C’était le vendredi 28 septembre dernier que les Franciliens de Theraphosa étaient en journée promo’ au Hard Rock Café de Paris pour défendre les couleurs de leur tout premier EP. Vraiment déterminé, le trio de « frères » n’a pas lésiné sur les moyens pour se faire entendre… Nous avons donc décroché notre téléphone pour en savoir un peu plus. 

Propos de Vincent (chant, guitare) recueillis par Axl Meu.


J’ai appris par le biais de votre biographie que Theraphosa était plus ou moins une histoire de frères. 

Techniquement parlant, il n’y a que deux frères dans le groupe. Mais en vrai, on se considère comme trois frères. J’ai commencé avec eux, j’avais dix-sept ans, les deux autres n’en avaient que treize. On a vécu tellement de choses ensemble, autant musicalement qu’humainement. Pour finir, ça forge ! Toutes ces épreuves, on les a vécues ensemble. Le groupe s’est formé en 2007. Ça fait 10/11 ans qu’on existe maintenant… On a pris le temps d’évoluer ensemble. Nous avons opté pour certaines directions musicales et avons essayé de trouver de nouvelles choses à trois ! Puis, on a eu des expériences de studio, de scènes… On a déjà sorti deux petites démos, mais le produit que tu tiens entre tes mains aujourd’hui, c’est notre premier « vrai » EP. 

Pourquoi Theraphosa et l’image de l’araignée ? 

En fait, dans mon enfance, quand j’étais très petit, quand j’avais 6/7 ans, j’étais passionné par les araignées, du moins visuellement. Quand je les voyais, c’est comme s’il y avait une sorte de magnétisme entre elles et moi. J’ai commencé à me renseigner… Il y a toute une symbolique derrière l’araignée. C’est un animal qui est capable de survivre, qui peut s’adapter à toutes les situations. Elles sont, en quelque sorte, supérieures aux humains. Il y a des endroits sur Terre non peuplés par les hommes où il y a des araignées… C’est dire si leurs capacités de survie sont supérieures. 

Après, il y a également le mythe d’Arachnée qui développe une morale particulière. C’est l’histoire d’une jeune mortelle qui a osé se confronter aux dieux. Elle était tisseuse et était reconnue pour son art. Ce qui agaçait les dieux. Athéna l’a défiée pour finir, mais il se trouve qu’Arachnée avait fait un travail d’une qualité supérieure (En fait, Arachné sait qu’elles étaient toutes les deux à égalité mais Athéna est quand même jalouse. Furieuse, elle déchire l’ouvrage d’Arachné et la frappe. Ainsi humiliée, Arachné décide de se pendre. La déesse décida d’offrir une seconde vie à Arachné, mais cette fois-ci en araignée, source Wikipédia, ndlr). Quoi qu’il en soit, le mythe nous explique qu’il ne faut pas se montrer trop orgueilleux face aux dieux ! En tout cas, ce mythe nous invite à dépasser tout ça… Je pense que le côté divin est en chaque homme. Ça demande une introspection… On peut aussi transcender notre condition. La condition humaine est quand même bien médiocre ! 

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Tu me disais que votre son s’était forgé au fur et à mesure ! 

En fait, nous, quand nous composons, nous ne réfléchissons pas vraiment en termes de style. On compose un début de titre et, c’est un peu comme s’il était vivant et qu’il nous donnait le chemin à suivre. Après, ça dépend également des émotions que tu veux retranscrire… On ne se limite pas pour ce qui est de la technique… On pioche un peu partout et on essaie de se réapproprier l’ensemble. Il y a un petit côté Black Metal dans ce que l’on propose, du moins, en ce qui concerne les ambiances, après, il y a du Death. Tous ceux qu’on écoute en matière de Death Metal sont très techniques… Après, on pioche également dans le classique : Beethoven, Chopin 

« On passait plus de 12 heures par jour en studio et nous n’avions que cinq jours pour tout faire »

J’ai lu que vous aviez fait le déplacement jusque Helsinki pour la captation de l’EP. Vous avez travaillé avec le batteur d’Amorphis, Jan Rechberger. Vous êtes fans d’Amorphis au départ ? 

Je connais bien le groupe, mais il ne fait pas forcément partie de mes préférés. En fait, c’est grâce à notre photographe, Denis Goria, qu’on a eu cette opportunité. Il se trouve que Denis a fait écouter notre démo à Jan et qu’il avait bien aimé. On avait comme projet d’enregistrer notre premier EP à ce moment, donc notre photographe lui a demandé s’il voulait bien s’occuper de nous…

Est-ce que tu peux me parler de votre séjour à Helsinki ? Vous avez pu vous imprégner de la culture finlandaise ? 

Pour être honnête, non. On passait plus de 12 heures par jour en studio et nous n’avions que cinq jours pour tout faire. On ne voyait pas trop le jour. On se levait, on bossait, on rentrait, on se couchait. C’étaient vraiment cinq journées très intenses. Donc, je n’ai pas pu découvrir la culture finlandaise. Par contre, tu t’habitues très vite au froid… Tu t’habitues également très vite à l’obscurité ! Il fait très vite nuit là-bas. Ça a dû jouer sur la conception de notre album… Comme s’il y avait une atmosphère « sous tension ». On n’a pas souvent vu la lumière là-bas… On a eu comme l’impression de vivre dans une grotte pendant cinq jours ! Il faisait vraiment froid… On était là en doudoune, et Jan, lui, était en veston ! C’était assez amusant ! 

Comment les parties de chant sont-elles agencées ? Certaines sont growlées, d’autres en chant clair ! 

Un peu comme je t’ai dit tout à l’heure… On ne se dit pas : « Theraphosa, ça sera en chant clair »… On agence tout ça en fonction de nos morceaux. Si on a besoin de parties criées, on en met. En fait, ça dépend des émotions que l’on veut véhiculer. Si on veut faire autre chose, on fait autre chose. Il faut quand même que l’ensemble soit équilibré… 

Concernant les premiers retours concernant l’album, on peut notifier celui de Peter Tägtgren (Pain, Hypocrisy). Comment s’est-il procuré votre son ? 

Je ne sais pas. Peut-être que l’une de nos connaissances lui a filé un lien.  Je ne sais vraiment pas. En tout cas, on est heureux d’avoir des retours… C’est quand même un honneur ! Peter Tägtgren a accompli tellement de choses dans sa carrière. C’est toujours très encourageant. Ça nous donne envie d’en faire toujours plus ! 

L’EP sera distribué par Season Of Mist. Pourquoi avez-vous opté pour une distribution plus qu’une signature ? 

Ce n’est pas un choix… Au départ, on cherchait un label, mais c’est quand même super d’être distribués par Season Of Mist ! Pour l’instant, ce n’est pas un problème en soi ! 

Vous venez de la banlieue parisienne. Y a-t-il des groupes de chez vous qui te plaisent ? 

On n’est plus vraiment dans le réseau des musiques actuelles de Seine-et-Marne. Là, tout de suite, je ne serais pas capable de te dire… En fait, je n’ai pas l’automatisme d’aller chercher ce qui se fait par chez moi.  


Theraphosa, c’est : 

Vincent : Guitare / Chant

Matthieu : Basse / Chant

Martin : Batterie

Discographie : 

Theraphosa (EP)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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