C’est donc à Anzin que Black Bomb A a fêté la sortie de son nouvel album, sobrement intitulé Black Bomb A ! Alors, nous ne reviendrons pas sur les liens qu’entretiennent la région des Hauts-de-France et la formation de Crossover/Hardcore. Oui, dans le nord de la France, on adore Black Bomb A ! Pas de questions à se poser : la formation se produit avec Dadabovic et l’Opium du Peuple à quelques kilomètres de Lille le jour de la sortie de son nouvel opus : il faut y aller ! 

Texte :  Axl Meu

Crédit photos : Eric Meuriche


La municipalité d’Anzin a eu la bonne idée de retirer une grosse majorité des sièges pour ne laisser qu’une fosse : ouf, on ne se retrouve pas le cul cloué au siège ! Néanmoins, si des efforts logistiques sont à constater, c’était quand même bien plus problématique au bar ! Un petit bar de fortune a été installé à la place du vestiaire pour rassasier les assoiffés qui n’attendaient qu’une seule chose : boire une bonne bière du coin… Non, à la place, ils n’ont eu qu’un petit gobelet d’une bière « premier prix » du Carrefour du coin… C’est limite !

Les Valenciennois de Dadabovic ouvrent. Officiant dans un style atypique, une sorte de Metal Alternatif assez moderne, le professeur Dada et ses collègues, pris de démence, font tout pour proposer un show à la hauteur de l’événement. Une nouvelle fois, les conditions de jeu sont optimales pour cette formation que l’on avait déjà vue il y a encore quelques mois dans le cadre du BetiZFest. 

Belle scène oblige, le video-projecteur est de sortie et voilà que DadaRomanescu et le reste des membres prennent d’assaut la scène. En trois quarts d’heure, Dadabovic remue la fosse avec des titres décalés, débordant de névrose, parlant à sa façon les petits problèmes du quotidien… « Fils de Pub » et « Jim Tonic » sont illustrés comme il se doit. Mais c’est que le public est mou ! En fait, il faut vraiment attendre la fin du gig pour voir un semblant de pit se mettre en place, notamment lors de l’interprétation de « Paul Pau », leur hymne à eux, aux accents de fête à la tarte à la poire. Les quatre malheureux se rendent dans la fosse, séparent en deux le public et lui demande de crier. Bref, au terme de ce concert décalé, le public est finalement chauffé à blanc.  

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Place à l’Opium du Peuple ! C’est sur le thème de le nouveau film, les 7 Salopards que les « Sudistes » reviennent dans le Nord de la France pour deux dates (la première à Anzin, la deuxième à Arras, le lendemain, au Pharos). C’est donc sur la reprise d’ « Ave Maria » que le groupe investit la scène. Néanmoins, un petit détail n’échappe à personne : il manque une « opiumette » ! On apprend par la suite que Joey Délices s’est blessée la veille du concert, et que, prise en charge d’urgence par les urgences, elle ne peut pas assurer le gig. C’est donc Mademoiselle Coeur qui fait le job des deux Opiumettes !

À côté, le show est toujours aussi bien rôdé ! Entre concert « Rock’n’Roll » et show burlesque, les Bayonnais font monter la mayonnaise en jouant à la fois sur la provocation et la sensualité. Bien sûr, les gros classiques animent et provoquent la bonne humeur dans la fosse. Comment ne pas sourire devant les versions « électrifiées » de « Le Lion est mort ce soir », de « L’Internationale » et de « Like A Virgin » ? En plus, le groupe a travaillé son nouveau show ; chacun des « actes » met en avant tous les protagonistes du groupe. On pense encore à la mise en scène sadomasochiste entre Slobodan et Mademoiselle Coeur, aux piques du maître de la cérémonie à l’encontre de notre président, l’apparition de ce dernier en mode « boxeur » sur le générique du film « Rocky » et tous ces prises de parole décalées, mais calculées. 

L’Opium du Peuple, c’est de l’humour, ça n’hésite pas à dénoncer (l’Église, la politique) – d’ailleurs Mademoiselle Coeur joue très bien le rôle de la nonne corrompue sur « Osez Joséphine » ! À côté, la formation fait dans l’auto-dérision, en évoquant le bon déroulé de son show (Gil de La Tournante prend la parole et lit un faux déroulé du gig). À côté, Slobodan (quand il n’est pas la proie sexuelle de Mademoiselle Coeur) « victimise » son batteur. D’après lui, Machine ne serait pas un assez bon bon batteur et serait toujours dans un état second ! Une bonne occasion pour les membres du groupe d’intervertir les rôles : Machine passe au chant, le K. à la guitare, et Mademoiselle Coeur à la basse – Ils interprètent ensemble « J’suis défoncé ». Quelques rappels (dont « Mexico » de Luis Mariano qui voit valser quelques chapeaux mexicains et « Punkcollection » fédérant les fans de musiques extrêmes), et la troupe dégage de la scène avec le sentiment du devoir accompli. Bref, un concert de l’Opium du Peuple, ça fait toujours du bien par où ça passe ! Le rendez-vous à Méricourt le 5 avril prochain dans le cadre du festival Les Enchanteurs est déjà pris ! 

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Les Black Bomb A sortent leur nouvel album et sont parvenus à fédérer en cette soirée de lancement à Anzin : tout en intégrité, rien de plus ! Ceux qui avaient fait trembler les abords de MainStage 02 au Hellfest cet été continuent sur leur lancée et décident ce soir de présenter « live » sept nouveaux morceaux (notamment « Civil War », « Greed » et « My Last Resort »…). Ces derniers s’imbriquent bien au reste de la setlist composé entre autres de « Born To Die », « On fire » et même de deux extraits du premier album, Human Bomb, « My Mind Is A Pussy » et « Police Stopped Da Way ». Bref, ce soir, il y en avait vraiment pour tout le monde ! 

La prestation Hardcore/Crossover du gang Lillois est de très bonne facture – notamment les échanges vocaux entre Poun et Arno. Les deux bougres montent régulièrement sur les structures scéniques, vont à la rencontre de leurs fans, de quoi inspirer ces derniers du pit de fortune à faire aussi bien que leurs idoles ! Beaucoup ont essayé de les imiter en montant sur la scène pour ainsi se balancer dans le public. Résultat : échec monumental pour quelques-uns d’entre eux, qui sont repartis chez eux avec trois côtes fracturées ! 

Cependant, aucun gros accident n’est à déplorer, les animations dans le pit vont bon train : circle-pits et wall of death s’organisent naturellement (notamment sur « Police Stopped Da Way » et « The Point Of No Return »). La salle, littéralement séparée en deux grosses parties, est le théâtre de plusieurs scènes de violence « bon enfant » : à vrai dire, personne n’a été épargné ! Pour détendre l’atmosphère et pousser son public à faire toujours mieux, un homme : Arno. Il nous fait profiter de son humour bien salace (on ne reviendra pas sur le ton de ses blagues !) et collecte les quelques DVDs pornographiques qui lui sont lancés (là, non plus, on avoue qu’on n’a pas vraiment compris). En somme, un concert survitaminé, superbement mené jusqu’à l’ultime classique de la soirée : « Mary ».

Black Bomb A a une nouvelle fois marqué les esprits ce soir avec un concert efficace, alliant bonne humeur et esprit de décontraction. Oui, Black Bomb A est certes le genre de groupes que l’on a vu un nombre incalculable de fois… Mais avouons-le, on ne se lasse jamais de prendre sa dose de vitamine C en sa compagnie : le nouvel album et la tournée à succès « Riot » qui s’ensuit le prouvent bien – tout le monde en redemande ! Vivement la prochaine date ! 

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A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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