Architects n’arrête pas ! Sortant déjà leur huitième album, Holy Hell, prévu pour le 9 novembre, les Anglais ne sont pas prêts de stopper la machine en marche. Mieux : ils ne cessent pas d’innover et d’emprunter toujours plus de nouvelles routes musicales pour faire voyager leurs auditeurs. Encore une fois, Holy Hell est un périple vers l’inconnu, partagé entre un côté sombre et agressif, et un côté plus lumineux et coloré. Pour en savoir plus, nous avons donc rencontré le chanteur Sam Carter et le bassiste Alex Dean à Paris, directement à leur hôtel. Entretien.

Propos de Sam et Alex recueillis par Aurel Cip


Salut les gars ! Vous sortez votre huitième album, Holy Hell, le 9 novembre 2018. Réalisez-vous réellement le parcours que vous avez parcouru avant d’en arriver là ?

Sam et Alex : En fait, c’est très bizarre car nous avions fondé Architects afin de s’éclater et de jouer avant tout la musique que nous aimions et que nous trouvions plaisante sur le moment. Nous n’avions pas franchement la volonté de réaliser tout ce parcours, d’aller aussi loin. Nous avons eu cependant cette chance et nous l’avons saisie. Je pense que notre secret a été de rester par-dessus tout concentrés sur notre musique, sur ce que nous pourrions produire comme émotions à travers notre son. Faire les rockstars n’était pas notre but : il fallait faire grandir notre créativité et la faire évoluer.

Architects a été récompensé cette année par le magazine Kerrang! en tant que meilleur groupe live. Qu’en avez-vous pensé ? Pour vous, ce prix vient-il récompenser l’ensemble de votre carrière ?

Sam et Alex : Bien entendu, nous étions très heureux lorsque nous avions appris notre victoire, d’autant plus que de très bons groupes concouraient à nos côtés et que nos parents nous regardaient. Il s’agit toujours d’un plus qui peut nous aider à gagner encore en visibilité auprès du public, et pas seulement celui de la scène Metal mais également celui de la scène Rock, au vu du public du magazine. Après, selon nous, le terme de récompense, dans ce contexte, ne s’appliquerait pas forcément à toutes les choses que nous avons réalisées jusque-là, mais simplement à une belle performance live effectuée à un instant T. On a réussi à être bon au moment où il le fallait, mais cela ne résumerait pas notre carrière.

De plus, vous avez une tournée européenne et une tournée au Royaume-Uni en décembre et janvier prochain. Ce sera la plus grosse tournée pour vous !

Sam et Alex : Oui, c’est exact ! Et on a vraiment beaucoup de choses à préparer ! Beaucoup de choses à organiser en amont histoire d’être prêts à 100% quand tout commencera. On a vraiment compris que, sur scène, un groupe doit claquer autant musicalement que visuellement ! Il faut donc veiller à ce qu’on ait les bonnes lumières, un son très professionnel… Par exemple, les jets de flammes en live sont redoutables, le public adore ! C’est ce genre de choses qu’il nous faut ! On veut jouer comme il nous plaît de le faire, mais nous ferons notre mieux pour donner plus que de la musique à nos fans.

Parlons désormais de votre album Holy Hell. Ce nom est très fort. Est-ce qu’il y a un thème lyrique l’illustrant à travers l’album ?

Sam : Oui, ce thème est essentiellement le chagrin. Mais à travers ce fil rouge, nous avons également voulu transmettre à l’auditeur d’autres facettes du chagrin, d’autres émotions qui peuvent découler de ce chagrin. Holy Hell traduit alors des sentiments comme la colère, ou encore l’espérance et d’autres émotions positives…

« Holy Hell traduit des sentiments comme la colère, ou encore l’espérance et d’autres émotions positives… »

On peut donc attendre de cet album des atmosphères à la fois sombres et agressives, mais également positives et lumineuses ? La mort de votre compère guitariste et ami, Tom Searle, en 2016, a-t-elle influencé l’ambiance globale de cet album et la manière dont vous l’avez composé ?

Sam et Alex : Oui, totalement. Ces deux dernières années ont été difficiles pour le groupe à cause de cette tragédie. Bien entendu, nous avons été profondément affectés, tout comme nos fans. Mais ce coup dur nous a paradoxalement encore plus rapprochés au sein du groupe, afin que l’on puisse apporter mutuellement notre soutien à chacun. Nous avons donc été tous très impliqués dans l’écriture de Holy Hell, avec, bien évidemment, une tendance à explorer des sentiments sombres et négatifs. Mais il nous fallait aussi mettre en avant des aspects positifs de ce qui était arrivé, comme par exemple l’importance de profiter de sa vie à fond, sans compter et sans se poser de questions. Nous profiterons à fond de notre existence en son hommage, et il est essentiel de ne pas se replier sur soi-même mais continuer à avancer et à poursuivre la lutte. Le titre « Death Is Not Defeat » est très révélateur de cet état d’esprit.

Justement, le fait d’intégrer officiellement un nouveau guitariste en septembre 2017, Josh Middleton, a dû être une importante décision à prendre pour vous ?

Sam et Alex : Oui, en effet. Il était important pour le groupe d’avancer, et l’arrivée de ce nouveau membre était le message à envoyer aux fans pour leur signifier qu’Architects n’était pas mort malgré les difficultés. Josh est un excellent guitariste et il s’est rapidement intégré au groupe. Il a une excellente expérience de la scène grâce à son projet Sylosis, et a appris ses parties d’une manière tout à fait remarquable ! (Rires !)

Cette arrivée n’a en aucun cas bouleverser vote manière de jouer : on reconnaît le riffing d’Architects dans vos nouveaux titres !

Alex : Malgré le fait que l’on souhaite constamment évoluer, il y aura toujours une patte Architects que nous voudrons préserver. On évolue toujours un peu à chaque album, mais nous voulons que nos fans se rattachent à un son, à un type de riff, à une mélodie, à une atmosphère. C’est très important !

« Doomsday » avait d’ores et déjà été révélée en septembre 2017, et vous avez décidé de l’inclure dans Holy Hell. Pourquoi ce choix ?

Alex : En fait, nous ne pouvions nous permettre de la laisser de côté tant cette chanson constitue une partie du voyage que vivra l’auditeur dans Holy Hell. Autant lyriquement que musicalement, « Doomsday » fait partie intégrante de cet album et aidera à sa compréhension globale. Il était donc important pour nous de l’inclure.

Question plus spécifique pour toi, Sam : comment vois-tu l’évolution de ton chant depuis le début du groupe ?

Sam : Oh, question difficile ! (Rires !) Ayant commencé assez jeune à chanter dans Architects, j’ai pu réaliser assez vite que je pouvais encore et encore grandir en termes de performances vocales. Je me disais intérieurement que je serai un jour le meilleur chanteur du monde entier. (Rires !) Même si cela paraît absurde au premier abord, ce type de pensée me donnait la motivation dont j’avais besoin pour évoluer et progresser. J’ai toujours eu la volonté de progresser, et ça aide ! Désormais, j’arrive à expulser toute la colère et la rage que je désirai transmettre à l’époque ! On peut donc dire que mes efforts ont porté leurs fruits.


Architects, c’est : 

Sam Carter : Chant

Tom Searle : Guitare

Dan Searle : Batterie

Alex Edwin Dean : Basse

Adam Christianson : Guitare

Discographie : 

Nightmares (2006)

Ruin (2007)

Hollow Crown (2009)

The Here and Now (2011)

Daybreaker (2012)

Lost Forever Lost Together (2014)

All Our Gods Have Abandoned Us (2016)

Holy Hell (2018)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.