Après une première journée bien réussie dans son ensemble, place à la deuxième ! Et aussi surprenant cela soit-il, les programmateurs ont axé le programme autour de formations plus « modernes », qui ont surtout fait parler d’elles dans les années 2000, comme Bullet For my Valentine, Parkway Drive et Avenged Sevenfold. De quoi susciter l’incompréhension des cinquantenaires avides de vieilleries !  

Néanmoins, la planète « Metal » est affectée dès le petit matin. Comme tout le monde, nous apprenons la disparition de l’emblématique batteur de Pantera, Hellyeah et Damageplan :  Vinnie Paul. Autant dire que notre Hellfest prend une nouvelle tournure… Entre hommages et concerts, la rédaction aura de quoi faire.

Le deuxième jour du Hellfest par Heretik, c’est parti ! 

Par Axl Meu.

Photos : Wacken Delciotto.


HEXECUTOR – Altar – 10:30-11:00

Retour dans les 80’s avec Hexecutor… Un jeune groupe de Thrash Old School breton ! Pourtant formé en 2011, Hexecutor fait tout comme ses aïeux, comprenez les représentants du Thrash Metal teutonique avec en tête de liste, Sodom, Destruction et Kreator. Alors les cartouchières sont de sortie, de même que les guitares Kramer… Alors, peut-être trop kitsch dans leur démarche, les Bretons assènent leur public de riffs crus, imparables très Speed, ceux présentés sur les titres de Poison, Lust and Damnation (« Macabre Ceremony », « La Sorcière du Marais » et les autres…). Bref, merci à eux de nous avoir botté le cul ce matin ! À revoir dans le cadre du Rising Fest (Dijon) en octobre prochain ! 

PENSÉES NOCTURNES – Temple – 11:05-11:35

Signé chez Les Acteurs De L’Ombre Productions, Pensées Nocturnes a suscité par la suite l’admiration des fans de musiques macabres ! Premier rendez-vous au Hellfest pour les Parisiens et une belle opération com’. En effet, au cours de ce concert, on a pu découvrir l’univers poisseux, inquiétant mis en forme par des instruments divers et variés (clavecins, trombone, trompette) et orchestré par le clownesque « Vaerohn », qui s’amuse régulièrement avec un gigaphone pour faire porter sa voix ! Bref, une très belle découverte !

BLACK BOMB A – MainStage 2 – 11:40-12:40 

On ne présente plus Black Bomb A… Qui ne les jamais vus en concert ? Qui n’a jamais fredonné le refrain de « Mary » en soirée ? Pas toi en tous cas ! En tout cas, ce matin, en face de la MainStage 2, c’est la cohue, de quoi ravir le tandem Poun/Arno qui passe son temps à encenser les fans et les gâte avec des titres comme « Double », « Born To Die » et même avec leur nouveau morceau, « Wake Up », présenté sur les réseaux sociaux il y a quelques semaines… Les deux chanteurs se renvoient régulièrement la balle, et voilà que le pit s’embrase ! Et ça ne fait qu’empirer lors de l’interprétation de « Police Stopped Da Way »… Ce dernier sera à l’origine d’un des plus grands wall of death de la journée. Le cultissime « Mary » vient ici – et c’est de la folie ! On s’amuse beaucoup lors d’un concert de Black Bomb A, mais dommage que ce plaisir soit de courte durée au Hellfest ! Il reste encore quelques minutes au groupe… et pourtant Arno nous conseille déjà d’aller nous rendre au concert de Get The Shot ! Pourtant, un ou deux morceaux en plus n’auraient pas été de refus ! 

SAVAGE MESSIAH – MainStage 1 – 12:15-12:45

La dernière fois que la rédaction a assisté à une performance de Savage Messiah, c’était dans le cadre de la tournée européenne d’Amon Amarth (en 2015). Les Britanniques s’y étaient produits en première partie… Depuis, ils ont évolué et ont de nouveaux albums à défendre, notamment Hands Of Fate, le dernier en date. Alors, comme d’habitude, ça joue du Thrash Metal, mais on est cependant très loin de l’authenticité et de la sincérité d’Hexecutor. Disons que la rage des Bretons est partie bien loin ! À la place, on a droit à un Thrash des plus mollassons, assez plat dans son ensemble, à des kilomètres des impressions que nous avait laissées le groupe il y a trois ans… Et pourtant, ça joue ! Dave Silver investit bien l’espace scénique, rend hommage à Vinnie Paul et fait régulièrement tourner son public. Ça bouge bien, mais il manque quelque chose. C’est dommage… Comment expliquer cela ? Une scène trop grande ? C’est sûrement à cause du concert qu’a donné Black Bomb A sur l’autre scène quelques quarts d’heure auparavant…

TREMONTI – MainStage 1 – 15:05-15:55

La dernière performance de Tremonti dans le cadre du Hellfest remontait à l’année 2016. Et tout ne s’était pas passé comme prévu ! En effet, la performance du Guitar Hero avait été déplacée sous la Valley et le guitariste avait dû se produire après Rammstein ! Cette année, tout semble aller pour le mieux pour le guitariste américain, qui doit promouvoir A Dying Machine, son concept-album ! Ses titres, foncièrement différents de ce que le guitariste propose avec Alter Bridge (« A Dying Machine », « Bringer Of War » et « Throw Them To The Lions »), à la frontière du Thrash et Hard, sont très bien exécutés… Le tandem Mark/Eric fait des merveilles sur scène… Et bien sûr, on n’oubliera pas de mentionner l’hommage qu’a rendu Garret Whitlock à Vinnie Paul. Bref, de belles guitares PRS sur scène, un style toujours prégnant, une voix qui ne cesse de gagner en assurance… On n’en demandait pas plus de la part de la bande à Tremonti !

BULLET FOR MY VALENTINE – MainStage 1 – 18:55-19:55

Bullet For My Valentine est peut-être le groupe le plus important des collégiens en quête de guitares saturées de la fin des années 2000… Qui n’a pas commencé par là ? Ici, les retrouver dans le cadre du Hellfest, c’est un peu l’occasion pour le collégien qui a évolué de redécouvrir un groupe qui a forgé sa personnalité… Une sorte de madeleine de Proust. Alors, un plan promo hyper dense a été mis en place pour mettre en avant le passage des Britanniques au Hellfest, mais aussi leur nouvel album, Gravity. Et c’est un groupe qui a préféré axer son concert sur sa dernière sortie, avec des titres encore inconnus (« Don’t Need You », « Letting You Go », « Over it », « Piece Of Me ») que nous retrouvons. Des titres assez fades dans leur ensemble, qui contiennent des riffs plats, à des années lumière de « Scream Aim Fire » et de « Waking The Demon », joués en deuxième partie de gig. Alors certes, Bullet For My Valentine fait l’unanimité auprès de sa fan-base, mais tout reste trop mielleux, sans âme, mais tout semble être en ordre pour la fan base qui continue d’acclamer Matt Tuck en fin de partie !

ORANGE GOBLIN – Valley – 19:40-20:40  

Instant devinette : qu’est-ce qui est à la fois aussi gras que les cheveux de votre serviteur et aussi lourd que son humour ? Orange Goblin ! Pas besoin de ces comparaisons sordides pour présenter les Britanniques qui sont revenus sur le devant de la scène avec un nouvel album « mordant », The Wolf Bites Back. Alors, leur nouveau concert ne déroge pas à la règle du Stoner. C’est gras, incisif, pertinent, sans trop d’artifices et le géant Ben Ward continue de susciter l’émoi du public lorsque sont interprétés les gros classiques du groupe comme « Saruman’s Wish ». Alors, imaginez la scène. Vous êtes devant un son massif d’ondes, accrochés au barrière et vous voyez défiler derrière ces barrières un bon nombre de fans, en transe (prenant régulièrement en otage la jeune agent de sécurité…). Bref, le public est déchaîné… Autre preuve de ce gros succès ? Le fameux wall of death, devancé par les fans… Pas besoin d’en faire plus pour Orange Goblin qui assurément savait que la partie était déjà gagnée d’avance ! 

ENSLAVED – Temple – 20:45-21:45

2007, 2009, 2012, 2016, 2018 : les concerts d’Enslaved sont légion, et les Norvégiens ont un nouvel album à défendre E ! Et si chaque concert d’Enslaved est une expérience unique, cette énième prestation ne déroge pas à la règle, surtout qu’on apprend au fil du concert qu’il s’agit d’un dernier concert avec Cato derrière les fûts ! Alors, sachant cela, le concert – déjà bien marqué par la vibe mystique des titres « Ruun », « One Thousand Years Of Rain » et « Sacred Horse » – prend une autre tournure. Toutes ces chansons, principalement instrumentales, ne cessent de côtoyer différentes tonalités, parfois plus Prog, parfois plus Black, un vrai régal… Et c’est là que le public commence à reprendre la Marseillaise en chœur, lancée par Grutle, toujours aussi proche de son public. Alors, c’est ça Enslaved : une formation mystique, au contact de son public, archipro et qui sait faire voyager. Ce soir, avec Enslaved, on était loin, mais très loin de Clisson. 

DEAD CROSS – Valley – 21:50-22:50

Encore toute récente, la nouvelle formation de Dave Lombardo n’en est qu’à sa troisième performance en France (c’est son premier tour de France…). Alors, quand on se dit que l’on a l’opportunité de voir Mike Patton et Dave Lombardo se produire ensemble sous la Valley… Cela ressort du surréalisme ! Et peu de monde se dirigera sous la Valley pour assister au concert des Américains – la faute à un Ensiferum toujours aussi populaire auprès des festivaliers en quête d’épopée lyrique – et pourtant, Dead Cross assure, et rassure. Le groupe qui n’a pourtant qu’une trentaine de minute pour défendre son premier album éponyme a usé de subterfuges pour allonger son set. Alors, il n’était pas étonnant de voir Mike Patton inviter un gamin sur scène, se moquer de Johnny Depp (qui, à l’écouter n’avait rien à faire sur un festival comme le Hellfest) et proposer quelques reprises (notamment « Nazi Punks Fuck Off » des Dead Kennedys, un clin d’œil à  « I Want You (She’s So Heavy) » des Beatles, et un medley réunissant « Epic » de Faith No More et « Raining Blood » de Slayer… ) À côté de ça, les titres de Dead Cross, très typés Hardcore dans l’âme, passent allègrement bien devant une paroisse déjà convaincue. En plus, Justin Pearson, le bassiste, a assuré la prouesse de se produire alors qu’il a le doigt cassé. Respect ! 

WATAIN – Temple – 22:55-23:55

Si Watain a fait la Une de la troisième édition d’Heretik Magazine, ce n’est pas pour rien. Trident Wolf Eclipse est un condensé tout ce qu’il y a de plus hérétique ! Et c’est devant une toute nouvelle scénographie que nous retrouvons Erik Danielsson dans le cadre de son nouveau rituel. En quelques mots, Watain dépasse de loin nos attentes avec un show millimétré, au son tellement pur ! Tellement concentré, ensanglanté, Erik crache les paroles de ses déjà cultissimes « Nuclear Alchemy », « Sacred Damnation » et « Towards The Sanctuary » sans trop porter attention à ses pèlerins. Accompagné par des musiciens grimés, ces derniers insufflent une vision d’enfer à l’ensemble de la Temple, devant une paroisse qui semble stupéfaite face à ces jeux de lumière qui déversent à chaque instant les flammes de l’Enfer. Bref, c’est après un court rituel de fin, « The Serpent’s Chalice », que le prédicateur quitte son public, avec force et honneur, dans le respect des règles de bienséance. Quatre années après sa dernière prestation au Hellfest, Watain réitère l’exploit et revient aux sources originelles du Black. L’Enfer, c’est Watain ! À retrouver en novembre prochain au Tyrant Fest (Oignies) ! 

NILE – Altar – 00:00 – 1:00

Pas le temps de niaiser ! À peine remis de l’incroyable concert de Watain, nous visitons quelque peu l’Altar qui a vu débarquer Karl Sanders et ses sbires ! En deux temps, trois mouvements, les Égyptiens renversent les abords de la scène avec un Brutal Death Metal ultra technique vantant les mérites d’une culture on ne peut plus antique. Bref, si les samplers qui rythment le concert parfument le show d’une petite couleur locale, les parties de blast-beat ne laissent aucun répit aux partisans du pit, qui se retrouvent trois pieds sous terre, enterrés par la puissance des gros titres « Ramses Bringer Of War », « The Black Flame » ou même « Kafir ! ». À noter, l’hommage que le groupe a rendu à Vinnie Paul avant que le groupe interprète « The Fiends Who Comme To Steal The Magick Of The Deceased ». 

AVENGED SEVENFOLD – MainStage 1 – 23:30 – 1:00

Le concert d’Avenged Sevenfold est déjà bien entamé lorsque nous nous rendons aux abords des MainStages. Pas convaincus, mais alors pas convaincus par la dernière prestation des Américains au Zénith de Lille, nous avions alors pensé que le groupe était peut-être dans une mauvaise passe à l’époque, et que la prestation de Zacky Vengeance vaudrait le coup cette fois-ci, dans le cadre du Hellfest. Mais ce fut un leurre. En tant que tête d’affiche, Avenged Sevenfold n’a pas lésiné sur les petits détails qui font bien sur scène comme les étincelles de toutes parts et autres feux d’artifices pour rythmer le concert, mais il fut cruellement triste que son leader, M. Shadow, ait perdu la voix – ce dernier s’excusant : « Ça fait trois jours d’affilée que l’on joue, et je n’ai plus rien à vous donner (…) Je ne sais pas quoi faire dans de telles circonstances (…) Est-ce qu’il y a quelqu’un qui veut chanter « Nightmare » ? ». Le fan monté sur scène pour l’épauler a peut-être vécu le plus beau moment de sa vie quand il a été amené à chanter « Nightmare ». Bref, c’était une nouvelle fois un jour sans pour les Américains. Espérons qu’ils prendront la vague, qu’ils se laisseront porter et qu’ils remonteront la pente…

PARKWAY DRIVE – MainStage 2 – 1:05-2:05

Eux, ils n’ont pas besoin de prendre la vague pour remonter la pente : Parkway Drive ! Encore une formation qui a fait la une d’Heretik Magazine ces derniers mois ! Alors, les Aussies sont là pour présenter Reverence, leur album de référence. Mais une petite tâche supplémentaire leur a été ajoutée : faire oublier Avenged Sevenfold (on parlera encore de ce flop dans 10 ans, que vous le vouliez ou non, ndlr) et clôturer cette seconde journée comme il se doit. Pas de grosses difficultés en soi ! Ils ont prévu le coup avec un show axé sur leurs plus gros hits, tous travaillés de sorte qu’ils fassent trembler la piste. En vérité, on a beau dire, si les Australiens semblent avoir divisé dernièrement (leurs dernières sorties n’ont pas fait l’unanimité chez les fans de la première heure…), il convient d’insister sur la consistance du show proposé par Winston McCall et ses copains de jeu ! En fait, si le show des Américains d’A7X n’avait comme intérêt que sa scénographie, c’est tout l’inverse pour les Australiens. La scénographie est au service de la musique, et ce n’est pas Ben « Gaz » Gordon et sa « drum cage » qui nous feront dire le contraire ! De son côté, Winston McCall a quand même fait le plus gros circle-pit de la journée, a quand même fait vibrer le dancefloor avec ses plus gros hits (dont « Vice Grip »), et a quand même promu son dernier album avec quatre titres : « Cemetery Bloom », « Grey », « The Void » et « Wishing Wells »… Un gros concert !

Encore une journée à l’image de la première ! Si les anciennes « valeurs » s’essoufflent, les nouvelles valeurs semblent prendre la relève. Et si le Hellfest était l’événement qui donnait l’opportunité de renouveler le paysage musical ? 

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