Rendez-vous incontournable des fans de Punk/Hardcore/Crossover d’Europe depuis 2005, le Persistence Tour, organisé par Madtour Booking, fait escale tous les ans à Deinze (Belgique). Après toutes ces années au service du Hardcore et malgré des affiches assez redondantes (les pointures du genre sont régulièrement conviées), l’événement continue de faire le plein à chaque édition !

Cette année et pour la première fois de son histoire, Heretik Magazine a troqué son vieux perfecto contre une tenue de sport. Car oui, il fallait avoir un bon cardio pour honorer comme il se doit les sept concerts qui se sont enchaînés à vitesse grand V le vendredi 25 janvier dernier au complexe sportif de Deinze. 

Par Axl Meu

Crédit photos et remerciements : Nicolas Desmet


Le Persistance Tour donne l’opportunité aux formations de moindre envergure de se faire connaître et cette nouvelle édition n’a pas fait exception à la règle : Take Offense et Siberian Meat Grinder lancent des hostilités. Et malheureusement pour la rédaction, les Américains de Take Offense ne nous auront pas attendus avant de brancher leurs amplis… Il faut dire que les portes sont ouvertes depuis 17 heures ! Ceci dit, les dix dernières minutes du concert nous permettent toutefois de nous faire une idée de ce que les Américains ont à nous proposer. Take Offense fait dans le Crossover pur et dur, celui des premiers Suicidal Tendencies. Et ce ce concert, on retiendra surtout l’enthousiasme dont fait preuve son frontman (Anthony Herrera) en galvanisant la salle (hélas encore trouée) avec des titres tirés de son dernier EP, Tensions On High. Une belle impression pour le public, encore clairsemé en ce début de soirée.

Tout droit venu de Russie, Siberian Meat Grinder commence tout doucement à rouler sa bosse en Europe. Il faut dire que son chanteur n’est pas inconnu du public ! En fait, derrière celui qui se produit sous le pseudonyme de Vladimir The Grand Tormentor se cache le frontman de Moscow Death Brigade (la formation de Hip/Hop Metal Russe). Quoi qu’il en soit, avec deux albums à leur actif, les Russes, menés à bras de maître par cet individu masqué, proposent un gig qui tend à la fois vers le Hardcore, le Thrash et le Hip-Hop. Pas de grands mouvements dans la fosse, mais il ne fait aucun doute que l’arrivée de leur mascotte, une sorte d’ours mafieux, en toute fin de gig a fait le plus bel effet sur la masse !

Changement de registre avec Booze & Glory ! Les Britanniques font dans la Oï et rallient à leur cause tous les Punk avides de refrains entêtants ! Alors, certes, la recette n’évolue guère au cours du gig, la force de leur musique résidant dans la qualité de ses chorus (que les partisans reprendront à tue-tête durant tout le gig) ! L’ambiance est donc bon-enfant dans la fosse : on s’offre des ravitaillements et on pousse la chansonnette sur les pépites de l’excellent Chapter IV (représenté comme il se doit ce soir avec pas de moins de cinq titres : « Back On Track », « Carry On », « Simple », « The Time Is Now » et « Violence and Fear »). En bref, rythmé par les allocutions de Mark Rsk qui appelait à vivre au jour le jour (« The Time Is Now »), ce concert puait la sincérité jusqu’au final lancinant de « Only Fools Get Caught » !

Walls Of Jericho investit la scène avec la promesse d’un show débordant d’énergie. Alors dès lors, la fosse se bonde et répond d’emblée à l’enthousiasme porté par le combo. En digne « coach sportive » qu’elle fait, Candace Kucsulain a la banane et multiplie les interactions avec le public (elle nous demande de lever le majeur en l’air) ! Quant au bassiste, Aaron Ruby, il assure même, à ses risques et périls, quelques parties de basse tout en surfant sur le public. Eh oui, Walls Of Jericho ne faillit pas et continue de balancer des parpaings par paquets de douze. Et du concert, nous retiendrons une dernière image, celle de la frontwoman et de deux de ses musiciens aux abords de la scène en train d’haranguer la foule sur l’ultime titre du concert « The American Dream ». Quelle claque !


Municipal Waste est sans doute l’élément fort de la scène Thrash/Crossover actuelle ! Alors, quand on se dit que Municipal Waste tournera dans le cadre du Persistence Tour deux années après la participation d’Iron Reagan, on ne peut que se réjouir. Néanmoins, il semblerait que les fans en aient décidé autrement. Peut-être ont-ils préféré se reposer après la prestation en brique de Wall Of Jericho ? Car un énorme trou se forme dans le pit – on sera loin d’être compressés comme ce fut le cas pour la formation de Candace – À côté, Tony Foresta (chant) et ses gus font toutefois le job, même si la guitare sonne un peu brouillon, et se concentrent sur leur dernière sortie, Slime and Punishment, et le classique The Art Of Partying. Une belle prestation, qui manquait un peu de folie.

Ignite est également un habitué du Persistence Tour. Alors les initiés peuvent se plaindre que le style du groupe a évolué au fil des années (on est très loin du Hardcore des débuts),  mais tout compte fait, les Californiens fédèrent. Il faut dire nous ont proposé un concert honnête marqué plusieurs témoignages touchants, notamment celle d’une des représentantes de l’association Sea Shepards et d’une fan du groupe (remise d’une tumeur au cerveau). À noter également la reprise d’un titre de Bad Religion « We’re Only Gonna Die » (décrit comme le meilleur titre Punk au monde par Zoli Teglas, le chanteur du groupe)… Certes, les intentions de chant sont monolithiques et le set repose essentiellement sur Our Darkest Days (2006), mais on ne peut que ressortir satisfaits d’un tel concert, car la qualité était vraiment au rendez-vous.

Nous avions interviewé Lou Koller, le chanteur de Sick Of It All dans le cadre de la sortie de Wake The Sleeping Dragon !, et n’en déplaise aux détracteurs : tant que la formation aura de la frustration à exprimer, elle sera là ! Et une fois encore, Sick Of It All tient ses promesses : un joyeux bordel se met en place dès le début des hostilités. De ce concert, il nous restera quelques images : celle de ces moshers qui s’entretuaient dans le pit, celle de ces casquettes qui volaient, celle de ces t-shirts arrachés ou encore celle de Pete Koller (guitare) arpentant la scène en long, en large et en travers ! Rien de très surprenant en soit ! Il faut dire que le groupe sait comment se mettre le public dans la poche : en distillant un savant mélange entre vieilleries (« My Life » , « Us vs. Them », Injustice System », « Rat Pack » feat. Dave Witte, Municipal Waste) et titres tirés du nouvel album. D’ailleurs, le groupe a su tirer le meilleur de Wake The Sleeping Dragon ! pour marquer les esprits. On pense notamment à l’interprétation du morceau Oï de l’album « Bull’s Anthem » qui s’impose désormais comme un nouveau classique « live » ! Après un Wall Of Death des familles sur « Braveheart » et le conventionnel « Step Down », les New-Yorkais (que nous retrouverons au BetiZFest en avril prochain) ont une fois encore mené à bien leur opération. Le public est à bout de souffle et peut enfin se désaltérer avec la nouvelle recette de Monster Energy Drink, sponsor de l’événement, distribuée gratuitement à la sortie de la salle.

Sick Of It All, même après plus de vingt cinq ans de carrière, peut se targuer de continuer à mettre la raclée aux autres formations qui n’ont pas moins démérité pour autant. Rendez-vous l’année prochaine pour la suite de l’aventure Persistence Tour ! 

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