MOTOROWL

ATLAS

Hard Rock Psyché

Century Media

4/5


C’est après une prestation remarquée (il est bien là le mot… !) dans un disquaire que les membres de Motorowl ont été signés chez Century Media ! Comme quoi, on peut avoir la vingtaine et faire partie du catalogue d’une des plus grandes écuries. Alors, il n’y a pas de quoi faire peur aux jeunes Allemands qui, après un premier album assez confidentiel, Om Generator, nous reviennent de plus bel avec Atlas, un album profond, qui pousse à l’exaltation des sens et au dépaysement ! Sortie ce 27 juillet ! 

En tout cas, comment ne pas être surpris par « Infinite Logbook » ? Dès ce premier titre, le groupe pose les bases de son style. Il s’agit là d’un Hard Rock assez typique, épaulé par des claviers futuristes. Imaginez donc un Opeth des temps modernes qui essait tant bien que mal de se reproduire avec son vieil oncle, Deep Purple, époque Glenn Hughes/David Coverdale. En fait, ce qui marque, c’est surtout ce mélange d’atmosphères planantes qui donne du relief à des parties de guitare foncièrement inspirées par Black Sabbath. Ah bah tiens, on continue avec les oncles ! C’est une image qui est prégnante sur le lourdingue « The Man Who Rules The World ». Bon, c’est peut-être dit de façon grossière, mais chez Motorowl rien n’a jamais été aussi clair. Il s’agit de faire vieux avec du neuf (et non pas l’inverse). Comprenez par là que les compositions sont « old school », qu’elles ont été composées selon des rites ancestraux, mais qu’elles jouissent d’une production on ne peut plus moderne !

Fait assez rare pour être souligné, les Allemands malgré leur jeune âge ne se contentent pas de servir la même soupe à chaque fois. Atlas est un album riche. En effet, « Norma Jean », épaulé par une nappe de Synthé plus « rétro », joue les vieux morceaux de Doom ! Pareil pour « To Take » ! Ce dernier respire l’essence d’un Cathedral et dessine une formation qui a su s’approprier le fameux « triton » propre à Black Sabbath… Mais « Atlas », le single de l’album, lui, se veut bien plus progressif. En effet, ce dernier, rythmé par les vocalises émotives du jeune Max Hemmann, est sans doute le morceau le plus atmosphérique de l’album. Parfois plus psyché, parfois plus dynamique, parfois plus mélancolique, ce morceau représente bien l’identité « Motorowl« .

En fait, c’est ça l’arme de Motorowl, on ne peut jamais prédire quoi que ce soit, notamment sur le doublet « To Give »/ »To Take », les deux titres se répondent, se suivent et voient régulièrement leur tonalité évoluer en cours de route. Que dire également de « Cargo » et de ses sonorités enclines au Black Metal ? En somme, le groupe se libère des contraintes imposées par les styles et va là où bon lui semble. Adieu les cases, bonjour l’originalité !

Alors, il est vrai que la musique de Motorowl n’est pas facile à digérer. Pour un groupe qui s’inspire de ses anciens, on est loin de la sobriété de ses aïeux. Dans Atlas, disons que c’est plus lourd, plus consistant (trop, même ?) et cette somme d’informations (« trop de couches tuent les couches ! », me dit-on dans l’oreillette) peut facilement déconcerter et perdre l’auditeur. En gros, l’auditeur qui ne connaît pas forcément les méthodes de composition des Allemands peut penser à un manque de cohérence dans la structure des morceaux et penser ainsi que le groupe en fait trop, alors que ce n’est pas le cas. Atlas est un album très mature qui requiert plusieurs écoutes pour être considéré comme il se doit.

Des compositions très intéressantes, un univers qui peut déboucher sur des idées visuellement très intéressantes, une production très lisse et une voix, celle de Max Hemmann… Mais des idées qui partent parfois dans tous les sens ! Néanmoins, Atlas reste un album très honnête pour des jeunes musiciens qui ne demandent qu’une seule chose : tourner encore et encore ! 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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