Plus besoin de présenter Exodus, la formation culte de la Thrash Bay Area… On sait tous qu’Exodus ne sortira pas de nouvel album tant que son iconique guitariste, Gary Holt, actuellement en tournée d’adieu avec Slayer, ne sera pas rentré au bercail. Néanmoins, c’est un Steve « Zetro » Souza (chant), toujours plus enthousiaste, rejoint par la suite par Tom Hunting (batterie), qui s’est prêté au jeu de la conférence de presse au Hellfest le 24 juin dernier. La rédaction y était ! 

Propos recueillis par Axl Meu.


Exodus n’a rien à promouvoir ! Qu’allez-vous jouer pour marquer le coup ? 

Zetro : Pour cette tournée estivale, nous avons travaillé des morceaux que nous n’avions pas l’habitude d’interpréter, notamment une de Bonded By Blood ! Nous avons également ajouté « Parasite » à notre setlist ! Pour les concerts plus longs, nous avons ajouté un titre de The Atrocity Exhibition : Exhibit A, c’est « The Funeral Hymn ». Il y a aussi « Beyond The Pale » (Exhibit B: The Human Condition, ndlr) et « Deathamphetamine » (Shovel Headed Kill Machine, ndlr)… Mais ce soir, nous n’avons pas beaucoup de temps… Alors, le groupe a fait un effort pour faire évoluer la setlist ! 

Comment construisez-vous une setlist ? 

Zetro : On n’arrête pas de se prendre la tête ! On a dix albums à notre actif ! Ils sont tous aussi bons les uns que les autres, mélanger et faire la synthèse de notre carrière en une heure de show, c’est un peu compliqué ! Donc, nous faisons en sorte de donner à nos fans ce qu’ils aiment, et ce que nous aimons nous aussi ! 

En tant que pionniers du Thrash Metal, quel regard portez-vous sur la nouvelle scène Thrash ? 

Zetro : Je pense que tout le monde dans la salle a déjà entendu parler du groupe Power Trip, non ? Ils sont excellents ! Ils viennent de Dallas et ont deux albums à leur actif ! Après, il y a Municipal Waste… Ils ne sont plus si jeunes, mais j’aime beaucoup. Mes fils jouent également dans un groupe de Thrash Metal qui s’appelle Hatriot, donc je les écoute… Écouter de nouvelles formations est le seul moyen pour nous, qui sommes sur la scène depuis très longtemps, de trouver de nouvelles idées… Quand j’écoute ce qu’ils proposent, je me dis : « Ah, cool ! Je vais pouvoir m’approprier quelques-unes de leurs idées ! » (Rires) Après, certes, le Rock’n’Roll est un éternel recommencement, mais il faut toujours garder une œil sur ce qui se passe !

Si tu devais transposer une de tes chansons dans un autre style que le Thrash, laquelle choisirais-tu ? 

J’ai toujours pensé que « Bonded By Blood » pourrait faire l’objet d’une excellente chanson de Country ! (Il commence à chanter les paroles en prenant un air de Country)… Regardez, ça rend super bien ! (rires)

Quand le nouvel album d’Exodus sortira-t-il ? 

On sait tous où Gary Holt est en ce moment… Nous voulons le laisser honorer son engagement avec Slayer. Personne ne sait quand la tournée d’adieu de Slayer prendra fin… Mais par exemple, si Slayer prend une pause de trois mois, il ne serait pas raisonnable de demander à Gary Holt d’enregistrer un album. C’est pour cette raison que l’on laisse Gary Holt finir sa tournée avec Slayer. Après, personnellement, je pense que le nouvel album d’Exodus sortira à la fin de l’année 2019, peut-être au début de l’année 2020. Je ne sais pas… J’ai pu écouter quelques maquettes, car je sais que Gary Holt est en train d’écrire des morceaux pour Exodus… En tout cas, je peux vous dire que le prochain album d’Exodus est prometteur ! Il est en nous, ça nous démange tellement… On sait que ça fait quatre ans que Blood In Blood Out est sorti… On le défend toujours, et on aimerait passer à autre chose. Mais regardez, on peut toujours se produire dans de gros festivals comme le Hellfest, et ce, sans rien n’avoir à défendre ! Il y a beaucoup de fans qui continuent à venir nous voir ! Merci à eux ! 

Après plus de 35 ans de carrière, qu’est-ce qui vous motive encore à faire cette musique ? 

Cette musique, c’est ce que je suis ! Je suis né pour en jouer… Certains sont nés pour être journalistes, d’autres photographes, moi, je chante. J’ai renoncé à beaucoup de choses pour faire ce métier. Et après toutes ces années, j’adore toujours aller à la rencontre des fans, me rendre dans un Metal Market, m’amuser. Les fans sont toujours là, à faire les imbéciles dans le pit, et ça, c’est vraiment motivant ! Je le dis tous les soirs : « Tant que vous serez là pour nous, nous le serons pour vous ! Jusqu’à mes 80 ans, ce qui veut dire qu’il me reste un peu moins de 20 ans ! »

« On laisse Gary Holt finir sa tournée avec Slayer (…) je pense que le nouvel album d’Exodus sortira à la fin de l’année 2019, peut-être au début de l’année 2020 »

L’année dernière, vous vous êtes produits dans le cadre du Dynamo Metal Fest. Vous y aviez conçu des t-shirts spéciaux pour cette date sur lesquels était écrit « Make Dynamo Great Again ». Pourquoi ce festival est-il si important à tes yeux ? 

Zetro : En fait, le premier « open-air » auquel j’ai participé en tant que chanteur, c’était le Dynamo en 1988. Il y avait vraiment beaucoup de monde. C’était juste incroyable. C’était le début d’une époque particulière pour le Metal et pour moi-même. Eindhoven est sans doute la ville hollandaise que je préfère. J’aime beaucoup ce pays, son architecture et sa culture… Et bien sûr, tu te doutes que le concert que j’y ai donné l’année dernière avec Exodus avait une saveur particulière pour moi…

Surtout qu’il y avait également Testament avec vous l’année dernière !

Zetro : Oui, et à l’époque, Testament s’y était produit l’année d’avant (Testament avait d’ailleurs réalisé un EP, Live At Eindhoven, ndlr). Nous voir ensemble sur cette affiche, ma vieille formation et mon groupe actuel, c’était très amusant ! 

Pensez-vous remasteriser les albums que vous avez sortis via Capitol Records (Impact Is Imminent et Force Of Habit, ndlr) ?

Zetro : C’est problématique… Tu sais, ça fait pas mal d’années qu’on en parle. Il faut vraiment que l’on réédite ces albums… Je les aime beaucoup, mais ils sont différents. À l’époque, on avait essayé d’atteindre un niveau qui ne nous correspondait pas vraiment. Mais on l’a fait ! Exodus a toujours eu un lien avec la violence… Je me souviens le jour où j’ai vu Exodus pour la première fois. Paul Bostaph avait chanté : « Kick in your face and rape and murder your wife » (paroles de « Bonded By Blood », ndlr), c’était tout simplement incroyable.

Quel est le secret de votre réussite ? À un moment, n’avez-vous jamais eu l’idée d’abandonner ? Je veux dire, vous êtes ensemble 24h/24. Sur le plan humain, ça ne doit pas toujours être évident ! 

Tom : C’est comme un mariage ! Et oui, la vie d’un tour-bus, ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile ! C’est assez étroit, et on n’a pas vraiment intimité ! Partout où tu vas, t’es sûr de tomber nez-à-nez avec un autre membre du groupe ! 

Zetro : Quand on est dans ce genre de groupe. Il faut que tu te mettes dans la tête que tout ça, ça fait partie de ton travail. Il faut que tu t’y fasses… C’est mental, mais c’est la même chose pour tout le monde ! Tom est revenu dans le groupe trois fois, pareil pour moi. Par moments, nous n’étions plus disponibles pour assurer notre rôle au sein du groupe. Ça arrive, c’est la vie. C’est pareil pour vous, les journalistes, vous êtes sans cesse sur la route et ce n’est pas évident. Vous vous rendez aux concerts, vous allez à l’hôtel, à l’aéroport… 

Tom : Parfois, quand nous sommes en tournée en Amérique du Sud, nous louons une chambre d’hôtel pour 25 minutes ! (rires) Alors, on est là à regarder le lit et la douche : « Que vais-je faire ? Me reposer ou prendre une douche ? » Après, il n’y a pas de secret en ce qui concerne la longévité ! C’est une histoire de famille, ce sont des liens infaillibles qui se sont consolidés avec le temps. 

Qu’est-ce qui vous différencie des autres groupes ? 

Zetro : Notre son, notre manière d’attaquer les morceaux, notre approche de la musique… Je ne travaille pas sur Exodus comme j’ai travaillé sur mes autres projets. Ce n’est pas la même mentalité ! Exodus dégage de la violence, de la furie… Ce n’est pas forcément le cas des autres groupes ! 

Oui, votre musique est agressive, mais n’avez-vous pas eu envie, une fois, de débrancher vos guitares et de vous produire en acoustique ? 

Zetro : Jamais de la vie ! Jamais nous ne ferons ça ! Nous n’écrirons jamais de ballade…

Tom : Bon après, il y a « The Ballad Of Leonard And Charles », mais c’est différent ! (Rires)


Exodus, c’est : 

Steve « Zetro » Souza : Chant

Gary Holt : Guitare

Lee Altus : Guitars

Jack Gibson : Basse

Tom Hunting : Batterie

Discographie :   

Bonded by Blood (1985) 

Pleasures of the Flesh (1987)  

Fabulous Disaster  (1988) 

Impact Is Imminent  (1990) 

Force of Habit (1992)

Tempo of the Damned  (2004)  

Shovel Headed Kill Machine (2005) 

The Atrocity Exhibition…Exhibit A (2007) 

Exhibit B: the Human Condition  (2010) 

Blood in Blood Out (2014)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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