Eric Peterson a eu du mal à décrocher son téléphone le jour où il a fallu échanger au sujet du nouvel album de DragonLord, son « side-project » qui avait déjà fait parler dans les années 2000 ! En effet, alors que notre entretien était programmé pour le mercredi 8 août à 16 heures, nous nous sommes surpris en train de réveiller le guitariste alors en tournée aux États-Unis avec Testament… Visiblement pas en état de répondre à nos questions, nous repoussons notre interview au lendemain, et malgré les quelques soucis qu’il a rencontrés le jour-même avec son tour-bus, Eric Peterson est particulièrement de bonne humeur et nous a présenté le tant attendu Dominion…

Propos d’Eric Peterson (guitare, chant) recueillis par Axl Meu


Salut Eric. Tu es actuellement en tournée avec Testament dans le cadre de la tournée d’adieux de Testament. Penses-tu qu’il s’agit vraiment de la dernière tournée de Slayer ? 

Oui, vraiment. Je pense qu’ils s’arrêteront à la fin de l’année 2019. Je sais qu’il y aura beaucoup de concerts et qu’ils se produiront parfois deux fois au même endroit !

À côté, tu es retour avec DragonLord. Tu as sorti quelques albums avec ce projet, mais on te connaît surtout avec Testament. Plusieurs années se sont écoulées entre le dernier album de DragonLord et le nouveau. Peux-tu revenir sur les débuts de DragonLord ? 

Eh bien, DragonLord est un projet que j’ai monté à la fin des années 90. À l’époque, je travaillais sur l’album de The Gathering de Testament. Enfin, du mieux que je me souvienne, c’était entre les albums Demonic et The Gathering… J’avais eu comme idée d’inclure dans ces albums des éléments d’un autre style, car j’écoutais beaucoup Dimmu Borgir et Emperor… À l’époque, j’avais essayé de faire sonner Testament comme ces groupes, mais ça n’allait pas, c’est pour cette raison que j’avais décidé de monter un autre groupe. Par chance, j’ai rencontré Lyle Livingston, le clavier du groupe, et nous avons composé quelques titres pour voir comment ça sonnerait ! Ça fonctionne très bien et le premier album de DragonLord, Rapture, sort en 2000. Mais ce n’est toujours qu’un side-project à sa sortie. Il faut attendre la sortie de Black Wings Of Destiny en 2005 pour que DragonLord se produise. Là, ça commençait à ressembler à un groupe finir…

Notre dernier concert remonte à 2006 car j’ai rencontré quelques problèmes avec les autres membres du groupe. Ce projet n’était censé être qu’une distraction, donc j’ai préféré le mettre en « stand-by ». Courant, 2010, j’ai décidé de revoir Lyle pour travailler sur un album de DragonLord, on était prêts à le faire, mais mon batteur avait disparu de la circulation… Puis après, j’ai repris la route avec Testament. Il y a toujours eu des embuches qui nous ont empêchés de sortir l’album, mais en fin de compte, on s’en est sortis. Vu que je ne suis pas parvenu à contacter mon ancien batteur, j’ai recruté Alex Bent. Il a apporté une plus-value au groupe. C’est un excellent batteur ! Il a facilement pu produire les parties de batterie que je voulais ! Maintenant, Dominion va sortir, et autant dire que je suis content, car j’étais bien plus inspiré cette fois-ci ! 

J’ai lu quelque part que le contenu de Dominion avait été modifié à plusieurs reprises avant… 

En fait, il y a pas mal de choses qui se sont produites lors de l’écriture de cet album. Rien n’était stable… Je revenais sans cesse sur mes parties pour les retravailler, pour les améliorer. Pareil, dans ce sens, nous nous sommes dit qu’il serait bien d’avoir une vraie chanteuse pour les choeurs cette fois-ci. Ça a pris du temps… C’est comme pour un artiste peintre… Quand il se met en arrêt pour passer à autre chose, lorsqu’il revient sur son tableau, il l’aborde d’une autre façon avec des yeux plus frais. Pour moi, on va dire que j’avais des oreilles plus fraiches ! 

Tout à l’heure, tu me parlais de ton batteur, Alex Bent. Il est très jeune ! Où l’as-tu trouvé ?

C’est une histoire assez amusante ! C’est mon producteur qui m’a parlé de ce batteur. Et c’est amusant, car la première fois que je l’ai rencontré, il m’a confessé que je connaissais son père. Et en effet, son père était un proche de ma famille quand j’étais adolescent… On s’amusait pas mal ensemble à l’époque, donc ça fait bizarre de savoir que, quarante ans plus tard, son fils se retrouve dans mon groupe ! (rires)

« On retrouve quelques-unes de mes influences de base dans ce disque, tu sais, Tony Iommi, Pat Travers, Ronnie Montrose »

Concernant le budget de l’album, as-tu eu le même budget comparé à un album de Testament ? 

Tout ce que je peux te dire, c’est que l’album a pris beaucoup de temps à être conçu et qu’on a dû retourner plusieurs fois en studio, car il manquait pas mal de choses dans le mix… Mon producteur et moi avons passé beaucoup de temps sur les arrangements. On voit les choses autrement, et nos avis se sont complétés, nous avons trouvé des solutions à chaque fois… Je sais que le label attendait cet album, mais il ne nous a pas mis la pression. Tu sais, je ne gagne pas ma vie avec DragonLord.

Donc, aucune pression de la part de Spinefarm Records…

Je suis content qu’ils nous aient signés ! Certes, ça a été long… Je ne sais pas si ça les a embêtés, mais à priori, ils sont très satisfaits du résultat. Je pense que nous ne prendrons pas autant de temps pour le prochain. Peut-être que je sortirai la suite de Dominion en 2020… En tout cas, il devrait voir le jour après le prochain Testament sur lequel nous sommes actuellement en train de travailler… Il y a pas mal de matériel que nous n’avons pas utilisé avec DragonLord. Mais là, pour l’instant, nous nous concentrons sur la sortie de Dominion, qui sera dans les bacs à partir du 21 septembre. 

Ce que j’aime beaucoup sur ce nouvel album, c’est que l’on peut retrouver ton style de jeu, mais aussi ta passion pour « Black Metal ».

Les musiques ont été inspirées par les orchestrations que Leah a faites. Il y a beaucoup de solos, et on retrouve quelques-unes de mes influences de base dans ce disque, tu sais, Tony Iommi, Pat Travers, Ronnie Montrose… J’ai essayé d’écrire une histoire par l’intermédiaire de ces solos, j’ai évité de faire dans la démonstration… 

Tu assures toutes les parties solos dans ce nouvel album, ce qui n’a pas toujours été le cas au sein de Testament !

Oui, dans les derniers albums de Testament, j’ai assuré pas mal de partie « solo… Mais à l’époque, c’était surtout Alex (Skolnick, ndlr) qui assurait les solos, et moi, la rythmique. Mais aujourd’hui, ça a changé, même en live, on se les partage ! 

Dans cet album, on peut entendre à plusieurs reprises une femme chanter. C’est Leah. Qui est-elle ? 

Leah est une proche. Ça fait combien de temps que je la connais ? Quinze ans ? Notre rencontre remonte à l’époque où je travaillais sur un DVD de DragonLord qui, finalement, n’a jamais vu le jour. Il est cependant disponible sur Youtube. Quoi qu’il en soit, je ne suis pas à ma première collaboration avec elle. Nous avions enregistré une chanson de Noël ensemble qui a pour nom « Winter Sun » (2015). Après, on s’est perdu de vue, mais j’ai demandé à mon producteur s’il était envisageable de réduire les parties de clavier sur ce nouvel album et de les remplacer par une vraie chorale. Je me suis alors dit que Leah pourrait très bien faire l’affaire. L’idée était qu’elle chante et enregistre plusieurs fois les mêmes paroles pour donner l’idée d’une vraie chorale sur quelques titres… Après quelques essais, on s’est dit qu’il serait mieux qu’elle intervienne sur tout l’album ! C’est beaucoup de travail, mais on l’a fait ! Ça rend le disque un peu plus organique ! 

Y aura-t-il une tournée pour Dominion ? 

Ça va être compliqué. Mon emploi du temps du moment avec Testament est vraiment chargé… C’est de la folie, mec ! Il faut que je trouve une solution, un moyen de trouver du temps pour assurer au moins quelques dates… C’est vrai, DragonLord ne s’est pas beaucoup produit en concert… Peut-être nous produirons-nous dans le cadre de shows spéciaux… Qui sait ? 


DragonLord, c’est : 

Eric Peterson : Chant, guitares

Lyle Livingston : Claviers

Alex Bent : Batterie

Leah : Choeur

Discographie :

Rapture (2001)

Black Wings of Destiny (2005)

Dominion (2018)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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