C’est à quelques heures de leur nouvelle prestation dans le cadre du Hellfest que nous avons rencontré Martyn Millard et Chris Turner, respectivement bassiste et batteur du groupe Orange Goblin ! Et il se trouve qu’ils ont un nouvel album à défendre, l’excellent The Wolf Bites Back, faisant suite au très bon Back From The Abyss. Bref, le goblin est de retour, et ce n’est pas pour enfiler des perles. 

Propos recueillis par Axl Meu.


Le groupe vient juste de sortir son nouvel album, c’est The Wolf Bites Back… J’imagine que vous allez jouer quelques nouveaux morceaux ce soir dans le cadre du Hellfest ! 

Oui, on va jouer trois nouveaux morceaux ce soir, mais il faut savoir que nos fans réclament également d’anciens morceaux, donc on fera en sorte d’équilibrer tout ça ! 

Est-ce que vous pouvez m’en dire plus au sujet de ce nouvel album ? En quoi pouvons-nous dire que cet album est différent des autres ? Phil Campbell fait quelques apparitions dessus d’ailleurs ! 

Oui ! Il fait plusieurs solos. C’est vraiment sympa… En vrai, il nous a demandé de jouer des morceaux qui ne sonnent pas comme du Motörhead ! Il a voulu jouer de manière différente, ce qui est quand même assez cool de sa part ! Après, pour revenir sur l’album dans sa globalité, c’est un album d’Orange Goblin honnête. Je veux dire, nous sommes arrivés à un point de notre carrière où nous avons notre propre son, nos propres influences. Il y a toujours un peu de Motörhead, de Black Sabbath et de Discharge par-ci, par-là ! Je pense que The Wolf Bites Back est une bonne représentation de tout ce qu’Orange Goblin a fait par le passé ! Si je devais faire découvrir Orange Goblin à quelqu’un qui n’a jamais écouté notre musique, je lui dirais simplement d’écouter The Wolf Bites Back !  D’un autre côté, comme je te dis, nous avons notre propre son, nous piochons dans nos sources d’inspiration. Notre style d’écriture est devenu bien plus mature avec le temps… Comme un bon vin, Orange Goblin s’améliore avec le temps ! 

Tu me dis que les morceaux sur lesquels Phil Campbell apparaît ne sonnent pas forcément comme du Motörhead… Je ne suis pas d’accord concernant le titre « Suicide Division »…

Oui… Ça peut y faire penser, mais ce n’était pas notre intention. Mais quand on écoute plus attentivement, on peut se rendre compte qu’il sonne plus comme un morceau de Discharge ! Tu sais, il y a ce côté « second wave of British Punk ». Après, il y a ce morceau « Renegade », là je suis d’accord, c’est un hommage à Motörhead.

Ben Ward, votre chanteur, a d’ailleurs dit par rapport à ce nouvel album qu’il était celui qui contenait le plus de variations ! 

Oui, c’est le cas. Après, on retrouve bien notre texture, notre manière de sonner, nos différentes sources d’inspiration. Quand tu écoutes un morceau de l’album The Wolf Bites Back, tu peux facilement dire qu’il s’agit d’un morceau de cet album, et dans l’autre cas, quand tu écoutes un morceau de Back From The Abyss, c’est pareil. Chaque album reflète ce que nous sommes au moment de l’écriture. 

« Si je devais faire découvrir Orange Goblin à quelqu’un qui n’a jamais écouté notre musique, je lui dirais simplement d’écouter The Wolf Bites Back »

Votre nouvel album sonne très « live ». Pouvez-vous nous toucher quelques mots concernant sa production ? 

Nous avons travaillé avec Jaime Gomez Arellano. Il a produit de nombreux albums, qui sont devenus des classiques par la suite, comme ceux de Paradise Lost. C’est lui qui a produit l’album The Plague Within par exemple… Je me souviens, la première fois que j’ai entendu la première note de l’album, j’étais tout simplement sur le cul ! On a passé du temps à parler de ce producteur… Ça fait quoi ? Trois ou quatre ans qu’on voulait bosser avec lui ! Il est très efficace, il utilise différentes techniques… Il est assez innovant dans sa manière de travailler et puis il entend les choses autrement. Orange Goblin est un groupe de « live », donc on essaie toujours de capturer l’essence du live à travers nos prises, un peu comme Black Sabbath l’a fait pour son dernier album. Et nous pensons que nous avons réussi à capturer l’essence du groupe sur cet album. Il nous est arrivé, à notre grand désespoir, d’être surproduits par le passé… Cet album est bien plus pur ! Nous sommes parvenus à laisser les instruments respirer et faire en sorte que l’ensemble reste organique ! C’est peut-être cliché, mais je trouve qu’il est mieux que les autres ! 

En tant que bassiste et batteur du groupe, j’imagine que vous travaillez ensemble ! Comment composez-vous ? 

On se rassemble et on construit les morceaux ensemble. Il y a une base et chacun des membres construit à partir de la base. Après, pour les sections rythmiques, on travaille ensemble c’est sûr, mais il y a toujours quelques couacs ici et là. On enregistre les parties « live », on fait trois/quatre prises et on sélectionne la meilleure…

Tu me dis qu’il y a des erreurs… Les erreurs font partie du jeu lorsque l’on veut sonner « live »…

Crois-moi, on en fait des erreurs, beaucoup même ! De mon côté, je peux écouter tous les albums d’Orange Goblin et te dire à quel moment j’ai foiré la partie. 

Aujourd’hui, avec la technologie, on peut les effacer…

Sur cet album, tout a été enregistré « live » ! Donc, non, nous ne retravaillons pas nos morceaux après ! 

Il y a un interlude instrumental dans cet album, c’est « In Bocca Al Luppo ». C’est assez surprenant de votre part…

On n’avait pas assez de morceaux pour cet album… C’est notre label qui nous a dit de rajouter un morceau ! En fait, nous avions enregistré les morceaux séparément, mais nous n’avions aucune idée concernant la durée de l’album. Quand on a envoyé l’album à notre label, Candlelight Records, il nous a dit que c’était vraiment trop court… Pourtant, Slayer n’a pas eu de soucis avec Raining Blood… Bref, c’est Joe (Hoare, ndlr) qui est venu avec cette idée d’instrumental, donc nous l’avons enregistré ! 

Vous allez vous produire sur la scène de la Valley dans quelques heures. À ton avis, le Hellfest est-il un meilleur festival que le Download ? 

Je vais faire attention à ce que je dis ! Mais je dirais que je préfère me produire au Hellfest parce que l’atmosphère qui règne ici est bien meilleure ! Il y a plus de scènes, plus de choix… Ce n’est pas que nous n’aimons pas nous produire au Download (UK), c’est chez nous… Mais ce que j’aime plus particulièrement au Hellfest, c’est le fait que l’on puisse voir tous ces groupes « underground ». L’équipe organisatrice les met au même niveau que les autres pointures. Je veux dire par cela que ce n’est pas forcément le cas au Download en Angleterre où les petits groupes restent avec les petits et se produisent devant un public plus minoritaire… 

Vos principales sources d’inspiration n’existent plus ou ont pris leur retraite… Comment fédérer comme ils l’ont fait ? 

L’industrie de la musique a changé… Motörhead, Black Sabbath, ils étaient grands… Mais je pense qu’il sera plus difficile de fédérer comme ils l’ont fait. À l’époque, les mélomanes n’avaient pas autant de choix que nous… Après, je ne pense pas que Black Sabbath ait dit son dernier mot. Je pense que, tant que la santé de Tony Iommi se maintient, il y aura moyen de les revoir un jour ou l’autre. Pareil pour Slayer ! 


Orange Goblin, c’est :

Ben Ward : Chant

Joe Hoare : Guitare

Martyn Millard : Basse

Chris Turner : Batterie

Discographie :

Frequencies from Planet Ten (1997)

Time Travelling Blues (1998)

The Big Black (2000)

Coup de Grace (2002)

Thieving from the House of God (2004)

Healing Through Fire (2007)

A Eulogy for the Damned (2012)

Back from the Abyss (2014)

The Wolf Bites Back (2018)

 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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