Souvent trop associé à son ancien groupe, Accept, son ex-frontman, Udo Dirkschneider peine à faire entendre sa voix avec son projet solo, pourtant introduit en 1987 à la suite de son départ ! C’est après la tournée « Dirkschneider » au cours de laquelle le chanteur n’a joué que des classiques d’Accept (tournée ayant débouché sur le live « Back To The Roots ») que la terreur teutonique revient avec un nouvel album solo, Steelfactory. Et que dire si ce n’est qu’il n’y a pas « tromperie sur la marchandise » ? Udo Dirkschneider forge l’acier et ce n’est pas prêt de s’arrêter là ! Entretien ! 

Propos recueillis par Axl Meu le 12 juillet dernier.


Avant de parler plus amplement de ton nouvel album, j’aimerais tout simplement connaître la différence qu’il y a entre U.D.O. et Dirkschneider. L’année dernière, tu as sorti un album « live » sous ce nom. C’est Back To The Roots…

C’est simple ! Pour Dirkschneider, on ne joue que des morceaux d’Accept, pas avec U.D.O., c’est pour ça ! 

Steelfactory est donc ton nouvel album. C’est ton fils, Sven, qui est à la batterie. Est-ce que tu peux faire quelques commentaires sur son implication au sein du groupe ? Que t’a-t-il apporté ? 

Eh bien… Que dire de Sven si ce n’est que ça fait trois ans qu’il est dans le groupe et qu’il s’est occupé de ses propres parties de batterie sur Steelfactory ! Il a 25 ans, donc il est assez mature pour s’impliquer pleinement dans le processus de composition. Que dire d’autre ? Il s’améliore avec le temps et je suis vraiment très fier de lui ! Après, ça reste un membre à part entière du groupe. Ce n’est pas parce que c’est mon fils que je vais le traiter autrement. On aurait pu croire que je lui ferai un traitement de faveur parce que c’est mon fils, mais non. Il reste un membre comme un autre, et s’il veut me dire quelque chose de privé, il peut le faire à la maison ! 

Tu fais donc la distinction entre ta vie de famille et ton boulot ! 

Oui, c’est ça ! 

Qu’est-ce que qui t’a motivé à enregistrer ce nouvel album, Steelfactory ? C’est juste un album comme les autres, non ? 

Quand nous commençons à travailler sur un album, nous ne savons jamais comment il sonnera à l’avance. Tu sais, nous ne savons pas si les morceaux seront plus rapides, plus lents, plus harmonieux… Pour ce qui est de Steelfactory, on y retrouve pas mal d’influences. Je veux dire par là que, au cours de notre tournée avec Dirkschneider, nous avons tourné avec beaucoup de groupes qui nous ont plus ou moins influencés. Nous avons fait presque 300 concerts où nous n’avons joué que des morceaux d’Accept. Ça aussi, ça nous a inspirés ! 

D’ailleurs, le morceau « Make The Move » de Steelfactory peut faire penser à « Living For Tonite » d’Accept… 

Oui, c’est possible, dans le sens où l’atmosphère que dégage ce morceau peut être similaire. Tu as raison. 

Tu as décidé de fermer l’album avec une ballade, c’est « The Way »… C’est un registre auquel tu ne nous as pas trop habitués ! 

C’est un titre autobiographique… C’est un titre qui parle de mon expérience de chanteur et de tout ce que j’ai accompli en tant que chanteur… 

Tu as décidé de faire une vidéo pour le morceau « One Heart One Soul »… C’est le neuvième morceau de l’album et tu as décidé d’en faire un single. C’est une vidéo un peu particulière…

Oui, je ne voulais pas me contenter de faire une vidéo où l’on voit le groupe se produire… Je voulais que le clip dégage un symbolisme particulier. Tu sais, nous sommes ouverts à tout au sein du groupe. 

Quand j’ai vu la pochette de l’album, j’ai tout de suite pensé à un symbole phallique… Tu sais, la machine qui fait du metal ! 

Non ! Pas vraiment ! C’est juste que l’album s’intitule Steelfactory… Quand nous avons réfléchi à la pochette, nous avons juste pensé qu’il serait bon de reproduire l’image d’une usine qui produit du metal ! C’est juste une usine ! C’est plus simple comme ça ! 

Je t’ai vu l’année dernière à l’Alcatraz Festival… Quels souvenirs en gardes-tu ? 

C’était un super festival ! Les retours du public ont été fantastiques. Après la tournée était tout simplement incroyable. En fait, si j’ai fait cette tournée, c’était tout simplement pour répondre à la requête de mes fans qui voulaient que je joue tel ou tel morceau d’Accept, donc au bout d’un moment je leur ai dit : « bon, très bien les gars, je suis U.D.O. et nous avons quand même quinze albums à notre actif ! ». Au bout d’un moment, j’estime que je n’ai plus besoin de jouer ces morceaux… Après réflexion, je leur ai proposé une série de concerts sous le nom de Dirkschneider où je n’ai joué que des standards d’Accept, mais pour finir nous avons fait 300 concerts sous ce nom. Je voulais jouer ces morceaux que les gens voulaient entendre, mais maintenant, il doit nous rester sept concerts à faire sous le nom de Dirkschneider, après, j’arrêterai de me produire sous ce nom…

« Je sais très bien d’avance qu’ils [mes fans] me demanderont de jouer « Balls To The Wall », mais désolé, je ne le ferai pas !

Il me semble que tu as déclaré que tu ne joueras plus aucun morceau d’Accept en live. C’est vraiment vrai ? 

Oui. Vraiment. Dans le cadre de la prochaine tournée, je ne jouerai plus aucun morceau d’Accept.

Même les gros classiques du genre « Balls To The Wall » ou « Metal Heart » ? 

Oui, et je l’ai déjà dit. Accept existe toujours et il me semble qu’ils jouent toujours ces morceaux, donc il faudra les voir pour écouter ces morceaux…

N’as-tu pas peur que les fans soient déçus ? 

Non, ils savent déjà que je ne le ferai pas. Mais je sais très bien d’avance qu’ils me demanderont de jouer « Balls To The Wall », mais désolé, je ne le ferai pas !

Tu vas donc partir en tournée pour assurer la promotion de Steelfactory… En tant que Français, je sais pertinemment que la tournée ne passera pas par la France mais je ne sais pas pourquoi… Pour Dirkschneider, tu ne t’es pas produit tant que ça en France non plus. J’ai l’impression qu’on boycotte la France…

Oui… C’est très simple à expliquer. On ne nous a pas proposé assez de bonnes offres pour venir en France et nous nous sommes dits : « Ok, nous allons faire une date à Paris ». Nous l’avons faite et nous avons fait presque « sold-out ». Vraiment, ça a tordu le coup à tous les préjugés qui disaient que nous n’étions pas assez populaires pour remplir une salle en France. Nous allons faire en sorte de nous produire plus souvent chez vous dans le cadre de notre tournée européenne. 

En France, il y a des festivals comme le Hellfest et le Motocultor… 

Oui, je sais ! Notre agence de booking a déjà contacté le Hellfest pour nous mettre à l’affiche, mais on nous a répondu qu’ils n’étaient pas intéressés ! Ils ont décidé de programmer Accept à la place…

Penses-tu que la situation évoluera pour toi ? Ça m’a l’air d’être difficile de trouver des dates pour toi…

Non, ça va en fait. Ce n’est pas un problème. On trouve facilement des dates. Bon en Angleterre, c’était un peu compliqué. On a fait deux tournées là-bas, la deuxième, c’était mieux. La France n’était pas trop intéressée, même l’Italie, mais dans le reste du monde, ça va. Je veux dire, U.D.O. rencontre encore du succès aux Etats-Unis et au Canada. On a fait 42 dates là-bas… On n’a jamais joué en Amérique du Sud pourtant… Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas. Je n’ai aucun problème avec ça, il y a d’autres parties du globe où je peux me produire. Regarde, dans l’Europe de l’Est, ça marche bien pour nous, même en Russie. Après, je ne travaille pas pour une agence de booking, mais nous continuons de nous produire régulièrement ! Ça ne m’angoisse pas plus que ça ! 

Tu ne te produis pas régulièrement en France, mais j’imagine que tu connais quand même quelques groupes de chez nous…

Non, pas vraiment…

Même Trust ? 

Non, je n’en connais aucun. 

Udo, ta voix a toujours été unique. Comment la qualifierais-tu avec le temps ? 

Je sais que ma voix est unique, mais que dire d’autre ? C’est comme ça ! 

As-tu regardé la Coupe du Monde ? 

Oui ! Pas tout ! On verra ce dimanche ! Peut-être que la France sera le grand gagnant ! 

Qu’as-tu pensé de ton équipe ? 

Ils étaient vraiment mauvais ! (rires) Il faut vraiment qu’ils se renouvellent dans leur jeu ! 

Qu’écoutes-tu en ce moment ? As-tu quelques groupes à partager avec nous ? 

Je ne suis pas du genre à écouter tout ce qui se fait de nouveau… C’est une question qu’il faudrait poser à mon fils, il s’y connaît mieux que moi ! Disons, dans la scène globale, je connais beaucoup de groupes, mais je ne me renseigne pas sur les nouveaux ! 

De tout ce que tu as fait dans ta carrière, de quoi es-tu le plus fier ? 

Deux choses… La carrière que j’ai faite avec Accept, mais aussi tout aussi ce que j’ai pu faire avec U.D.O…. C’est le plus important pour moi aujourd’hui. 

Si tu ne devais retenir qu’une seule chanson de ton dernier album, laquelle choisirais-tu ? Pourquoi ?

C’est une bonne question (rires). Je dirais « One Heart One Soul » ! C’est un excellent morceau ! 

Je te laisse le dernier mot ! 

J’ai hâte de revenir en France, et la tournée commencera l’année prochaine dès janvier. On tournera avec U.D.O. en Europe, on essaiera de se produire un maximum en France. Par contre, cette tournée est toujours en cours de discussion, on ne connaît pas encore le groupe qui ouvrira pour nous ! 


U.D.O., c’est :

Udo Dirkschneider : Chant

Andrey Smirnov : Guitare

Bill Hudson : Guitare

FittyWienhold : Basse

Sven Dirkschneider : Batterie

Discographie : 

Animal House (1987)

Mean Machine (1989) 

Faceless World (1990)

Timebomb (1991)

Solid (1997)

No Limits (1998)

Holy (1999)

Man and Machine (2002)

Thunderball (2004)

 Mission No. X’‘ (2005)

 Mastercutor (2007)

 Dominator (2009)

Rev-Raptor (2011)

Steelhammer (2013)

Decadent (2015)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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