Aujourd’hui, les croisières à thème rencontrent de plus en plus de succès, et même auprès des fans de musique Metal. Et Jean Michel Verdez, aujourd’hui âgé de 55 ans, n’aurait sans doute jamais cru qu’il sillonnerait les Caraïbes avec ses musiciens préférés le jour où il a flashé sur le morceau « Burning » d’Accept et son album Breaker (1981). Le Liévinois (62) alors revenu de sa huitième escapade à bord de l’Independence Of The Sea a bien voulu échanger avec nous au sujet de cette expérience hors normes. 

Propos Jean Michel Verdez par Axl Meu


Tu reviens juste de la neuvième édition du 70. 000 Tons Of Metal, la huitième à laquelle tu assistes ! 

Oui ! Le problème avec cette croisière, c’est que tu ne peux pas t’empêcher d’y retourner année après année, tellement c’est bien !

Comment l’as-tu découverte, cette fameuse croisière ? 

Puisque j’ai toujours acheté Metallian, j’ai vu qu’il y avait une publicité à son sujet dedans. L’idée d’associer festival de musique Metal et croisière m’a tout de suite plu, mais je n’ai pas pu m’y rendre la première année puisque j’étais en vacances. Je me suis donc renseigné et ai vu qu’il existait une alternative organisée par la même personne, Andy Piller, le Barge To Hell. J’y suis allé, mais ça n’a pas trop marché. Nous n’étions que 800 sur le bateau ! D’ailleurs, notre croisiériste a eu du mal à s’en remettre. C’était une croisière plus ‘’extrême’’… Par contre, le 70. 000 Tons Of Metal, ça a toujours cartonné !

Que préfères-tu dans cette croisière ? Son affiche ? Son cadre ? Son navire ? D’ailleurs, peux-tu me donner plus d’informations sur le bateau ? 

Au départ, lors des premières éditions, on naviguait sur un plus petit bateau, c’était le Majesty Of The Sea, qui pouvait contenir jusqu’à 2000 personnes, mais suite au succès, Andy Piller a réquisitionné un autre paquebot, l’Independence Of The Sea. C’est un bateau de croisière tout à fait normal. On y trouve des restaurants, des jacuzzi, des piscines. Ensuite, ils y ont ajouté des toboggans et ont fait quelques travaux. J’y vais vraiment pour tout ! C’est l’ensemble du projet qui m’intéresse, aussi bien le bateau que les groupes proposés… Une croisière sans musique ne m’attirerait pas plus que ça, je pense que je m’ennuierais en fait…

Les groupes à l’affiche s’y produisent à deux reprises, à l’aller et au retour !

Ça se passe comme ça, oui, il y a 3000 personnes, 3000 billets, 60 groupes, qui se produisent à l’aller et au retour. On nous propose de faire escale sur un port (à Haïti, à Labadee) et on visite une ville des caraïbes. Certes, les groupes s’y produisent à plusieurs reprises, mais par moments, ils proposent deux sets différents, ce qui fut le cas pour Soulfly cette année. Les Brésiliens ont commencé par un set classique, puis ont consacré le deuxième à l’album Roots de Sepultura.

« Une croisière sans musique ne m’attirerait pas plus que ça, je pense que je m’ennuierais en fait »

Ce genre de croisière n’est pas donné… Ça s’anticipe ! 

Oui, c’est bien ça le problème avec ce genre de voyage, d’autant plus que je suis claustrophobe, donc je suis obligé de prendre une cabine avec un balcon intégré. La réservation de la cabine coûte 1000e, ensuite, il faut payer l’avion, donc 400 dollars… Puis, il y a les boissons et le merchandising, qui ne sont pas compris dans le tarif de la croisière. Les boissons, hormis le cola et l’eau qui sont gratuits, ne sont pas données ! À côté, la nourriture est comprise dans le forfait, mais il y a quand même d’autres restaurants payants pour ceux qui veulent s’essayer à quelques spécialités et à d’autres plats plus élaborés, ce qui ne semble pas trop intéresser les festivaliers en fin de compte. D’autres frais sont à prendre en compte également… Pour se faire au décalage horaire, je conseille d’arriver à Miami deux, voire trois jours avant le début de la croisière pour éviter le jetlag à bord, mais la vie est chère à Miami. C’est la ville la plus chère des États-Unis ! On embarque à Ft. Lauderdal (Floride), ça va là-bas, ça passe encore !

Si j’ai bien compris, la croisière ne dort jamais, les groupes s’y produisant presque en « non-stop » ! 

Cette année, la croisière s’est déroulée du jeudi 31 janvier au 4 février dernier. Les groupes jouent de 10h du matin à 6h du matin. Les temps de jeu varient : ça va de 45 minutes à 1h15.

Comment fais-tu pour tenir le coup ? 

En général, je tiens jusque trois heures du matin. En général, les groupes qui passent après ne m’intéressent pas. Je m’organise de sorte à ce que je puisse participer aux concerts de groupes qui m’intéressent, mais c’est vrai que c’est fatiguant !

Parle moi un peu de l’affiche de cette année ! 

Cette année, Accept était le headliner ! Contrairement aux autres éditions, les formations de Death dominaient sur l’affiche : Nile, Convulse, Fleshgod Apocalypse. Il y avait aussi pas mal de Folk avec Tÿr, Eluveitie, Heidevolk. En Black Metal, il y avait Dark Funeral, qui a d’ailleurs donné un excellent concert ! Par contre, il n’y a pas de Deathcore, ni de Metalcore, Andy Piller n’aimant pas ces groupes-là, il ne les fait pas venir. Dans les 70. 000 Tons Of Metal, il n’y a que du Black, du Death et du Heavy.

Il me semble que Sodom était également à l’affiche !

Oui, il y a aussi du Thrash et du Folk. Cette année, il y avait un autre groupe de Thrash qui était pas mal, Warbringer. Night Demon était également à l’affiche, et ils ont donné un excellent concert ! C’est sans doute mon coup de coeur de cette année. Ils étaient tout simplement extraordinaires ! Je trouve que c’est bien mieux sur scène que sur CD !

Les groupes proposent du merchandising exclusif pour cet événement. C’est vrai ? 

Oui ! Là-bas, le système de vente pour le merch’ est un peu particulier. Si tu as le numéro 1000, tu vas devoir attendre longtemps avant de pouvoir faire tes commissions. En général, j’arrive dans les premiers et attends jusque sept heures du matin pour que le stand s’ouvre. Donc, oui, pour répondre à ta question, il y a des groupes qui font fabriquer des t-shirts rien que pour l’événement. Celui de Dark Funeral était fantastique, pareil pour Obituary ! Ca reste de l’exclusivité ! Les 200 de t-shirts de Dark Funeral sont partis en deux heures…

Les groupes sont comme en vacances sur cette croisière. Il n’y a pas de loges ! D’ailleurs, le projet d’Andy Pillers est de donner envie aux musiciens de revenir ! Mais s’ils ont le mal de mer, c’est râpé ! 

J’ai un ami Canadien qui logeait à côté de Wolf Hoffmann (guitare, Accept). Le veinard ! Donc, lui, il a pu avoir sa photo avec lui, c’est un des seuls, car le guitariste n’est pas du genre à se laisser prendre en photo avec les fans. À bord, les musiciens se sentent très proches de leurs fans, ils passent devant nous lorsqu’ils rejoignent la scène ! D’ailleurs, il faut savoir qu’il y a quatre scènes, aux styles totalement différents sur l’Independence Of The Sea.

« À bord, les musiciens se sentent très proches de leurs fans »

Toi, tu n’as jamais ressenti le mal de mer ? 

J’ai eu le mal de mer quand j’ai pris le Ferry pour aller en Angleterre, mais pas sur l’Independence Of The Sea. Il est tellement grand que tu n’as pas le mal de mer ! Certains disent que ça bouge un peu, mais c’est vraiment très léger. Personnellement, je ne le ressens pas, mais il y a des groupes comme Within Temptation qui ne veulent pas s’y rendre, car leur chanteuse, Sharon, a le mal de mer. C’est dommage, car ils ont des « pilules miracles » à bord qui marchent très bien d’après ce que les gens disent !

Est-ce que tu as pu voir les techniciens monter le matériel sur le paquebot ? Ça doit être assez impressionnant quand même ! 

Oui, oui. Ils montent tous les instruments et les amplis qui vont avec. Tous les musiciens viennent avec leurs matériels. Tu les vois arriver avec leurs guitares. Les gars de Napalm Death étaient à proximité de nous quand ils ont monté leur gear. Tu les vois, tu sais qu’ils sont musiciens, tu essaies de les reconnaître. Pour certains, c’est facile, pour d’autres, non !

On arrive à la fin de l’interview… Que dirais-tu à quelqu’un qui n’a jamais essayé les 70. 000 Tons Of Metal pour le convaincre à faire le grand saut ? 

C’est tout simplement une expérience unique ! Après, je sais bien bien qu’il y a des détracteurs, mais c’est leur opinion. Assister à ce festival de musique extrême, sur un bateau, c’est tout simplement incroyable ! C’est toujours la fête ! Pendant le concert de Kalmah, il y a huit personnes déguisées en Pikachu qui sont venus et qui ont commencé à faire la fête sur leur musique. C’était tordant !

On va aussi te retrouver sur d’autres festivals cet été. 

Oui, cette année, je serai au Hellfest pour la dernière fois, car l’affiche me plaît de moins en moins… Pour ce qui est des autres festivals, je serai au Sweden Rock, au Raismes Fest et au Rising Fest ! Cette année et contrairement aux autres années, je n’irai pas à l’Alcatraz, car je ne me retrouve pas dans l’affiche ! 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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