AcoD est sans doute une des futures références du Metal à la française. En effet, après trois albums et un EP publiés de manière indépendante, le groupe comptait bien frapper un grand coup pour son quatrième album, celui de la consécration ? Avril 2018, AcoD annonce qu’il travaille désormais avec l’écurie : Jive Epic / Sony Music Entertainment, de quoi rassurer concernant son évolution. Septembre 2018, The Divine Triumph est dans les bacs, et ce n’est que quelques semaines après que la rédaction prend des nouvelles de cette formation qu’elle avait vue se produire au Motocultor Festival l’année dernière. 

Propos de Jérome (basse) recueillis par Axl Meu le vendredi 14 septembre à Paris. 


The Divine Triumph est un concept-album. Est-ce que tu peux revenir un peu sur les raisons qui vous ont poussés à écrire un concept-album ?

On voulait tout simplement sortir un album comprenant des morceaux qui seraient tous liés ! On ne voulait pas simplement compiler les morceaux cette fois-ci. On tenait à ce qu’il y ait une trame logique, et que tout soit lié, l’ordre des morceaux, jusque la pochette. The Divine Triumph parle de la descente aux enfers d’un personnage. Le trou noir sur la pochette représente l’entrée de ces abysses dans un monde chaotique. C’est assez métaphorique pour finir. Ça peut représenter ces moments de la vie, quand tu as l’impression que rien ne va, lorsque tu fais des mauvaises rencontres. Sur la pochette, on peut y voir des chimères. Elles peuvent symboliser les personnes qui ont eu une mauvaise influence sur ta vie. Ces gens qui, à la place de t’aider, te descendent pour finir. 

Chris, votre ancien guitariste, a-t-il participé à la conception de l’album ? D’ailleurs, peux-tu revenir sur son départ ? C’est quand même un membre historique du groupe. 

Chris a juste participé au tout début de la composition… Mais on n’était vraiment plus sur la même longueur d’onde. Il était plus sur du Parkway Drive, du Trivium, tous ces groupes-là, tu sais… En quelque sorte, il y a eu « divergence musicale ». On a préféré le laisser partir et voler de ses propres ailes. On a remanié les morceaux, on a travaillé avec un guitariste de « session », qui nous suit depuis le Motocultor d’ailleurs. Déjà à l’époque, notre line-up n’assurait plus les lives ! 

C’est Matthieu Hank Asselberghs (Nightmare, Sangdragon), ce fameux guitariste. À côté du fait qu’il soit un membre de session, est-ce que vous l’avez laissé apporter sa touche personnelle ? 

Il a juste apporté quelques solos sur le pont de l’avant-dernier morceau (« Beyond Depths », ndlr), mais après, il s’est investi comme il fallait ! On ne pouvait plus changer quoi que ce soit, car il y avait les parties de sampler déjà bien calées. Tout était déjà prêt. Il a appris les partitions chez lui… 

Il est venu avec vous dans le studio d’enregistrement de Shawter (Dagoba) ? 

Oui, il s’est rendu depuis Mâcon à Marseille pour assurer les prises avec nous. 

Ce n’est pas la première fois que vous travaillez avec Shawter…

Non, la quatrième ! 

S’est-il contenté d’assurer les prises de l’album ou vous a-t-il donné quelques conseils en ce qui concerne la direction musicale prise ? 

Pour les premiers albums, on procédait d’une autre façon. Les morceaux étaient déjà composés, mais on n’avait pas de recul par rapport à notre musique, donc il nous aidait beaucoup. En ce sens, il assurait le rôle de producteur. Pour le dernier album, il s’est juste occupé des prises-son. 

Je reviens un peu sur mon écoute de The Divine Triumph. C’est surtout le travail qui a été accompli sur les orchestrations qui m’a surpris. Il y a carrément une ambiance apocalyptique qui se dégage de l’album. 

En fait, on travaille beaucoup avec des samplers. Nous avons fait appel à Richard Fixhead, un ancien de Tantrum. On a fait un test ensemble sur le morceau « Omnes Tenebrae ». On était tout de suite convaincus ! C’est exactement ce que l’on voulait… quelque chose d’organique, d’épique. On lui a alors laissé carte-blanche. Quand on a écouté, on a vu que c’était très fin. D’un point de vue harmonique, il est allé très loin. Nous avons pris beaucoup de plaisir à travailler ensemble. C’était une belle expérience. 

« Ils [Les Japonais] sont en admiration devant notre Histoire, à un point qu’ils pensent que nous vivons encore comme autrefois ! »

Est-ce que tu peux revenir sur la contribution de Linus Corneliusson et de Jens Bogren ? 

Linus ? Il a fourni le plus de travail pour le mixage de l’album. Une fois les prises assurées par Shawter, on a tout envoyé à Stockholm. On a expliqué ce que l’on voulait, mais Linus était parti sur une autre idée avec des guitares très en avant, et la batterie compressée façon « Metal Moderne ». Mais ce n’était pas ce que l’on recherchait. On lui a proposé de faire marche-arrière et d’aller à contre-courant de ce qui se faisait aujourd’hui. Il a donc écrasé les guitares, gonfler la basse et garder une batterie qui ne soit pas surmixée. Du coup, ça a rendu l’album bien plus agressif et ça a laissé plus de place pour les médiums. La voix rend super-bien du coup, et elle n’a pas été retouchée. Pour Jens, il a masterisé l’album.

Ça doit quand même faire quelque chose de savoir que c’est Jens Bogren qui masterise son album. 

Oui ! Dernièrement, il s’est occupé d’Amorphis, de Dimmu Borgir et de nous… Ça nous a vraiment fait plaisir, même si nous n’avons pas trop échangé. Ça reste un monstre dans le domaine ! 

Ce qui m’a marqué dans AcoD, c’est aussi et surtout le soin que vous avez apporté à l’aspect visuel, notamment dans les deux clips que vous avez réalisés dernièrement (« Road To Nowhere » et « Broken Eyes »). 

C’est Igor Omodei qui s’est occupé des clips. Il avait déjà travaillé avec Dagoba et Betraying The Martyrs

…Ah, c’est donc lui qui travaille avec un drone ! 

Oui. Il a aussi travaillé avec Misanthrope. On lui a parlé de notre projet. Il a validé. Il est descendu dans le Sud. On a fait les prises là où l’on voulait. C’était tout simplement parfait ! On est allé filmer tous les endroits qui sont dans les clips. Par exemple, les premières images de « Road To Nowhere », ce sont les calanques de Cassis, les hautes falaises d’Europe, là où il y a eu des suicides. C’est beau, mais ces calanques dégagent une certaine détresse. On a également fait des plans au lac du Salagou et au temple de Diane. Pour le deuxième clip, nous nous sommes rendus dans un temple de druide où des hommes ont été sacrifiés, il y a quelques siècles de ça. On a toujours choisi des lieux pleins de sens ! Beaux, mais chargés d’histoires. 

Le plus surprenant dans l’histoire… C’est sans doute le contrat que vous avez signé chez le label Jive Epic / Sony Music Entertainment.

En fait, notre manageuse a fait la connaissance du boss du label. Il nous a avoué qu’il était fan de musiques extrêmes. On lui avait filé notre avant-dernier album, mais il n’avait pas plus accroché que ça. Il nous a donné alors pas mal de conseils, comme quoi on devait se focaliser sur l’homogénéité des morceaux. On avait déjà commencé à composer des choses bien plus sombres sur l’EP, Inner Light. Et là, il a accroché. Entretemps, on lui avait envoyé les pré-productions du nouvel album, et ça s’est passé comme ça. On a signé le contrat. 

J’imagine que cette signature a dû intéresser par mal d’agences de booking. 

On vient de commencer une collaboration avec K Productions. Ils vont nous trouver quelques dates sympathiques, notamment les premières parties des concerts de Decapitated, quand ils vont revenir en France. C’est encore en discussion, mais nous devrions être sur l’affiche de quelques festivals européens l’année prochaine…

On pourra enfin vous voir vous produire sous la Temple (Hellfest) ! 

J’espère. Ça serait bien de faire une vraie scène au Hellfest cette fois-ci (à savoir que le groupe s’est produit devant le Hellfest Cult en 2016, ndlr). Même si c’est à midi, ça nous va ! 

J’ai appris que vous aviez des fans au Japon, et j’ai comme l’impression qu’il y a beaucoup de Japonais qui aiment les groupes français. Tu sais pourquoi ? 

Je sais que les Japonais, pour m’être rendu plusieurs fois dans leur pays, aiment beaucoup la France. Ils l’idéalisent même. Ils sont en admiration devant notre Histoire, à un point qu’ils pensent que nous vivons encore comme autrefois ! Ils aime beaucoup notre « côté » aristocrate. Après, nous avons des fans, c’est vrai, mais je ne saurais pas dire s’il y en a beaucoup, ou non. Ils respectent la culture française, et sont particulièrement friands de Black Metal chanté en français ! 


AcoD, c’est : 

Fred : Chant

Jerome : Basse/Guitare

Raph : Batterie

Discographie : 

Point Zero (2009)

First Earth Poison (2011)

Another Path… (2014 – EP)

II the Maelstrom (2015)

Inner light (2016 – EP)

The Divine Triumph (2018)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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