLR) et ça a ramené du monde aussi, c’était incroyable !

RV : Ils ont 25 ans à eux deux ! On s’est tous pris une tarte un peu ! C’est pas que j’ai forcément aimé la musique mais le gamin, derrière la batterie, il est exceptionnel ! Il a 10 ans… 10 ans ! Moi à 10 ans, je jouais pas encore ! J’aurais jamais imaginé jouer de la batterie !

Poun : Tu jouais avec ton zizi toi à 10 ans ! (rires)

RV : Nan, je suis même pas sûr (rires). Je pense qu’à 10 ans je faisais du judo !

Tu as commencé la batterie à quel âge ?

RV : À 22 ans ! Sur le tard ! J’ai fait du judo de 6 ans à 22 ans…

Tu as raté une belle carrière de Judoka en fait ! Tu aurais pu devenir batteur pour Rise Of The Northstar…

RV : Non (rires). Mais il paraît que leur concert était énorme.

Pour en revenir à vous, les gens sont venus en avance devant la mainstage pour vous voir…

Poun : Ouais, on était agréablement surpris. J’ai l’impression de me retrouver en 2012 où c’était une surprise aussi, mais là, j’ai l’impression qu’il y avait plus de monde encore. On ne peut que être heureux sur une scène comme ça. Sur n’importe quelle scène d’ailleurs. Quand il y a des mecs qui viennent te voir, c’est génial.

RV : Là, c’était la même MainStage qu’en 2012. On avait joué un peu plus tard et il y avait un petit peu moins de monde, mais c’était déjà énorme ! Mais là, derrière la console, c’était vraiment blindé jusqu’au bout. C’était génial !

Poun :  Il y avait 57 personnes en moins en 2012 (rires). Oui, c’était une belle communion !

Vous n’avez joué que « Wake Up » du prochain album…

Poun : Que « Wake Up » car c’est le morceau qu’on a clippé et on n’a pas encore sorti l’album donc on ne veut pas tout dévoiler. Et puis, on a qu’une demi-heure donc faut envoyer les morceaux. Déjà là, on poussait. Pas le temps de trop parler.

« Ils ne sont pas beaucoup les mecs qui nous donnent des ordres. Nous, on est des millions, on est des milliards même ! »

Et on peut s’attendre à quoi avec ce nouvel album éponyme ?

RV : À de la brutalité…

Poun : … avec une petite dose d’amour quand même !

RV : De la brutalité, de la mélodie – peut-être pas forcément comme les gens l’entendent – mais c’est du Black Bomb A en fait.

Poun : C’est du Black Bomb A mais plus incisif, plus percutant, plus rentre-dedans, plus direct et peut-être plus engagé aussi au niveau des textes.

Tu avais plus de choses à dire ?

Poun : Oui, tout à fait ! On est arrivé à un état des lieux maintenant où c’est la putain de merde ! Bon, c’était déjà la merde avant, mais là c’est une aberration totale. C’est en train de gangrener tout le monde. Il y a un moment où on était très égoïstes en se disant « T’as vu, dans ce pays-là, ça craint » mais ça gangrène le monde entier en fin de compte.

RV : Ça ne marche bien nulle part, ça ne se passe bien nulle part!

Poun : C’est la quenelle qui passe !

Ce sera très politisé du coup ?

Poun : Pas politisé, mais engagé.

RV : Avec des prises de position, mais ce n’est pas politisé. Il n’y a pas d’engagement politique.

Poun : Ce sera peut-être jugé démago par certaines personnes, genre « Ah oui, c’est bon ! On l’a entendu ton discours – les politiciens, c’est pas bien  – « , mais j’ai besoin de le dire. J’ai besoin de dire qu’il y a un moment il faut se réveiller ! Je pense à « Wake Up », mais y’a un moment, il faut dire les choses. Alors oui, je ne suis pas le premier, mais si on est plus à le dire… Ils ne sont pas beaucoup les mecs qui nous donnent des ordres. Nous, on est des millions, on est des milliards même ! Donc à un moment, les mecs, ils profitent de tout ça, parce qu’ils en tirent parti, mais je pense qu’on est quelques milliards à vraiment en chier.

Cette lutte des classes a toujours existé, et existera sans doute toujours… Il va peut-être falloir attendre encore 20 ans pour qu’il se passe quelque chose…

Poun : Oui, c’est pas nouveau le discours que l’on a, et on dit des choses que tout le monde sait. Y’a un moment, on sent le ras-le-bol, mais tout le monde se dit « Ben ouais, c’est comme ça, mais bon, c’est comme ça ! ». Sauf que dans 20 ans, on sera vraiment les pieds et poings liés, et c’est déjà un peu le cas, donc il faut dire les choses ou alors il faut leur rentrer dedans. Ça va être con ce que je vais dire mais 1789 quoi… C’est une autre histoire, ça a été fait autrement parce que c’était les bourgeois qui ont voulu prendre le pouvoir mais quand même… Je pense qu’il y a une révolte qui devient de plus en plus violente et de moins en moins avec des banderoles. Y’en a encore des manifestations pacifistes avec des banderoles, mais je n’ai jamais été pour ça. C’est bien marrant de faire le tour de Paname, d’aller jusqu’à la Bastille en disant « On n’est pas contents » et puis tout le monde qui rigole, mais pendant ce temps-là, dans le 16è ou à l’Elysée, ils sont peinards en se disant : « Oh ! Ils sont encore en train de faire leur manifestation ces cons-là ! ». Bon, certains me diront : « Hé! Ton discours, on le connaît mon petit bonhomme » mais je répondrais : « Oui  ! Mais je t’emmerde ! Je voulais le dire c’est tout ! ».

Vous avez annoncé les dates de la tournée « Riot Tour » qui accompagne la sortie de cet album et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle est déjà bien fournie…

RV : On est super contents car l’album sort le 12 octobre. Personne n’a rien écouté, à part « Wake Up », et on a déjà quasiment plus de 30 dates avant Noël, c’est fou ! C’est encourageant pour nous !

Vous le sentez comme un nouvel appel d’air pour le groupe, un regain d’intérêt du public ?

Poun : Nous, en tout cas, on repart ! Parce que c’est vrai qu’on a plus de 20 ans d’existence, avec des hauts et des bas, mais là, on est vraiment dans une dynamique, dans autre chose.

« Si on fait un morceau meilleur que « Mary », peut-être que les gens l’oublieront et ne nous le réclameront plus »

Vous avez l’impression de repartir au combat, d’être dans la reconquête ?

Hervé : Complètement ! Après, on n’est pas là pour prouver quelque chose, mais on est juste là pour dire on fait notre musique et on est fier de faire notre musique ! On passe de bons moments ensemble alors on y va !

Les gens qui ont mon âge et le vôtre vous connaissent depuis 20 ans et ont le plaisir de vous retrouver. Mais, on parlait tout à l’heure de Redemption, où sont les jeunes ? Que ce soit sur scène ou dans le public ? Il va falloir les raccrocher ?

Poun : C’est clair ! Y’a un moment où il faut que les jeunes soient là. Faut pas qu’on les laisse se faire mettre des trucs de merde dans le crâne. Il faut pas qu’on les laisse se faire conditionner. Nous, on est encore une des générations où on avait la chance de pouvoir vivre une certaine liberté, mais maintenant les nouvelles générations, on leur dit : « C’est comme ça et c’est pas autrement ». Et quand t’as rien connu de mieux avant, tu te dis : « Bon ben ok, c’est comme ça ». Il faut que nous, on leur inculque des choses en leur disant : « Mec, te laisse pas baiser ! Te laisse pas baiser ! ».

Parmi les dates, il y en a deux dans les Hauts-de-France…

RV : Oui ! Il a le 23 septembre à Dunkerque aux 4Ecluses et il y a le 12 octobre à Anzin. Et cette dernière date est une date importante, c’est le jour de la sortie de notre album.

Vous allez faire quelque chose de spécial pour marquer le coup ?

RV : On ne sait pas, on n’en a pas encore parlé mais…

Poun : On va jouer tous les morceaux à l’envers (rires)

RV : Mouais voilà… (rires). On ne va pas offrir un concert différent, mais un jour de sortie c’est important pour un groupe. La date a été bookée avant la date de sortie de l’album et donc c’est le hasard qui nous fait être dans le Nord pour ce jour-là.

Comment vont se passer ces nouveaux concerts ? Vous allez devoir ouvrir la set-list et pousser les murs ? Peut-on imaginer un set de Black Bomb A sans « Mary » ?

Poun : Oui, il va falloir ouvrir la setlist et ça va être encore plus compliqué parce qu’à chaque album, on a des choses à virer et à rajouter. Si on fait un morceau meilleur que « Mary », peut-être que les gens l’oublieront et ne nous le réclameront plus.

RV : « Mary », c’est un incontournable, c’est vrai !

Vous prenez toujours du plaisir à le faire ?

Poun : Oui oui ! Toujours ! Tu vois là, c’était un plaisir. Tu trouves des trucs, soit tu l’arranges un petit peu différemment ou, pour ma part, j’essaie de la chanter un peu autrement. Tu fais chanter le public et en fin de compte, tu profites autrement de ton morceau. Tu le kiffes moins intérieurement, mais tu partages, tu le donnes, et c’est le résultat de tout ça qui est vachement plus intéressant que de le jouer pour lui-même.

RV: Le titre date de 2004. Il a 14 ans !

Poun : Ouais, c’est un petit ado de 14 ans (rires)

Quelle est la suite de votre aventure ces prochains mois ?

RV : On joue la semaine prochaine en Savoie et après on ne joue plus de l’été. On mixe l’album cet été en fait. On fait une date le 31 août, mais la tournée commencera vraiment mi-septembre. Là, on a joué pour le Hellfest, mais on n’était pas revenus sur scène depuis le 15 octobre. Il faut savoir se faire oublier un peu de temps en temps. Là, on a les crocs, parce que notre envie c’est de faire de la scène. On avait un album à faire et c’était important, mais on veut faire des concerts à se gaver.

Poun : Pour nous, c’est une récompense. On fait du studio, on fait un album, mais pour nous c’est une récompense quand tu dois aller le jouer sur scène !

Quand êtes-vous arrivés et quand repartez-vous de Clisson ? Vous avez le temps de voir un peu les autres groupes ?

Poun : Moi je viens d’arriver, et on va repartir demain soir mais après Alice In Chains je pense !

RV : Moi je suis arrivé hier, mais je n’ai pas eu le temps de voir beaucoup de choses. J’ai vu Hollywood Vampires, pour le fun, parce qu’il fallait aller voir Johnny Depp (rires). Bon alors, c’est bien, franchement c’est pas nul, mais c’est bien.

Et vous dormez où ? Vous avez pris l’option tente ?
Poun : Non, ce soir on est à l’hôtel, près de Nantes, il me semble.

RV : Et moi, on a une maison avec ma femme pas loin.

Poun : Que vous avez achetée ?

RV : On l’a achetéE ce vendredi et on va la revendre lundi avec une plus-value ! (rires)


Black Bomb A, c’est : 

Poun : Chant

Arno : Chant

Snake : Guitare

Jacou : Basse

RV : Batterie

Discographie : 

Human Bomb (2001)

Speech of Freedom (2004)

One Sound Bite to React (2006)

From Chaos Album (2009)

Enemies Of The State Album (2012)

Comfortable Hate (2015)

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