C’est désormais devenu un rendez-vous de la rédaction d’Heretik Magazine ne manquerait pour rien au monde : le HardRock Festival d’Alvegem. Situé à dix kilomètres de Courtrai, l’événement qui se tient sur deux jours fait venir le vendredi soir quelques formations de Black Metal et profite du samedi pour faire jouer des coverbands et autres pointures du Hard. 

Et bien sûr, c’est tout contrarié que nous avons remarqué que la journée du samedi « Hard Rock Metal Night » (dont la majorité de la programmation était composée de « Tribute ») avait rencontré plus de succès. Au diable les cover-bands, nous, nous avons pris notre pass pour la soirée du vendredi dans le but de revoir Belphegor. Les Autrichiens étaient alors accompagnés de Gaahls Wyrd, de Thurisaz et de Saille. 

Par Axl Meu

Crédit photo : Wacken Delciotto (Shooting Metalhead – https://www.facebook.com/ShootingMetalhead/)


La soirée est déjà bien entamée lorsque nous arrivons sur place. Nous profitons donc des dernières mesures du set de Saille pour nous faire un avis général de la formation Hollando/Franco/Belge. Le groupe dernièrement rejoint par Guillaume Singer (Dead Season) plonge la salle dans l’obscurité avec un Black Metal pas franchement original, mais qui a le mérite de poser une atmosphère pesante, et ce le biais de riffs sacrément lourds comme celui de « Benei ha’Elohim » épaulés par les cris crus de Xavier. Ce fut là une performance sympathique, mais un peu linéaire. Dommage enfin que le groupe n’investisse pas pleinement l’espace scénique – la démarche était assez statique…

Deuxième prestations de la soirée, celle des Belges de Thurisaz. Et avec quatre albums à son compteur (le dernier The Pulse Of Mourning remonte quand même à 2015), la formation peut se targuer d’avoir joué sur de belles scènes, notamment dans le cadre des MetalDays cet été encore. Alors, on passe à un autre registre. La musique de Thurisaz appelle au dépaysement et à l’initiation de la culture celtique. Même si quelques petits détails sonores viennent gâcher notre plaisir en début de gig, nous surprenons une formation qui prend toujours plus d’assurance au fur et à mesure. Entre cris et chant clair, les claviers se fondent bien dans la masse sonore et optimisent la performance des désormais cultes « In All Remembrance » et « Betrayal ». Bien que nous ayons eu peur en début de gig, nous sommes finalement rassurés. Thurisaz est un bon groupe « live ».

Le gros du morceau arrive, et nous retrouvons alors Gaahls Wyrd, mené par l’ex-Gorgoroth et ex-God Seed, Gaahl. Et quelle messe ! Le frontman nous livre un excellent concert au cours duquel est interprété un bon nombre de classiques (« Carving A Giant », « Properity and Beauty », « Incipit Satan » – de Gorgoroth, et « Alt Liv » de God Seed). Après, c’est le charisme de Gaalh qui s’occupe du reste. Ce n’est plus un secret pour personne, l’ex-Gorgoroth est une bête de scène. La setlist reste accessoire, tellement la présence scénique de Gaahl est impressionnante, à la limite de l’insanité ! Le chanteur au visage « corpsepainté » inspire toujours l’évocation des Enfers, mais reste toujours sobre dans sa marche. Il se contente de scruter du regard ses paroissiens et de déclamer ses vieux textes. Le Norvégien profite même ce soir d’un excellent jeu de lumières. Conséquence : le mimétisme est toujours plus fort – Le reste est assuré par ses musiciens, qui n’ont pas changé depuis 2015 et qui semblent toujours aussi vertueux quand il s’agit de reprendre les standard du prodigateur. Bref, autant dire qu’après une telle évocation des Enfers, nous avons hâte de retrouver le Norvégien en Janvier prochain avec son premier album solo (à sortir via Season Of Mist).

Place à la tête d’affiche : Belphegor, incontestablement la formation de musique extrême Autrichienne qui rencontre le plus de succès. Pile, un an après la sortie de l’acclamé Totenritual, Helmuth revient au plat pays pour y animer une messe macabre. Les encens et les crucifix à l’envers sont de sortie. Et puisque nouvel album à défendre il y a, une grande majorité de ce dernier sont interprétés, à savoir « Baphomet », « Totenkult », « Apophis-Black Dragon »… Alors, une fois n’est pas coutume, Helmuth s’occupe des parties caverneuses de son répertoire et son bassiste des parties plus aiguës. Néanmoins, l’ensemble du gig se veut cruellement statique. En fait, c’est bien connu, c’est le côté linéaire des prestations de Belphegor qui permet à ses paroissiens de rentrer dans ce rituel ponctué par des parties de blast-beat superbement bien exécutées. On peut également regretter que le groupe ait préféré axer son concert sur ses deux dernières sorties (Totenritual, Conjuring The Dead). Mais où étaient donc les autres classiques « Der Geisterstreiber », « Bondage Goat Zombie », « In Blood-Devour This Sanctify », « Swarm of Rats », « Sexdictator Lucifer », « Sukkubus Lustrate » ou encore « Shred for Sathan » ? Après, ne soyons pas défaitistes, les Autrichiens nous ont tout même sorti un live d’une qualité irréprochable. 

Une belle organisation (même si les changements de plateaux nous semblaient interminables), une belle programmation Black Metal, et un petit festival amené à prospérer. Qui sait ? Peut-être n’aura-t-il pas besoin de programmer des cover-bands pour assurer le sold-out dans les années à venir ? C’est bien le mal que nous souhaitons aux organisateurs. 

Remerciements : Thomas André

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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