Bénéficiant d’une communication très soignée, l’organisation du Douai Brutal Fest a redoublé d’efforts pour mobiliser le maximum de monde. Il faut dire que l’affiche de sa deuxième édition valait clairement le détour et que les festivaliers en avaient pour leur argent ! Cinq groupes (Hecate, Virgil, Kheos, Start Of The End, Solar Eruption), cinq styles différents, cinq euros et une belle salle, la MJC de Douai, qui aura fait le plein en ce premier samedi de février ! Voilà de quoi nous consoler, surtout à une époque où les festivals de Tribute-Band prennent toujours plus d’ampleur, chez nous, dans les Hauts-de-France. 

Par Axl Meu

Remerciements : Romane Nicolle


Ouverture des portes à 19 heures pour un lancement des hostilités à 19h30, un petit passage ‘’express’’ au stand VG s’impose. Et voilà que Solar Eruption fait ses débuts scéniques. Formé en octobre 2018, les nordistes se sont offerts une belle visibilité sur les réseaux sociaux grâce à leur batteur « star », Jason Wydau, et veulent à tout prix marquer les esprits en faisant un usage raisonné de leur visuel (chaque membre expose avec fierté sa veste personnalisée à l’effigie du groupe). Bref, ce soir, c’était tout simplement l’instant de vérité pour ces jeunes nordistes qui, s’ils rencontrent quelques problèmes de guitare en début de set, présentent un set pro’ et carré. Musicalement, la formation fait dans Deathcore Technique, très froid, mené à bien par deux chanteurs au timbre assez similaire, et présente « live » les morceaux de son premier EP, The End Is Near (disponible en exclusivité ce soir-là, d’ailleurs). Alors, une marge du public est ultra-réceptive, notamment les moshers qui s’adonnent aux two-steps (lors de passages qui ne s’y prêtent pas forcément, d’ailleurs), mais à la fin une impression de ‘trop’ se dégage du concert comme si il y en avait trop, partout, notamment en ce qui concerne la batterie. Une belle prestation toutefois.

Solar Eruption

La dernière performance de Kheos à laquelle nous avons participé remonte à november dernier. C’était dans le cadre de la finale du tremplin Play ’n’ Rec (BetiZFest). Kheos n’avait certes pas remporté le fameux sésame qui lui aurait permis de se produire au BetiZFest, mais cela ne discrédite en rien le groupe, qui avait preuve d’assurance pour son jeune âge, ce qu’il a une nouvelle fois prouvé ce soir à Douai. Bénéficiant des atouts sonores de la salle, Kheos peut vanter les mérites de son EP, Down To Hell, dans d’excellentes conditions. Le groupe est donc à l’aise et peut donc profiter des qualités scéniques de son chanteur Aimane (qui se rend à plusieurs reprises dans le pit pour faire monter la température). De ce concert, nous retenons également plusieurs bons moments, notamment les feat. « surprises » de Valérie (Penumbra, Hexagon) et d’Orianne (Downhills) qui sont intervenues respectivement sur scène pour chanter « Dead Inside » et « Self Slave ». Une belle image de solidarité « made-in-les-Hauts-de-France », comme on les aime chez Heretik Magazine !

Start Of The End, c’est un peu notre groupe pipi/caca de Death/Grind à nous qu’on aime et qu’on chérit dans les Hauts-de-France ! Alors, que l’on soit fan ou non, là n’est pas la question, la formation Cambrésienne a quand même le mérite de transformer la MJC en réplique nordiste de l’Obscene Extreme. Car de nombreuses animations rocambolesques s’enchaînent sans discontinuité aussi bien sur scène que dans la fosse. Alors c’est la débandade, c’est le bordel, on se rentre dans le lard, on met à profit les prises de lutte apprises en classe de sport, on fait la farandole et surtout, on observe avec minutie le jeu de scène du charismatique Fred (chant), lui et ses poses plutôt suggestives, qui le conduisent à se séparer d’une partie de ses fringues ! À côté, les musiciens assurent et nous font un patchwork, sur fond de Death/Grind, de ce que Best Of The End (le nouvel album du groupe, présent sur le stand au prix libre) a de mieux à nous proposer : humour noir, riffs typés Death/Melo bien sympathiques… Au risque de plaire à ses détracteurs, Start Of The End fout la banane et c’est tout ce qui compte !

La rédaction d’Heretik Magazine a vu Virgil évoluer à vitesse grand V ces deux dernières années. De l’obscure formation Metalcore venue timidement présenter, Initium, son premier EP en 2016, Virgil est devenue une formations prometteuse qui ne cesse de se remettre en question et qui travaille d’arrache-pied afin de présenter le meilleur à ses adhérents. Loin du Metalcore de ses débuts, Virgil évolue aujourd’hui dans un style plus sombre, une esthétique que la formation a sans doute puisée de la nouvelle mouvance Post-Black qui fait des siennes un peu partout en Europe en ce moment. C’est donc tout naturellement que les nordistes entrent sur scène les capuches clouées sur la tête pour y jouer une musique qui tend à la fois vers le Metalcore et le Black… Certes, le public est un peu timide en début de gig, mais finit par se décoincer à partir de « Sanctuary » et s’amuse davantage sur « Plague », à l’origine d’animations plus conséquentes. Actuellement sur la conception de son premier album, Virgil nous présente également quelques nouvelles pistes, comme « To My Reign », le préféré de Marius (chant) et même une autre, inconnue au bataillon, en toute fin de gig… Bref, la prestation est plus qu’honorable, surtout quand on sait que David, leur nouveau batteur n’était pas dans ses plus beaux jours, la grippe étant passée par là.

Virgil

Le retard s’accumule et la fosse se vide littéralement quand Hecate est en train de se préparer. Il faut dire qu’il est minuit et demi passé… Chose assez triste quand on sait que les musiciens ont fait le déplacement depuis Tours pour nous rendre visite. Bref, la formation de Black Metal, corpse-paintée, ne se dégonfle pas et mobilise sa manageuse de sorte qu’elle convainque les quelques fêtards restants devant la MJC à se revenir dans la salle, sans succès. Quoi qu’il en soit, les quelques pèlerins restants assistent finalement à un concert assez bancal dans son ensemble (la nouvelle guitariste ne connaissait pas tout le répertoire du groupe et manquait cruellement de rigueur), ce qui est carrément dommage compte-tenu des qualités du dernier album du groupe, Une Voix Venue d’Ailleurs. De son côté, le chanteur a un coup dans le nez, joue les mégalos tout maquillé qu’il est et entaille même un fan monté sur scène… Bref, bien loin de la mentalité des autres formations qui se sont produites ce soir, Hecate n’avait pas forcément sa place sur cette affiche. Un triste constat que beaucoup ont fait après le concert des Tourangeaux.

Malgré cette incompréhension finale et le gros retard accumulé, la deuxième édition du Douai Brutal Fest fut bien sympathique. Gageons que l’organisation rencontrera le même succès et qu’elle corrigera ces quelques petits détails fâcheux à l’avenir ! 

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Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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