Réveille le dragon qui sommeille en toi ! Sick Of It All est de retour avec son onzième album et semble bien déterminé à briser de nouvelles nuques. Oui, car Wake The Sleeping Dragon!, c’est dix-sept nouvelles pépites, toutes dopées à la Monster Energy Drink et taillées pour faire trembler la fosse ! Quelques semaines avant la sortie de l’album, Lou Koller, son charismatique chanteur, s’est livré à la rédaction : 

Propos de Lou Koller (chant) recueillis par Axl Meu


Un titre et tout un programme ! 

« Ça a un rapport avec tout ce qui se passe aujourd’hui aux États-Unis. Le climat est très particulier ici, et nous avons sorti ce titre, Wake The Sleeping Dragon!… Ça renvoyait directement à la colère qui était enfouie au fond de nous, cette frustration qui était là, en nous. » 

Le comment du nouvel album : 

« C’était un peu compliqué car nous n’habitons plus à New York. On a composé tout dans notre coin, et on s’est rassemblés pour tout mettre en place. C’était la première fois que nous procédions ainsi. Avant, nous faisions tout ensemble, dans la salle de répétition, mais là, nous avons travaillé tout ça au studio d’enregistrement avec notre producteur, Jerry Farley. C’était cool, car on a retravaillé les idées ensemble… Jerry est un excellent producteur et son implication était primordiale. On sentait que ça lui tenait à coeur de produire l’album. C’est un fan de notre musique depuis qu’il est jeune ! Il est tellement éclectique (Blues, Rock…) que son avis compte sur tout. Il nous a donné beaucoup d’idées. Tue Madson nous a bien aidés également, mais lui, il était impliqué dans le mixage plus que dans l’écriture des morceaux, contrairement à Jerry Farley. » Il continue : « Les sujets sont vraiment libres chez Sick Of It All. Il y a ce morceau « The Snake (Break Free) qui porte sur la dépression… Nous avons perdu deux proches l’année dernière. Nous ne voulions pas faire un album typique de « New York Hardcore », tu sais, avec ces thématiques qui portent à chaque fois sur l’esprit d’équipe. On voit les choses autrement. On parle de racisme également notamment sur ce morceau « Robert Moses is a Racist »… Si tu es de New York, tu sais qui est Robert Moses. C’est un urbaniste, il a voulu faire avancer les choses à New-York, mais il l’a fait en opprimant les Afro-américains et les Irlandais… À cause de lui, la rupture entre les riches et les pauvres s’est renforcée. En créant ces grands boulevards, il a séparé les plus riches et les plus pauvres. » (Il a fait déplacer des centaines de milliers de résidents de la ville de New York, en détruisant les quartiers traditionnels en construisant des autoroutes au milieu de ces lieux, ndlr, source Wikipédia)…

Sur cette frustration que le groupe expulse :

« Oui, c’est vraiment ça, écrire cette musique nous permet d’expulser toute cette frustration que l’on ressent au quotidien. D’ailleurs, les élections de mi-mandat arrivent à grands pas. Il faut aller voter, mais je ne sais pas si ça changera quelque chose. Regarde un peu à quel point tous ces politiciens sont corrompus ! Tu sais ce qui s’est passé dernièrement aux États-Unis ? Le juge Brett Kavanaugh a été accusé d’agressions sexuelles, il a menti et il a toujours le job ! Le gars qui est à la tête de la Cour Suprême, quoi ! Oui, nous sommes frustrés, car quoi qu’il arrive, quoi qu’on puisse faire, les gens qui nous dirigent pourront toujours faire ce qu’ils veulent… La musique est un bon moyen d’expulser cette frustration. » 

Des « special-guests ». (Tim McIlrath de Rise Against et Chuck Ragan de Hot Water Music)

« Tim intervient sur « Bull’s Anthem ». Quand nous avons écrit ce morceau, il ne me plaisait pas tant que ça. Mais quand Tim a chanté dessus, j’ai fini par l’aimer ! Il a vraiment apporté quelque chose en plus ! Je me souviens lui avoir parlé de ce morceau et il m’a avoué qu’il avait toujours rêvé chanter sur un de nos titres. C’est désormais chose faite ! Enfin, il nous fallait quelqu’un d’autre pour assurer les ponts de « The New Slavery ». Du coup, on a fait appel à un de nos proches, Chuck. Ça l’a fait. Je ne sais pas trop comment ça se passe pour les autres scènes, mais c’est la solidarité et l’amitié qui priment avant tout chez nous ! Par exemple, nous ne demandons jamais d’argent pour figurer sur un album. Nous faisons ça car nous sommes potes, c’est tout ! Je n’ai jamais rien demandé en retour. On s’amuse ! Concernant « Bull’s Anthem », il continue : « Ce n’est pas un morceau typique de Hardcore, nous n’écoutons pas que Hardcore au sein du groupe. Pas mal de Metal et aussi de la Oi!. La Oi!, c’est typiquement le genre de musique où tout le monde peut chanter, on aime beaucoup ! »

Hatebreed, Agnostic Front et Sick Of It All : le leadership du Punk/Hardcore à l’américaine : 

« Nous avions aussi nos héros avant Sick Of It All. Si on peut être une source d’inspiration pour les autres, c’est très bien ! Je ne sais pas pourquoi, mais nous essayons tout simplement de donner le meilleur de nous-mêmes à chaque fois, notamment en live. Vraiment, si c’est pour faire les choses à moitié, ce n’est pas la peine de continuer, on peut s’arrêter là ! »

« Il y a deux ans, nous nous sommes produits sur la MainStage 2 (du Hellfest), ce fut une très belle expérience, mais ça ne veut pas dire que nous sommes ‘mainstream’ pour autant. » 

Sick Of It All, un groupe vegan ? 

« On a écrit ce titre « Beef Between Vegans » qui porte sur ça ! Nos habitudes ont tellement évolué ces dernières années, notamment en ce qui concerne notre rapport avec la nourriture. Ce titre, c’est une sorte d’avertissement en ce qui concerne les mauvaises habitudes de vie qu’on a prises et on sait qu’il est dur d’en sortir ! » D’ailleurs, Lou nous a semblé être très sensible au sujet de la question de l’écologie : « depuis que Trump est au pouvoir, la situation s’est empirée… Ces milliardaires n’en ont rien à faire de la nature, ils préfèrent se remplir les poches encore et encore ! Ils se moquent clairement de l’eau que l’on boit. Ils ne boivent pas la même… Et dans tout ça, le gouvernement est influencé par tous ces lobbys alors qu’il est censé prendre soin de ses citoyens. Ils sont tous tout simplement fous ! »

Sick Of It All et Tagada Jones, plus que des amis ?

« Ils nous ont approchés il y a quelques années. On est partis en tournée ensemble et finalement les gars sont devenus de bons potes ! Même si leur musique tend quand même plus vers le ‘mainstream’, leur approche reste semblable à la nôtre. On a fait pas mal de shows avec Black Bomb A également ! D’ailleurs, nous allons nous produire ensemble prochainement dans le cadre de la mini-tournée française que nous entreprendrons prochainement en Novembre (le 18 novembre prochain au Havre, le Tetris, ndlr). Une seule date… mais bon, on en fera d’autres ensemble ! »

De retour à Cambrai en avril prochain pour le BetiZFest ? 

« Ce n’est pas impossible ! Je n’ai pas encore tous les détails concernant les dates que l’on fera après le Persistence Tour. J’aimerais bien m’y reproduire, pareil pour le Hellfest»

Au sujet du Hellfest : adieu la Warzone ?

(Rires) « Il y a deux ans, nous nous sommes produits sur la MainStage 2, c’était une très belle expérience, mais ça ne veut pas dire que nous sommes ‘mainstream’ pour autant ». Au sujet du festival de Clisson et de son sold-out : « Ça me rappelle le festival de Leeds, tous les tickets étaient vendus bien avant qu’on annonce les groupes. Je ne sais pas comment expliquer ça. Les festivaliers veulent juste être au festival pour s’amuser et se bourrer la gueule. La musique reste secondaire finalement. » Il ajoute : « Peut-être que je me fais vieux, mais en tant que fan, je préférerais connaître au moins l’affiche avant de débourser 200e pour une affiche qui ne m’intéressera peut-être pas pour finir. » 

Sur la question de l’underground :

« Je ne pense pas que l’underground soit mort. Ça va, ça vient. Tu ne pourras jamais enlever la proximité qu’il y a entre les fans et les musiciens dans les clubs. On a tendance à croire que l’underground est mort quand on va sur les réseaux sociaux, mais il y a des nouveaux groupes qui apparaissent. Il m’arrive de me rendre à des concerts, et je peux t’assurer que la relève est bien là ! » 


Sick Of It All, c’est : 

Lou Koller : Chant

Pete Koller : Guitare

Craig Setari : Basse

Armand Majidi : Batterie

Discographie : 

Blood, Sweat & No Tears (1989)

Just Look Around (1992)

Scratch the Surface (1994)

Built to Last (1997)

Call to Arms (1999)

Yours Truly (2000)

Life on the Ropes (2003)

Death to Tyrants (2006)

Based on a True Story (2010)

The Last Act of Defiance (2014)

Wake the Sleeping Dragon ! (2018)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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