A peine arrivé le jeudi soir,  force est de constater que le site est (déjà) noir de monde. Tous se sont donné rendez-vous au HellCity Square, où, comme tous les ans, les premières places pour la prochaine édition du Hellfest sont (déjà, sic) en vente ! Ce jeudi soir, véritable « warm-up », est l’occasion pour les festivaliers de se chauffer devant des formations (déjà, sic) comme The Butcher’s Rodeo et Full Throttle Baby et d’autres cover-bands. De quoi faire la « fête » à la musique dans les meilleures conditions possibles ! Hellfest, nous voilà ! 

Par Axl Meu.

Crédit Photos : Wacken Delciotto


Vendredi 22 juin : 

MALEMORT – Mainstage 02 – 10:30-11:00

Ce groupe faisait partie de nos curiosités, et à vrai dire, ce n’était pas son horaire « matinal » qui nous a contrariés ! Véritable porte-parole d’un Metal moderne chanté en français, les Franciliens menés par Xavier au chant, ont sorti leur plus beau costard et n’ont pas trop de mal à marquer de leur empreinte tout le festival ! Au rendez-vous, des musiques aux rythmiques entraînantes souvent extraites de Ball Trap (comme « Cabaret Voltaire » et « Carnaval Cannibal » – pendant lequel nous surprenons le groupe en train d’inclure les chœurs de « Sea Of Madness » d’Iron Maiden !). Alors, oui, Xavier l’a bien compris, au Hellfest, c’est le « Metal qui nous réunit », et il « représente des centaines, voire des milliers de kilomètres pour certains… » – Et vu la qualité du show, on peut dire que les Parisiens ne se sont pas moqués du monde !

MOS GENERATOR – Mainstage 01 – 11:05-11:35  

Après le Metal moderne de Malemort, place aux vieilleries de Mos Generator ! Pour eux, ce concert, c’est surtout l’occasion de promouvoir leur style, un véritable Rock’n’Roll sans fioritures avec un set qui ne comprend que cinq morceaux (« Lonely One Kenobi », « Shadowlands », « On The Eve », « Catspaw » et « Electric Mountain Majesty ») ! Certes, leurs titres sont très bien exécutés et le fuzz du guitariste n’est pas sans nous rappeler celui d’un certain Tony Iommi, mais ça ne transpire aucunement l’originalité. En plus, les Américains font le strict minimum sur scène… À croire que le Hellfest est un poil trop imposante pour un style qui s’apprécie pleinement dans un club ! À revoir dans d’autres conditions !

THE WALKING DEAD ORCHESTRA – Altar – 11:40-12:10

Avec un nouvel album, Ressurect, sorti l’année dernière via le label américain Unique Leader Records, on avait pu constater une belle évolution pour The Walking Dead Orchestra ! Alors, nouvelle étape, le Hellfest ! Et ils n’ont pas eu trop de mal à encourager quelques bons pèlerins à s’amasser devant la scène. Quelques gros titres sont interprétés et on sent clairement que Florian Gattaz (le chanteur) s’est affirmé au sein du groupe ! Introduit en 2016, il a su amener sa patte et conséquence de ses prises de parole : la fosse se met en mouvement… Dommage cependant que l’ensemble soit resté un poil trop plat. Ça manquait parfois de relief…

THE CHRIS SLADE TIMELINE – Mainstage 1 – 13:35-14:15

La venue de Chris Slade avec son cover-band a surpris. Le batteur n’a rien d’autre à promouvoir, que sa carrière. Néanmoins, c’est devant une foule de pèlerins que l’actuel batteur d’AC/DC se produit… Alors la bonne ambiance est de mise. Chris Slade prend régulièrement la parole pour présenter ses morceaux : « Voilà un morceau que j’ai joué avec AC/DC et avec Axl Rose » avant d’attaquer « Riff Raff », « À l’époque, j’ai eu la chance de me produire au côté de Gary Moore« , une parole qui a débouché sur l’interprétation de « Parisienne Walkways »… Bref, de très belles intentions, mais dommage que la prestation ne soit pas au niveau. Exemple parmi tant d’autres, « The Razors Age » passe mal, mais alors très mal, même si Paul ‘Bun’ Davis (le chanteur qui reprend les standards d’AC/DC) assure. Les autres ? C’est Steve Glasscock qui s’en occupe. Bref, tout n’est pas parfait, mais à voir les réactions du public pendant l’interprétation de « Highway To Hell », il se peut que le cover-band de Chris Slade fasse encore parler de lui !

JOAN JETT AND THE BLACK HEART – Mainstage 1 – 16:45-17:35

Joan Jett est une pionnière du genre ! Alors, la voir se produire dans le cadre du Hellfest, c’est un peu un événement ! C’est même la première fois en plus de vingt ans que la rockeuse pose ses flight-cases en France ! Rien de spécial à promouvoir dans le cadre de son concert, si ce n’est le documentaire Bad Reputation qui doit voir le jour courant septembre ! Au cours de ce concert, ont donc été au rendez-vous quelques incontournables : « Bad Reputation », « Cherry Bomb » (The Runaways), « You Drive Me Wild », « I Hate Myself For Loving You » et bien sûr l’incontournable « I Love Rock ’n’ Roll ». Pas de grandes surprises, mais on a pu noter l’apparition d’un nouveau morceau, « Fresh Start », qui sert de support pour le prochain documentaire. C’était un beau concert, les titres étaient bien interprétés et les hymnes de l’ex-Runaways étaient l’occasion pour les Rockers de se retrouver et de faire la fête… Dommage cependant qu’une grosse partie du public ne soit venu que pour écouter « I Love Rock ’n’ Roll »(sous ce soleil de plomb, le public s’est évaporé par la suite !). En même temps, il est cruellement fâcheux qu’aucun artifice n’ait été mis en place pour dynamiser le concert. C’était très simple, trop simple comme concert ! Était-ce ce dont on était en droit d’attendre d’une telle légende ? Non. 

DEMOLITION HAMMER – Altar – 17:40-18:30

Groupe culte de la scène Thrash, ses prestations en France restent cependant trop rares. C’était le 9 septembre dernier que le groupe a décidé de revenir en France dans le cadre du Fall Of Summer. On remet donc le couvert au Hellfest ! Et pas grand monde malheureusement pour les accueillir ! Et pourtant, ça Thrash de tous les côtés, les classiques à chaque fois extraits d’Epidemic Of Violence et Tortured Existence sont mis à l’honneur – et il n’y a que les vrais de vrais qui sont là. Dommage, car sans être exceptionnel, le gig des Américains a pourtant tout pour plaire – C’est sans artifices, et Steve Reynolds, le leader groupe, provoque son public à coups de « fucking… fucking… fucking… » pour reprendre ses dires. Bref, il nous tarde de revoir Demolition Hammer… Qui sait, peut-être dans le cadre du Motocultor ?

CROWBAR – Valley – 17:40-18:30

De l’autre côté, il y a la bande à Kirk Windstein sous la Valley ! Alors comme à Cambrai, le groupe s’y produit dans le cadre de la tournée anniversaire de Odd Felow Rest… La tente est archiblindée, et bien sûr, on a le droit aux riffs imparables du barbu, partiellement nourri par la vibe de Tony Iommi. Bref, toujours aussi hypnotisant sa démarche, Crowbar rassure quant à sa forme. Il était donc tout à fait normal que le groupe soit ovationné en fin de partie.

EUROPE – Mainstage 1 – 18:35-19:35 

Il est toujours aussi regrettable de voir que les « non-fans » d’Europe se déplacent toujours en masse pour n’attendre qu’un seul morceau : « The Final Countdown ». Et pourtant, les Finlandais ont d’autres pépites à leur actif, notamment sur leur dernier album, Walk The Earth (qui n’est pourtant promu qu’avec deux morceaux : « The Siège » et « Walk The Earth »). Bref, au Hellfest, Joey Tempest est en forme, enthousiaste et passe la grande partie de son concert à jouer avec les caméras et à prendre la pause ! En fin de gig, il se rend même près de crash-barrière pour saluer quelques fans… Le concert est donc d’excellente facture. Cependant, si « Holy In My Pocket », « War Of Kings » et « Firebox » font vibrer en studio, ils restent néanmoins un poil trop linéaires pour ceux qui ne connaissent que « Rock The Night » et « The Final Countdown ». Bref, à voir les réactions du public à l’issu du final « The Final Countdown », ce dernier n’a pas été sensible à la magie qui s’opérait entre les musiciens sur scène. Dommage.

CHURCH OF MISERY – Valley – 19:40-20:40 // CARNIVOR A.D. – Altar – 19:40-20:40

Un petit concert des Nippons de Church Of Misery, ça ne se refuse pas ! Surtout que le groupe concentre tout ce qui se fait de mieux en termes de Doom/Sludge. Bien qu’il n’ait rien à promouvoir (son dernier dernier album, And Then There Were None… remonte à 2016), il n’a pas perdu de sa superbe sur scène : Tatsu Mikami fait toujours autant vrombir sa basse en frottant ses cordes d’une façon particulière, le chant de Hideki est toujours aussi profond et le groupe revisite toujours aussi bien les gimmicks de Black Sabbath. Les codes de ce dernier sont revisités, poussés à leur paroxysme, et c’est que le pit se transforme en marécage tout vaseux ! Une belle expérience, un peu linéaire, qui nous a poussés à voir ce qui se passait de l’autre côté, sous l’Altar, où Carnivor A.D. se produit ! Véritable légende du Thrash/Crossover, les deux membres d’origine du groupe, Marc Piovanetti et Louie Beato, reviennent sur le devant de la scène pour faire redécouvrir les classiques, Carnivore et de Retaliation. Alors, aucune fioriture, Baron Misuraca, le digne remplaçant de Peter Steele (le mimétisme est absolu) assure ses vocalises et ses parties de basse, pendant que Marc Piovanetti, en uniforme militaire, se contente de reproduire avec exactitude ses riffs… Ce fut une belle prestation, qui, de plus est, était nourri de quelques hommages à l’égard de leur regretté chanteur/bassiste, Peter Steele. 

SÓLSTAFIR – Temple – 20:45-21:45 

Nous n’assistons qu’au premier quart d’heure de la prestation de Sólstafir (conférence de presse avec Judas Priest oblige). Les Islandais ont connu un regain de popularité depuis la sortie de leur dernier album, Berdreyminn. La Temple est archiblindée ! Alors, comme ce fut le cas pour leur tournée promotionnelle, les Islandais axent leur concert sur leurs dernières sorties, mais pas que ! À noter le retour de « Godess Of The Ages »… Bref, Aðalbjörn Tryggvason et sa bande n’y vont pas par quatre chemins et insufflent une couleur locale à l’ensemble de la Temple avec des titres comme « Ótta », limite prog’ dans sa marche… Vraiment, si la musique des Islandais restent un poil en marge, leur énième prestation au Hellfest prouve que Sólstafir est sur le point de devenir le porte-parole d’un mouvement à lui tout seul ! 

SUFFOCATION – Altar – 21:50-22:50

C’est après la conférence de presse de Judas Priest que nous retrouvons le Brutal Death des Américains… Déjà bien entamé, le concert nous fait l’apologie d’une violence maîtrisée avec des titres « rouleaux-compresseurs » comme « Infecting The Crypts », « Jesus Wept », « Liege Of Inveracity » et « Effigy Of The Forgotten »… Alors, les mouvements de nuque de Terrance Hobbs & Co ont donné lieu à des scènes surréalistes. Imaginez là un énergumène déguisé en M&M’s en train de headbanguer sur « Clarity Through Deprivation » ou même ce bonhomme alcoolisé essayant tant bien que mal à jongler avec ses balles devant le pit. Bref, comme d’habitude, les Américains ne laissent personne indifférent ! 

STONE SOUR – Mainstage 2 – 22:20-23:20 

En attendant la prestation de Judas Priest, nous retrouvons pour son dernier quart d’heure de set, le frontman de Slipknot, Corey Taylor avec son groupe Stone Sour. Quelques mots sur le concert… S’il était ponctué par de longues prises de parole, par des artifices divers et variés (confettis et autres étincelles en tous genres), Corey Taylor, en forme, nous assène de morceaux déjà bien connus de son répertoire comme « Fabuless » et « Through Glass » (les deux derniers rappels). Pas besoin d’en faire plus pour Stone Sour, le public est charmé ! Nous sommes désormais prêts à accueillir le Priest ! 

JUDAS PRIEST – Mainstage 1 – 23:25-00:55

Qui n’a pas été surpris par le dernier album de Judas Priest, Firepower ? Excellent, n’est-ce pas ? Mais, malheureusement, le sort s’acharne sur les Britanniques, notamment son lead guitariste, Glenn Tipton, qui doit annuler sa tournée pour cause de maladie dégénérative. Nouveau coup dur donc, pour un groupe qui doit se séparer de son guitariste emblématique, sept ans après le départ de K.K. Downing. Alors, que reste-t-il de Judas Priest ? Si Rob Halford est toujours fidèle à lui-même (il a toujours une garde-vestes extensible), s’il s’amuse toujours sur sa bécane sur « Hell Bent For Leather », si la setlist est imparable (« Saints In Hell » rejoint les autres classiques « Painkiller », « Living After Midnight », « Turbo Lover », « The Ripper »…), la prestation est loin d’être parfaite. Ian Hills et Andy Sneap (le remplaçant que Glenn Tipton) sont invisibles sur scène, et c’est Ritchie Faulker qui vole la vedette à Rob Halford qui peine à monter dans les aigus. Bref, le concert est un peu fade comparé au rêve que nous a vendu le tonitruant Firepower… Encore un groupe qui est incapable de reproduire les prouesses exécutées sur son album… Dommage. À noter que l’apparition de Glenn Tipton, comme ce fut le cas au Graspop Metal Meeting deux jours après, aurait été fortement appréciable ici aussi… Une prochaine fois ! 

THERION – Temple – 01:05-02:05

Pensant me rendre au concert de Satyricon, c’est finalement au concert de Therion auquel j’assiste. Alors, on ne reviendra pas sur l’album fleuve, Beloved Antichrist et ses trois CDs à digérer, que le groupe a sorti… Mais force est de constater que Therion gâte ses fans pour ce dernier concert de la soirée. Une opération séduction composée de gros classiques comme « The Blood Of Kingu », « Lemuria » et « To Mega Therion »… Et aussi surprenant que cela puisse paraître, le groupe ne s’est pas attardé sur son nouveau matériel et ne défend que « Theme Of Antichrist »… Sur scène, c’est clair, ça frôle la perfection. Chacun des protagonistes investit la scène de manière précise et ordonnée. Ce sont surtout les deux choristes Linnea Vikstrom et Chiara Malvestiti, aux personnalités différentes, qui s’accordent bien ! Elles charment leur fans et participent à l’élaboration d’un Opera-Rock. Bref, sans forcément prendre de gros risques, Therion met un terme comme il se doit à la première journée du Hellfest ! 

Quelques déceptions, certes… Mais la première journée a clairement répondu à toutes nos attentes. Programmation éclectique, soleil radieux au rendez-vous, quelques claques… Bref, le Hellfest commence très bien ! 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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