Dernière journée de festival, et des jambes qui commencent tout doucement à ne plus suivre le rythme ! Il fallait voir les têtes qu’affichaient les festivaliers pour se rendre compte que la nuit avait été de courte durée : entre les paupières qui ne tiennent plus le coup et les paillettes restantes du Macumba Open Air, beaucoup avaient eu du mal à se réveiller pour assister aux premiers concerts, qui contrairement aux autres journées, commençaient dès 11H45 du matin. Encore une belle journée, une nouvelle fois placée sous le signe de la diversité : oui, il y avait même du Rock’n’Roll et du Hard Rock invités au festin !

Par Hyass et Axl Meu

Crédit photos : Tiphaine Zanutto 


IMPLORE – Supositor Stage – 12h35/13h15

Premier concert de la journée ! Et pas évident de taper du pied et d’apprécier à sa juste valeur le concert des nouvelles recrues de Century Media que nous avions alors découvertes l’année dernière aux MetalDays. Néanmoins, si nos jambes se font lourdes et que l’attention n’est plus au beau fixe, le Grindcore d’Implore fait quelques adeptes (malgré quelques problèmes de son). Il faut dire que les missives tirées de Subjugate ayant pour thématiques l’horreur sous toutes ses formes méritent l’intérêt des fans et qu’elles n’ont rien à envier à des groupes comme Benighted et Aborted. À revoir très vite !(Axl)

JINJER – Dave Mustage – 13h20/14h00

Avons-nous besoin de présenter Jinjer ? Les poulains de Napalm Records font escale en Bretagne au Motocultor, et nombreux attendaient d’expérimenter le Groove Metal à tendance Djent des Ukrainiens. Néanmoins, le public était-il là pour la musique ou pour se rincer l’œil devant la plastique généreuse de sa frontwoman toute en latex aujourd’hui, Tatiana Shmailyuk ? À vrai dire, les compositions de Jinjer, ici, essentiellement tirées de King Of Everything (notamment « Pisces ») sont assez techniques et rappellent régulièrement les talentueux Meshuggah, mais il est quand même difficile de comprendre tout l’engouement qu’il y a pour ce groupe. À côté, la chanteuse tire son épingle du jeu avec ses vocalises qui ne cessent d’évoluer en tonalité (parfois growl, parfois plus claires). En bref, Jinjer était sans doute la sensation du jour pour beaucoup. Mais, qu’en sera-t-il lorsque l’effet de surprise sera passé ? (Axl)

DEHUMAN – Supositor Stage – 14h10/14h50

Au tour des Belges de Dehuman de montrer de quel bois ils se chauffent. Et ils sont parvenus à mettre tout le monde d’accord aux abords de la petite scène. C’est un Death sans fioritures qui est présenté, le genre de Death qui brise les nuques, le genre de Death aux riffs implacables soutenus par des rythmiques d’Enfer. Pas besoin d’en faire plus, les poulains de Xenokorp nous ont servi un concert plus qu’honnête, plein de panache et d’authenticité ! On a adoré ! (Axl)

CULT OF OCCULT – Massey Ferguscène – 14h10/14h50

Cult Of Occult est ni plus, ni moins, la bonne surprise de la journée. (Hyass)

WARBRINGER – Dave Mustage – 14h55/15h40

À l’aide, j’ai perdu ma demi-pastèque ! Oui, Warbringer, c’est un peu ça en live quand on fait partie de ceux qui s’amusent à tourner dans le pit ! Entre la poussière qui donne des allures des canyons aux abords de la Dave Mustage et les autres qui s’amusent à lancer des demi-parts de pastèque dans le pit, c’est un peu du grand n’importe quoi ! Mais cela n’a pas gâché la prestation des Américains, véritablement acclamés comme des héros par les fans du genre à la fin du gig. Contrairement au concert de Suicidal Angels l’autre jour, Warbringer bénéficie d’un son-façade bien plus vif, avec une attaque exemplaire pour un groupe de la trempe : une aubaine pour le groupe qui peut promouvoir dans les meilleurs conditions possibles son nouveau titre : « Power Unsurpassed ». Bref, pas besoin d’en dire plus. Warbringer a raflé bien plus de 10 nouveaux fans après sa prestation au Motocultor. (Axl)

ORIGIN – Supositor Stage – 17h30/18h20

Faisant dans la technicité depuis plus de deux décennies maintenant, Origin fascine autant qu’il désespère les musiciens en quête de perfection. En tout cas, les musiciens frustrés ont pu se rattraper dans le cadre du Motocultor en assistant au concert des Américains (qui doivent faire sans leur bassiste – les fans étant appelés à faire du air-basse pour combler ce manque), qui enchaînent sans discontinuité les titres de leur répertoire avec une facilité déconcertante (« Accident and Error », « Infinitesimal to the Infinite » et « Saligia »…). Bref, pendant que certains se rentraient littéralement dans le lard, d’autres ont préféré assister au concert assis sur l’herbe avec quelques rafraîchissements. À chacun sa manière d’apprécier à sa juste valeur un bon concert de Metal technique, les autres sont allés prendre quelques cachetons en écoutant les sonorités planantes de Stoned Jesus ! (Axl)

COMEBACK KID – Dave Mustage – 18h25/19h15

Aux Canadiens de Comeback Kid de réveiller tous ceux qui s’étaient assoupis lors du concert de Stoned Jesus ! Allez, hop ! On se réveille avec un concert de Punk bon enfant, rythmé par les missives tirées de leurs derniers opus Die Knowing (2014) et Outsider (2017). Et c’est qu’on étouffe dans la fosse, la poussière donne du riff à retordre aux partisans du pit (on a vraiment du mal à respirer)… Néanmoins, cela ne semble pas plomber l’ambiance pour autant. Il faut dire que Andrew Neufeld sait comment foutre la banane à ses fans en prenant régulièrement la parole. Quoi qu’il en soit, c’est à l’issue de « Wake The Dead » que le combo quitte la scène avec le sentiment du devoir accompli. Une vraie prestation et une très belle première au Motocultor pour les Canadiens ! (Axl)

TOXIC HOLOCAUST – Supositor Stage – 19h25/20h15

Petite déception du côté de la Supositor Stage avec Toxic Holocaust. Le groupe mené par Joel Grind s’il ameute les fans de Crossover (et même les membres de Municipal Waste placés bien comme il faut…) a dû clairement les décevoir lorsque le frontman a annoncé au bout de 20 minutes de show qu’ils étaient déjà arrivés à la fin du gig. Vraiment, il faut le faire ! Alors certes, leurs morceaux ne dépassent presque jamais les 3 minutes, mais il peut être désolant de voir qu’une telle formation, qui a six albums à son compteur, se contenter du strict minimum… (Axl)

NASHVILLE PUSSY – Dave Mustage – 20h20/21h10

On aura beaucoup parler des Nashville Pussy dernièrement. En effet, leur annulation « express » à Charmes au Rock’n’Roll Shop a été le déclencheur d’une autre série d’annulation chez la salle concernée. Alors, tous ceux qui n’ont pas eu la chance de voir les Américains à Charmes ont pu sécher leurs larmes en Bretagne ! Deux ans après leur dernière prestation dans le cadre du Motocultor, le gang le plus malfamé d’Atlanta continue de distiller ce qu’il sait faire de mieux : un Rock’n’Roll sans fioritures, mené à bien par quatre rock’n’roller ! Et aussi surprenant que cela puisse paraître, les Américains décident d’ouvrir le concert sur un standard d’AC/DC (« Kick In The Teeth ») avant d’embrayer sur plusieurs compositions personnelles aux connotations sexuelles (« Piece Of Ass », « Rub It To Death »…). Alors, chez eux, et même sur scène, on a le sens du riff qui décoiffe, on fait la fête et on fait l’éloge de la débauche en buvant ce bon vieux Jack saveur Rock’n’Roll… Et mon Dieu, qu’est-ce que ça fait du bien après un week-end entier placé sous le signe des extrêmes. (Axl)

PHIL CAMPBELL – Massey Ferguscène – 21h20/22h10

Autre touche 100% Hard Rock de la soirée, Phil Campbell And The Bastard Sons ! Sillonnant l’Europe en long, en large et en travers pour défendre les mérites de son premier album, The Age Of Absurdity, l’ex-guitariste de Motörhead compte bien revenir sur ses plus grands succès, à l’instar de titres comme « Rock Out » mais aussi « Born To Raise Hell »… Le Britannique n’oublie cependant pas de rendre hommage à ses mentors, Lemmy Kilmister, Phil « The Animal » Taylor et Fast Eddie Clark avant d’embrayer sur « Silver Machine » (The Hawkwind – où on l’a vu Andreas Kisser de Sepultura pousser la chansonnette…) Et si le public s’était plus attardé sur le retour de Dying Fetus en terres bretonnes, nous ne cachons pas notre plaisir de voir tous les chevelus s’entrechoquer pendant « Ace Of Spades ». Dommage cependant que le groupe ait préféré mettre un terme au concert sur une de ses compositions personnelles, cassant l’élan provoqué par le tube de Motörhead. Mention spéciale cependant à la solidarité mise en place pour trouver un pédalier et une basse pour à l’un des fils de Phil, qui figure désormais parmi la longue liste des victimes de British Airways. « Fuck British Airways » ! (Axl)

MUNICIPAL WASTE – Supositor Stage – 23h20/00h10

Municipal Waste avait débuté sa tournée estivale aux MetalDays, et voilà que les Américains mettent un terme à celle-ci chez nous, au Motocultor Festival. Alors, que dire si ce n’est que, malgré quelques problèmes de batterie rencontrés au début du concert, la bande de Tony Foresta a renversé une toute dernière fois les abords de la scène en invitant ses fans à faire un « Waves Of Death » pendant « The Inebriator ». Le chanteur et ses musiciens affichent une joie non dissimulée sur scène, et invitent même leurs roadies à se jeter dans le public… Bref, après une petite flopée de classiques (« Beer Pressure », « Terror Shark »…), il est l’heure pour les agents de sécurité de se lancer dans le public sous les acclamations des fans de musiques extrêmes qui leur en auront fait voir de toutes les couleurs ce week-end ! (Axl)

SEPULTURA – Dave Mustage – 00h15/01h15

Dernier concert de la journée, et petite tromperie sur la marchandise ! Ce que le festival nous avait vendu pendant des mois comme un concert « Sepultura Feat. Les Tambours du Bronx » n’en était pas tellement un. En effet, les Tambours du Bronx ne font finalement leur apparition qu’en toute fin de gig pour interpréter le classique « Roots Bloody Roots », mais à côté de ça, la machine brésilienne nous a peut-être servi le meilleur concert du festival, un set faisant la part entre le répertoire de Max Cavalera et celui de Derrick Green (ce dernier fête son vingtième anniversaire au sein de Sepultura, deux morceaux de l’album Against – « Against » et « Choke » – ont été interprétés…)… Mais avouons-le, malgré l’énorme sympathie que l’on porte au Sepultura des temps modernes (Andreas Kisser excelle toujours dans son domaine), seuls quelques classiques auraient mis en liesse les partisans du pit, c’est-à-dire, les gros classiques « Desperate Cry » et « Resuse/Resist ». Dommage cependant que l’album Beneath The Remains n’ait pas été représenté ce soir… Une très bonne prestation néanmoins ! (Axl)

Une nouvelle édition à succès pour le Motocultor, qui espérons-le, continuera à fédérer les fans de musiques extrêmes. Alors que l’avenir du plus roots des festivals de Metal français était encore incertain l’année dernière, il semblerait que Yann et son équipe soient en passe de sortir la tête de l’eau. Espérons tout simplement que le Motocultor parvienne à conserver son intégrité, sa particularité, son honnêteté, son côté « réunion de famille », qui, avouons-le, contribue pleinement et fortement au succès du festival. 

 

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