Découvert au Bobble Café (Lomme) dans le cadre d’une soirée organisée par Riffeater, Nekromant est l’archétype même des formations « moyennes » : celles qui sortent d’excellents albums, mais qui manquent cruellement de visibilité ! Faisons-leur donc justice chez Heretik Magazine ! Fan de Heavy Metal à tendances Doom/Stoner ? Voici pour vous Nekromant ! 

Propos de Mattias Ottosson (chant, basse) recueillis par Axl Meu 


Tout d’abord, il faut avoir que le premier patronyme de Nekromant était ‘’Serpent’’. Pourquoi un tel changement ?!

On nous pose souvent cette question ! (Rires) C’est simple, il y a déjà pas mal de formations qui s’appellent Serpent, d’où le changement ! Cependant, nous sommes restés les mêmes, et pour nous, ce n’était pas si important que ça pour finir. Dès que nous avons publié l’album Nekromant, nous avons pensé que c’était le moment ou jamais de le faire !  

Nekromant a sorti son nouvel album en novembre dernier. Il s’intitule The Nekromant Lives. En quoi cet album est-il la suite logique de Snakes & Liars ? 

Eh bien, tout simplement car c’est l’album qui suit Snakes & Liars (rires) ! C’est aussi simple que ça ! Nous ne nous préoccupons pas trop de ça. Nous voulons juste écrire les meilleurs morceaux possibles ! Quand nous sentons que nos titres sont bons, nous les enregistrons ! La critique a très bien accueilli The Nekromant Lives. Beaucoup ont dit que le groupe avait gagné en maturité et que nos chansons étaient plus épiques, plus « Heavy Metal » ! 

Cet album vous-a-t-il ouvert des portes ? 

Sans doute, peut-être, on verra ! À chaque album que nous sortons, à chaque concert que nous donnons, nous évoluons un peu plus. C’est difficile de savoir en tant que musicien d’anticiper et de savoir si tel ou tel album t’ouvrira des portes. Il faut tout simplement donner le plus de concerts possible, les meilleurs bien sûr. Dès lors, peut-être que plus de monde assistera à nos concerts et peut-être que nous gagnerions en reconnaissance par la suite. Mais de mon côté, ce qui me préoccupe le plus, c’est de composer des morceaux qui ont du sens pour moi. Si les gens aiment ce que nous faisons, c’est très bien ainsi, mais ce qui m’importe le plus, c’est de composer des chansons dans lesquelles je me reconnais et dont je suis fier ! 

Je vous ai découverts en live en octobre dernier et à vrai dire je ne savais pas trop à quoi m’attendre de votre prestation. Ce qui m’a surpris, c’est le soin qui a été apporté sur l’enchaînement des parties instrumentales et la puissance que vous dégagez sur scène, bien que vous ne soyez que trois… 

Merci ! Ça demande beaucoup de temps et nous travaillons d’arrache-pied pour offrir le meilleur à nos spectateurs et ça fait du bien de savoir qu’ils ne sont pas insensibles ! Puisqu’il n’y a qu’un seul guitariste dans le groupe, la basse et la batterie prennent une place prédominante dans nos chansons. On pourrait très bien recruter un deuxième guitariste, mais ce n’est pas ce à quoi nous aspirons pour le moment. Ce n’est pas évident de composer, d’autant plus que nous ne sommes que trois, mais ça a le mérite de rendre les choses plus intéressantes ! Quoi qu’il en soit, tout se fait au « feeling » chez nous. Tant que ça sonne, je ne ressens pas le besoin d’analyser ce que nous jouons ! 

« Nous adorons Black Sabbath, plus particulièrement les albums que le groupe a sortis avec Ozzy Osbourne »

Vu les sonorités dégagées dans vos albums, vous n’avez l’air d’être de gros fans de Black Sabbath. D’ailleurs, « Voidmaker » m’a fait penser à « Electric Funeral » ! 

En effet, nous adorons Black Sabbath, plus particulièrement les albums que le groupe a sortis avec Ozzy Osbourne. Tu me parles de ressemblance… Au sein du Nekromant, on fait toujours en sorte de ne pas trop ressembler à tout ce qui a déjà été fait par le passé. Cependant, ce n’est pas évident, car le style que nous jouons est très classique et qu’il est déjà très difficile de sortir des sentiers battus ! 

D’ailleurs, n’est-ce pas trop compliqué de ne pas copier, sans le vouloir, les artistes que vous appréciez ? 

C’est un vrai risque pour nous. Je ne dirais pas que ce n’est pas compliqué, mais il m’est déjà arrivé de composer des titres qui se sont avérés être très semblables à d’autres que j’avais entendus il y a un bon moment déjà. Souvent, c’est le fruit de l’inconscience ! Ça arrive, mais pas souvent ! J’espère que je serai toujours apte à m’en rendre compte avant de faire une grosse erreur, mais je ne me fais pas trop de soucis à ce sujet ! 

Dans l’album, il y a ce morceau « For The End ». Le considères-tu comme un « Blues Rock » diabolique ? 

Pour moi, tous les morceaux que je compose sont des titres de Heavy Metal, mais il y a quand même des variations pour certains d’entre eux. En ce qui concerne « For The End », oui, tu as raison, il y a quelque chose de « bluesy » dedans. J’ai pris beaucoup de temps à composer ce morceau… Il est bien plus sérieux qu’il n’en a l’air. Sa structure, sa thématique… « For The End » parle de ces peuples qui tombent sous l’emprise des religions et qui, par conséquent, perdent la notion de liberté. Ils ne peuvent plus penser par eux-mêmes. J’y chante dans cette chanson que les gens « deviennent aveugle sous l’emprise de La Croix ». Ça me fait froid dans le dos rien que d’y penser, surtout que je suis très attaché aux libertés individuelles de chacun. 

Quelques mots en ce qui concerne la production… The Nekromant Lives sonne très « live »  ! 

Je pense que c’est dû au fait que nous avons enregistré la guitare, la basse et la batterie sans utiliser de métronome. Ça nous semble tellement naturel de faire ça et nous procédons toujours ainsi ! Nous avons enregistré l’album au Grand Recordings Studio à Gothenburg (Suède) avec Svein. Il n’a pas endossé la casquette de producteur pour l’album, il l’a juste enregistré car nous voulions garder le contrôle et prendre toutes les décisions par nous-mêmes. Je suis également ingénieur-son et je suis satisfait de son implication et du studio qu’il nous a loué, ça nous a bien aidés ! 

Avez-vous déjà commencé à travailler sur la suite de The Nekromant Lives ? 

75% du nouvel album est déjà prêt. Nous travaillons dur sur cet album, il sera un peu différent, notamment en ce qui concerne les paroles. On s’est fixés les mêmes objectifs et nous avons pris les décisions qui nous semblaient être les meilleures pour le groupe. On a hâte de vous faire écouter ça ! 

Qu’attendez-vous du prochain album de Candlemass ? 

Je n’attends vraiment rien, vraiment. Candlemass est l’un des meilleurs groupes Suédois et je pense qu’ils vont sortir un excellent album ! Même s’ils ne sortent pas un bon disque, il restera l’un des meilleurs groupes à mes yeux ! J’ai hâte de l’écouter ! 


Nekromant, c’est :  

Adam Lundqvist : Guitares

Mattias Ottosson : Basse/Chant

Joakim Olsson : Batterie

Discographie :

Sous Serpent : 

Black Magick (EP – 2012)

Slaves Of Babylon (2013)

Nekromant (2015)

Sous Nekromant : 

Snakes & Liars (2017)

The Nekromant Lives (2018)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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