C’est désormais un rendez-vous quasi annuel pour les fans de Lordi. En effet, les éternels lauréats de la plus prestigieuse compétition de musique (l’Eurovision) ont pris l’habitude de se rendre à Courtrai assez régulièrement… C’est la troisième fois en quatre ans ! Cette année, ils sont en tournée pour défendre Sexorcism, leur nouvel album, et encore une fois, c’est Silver Dust qui ouvre (certes, Egokills, le troisième groupe, n’était pas là en 2016). Et il n’était pas évident de fédérer un soir de semaine à une époque où le prix du carburant parvient à dissuader les fans de musique Metal de se rendre aux concerts. Mais il en faut plus pour décourager ceux de Lordi. Certains attendaient l’ouverture des portes depuis 16h30. 

Mais ça ne veut pas pour autant dire que le balcon du De Kreun était ouvert pour la deuxième date de la tournée des Finlandais… Le concert s’est donc déroulé en petit comité, uniquement composé de fans et de quelques curieux, impatients de se faire une idée de ce que vaut Lordi en live en 2018.

Texte : Axl Meu

Crédit photos : Maurice Delciotto (Shooting Metalhead) 


Un petit coup d’oeil au merch’ avant de se rendre dans la fosse… Et aussi surprenant que cela puisse paraître, Lordi a décidé de tabler sur l’originalité (sarcasmes, quand tu nous tiens) en mettant en vente des bâtonnets de chocolat à son effigie. Lordi avait-il besoin de ça pour faire parler de lui ? Non, pas tellement. 

Bref, passons au plus important : la musique. C’est donc Egokills qui ouvre la soirée. Les Finlandais ne peuvent investir qu’une toute petite partie de la scène (déjà bien occupée par les structures scéniques de Lordi), mais se ne dégonflent pas pour autant. Ils nous servent une sorte de Hard Rock très typé 90’s. À l’image de Janne Selo, le chanteur, le combo semble particulièrement influencé par Ugly Kid Joe et consorts. Néanmoins, si Egokills dégage une énergie palpable (notamment sur « Polarize » et « Mellowhead »), quelques défauts se font ressentir, notamment en ce qui concerne la guitare. Elle manque clairement de présence ! N’aurait-il pas fallu inclure un deuxième guitariste pour épauler le tout ? 

De plus, Egokills a du mal à tirer son épingle du jeu avec des morceaux assez inégaux dans l’ensemble. Les couplets restent linéaires, tandis que les refrains demeurent parfois plus « catchy ». C’est dommage, car quelques bonnes idées se dégagent ici et là, notamment sur « Kill You Ego », sans aucun doute leur « hit » à eux. En bref, bien que nous soyons restés sur notre faim, les trente minutes allouées aux Finlandais sont toutefois passées assez vite. 

Une nouvelle tournée de Silver Dust en ouverture de Lordi ! Dites donc, Mr. Lordi ne se serait-il pas épris de la formation Suisse ? Tout laisse supposer que… ! En tout cas, on ne reviendra pas sur les goûts du chanteur de Lordi, car Silver Dust a rassuré ses fans et en a raflé de nouveaux sur son passage. En fait, Silver Dust, c’est plus qu’un concert ; c’est avant tout un spectacle qui mêle interactions et animations visuelles – de sorte que le public puisse entrer dans le show et l’univers du groupe. Comprenez par cela que le gig des Suisses a été augmenté par la présence d’un grand écran TV HD qui diffusait des courts-métrages sur le thème de leur nouvel album, House 21, assez bien réalisés dans l’ensemble. Le but : donner du relief aux morceaux (ou bien diffuser le spectre de Mr. Lordi en feat. sur la reprise de « Bette David Eyes »).

Musicalement parlant, les personnages qui composent le groupe ne se fixent aucune limite, et au risque de déplaire aux « vrais de vrais, les musiciens puisent leurs sources d’inspiration d’un peu partout ! On y trouve de tout dans leur musique : du Heavy bien sympathique avec ces guitares mélodiques, mais aussi de la Fusion et du Neo Metal à la System Of A Down (les tonalités émises par le chapeauté Lord Campbell nous rappellent souvent celles de Serj Tankian…). Et bien sûr, puisque le groupe a ordonné son show, Lord Campbell s’est octroyé une petite plage rien que pour lui et nous a offert un peu solo bien classieux comme il sait si bien les faire ! À côté, c’est le succès assuré dans la fosse – les fans ne cessent de réclamer les plectres des guitaristes et de mettre de l’ambiance dans la fosse. Bref, même si le style est un peu passé de mode, peu diront que Silver Dust n’a pas fait le job ce soir ! Un concert très sympathique qui aura permis aux Suisses de défendre leur nouvel album, le conceptuel, House 21 ! 

Il fait terriblement chaud dans la fosse, cette chaleur nous forçant à aller nous désaltérer autour d’une Maes en attendant que Lordi s’installe. Et personne ne reste indifférent devant le soin que Lordi a apporté à sa scénographie. Certes, nous sommes encore très loin du niveau d’Alice Cooper ou de Kiss, mais il nous faut constater que les Finlandais ont investi de sorte que leur show soit le plus impressionnant possible. L’espace scénique prend la forme d’une sorte de château fort avec les tours qui vont avec… ! Et voilà que « God Of Thunder » de Kiss retentit dans la salle ! Chut, ça commence ! 

Et pour faire dans l’originalité, Lordi décide de reproduire la pochette Sexorcismsur scène en installant la créature qui y figure, sur une chaise. Naturellement, le concert est introduit par la plage éponyme du nouvel album et installe une ambiance digne des grands films d’épouvante des 80’s. Les classiques et autres s’enchaînent (« Would You Love A Monsterman ? », « Your Tongue’s Got The Cat », « Blood Red Sandman », « It Snows In Hell »…) pour enfin déboucher sur les incontournables : « Who’s Your Daddy ? », « Devil Is A Loser » et bien sûr « Hard Rock Hallelujah »…

Malgré la chaleur toujours plus étouffante, les monstres s’adaptent, notamment Ms. Hella qui doit assurer les claviers et synchroniser ses mouvements avec les bandes vocales en fond – Pareil pour les solos que doivent assurer tous les membres, ils sont exécutés avec classe – D’ailleurs, Mr. Lordi intervient plusieurs fois à ce sujet… Ce dernier, à la voix éraillée, encaisse la lourdeur de la salle, mais reste de bonne humeur. Le maître de cérémonie installe une ambiance plaisante dans la salle. Il avoue même que le show de sa bande de monstres n’est tout à fait rodé (deuxième show de la tournée oblige), mais invite sont public à faire la fête, sachant bien que l’on est mercredi soir, et finalement, fait le bien le fier quand il faut présenter « Heaven Sent Hell On Earth », interprété pour la première fois en live ! 

D’un côté, on peut vite s’apercevoir que, oui, hélas, tout n’est pas carré (d’ailleurs, la guitare de Mr. Amen manquait cruellement de punch…), mais d’un autre côté, on remarque très vite que les happenings, eux, valent vraiment le coup d’oeil et qu’ils rythment le concert. On ne s’ennuie jamais ! On aura aimé ces effets « retro » provoqués par la brume, la chaise qui se lève grâce à un mécanisme d’antan, l’apparition de figurants et de spectres divers et variés… N’oublions pas qu’un concert de Lordi, c’est du show avant tout ! 

C’est au terme de ce concert bien copieux que nous quittons le De Kreun avec d’excellents souvenirs en tête. Si le public n’a pas semblé être au rendez-vous, Lordi sait toujours comment faire le show quoi qu’il arrive – Les absents auront eu tort ! 

 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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