Brides Of Lucifer est un peu notre curiosité du moment chez Heretik Magazine… Initié en 2016 par Steven Kolacny, à la tête de la Scala (une chorale belge de Rock Indépendant), Koen Buyse et Ives Mergaerts, le projet ne cesse de prendre de l’ampleur chez lui en Belgique. Leur concept est simple, mais exige toutefois pas mal de rigueur. Il s’agit là de faire chanter une chorale de 14 voix féminines sur des hits de Heavy Metal déjà bien connus, le tout dans un décor infernal. Après un show très surprenant dans le cadre du Lokerse Feesten, nous retrouvons le groupe à l’Alcatraz Festival et saisissons, avec nos confrères Jean Chermanne et Anik De Prins (Onde de Choc), et Lika Bosch et Bernd Coppieters (GRIMM Gent), l’opportunité d’interviewer ses trois têtes pensantes. 

Propos de Steven Kolacny, de Koen Buyse et de Ives Mergaerts recueillis par Jean Chermanne, Anik De Prins, Lika Bosh, Bernd Coppieters et Axl Meu à l’Alcatraz Festival.


Votre premier album est sorti via Rhino (Roadrunner). Est-ce que c’était difficile pour vous de trouver un label ? 

Koen Buyse (guitare) : Le choix est arrivé un peu comme ça. Steven (Kolacny, ndlr), qui est à la tête de la chorale, et d’autres proches nous ont vite permis d’entrer en contact avec les bonnes personnes et nous avons fait en sorte qu’elles écoutent l’album… En fin de compte, ça ne nous a pas pris beaucoup de temps de signer sur ce label, qui est quand même situé à Los Angeles ! Les représentants du label se sont tout de suite montrés intéressés… Signer chez eux, c’était l’occasion pour nous de toucher le plus de monde, pas que de Belges, mais le monde entier ! 

En tant que Français, Brides Of Lucifer est un peu une curiosité. On voit votre nom partout dans les festivals belges, mais jamais vous ne vous êtes produits chez nous, en France. Quel est votre plan pour vous exporter ? 

Pour le moment, notre label doit contacter toutes ses sous-divisions, et ensuite on ira par chez vous ! Pour le moment, il fait du rodage… On va dire qu’ils sont attentifs face à l’évolution du projet, ici, en Belgique. À partir de septembre, nous allons faire en sorte de faire parler de nous dans les pays frontaliers de la Belgique. Puis nous avons quand même une grosse date qui arrive à Anvers, au Lotto Arena (8 févr. 2019, ndlr). Et c’est là que nous ferons la promotion du groupe pour essayer d’attirer le plus de monde possible. Après, on verra ce qui se passe par la suite, notamment aux États-Unis et au Canada. 

J’estime cependant que le fait de prendre son temps n’est pas foncièrement une mauvaise idée. Le label aurait pu très bien se dire : « Ok, bon, l’album est sorti, ça ne marche pas, donc on laisse tomber… » Non, non… Il y a vraiment une technique derrière et la communication autour du groupe se fait progressivement… Il y a encore tant de choses à accomplir… Ce soir, par exemple, tu vas nous voir en concert et tu vas te dire : « Oh ! Il faut vraiment que ce groupe passe par la France ! ». À partir de septembre, notre projet est de jouer dans tous ces pays frontaliers ! 

Vous dites que la Belgique est un pont vers la France, mais lorsque vous aviez fait vos débuts au Graspop Metal Meeting l’année, personne n’avait entendu parler de vous. Ensuite, la semaine passé, vous vous êtes produits juste après Judas Priest dans le cadre du Lokerse Feesten, mais ça n’a pas dû être facile de rassembler…

Il y avait pas mal de monde à notre prestation la semaine dernière au Lokerse Feesten ! Beaucoup de journaux ont écrit que les festivaliers étaient partis, mais c’est faux ! De là où j’étais, je peux facilement t’affirmer qu’il y avait encore 70% du public qui était là pour nous, ce qui devait facilement faire 5000 personnes… Après, j’aurais compris si les festivaliers s’en étaient allés juste après le concert de Judas Priest, mais non, ils ne sont pas tous partis ! 

Pour revenir au projet de base, il faut savoir que Steven (Kolacny, ndlr) a des idées folles. Une fois, il s’est dit : « Et si nous prenions quelques filles de la Scala, les mettions sur scène et les faisions chanter des hits de Metal ». La première fois qu’il m’a dit ça, je me suis mis à rire : « Oh non, ça ne marchera jamais ! »… Après, on a discuté plus sérieusement… Nos chemins se sont séparés, mais il m’a apporté quelques démos et m’a parlé de concept. Ça nous a finalement pris beaucoup de temps… Combien ? Au moins un an et demi avant tout se concrétise ! Tu sais, au Graspop, nous avons repris ces morceaux… Il nous fallait apporter quelque chose en plus !

En ce qui me concerne, je suis un grand fan de musique Metal depuis mon adolescence… Pour moi, essayer de reprendre ces morceaux et en faire quelque chose d’unique était la chose la plus importante à mes yeux ! Il fallait à tout prix respecter les morceaux ! Par exemple, quand on m’a suggéré l’idée de reprendre « Walk » de Pantera, j’ai quand même eu peur. Il ne fallait pas qu’on se loupe ! D’ailleurs, pour certains, il y aurait des règles qui nous interdiraient de reprendre tels ou tels classiques (rires)… Mais tu peux, car ça reste de la musique en fin de compte ! Notre projet reste le même : montrer le respect que l’on a pour cette musique qu’est le Metal ! Au Graspop Metal Meeting, c’était quand même dingue… 

« Notre projet reste le même : montrer le respect que l’on a pour cette musique qu’est le Metal ! »

Comment êtes-vous parvenus à vous approprier ces morceaux ? J’imagine qu’il y a des chansons comme « O Father O Satan O Sun » (Behemoth) qui se prête plus facilement à un chorale…

Il n’y a pas vraiment de règles en fait, vu qu’on a déjà le concept en tête. On écoute le morceau, on expose nos points de vue… On regarde si on doit faire des arrangements particuliers, notamment en ce qui concerne. On sait alors si cela marchera ou pas. Il y a d’autres morceaux qui sont plus faciles à reprendre d’ailleurs. Après, l’idée est de faire quelque chose d’original. Regarde, nous, aussi avons repris « Fear Of The Dark » (Iron Maiden), mais notre reprise est sensiblement différente par rapport à la version originale. Il y avait déjà beaucoup de reprises de ce morceaux, mais certaines d’entre elles sont terriblement plates… Nous, on rend le titre spécial… Peut-être que les gens vont détester, mais rien ne les empêche d’écouter avant de juger ! 

Comment de temps l’enregistrement de l’album vous a-t-il pris ? 

Trop ! C’est moi qui me suis chargé de la production de l’album… J’y ai passé des jours et des jours à un tel point que ça ne sentait plus très bon dans le studio à la fin ! (rires) Je voulais tout simplement que ce soit parfait ! En fait, là, ce qui était compliqué, c’était surtout les parties de chant. D’habitude, il n’y a qu’une piste, une seule fréquence, là, c’était totalement différent. Tu as 14 voix différentes et tu dois être capable de distinguer toutes les voix et être capable d’imaginer différents arrangements. C’était vraiment ça le plus dur ! 

Comment avez-vous auditionné vos chanteuses ? Ces filles font-elles toutes partie de la Scala ? 

En fait, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces filles ne sont pas toutes issues de la Scala. Alors, oui, certaines d’entre elles en font partie, certaines en faisaient partie, mais d’autres étaient tout simplement intéressées par l’idée de participer au projet. Donc, oui, les gens ont tendance à penser que c’est la Scala « version Metal », mais ce n’est pas le cas. On a fait passer pas mal d’auditions pour trouver les 14 filles qui participeraient au choeur. Nous avons longtemps répété pour arriver au résultat auquel nous aspirions. Après certaines filles de la Scala n’étaient pas branchées « Metal », mais nous avons été surpris lorsqu’une d’entre elles nous a avoué connaître Behemoth… Quoi qu’il en soit, le Graspop Metal Meeting l’année dernière, c’était un peu l’épreuve du feu pour nous. Car c’était la première fois que nous montions sur scène. Si les retours étaient positifs, on continuait. Si ça avait été un échec, on aurait mis un terme au projet. 

Que jouerez-vous ce soir ? 

Ce soir ? Nous jouerons quelques titres qui figurent sur l’album, et d’autres qui ne figurent pas sur l’album… Je ne peux pas t’en dire plus ! 

« Certaines filles de la Scala n’étaient pas branchées « Metal », mais nous avons été surpris lorsqu’une d’entre elles nous a avoué connaître Behemoth »

Cela veut-il dire que vous allez sortir un nouvel album l’année prochaine ? 

Cela dépendra de différents facteurs. Nous allons, certes, proposer quelques nouvelles reprises qui ne figurent pas sur l’album… Brides Of Lucifer est également en train de travailler de nouvelles choses, que nous présenterons dans le cadre de notre nouveau concert à Anvers au Lotto Arena. Les idées pleuvent, il nous suffit de les tirer et de les personnaliser… On va bien s’amuser en tout cas… Peut-être s’agira-t-il de nouvelles reprises ? Peut-être s’agira-t-il cette fois-ci de compositions personnelles ? 

Les choristes suivent une marche ordonnée lors des concerts. J’aimerais savoir ce que vous voulez raconter par l’intermédiaire de votre show…

Elles ont toutes un plan à suivre et elles savent très bien ce qu’elles doivent faire. En fait, pour faire simple, elles n’ont pas le droit de se regarder, et nous, en tant que musiciens, nous ne pouvons pas nous approcher d’elles. Elles sont sur scène, nous ne les touchons pas, nous ne les regardons pas. C’est une sorte d’histoire abstraite qui prend place tout le long du show.

La semaine dernière, dans le cadre du Lokerse Feesten, j’imagine que vous avez eu l’opportunité de vous entretenir avec Rob Halford. Pour vous qui reprenez « Painkiller », ça a dû vous faire quelque chose. 

Il est monté sur scène et il a vu quelques-unes de nos choristes chanter… Il leur aurait alors dit : « vous avez de la gueule, vous devriez monter sur scène avec moi ! » (rires) Après, même aujourd’hui, nous avons rencontré Ross The Boss, il nous avait l’air très enthousiaste au sujet de notre projet… C’est ça qui est magique en festival… Il y a tous ces groupes, tous ces musiciens que tu adores, que tu as repris avec ton projet… Tu peux les rencontrer et leur parler…

L’année prochaine, il y a Manowar au Hellfest ! Cela pourrait être une bonne opportunité pour vous…

Chaque chose en son temps… 

Il y a deux ans, au Hellfest, Ghost avait fait appel à la chorale du coin… 

C’est une idée ! (Rires) Mais je pense qu’il ne faut pas qu’on se nourrisse des compliments des autres groupes. On fait la musique et nous la donnons aux fans… C’est ça notre projet ! 


Brides Of Lucifer, c’est :

Scala & Kolacny Brothers : Chant

Koen Buyse : Guitare

Yannick De Pauw : Guitare ‘Lead’

Joeri Van De Schoot : Basse

Stephan Noens : Batterie

Discographie : 

Brides Of Lucifer (2017)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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