Après deux journées placées sous le signe du Rock et de ses dérivés, les programmateurs du Main Square se sont concentrés également sur un autre style pour la fin des festivités : le Rap… Alors, nous n’étions pas très étonnés de voir à l’affiche plusieurs générations de formations prendre en main la suite des événements. Bref, facile de comprendre la raison pour laquelle cette journée affichait sold out : on pouvait compter jusque trois gros noms – les vétérans du Rap français IAM, son descendant Orelsan, et le funky Jamiroquai !

Report par Hyacinthe Gomérieux et Axl Meu.

Crédit photos Yann Charles.


Dimanche 8 juillet 2018

THE HUNNA – Green Room – 15h30/16h30

Quel succès fulgurant pour les jeunes musiciens de The Hunna ! Les Britanniques formés en 2015 par Ryan Potter sont parvenus à gravir les échelons afin de devenir une formation qui compte chez eux en Angleterre. Et c’est qu’ils ne se reposent pas sur leurs acquis ! Deux ans après la sortie de 100, le groupe publie Dare en mai dernier via le label High Time (Warner). Actuellement en tournée pour promouvoir leur Pop Rock lumineux qui sent l’été et les soirées d’ados à des kilomètres, ils espèrent rafler sur leur lancée quelques frenchies. Et à en voir le public, à dominante féminine, on comprend très vite l’engouement que suscite cette formation. Elle ne rencontre que trop peu d’embûches pour faire adhérer les novices à sa cause. Bref, après une série de hits mielleux, The Hunna conclut son gig sur « Bonfire » déjà bien connu de sa fanbase en jetant les guitares pour un larsen final. Un bon moment. (Axl)

LOIC NOTTET – Main Stage – 16h30/17h30

Quand on se rend aux abords de la scène principale, on ne peut être que surpris par le nombre de personnes présentes aux barrières pour assister au concert de Loïc Nottet. Qui est-il ? D’où vient-il ? Qu’est-il venu nous présenter ? Découvert par The Voice Belgique, puis sélectionné par la suite pour représenter son pays à l’Eurovision, vainqueur par la suite du concours Danse Avec Les Stars (2015), le jeune homme de 22 ans semble bien parti pour s’implanter durablement dans le paysage… Aujourd’hui, il est au Main Square, et présente sa musique à lui, une sorte d’opérette des temps modernes, alliant danse et autres macrographies. Esthétiquement parlant, c’est assez confus, le jeune homme mène sa barque et invite quelques danseurs sur scène pour l’accompagner et former des sortes de « tableaux ». Il n’y a pas de doute, le talent est là – il faudrait être sourd pour ne pas entendre le grain de sa voix. Mais disons que l’attitude un peu désinvolte du jeune homme, qui raconte sa vie comme d’autres se déversent sur les réseaux sociaux et vante son disque, Selfocracy, certifié Disque d’Or tout en appellant ses partisans à se rebeller, sonne la discordance. Bref, le monde de Loïc Nottet semble tout rose, et ses prises de position semblaient inutiles et hors-sujets. (Axl)

TOM WALKER – Green Room – 17h15/18h15

En route pour la Green Room qui ressemble cet après-midi à la plage du Touquet ! Beaucoup ont ramené leur paillasse de tapis de sol pour s’allonger avec crème solaire et lunettes de soleil. Une ambiance très particulière, avec des personnes qui se fichent complètement de gêner la circulation et dont on peut sincèrement douter de leur intérêt pour la musique… Main Square, le lieu où il faut être vu ? Parenthèse à part, c’est au tour de Tom Walker de commencer son tour de chant. L’Écossais, dont le premier single remarquable « Leave A Light On » n’est sorti qu’en 2017, vient présenter son premier album What A Time To Be Alive, à retrouver dans les bacs en octobre prochain. Entouré de musiciens solides, il délivre une Pop qui lorgne du côté d’Ed Sheeran et, si la rédaction n’est pas réellement friande des playlists NRJ, elle lui reconnaît un timbre de voix envoûtant. Du bon boulot mais qui ne nous convaincra pas de lâcher le Black Metal ! Pas grave, nul doute que son chemin sera pavé d’autres succès qui passeront de toute façon par nos oreilles, sans trop de déplaisir. (Hyass)

NOTHING BUT THIEVES – Main Stage – 18h/19h

Salués par le public à leur arrivée, les cinq de Nothing But Thieves démarrent de façon tonitruante. Donnant dans un Rock Alternatif, le groupe s’empare vite de la foule amassée devant lui. Il faut dire que la très belle voix du chanteur y est pour beaucoup. Ne les compare-t-on pas à Muse dont ils ont fait la première partie ? Un accent Pop qui va prendre le dessus au fur et à mesure que se déroule le show. Les titres abrasifs vont laisser la place à des songs mid tempo et la pression du début va se transformer en ballade digestive. Vous l’aurez compris, nous avons été déçus du choix de la set list, comme montée à l’envers, cependant nous n’avons pas boudé notre plaisir sur « Immigrant Song », reprise/hommage à Led Zeppelin en fin de gig. (Hyass)

GIRLS IN HAWAII – Green Room – 18h45/19h45

Cela faisait longtemps que nous n’avions pas entendu Girls In Hawaii – trop en fin de compte. Les Belges ont essuyé une sorte de traversée du désert après le décès de leur batteur en 2010, un break de deux années et un retour qui ne les avait pas remis à leur place, c’est à dire dans le haut du pavé de l’Indie Pop. C’est chose faite désormais ! Avec un nouvel album à défendre, Nocturne, le groupe montre qu’il a su se relever et évoluer. Plus Electro dans sa démarche, le combo – aligné en bord de scène – sait comment séduire son public et cela sans en faire des caisses. C’est frais et agréable, une véritable brise souffle sur un Main Square surchauffé par le soleil. La communion est palpable jusqu’à en descendre aux crash barrières pour chanter au plus près des fans. Un beau tour de force qui nous donne envie de les revoir très vite. (Hyass)

IAM – Main Stage – 19h30/20h40

IAM ! Le groupe a marqué toute une génération ! Qu’en est-il donc de cette tournée anniversaire – les 20 ans de l’album L’Ecole Du Micro D’argent ? La foule est dense désormais devant la Main Stage et acclame l’arrivée de ses héros, Akhenaton et Shurik’n en tête, dont les visages sont couverts d’un masque japonnais. Comme l’album, la scène et ses vidéos feront un tour par le Japon des Samouraïs. « Né Sous La Même Etoile », « L’Empire Du Côté Obscur », »Samouraï », « Petit Frère » … La set list sans surprise fait la part belle à cet opus de 1997. Quand résonne le cultissime « Je Danse Le Mia », il achève un public toutes générations confondues qui aura scandé les paroles du combo d’un bout à l’autre du show. Un vrai show, oui, avec jeté de billets factices en guise de confetti sur « Monnaie De Singe » et puis ce moment de grâce où Akhenaton rappelle qu’ils ont 50 ans mais qu’ils auront l’énergie de s’accroupir et sauter tous ensemble, si le public s’accroupit avec lui. Un grand moment de ce Main Square 2018. Malgré tout, à la rédaction, nous sommes un peu déçus car on aurait aimé que tous ces titres, dont les textes restent d’actualité, soient un peu revisités. Un choix et un exercice qu’avait fait Depeche Mode la veille, et que fera Jamiroquai par la suite. Mais il ne s’agit là que d’un bémol… (Hyass)

JAMIROQUAI – Main Stage – 21h10/22h40

Les places sont chers désormais pour qui veut suivre dans de bonnes conditions les concerts de la Main Stage. Jamiroquai arrive, et avec lui la promesse d’un show groovy de haute volée. Et c’est un Jay Kay un chouïa fatigué, entourés de musiciens impeccables, qui prend d’assaut la Citadelle. On peut d’ailleurs parler de hold up pour décrire ces 1h30 de jeu, car il faut bien avouer que sur le papier, jouer devant le public d’IAM et d’Orelsan, cela parait compliqué… Il n’en fût rien ! En moins de temps qu’il en faut pour le dire, le Main Square devient une discothèque géante, de quoi ragaillardir le frontman qui prend son temps entre les titres. Une respiration bienvenue pour les spectateurs également. « Little L », « Space Cowboy », « Cosmic Girl » seront au rendez-vous, dans des versions grandiloquentes soutenues par une section rythmique brillante. La qualité et le son sont là, à un niveau qu’on ne voit que trop peu souvent en concert, surtout en plein air. On adhère ! (Hyass)

JUSTICE – Green Room – 22h20/23h30

Après le concert groovy et on ne peut plus convainquant de Jamiroquai, nous passons en coup de vent à la Green Room pour assister à quelques mesures du concert de Justice ! La foule est au rendez-vous, notamment sur le gros classique « Genesis » et le dernier hit « Stop ». Pas de grandes surprises, mais il nous faut tout de même constater que le volume était particulièrement bas, et que la rédaction aurait préféré voir une formation de cette envergure se produire un peu plus tard dans la soirée. Il fait encore jour quand les premiers accords de « Safe and Sound » front trembler le dancefloor… (Axl)

ORELSAN – Main Stage – 23h15/00h30

Grosse réunion avec Orelsan ! Le rappeur de Caen fédère toujours autant avec sa musique mélancolique et son flow dont lui seul a le secret. Alors, Orelsan, c’est beaucoup de tubes, de hits, qui mettent en ébullition toute une paroisse dès les premières mesures… Mais Orelsan, qui se produit ce soir pour mettre en avant son nouvel album, La Fête Est Finie, c’est bien plus qu’une simple prestation. En effet, si la mélodie de « Simple. Basique » (chanson reprise en introduction et en final) se prêtent forcément à la danse du ventre, les paroles de cette dernière sont pleines de messages, à l’image des autres titres de son répertoire :  « Tout va bien », « Défaite de Famille », « Bonne Meuf »… Bref, sans forcément transcender par son originalité, Orelsan, toujours plus honnête dans sa marche, nous livre un excellent concert, entourés de vrais musiciens, ce qui conclut pour nous la 14e édition du Main Square ! Vous avez du mal à lui dire au revoir ? Nous aussi ! (Axl)

Le temps de flâner une dernière fois sur le site pour laisser le flot du public évacuer les lieux et nous voilà aussi sur le départ. Le Main Square 2018 aura bien sûr fait jouer trop peu de groupes de Metal à notre goût mais nous n’avons pas boudé notre plaisir devant des formations cultes comme Gojira, Depeche Mode et Jamiroquai… Quelques belles surprises comme les sets d’Okay Monday, Hunna ou Damian Jr. Gong Marley plus tard, nous tirons un bilan positif de ces trois jours de festivités éclectiques. Vivement la 15e édition !

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