Situé à quelques kilomètres de la frontière française, en Belgique à Chapelle-Lez-Herlaimont, le QG de nos confrères du Hellzine (Hell & M Prod), le Cercle, a pris l’habitude d’accueillir quelques groupes… L’occasion pour nos amis belges de se retrouver pour siroter quelques Jupi’ et de voir quelques concerts de qualité. Ce fut une nouvelle fois le cas le samedi 8 septembre dernier, avec les Néo-zélandais d’Alien Weaponry accompagnés des locaux de Mingawash et des Parisiens de Chabtan… Retour sur cette sympathique date.

Par Axl Meu

Crédit photos : Wacken Delciotto (Shooting Metalheads, https://www.facebook.com/ShootingMetalhead)


Le concert des locaux de Mingawash était déjà bien entamé lorsque la rédaction s’est retrouvée devant les portes du Cercle. Et c’est là que nous nous retrouvons en face d’une jeune formation qui mise tout sur l’humour pour marquer des points auprès de son public. Tous les styles sont passés en revue pour former à la fin une sorte de fusion épaulée par des riffs typés « hardcore » dans l’âme mis en rythme par les percussions électroniques de Christopher… Et c’est que ça dégage de l’énergie ! Rien à redire, le tandem Martin/Clément fonctionne à merveille. Ça alterne régulièrement entre chant clair et parties criées. 

Néanmoins, tu as le style ou tu ne l’as pas. Les goûts et les couleurs parleront. Pour masquer un petit manque d’originalité musicale, le groupe opte pour une mise en scène burlesque avec les figurantes qui vont avec (leur ami, le panda, n’était de la partie ce soir, dommage). Et comme si ça ne suffisait pas, un des chanteurs se rend dans la fosse, le chapeau d’arlequin visé sur le crâne. Il s’adresse frontalement aux spectateurs, leur demande de prendre le micro et de nous livrer leurs plus belles blagues… Animation qui ne fonctionne à la seule condition que le public soit averti et à fond. Ce qui ne fut pas le cas. Ça en a refroidi plus d’un pour finir. Bref, en fin de compte, la musique des Belges valait son pesant de cacahuètes, mais le show, lui, demeurait surtout très kitsch.

C’est Chabtan qui assure la deuxième partie de la soirée. C’étaient eux qui se baladaient dans la salle les visages grimés comme ceux des indigènes. Non, ils ne viennent pas de Neo-Zélande… Non, non. Ils sont français, viennent de Paris, font plutôt dans le Death Mélodique et disent véhiculer une imagerie tribale à travers leur son. Surprenant, non ? Alors, une fois que les Parisiens montent sur scène, on ne sait pas trop quoi penser. Incohérence quand tu nous tiens. Et pourtant, ça se défend plus ou moins bien. 

Plus ou moins… Car si les rythmiques sont implacables, car si l’énergie déployée est considérable, on ne peut que rester dubitatif en ce qui la performance du guitariste soliste qui ne semblait pas trop être en forme. Souvent décalées, ses parties de guitare ne sont pas tout à fait justes, de même que les parties de chant clair de son chanteur. Bref, nous restons cruellement sur notre faim après ce concert, en dépit des certaines qualités dont font toutefois preuve les Français ! Peut-être aurait-il fallu faire jouer Mingawash en deuxième ? C’est du moins ce qui s’est dit dans la cour. 

Vient alors Alien Weaponry. Et c’est clairement pour eux que le public a fait le déplacement… Tout juste la majorité, et les voilà qui signent leur premier contrat sur la prestigieuse maison de disques, Napalm Records. Il faut dire que le concept tient debout : des origines revendiquées, des chansons interprétées en partie en langage « maori » et des musiques qui s’inscrivent dans la lignée des gros groupes de Groove Metal de Thrash. Et c’est là que le bouche-à-oreille commence à prendre de l’ampleur.

Ce soir, les jeunes Neo-Zélandais font le tour de leur unique album, Tu… Et même si quelques problèmes interviennent au cours du concert (notamment pour Lewis De Jong, le chanteur/guitariste, qui rencontre quelques problèmes avec ses oreillettes), le groupe dégage l’assurance des plus grands. Après, il en faut peu pour convaincre la fosse déjà bien alcoolisée trouée par les circle-pit et autre wall-of-death organisés par les partisans du pit. 

Le groupe est uniquement composé de trois membres, et pourtant, cela ne l’empêche pas de déployer une énergie digne de ce nom. En effet, sans pour autant être complexe, la musique au tempo varié d’Alien Weaponry reste attractive et fait oublier l’absence d’une éventuelle deuxième guitare. Et voilà qu’ils nous font voyager. Oui, ce soir, nous étions à la fois très loin mais si proches des coutumes des tribus « Maori ». En attestent les cris de leur batteur (Henry de Jong) en guise d’introduction pour « Kai Tangata » et « Rū Ana Te Whenua »… 

Entre quelques crowdsurfings (au cours desquels les fans se retrouvaient régulièrement aux côtés des musiciens sur scène), Lewis en profite également pour interpréter d’autres titres en anglais, comme l’avant-dernier de la soirée, « Hypocrite », en hommage à l’un de ses professeurs… Ou comment rompre avec cette idée de dépaysement. Autre rupture à noter, Alien Weaponry décide d’assurer la photo de fin de gig au bout du septième morceau (« The Things That You Know ») pour des raisons qui restent encore inconnues à ce jour avant d’embrayer sur cinq rappels débouchant sur le désormais classique « Rū Ana Te Whenua » ! En bref, un show qui ne laisse préfigurer que du très bon pour le groupe, qui, nous vous l’assurons, fera encore parler de lui à l’avenir. 

Une belle première soirée au Cercle pour la rédaction d’Heretik Magazine. Dommage cependant que toutes sorties furent définitives et que les malchanceux n’ayant pas 6e à débourser pour une demi-part de pizza réchauffée aient dû attendre la fin de la soirée pour se restaurer convenablement. Peut-être qu’un bon partenariat avec une baraque à frites du coin serait de bon augure ? 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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