Petite séquence émotion : nous avions mis un terme à l’aventure « Sounds Like Hell Fanzine » avec DevilDriver en « une »… Notre journaliste, Romain Richez, avait rencontré Neal Tiemann (guitare) dans le cadre du Download Festival pour qu’il nous parle de Trust No One (2016)… Dans cette interview, le guitariste nous avait lâché comme info que le groupe était en train de travailler sur un album de reprises Country. 

2018 : Outlaws ’Til The End est dans les bacs et DevilDriver fait la tournée des gros festivals européens. Alors, la rédaction d’Heretik, toujours à l’affut de quelques informations supplémentaires s’est acheminée vers l’espace presse de l’Alcatraz Festival pour y rencontrer Dez Fafara (chant) et Niel Tiemann (guitare) et lancer une discussion axée autour de la passion qu’ont ces deux gus pour la musique Country.

Propos de Neal Tiemann (guitare) et de Dez Fafara (chant) recueillis par Axl Meu

Crédit photo : Wacken Delciotto  (https://www.facebook.com/ShootingMetalhead/)


Vous vous êtes produits il y a moins de deux heures sous la Swamp. Comme à votre habitude, vous avez commencé votre concert sur « End Of The Line ». Pourquoi voulez-vous toujours introduire vos gigs avec ce morceau ? 

Neal Tiemann : C’est juste notre manière d’ouvrir un concert. Pour nous, c’est une belle ouverture. Ça fait pas mal de temps que le groupe fait ça…

Dez Fafara : Ce n’est pas facile de commencer un gig avec un morceau connu… C’est dangereux, car on place la barre haut dès le départ. On aurait pu commencer avec « Clouds Of California », mais ce morceau est trop connu ! 

Ces derniers mois, DevilDriver a sorti un nouvel album. C’est un opus assez particulier puisque Outlaws ’Til The End est un album de reprises Country. Pourquoi as-tu décidé de faire ça ? C’était pour rendre hommage à tes origines ou pour exporter ta culture ? 

Dez : Rien de tout ça ! Je répète ce que j’ai essayé d’expliquer aux Britanniques et aux autres Européennes… Chez nous, aux U.S.A., nous n’avons pas le même rapport à la musique. Quand tu te rends à un concert de Heavy Metal aux States, parfois, c’est de la musique Country qui met de l’ambiance dans la salle, même en backstage et dans le tour-bus. Tu te rendras alors compte que tu peux très bien écouter du Slayer et de la Country. Il n’y a pas de différences. C’est dû au fait que les mecs qui font de la Country sont très authentiques et qu’ils correspondent aux images véhiculées par la culture Metal ! Ça n’avait jamais été exprimé de manière concrète, et aucun groupe avant ne s’était lancé le défi de combiner musique Metal et musique Country. Nous, avec DevilDriver, nous l’avons fait et avons convié plusieurs guests à la fête ! Nous avons vraiment fait cet album pour nous faire plaisir… C’est une sorte de cadeau que nous faisons aux fans ! D’ailleurs, nous sommes déjà en train d’écrire un nouvel album… 

Donc, vous faites ça pour le plaisir…

Dez : Oui, pour le plaisir, mais c’est aussi pour faire comprendre que ces deux styles de musique sont intimement liées, très proches. C’est également quelque chose qui n’avait jamais été fait auparavant. Après, il y a pas mal de guests sur ce disque, notamment Randy Blythe de Lamb Of God. Il y en a tellement… Il fallait qu’ils apportent leur touche, leur marque à l’album. Et bien sûr, il me fallait quelqu’un qui puisse réécrire tous ces hits. Et il se trouve que j’avais le gars fait pour ça, Neal Tiemann. Lui aussi a grandi avec cette musique…

Neal, c’est donc le deuxième album que tu sors avec DevilDriver. Quand tu venais d’être recruté par Dez, avais-tu, ne serait-ce une seconde, imaginé que tu te lancerais dans une telle entreprise ? 

Neal : Pas vraiment, non ! Après, c’est quand même un très beau projet ! Pour la petite histoire, nous étions amis avant que Dez ne me demande de rejoindre le groupe… Être dans un groupe avec Dez, c’est s’assurer de se lancer dans des projets excitants ! 

Ce qui est intéressant, c’est que vous avez dû réécrire ces morceaux, ces classiques… Il fallait à la fois ne pas trahir ni vos fans, ni vous trahir, vous…

Dez : Quand les gens ont écouté notre reprise de « Whisky River » de Willie Nelson, ils ont pu être surpris, car ces versions sont à la fois très différentes et très similaires. Les gars du groupe sont parvenus à aller à l’essentiel, et moi, de mon côté, je me suis chargé de réinterpréter les paroles. On a capté le fil conducteur du morceau, mais on l’a transformé à notre manière. Et les premières versions que j’ai eues m’ont tout simplement impressionné. On savait dès le départ quelle direction prendrait cet album de reprises. 

« Les mecs qui font de la Country sont très authentiques et correspondent aux images véhiculées par la culture Metal ! »

Comme tu disais, la Country et le Heavy Metal sont très liés, notamment par leur coté « vrai »…

Dez : Oui, la Country, ce n’est pas de la Pop Music. Les histoires liées à la Country Music sont les meilleures au monde… Leurs paroles ? Pareil ! Ce sont les meilleures ! Écoute : « If Drinking Don’t Kill Me, Her Memory Will ». Quel putain de morceau ! Quelles putain de paroles ! J’aurais tout simplement adoré les écrire ! 

Penses-tu qu’il serait possible qu’un groupe français comme Gojira reprenne des standards de la culture française, un peu comme…

Dez : Ah, j’adore Gojira ! Et nos batteurs respectifs sont très proches ! J’adore ces gars…

Neal : Après, je ne connais pas trop les standards de la musique française, donc je ne saurais te répondre…

France Galle…

Le promoteur Hollandais intervient : Edith Piaf !

Dez : Non, je ne connais pas tous ces artistes… Je ne peux pas te dire… 

On est carrément dans l’échange de la culture…

Dez : Oui ! C’est le cas pour tous les groupes, Mastodon, Gojira. C’est comme ça que ça marche. La première fois que j’ai vu Gojira, j’étais totalement sur le cul. Ces groupes-là font leurs trucs à eux. « No Bullshit » (en anglais dans le texte)… On ne se prend pas la tête. Ces gars-là sont terre-à-terre, c’est ce qui rend la chose particulière… C’est ce qui t’amène à aimer le groupe, d’ailleurs !

J’étais quand même assez surpris de ne pas entendre votre reprise de « Ghostriders In The Sky » ce soir…

Neal : On veut attendre avant de jouer ces morceaux en live. On va présenter ces morceaux en live pour la première fois aux États-Unis. Puis, on a été en studio pendant un long moment ces derniers mois, on veut bien peaufiner tout ça pour que ça rende le mieux sur scène !

Vous m’avez dit tout à l’heure que vous étiez en train de travailler sur le prochain album. Comment procédez-vous pour écrire ces morceaux avec ce nouveau line-up… Enfin, je ne sais pas si on peut encore parler de nouveau line-up…

Neal : Ça fait quand même trois ans que je suis dans le groupe ! Le guitariste d’avant (Jeff Kendrick, ndlr), ça faisait 12 ans qu’il était là !

Dez : Un groupe, c’est comme une relation… Si le mec en question ne prend plus de plaisir à jouer, ce n’est pas la peine, il n’a plus rien à faire dans le groupe. Tu te dois d’être à fond dans ce que tu fais ! Ce groupe, c’est ma famille maintenant. Il faut toujours rendre la chose spéciale pour entretenir la flamme. DevilDriver a tellement évolué en 20 ans. Et personnellement, je trouve que Trust No One est notre plus gros album. D’habitude, un groupe sort ses meilleurs albums à ses débuts, puis ça régresse. Pour nous, je pense que c’est l’inverse… Ça grossit année après année ! Ça vient à nous… C’est très spécial… Je ne sais pas comment expliquer ça ! 

Quand l’album sortira-t-il ? 

Dez : Courant l’année prochaine ! Le projet est de faire tourner la machine aussi longtemps que possible ! 

Neal : En fait, notre but est de sortir le plus d’albums, de ne pas retarder les sorties…

Dez : Les groupes prennent trop leur temps aujourd’hui. Il y en a, parmi eux, qui sortent un album tous les cinq ans. C’est trop long ! Chez nous, le lycée, ça dure quatre ans… Ça voudrait dire qu’un lycée n’aurait qu’un seul nouvel album de DevilDriver à se mettre sous la dent pendant sa scolarité. C’est absurde !

Vous êtes actuellement en tournée ! C’est comment la vie à bord d’un tour-bus ? Ce n’est pas trop dur de se supporter au quotidien ? 

Neal : Nous avons tous une personnalité différente, c’est sûr ! Le plus important est de prendre du plaisir sur scène… 

Dez : De mardi à aujourd’hui, nous n’avons pas arrêté ! On n’a presque pas dormi… On a dû se reposer… Quoi ? Douze heures en tout ? Tout le monde ne peut pas faire ça… Mais c’est notre métier ! C’est une question de force mentale. Si j’étais à l’usine, peut-être que je tomberais… Mais la musique, c’est une industrie, non ? Mais on ne se démonte pas… C’est ce que nous adorons faire ! 

La semaine prochaine, vous allez vous produire dans le cadre du Motocultor ! 

Dez : Oui ! (Rires euphoriques)

Vous ne serez pas trop fatigués ? (Rires)

Dez : Non ! J’adore le public français ! Comme l’Angleterre, la France a toujours été là pour nous… Puis le Motocultor, c’est un festival de dingues ! Souviens-toi d’une chose… Quand j’arrive, j’embarque l’Enfer avec moi !

Dernière question : il y aura bien un deuxième volume pour Outlaws ’Til The End ? 

Dez : On a eu de très bons retours, donc on continue ! Les morceaux et les guests sont déjà prêts ! 


DevilDriver, c’est : 

Dez Fafara : Chant

Mike Spreitzer : Guitare

Neal Tiemann : Guitare

Diego Ibarra : Basse

Austin D’Amond : Batterie

Discographie : 

DevilDriver (2003)

The Fury of Our Maker’s Hand (2005)

The Last Kind Words (2007)

Pray For Villains (2009)

Beast (2011) Winter Kills (2013)

Trust No One (2016)

Outlaws Til’ The End Vol.1 (2018)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.