Même si Philippe Bussonnet n’a jamais été réellement impliqué dans le processus de création de Magma, il a toujours pu laisser libre cours à son imagination par l’intermédiaire d’autres projets. Le bassiste, déjà à l’origine de deux « side-projects » (One Shot, Wax’In), nous revient avec Welcome-X qu’il a lancé en 2018 avec son ami et chanteur Sam Kün (Nekkral) ! Moins d’un an après leurs débuts, les Franciliens nous présentent leur premier album éponyme (dont la sortie est prévue pour le 28 mars prochain via le label Le Triton), opus dans lequel les musiciens nous invitent à voyager à travers plusieurs univers sur fond de musique progressive et alternative. Le bassiste nous en parle ! 

Propos de Philippe Bussonnet (basse) recueillis par Axl Meu


Salut Philippe, tu es principalement connu pour ton implication au sein de Magma. Pourquoi aujourd’hui en 2019 as-tu décidé de lancer un nouvel projet ? 

Ce n’est pas la première fois que je lance un projet à côté de Magma. J’ai eu One Shot et Wax’In, ce dernier faisant à la fois dans le Jazz et le Metal. Ça faisait pas mal de temps que j’avais en tête l’idée de lancer un projet plus Rock, plus instinctif, avec une écriture un peu plus immédiate, avec une voix plus expressive. Le chanteur Sam (Kün, ndlr) avec qui j’ai travaillé sur Welcome-X est un ami de longue date. Ça fait au moins quinze ans que l’on se connaît et ça devait faire dix ans que l’on parlait de ce projet… Et tout s’est finalement mis en place il y a un an et demi quand j’ai eu un peu plus de temps libre. Ça correspondait au moment où Magma ne tournait plus trop. On n’a quasiment pas tourné avec le groupe l’année dernière, j’ai donc contacté Sam et on s’est mis à travailler sur les morceaux. Quand on a eu assez de matière, on s’est dit que c’était le moment de monter un groupe. Sam et moi avons donc contacté les gens que l’on connaissait, on les a réunis il y a à peu près un an et on a commencé à répéter au mois de février 2018, puis on a enregistré l’album en Juillet. Ça a été très vite pour finir ! 

Je me suis un peu renseigné sur le line-up, les membres de Welcome-X ne sont pas tous issus du milieu Rock/Metal, notamment Thomas Cœuriot, connu pour avoir travaillé avec des artistes comme Laurent Voulzy, Alain Souchon et Saez…

Les membres du groupe sont des gars que je connais depuis un moment déjà, car il m’a été donné l’opportunité de travailler avec eux à tel ou tel moment de ma carrière. En ce qui concerne Thomas, Il faut savoir qu’il a toujours baigné dans cet univers-là, même s’il travaille avec des artistes de variété française. Il a une culture Metal énorme, donc je pense que ça a été pour lui ! Il n’a pas eu de mal à s’adapter, par rapport à Joe (Champ, guitare) et Yoann (Serra, Batterie) qui, eux, avaient peut-être moins d’expérience. Attention, cela ne veut pas pour autant dire qu’ils ne se sont pas investis à fond dans le projet !

Quelles sont les ambitions du groupe ? Quels sont les univers que vous voulez développer avec Welcome-X ? Dès la première écoute, j’ai pu vous associer à des groupes et artistes comme Opeth et Steven Wilson… 

En effet, on peut citer ces gars-là, mais au niveau des influences, c’est bien plus compliqué que c’en a l’air ! On brasse beaucoup de styles avec Welcome-X, ça va de Black Sabbath jusque Meshuggah, en passant par tout ce qui s’est fait dans les années 90 ! Tout cela ressort dans les musiques que nous composons, mais ce n’est jamais prémédité, il n’y a pas de volonté délibérée, tout se fait de manière spontanée… Je ne cherche pas à composer une musique qui ressemblerait à « ça » ou à « ça ». Écrire pour Welcome-X est surtout une façon pour moi de me redécouvrir. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien si le groupe s’appelle Welcome-X, le « X » représente un inconnu, un nouvel univers que nous souhaitons développer, une nouvelle planète… 

Est-ce que l’on peut dire que Welcome-X fait dans le Metal Progressif ? 

Oui, mais c’est toujours difficile de mettre un nom sur le style que tu joues… Je compose tout simplement les choses que je veux entendre, c’est tout. Je fais confiance à mes goûts, mais quand j’ai fait écouter ma musique à quelques connaissances, il y a des termes qui sont revenus comme « Metal progressif » et « Metal Alternatif ». Je pense que ça nous correspond bien dans le sens où nos morceaux sortent du schéma habituel de ceux qui durent trois minutes, les nôtres sont quand même bien plus longs et proposent plusieurs tableaux et structures qui se succèdent en fonction de morceaux. Chaque titre développe vraiment son propre univers ! 

« Écrire pour Welcome-X est une façon pour moi de me redécouvrir ! »

Vous avez fait vos débuts dans cette salle qui s’appelle « le Triton ». Il me semble que tu y es très attaché !

Oui, c’est une salle avec laquelle j’ai été amené à travailler à plusieurs reprises ces dernières années pour Magma bien sûr, mais aussi Max’in et One Shot. Au départ, j’avais juste besoin d’un endroit où répéter avec Welcome-X, je leur ai donc demandé si on pouvait utiliser le club et de fil en aiguille, ils nous ont proposé d’assurer notre première date chez eux et par la suite d’y enregistrer notre album. Il faut savoir que, l’été, quand le club est fermé, cette salle peut être aménagée en studio d’enregistrement… Donc on a pu enregistrer l’album dans d’excellentes conditions.

Quelle place avez-vous accordée à la voix dans ce premier album ? Elle m’a semblé un peu en retrait… 

Peut-être est-ce une histoire de mixage ? En tout cas, je n’aime pas trop le genre d’album où t’as la voix trop en avant. Je préfère avoir un gros son de groupe, avec la voix noyée dans le tout. C’était vraiment voulu ! C’est peut-être ça qui donne l’impression que la voix est en retrait. Quoi qu’il en soit, dans ce premier album, la voix intervient comme un instrument de musique, Sam a exploré toutes les facettes de sa voix, ses différentes teintes, comme on peut faire avec une guitare ou une basse. 

Tout à l’heure, tu me disais que tu avais tout composé sur ce nouvel album, Sam s’est, lui, occupé des paroles. Quelle fut la part de contribution des autres musiciens ? Avaient-ils leur mot à dire ? 

Oui oui, bien sûr ! J’ai enregistré les maquettes chez moi et je les ai envoyées à Sam pour qu’il s’occupe des paroles chez lui. Une fois les parties de chant finies, j’ai un peu retravaillé les morceaux, les structurer, mais en général, je n’ai presque rien revu. Pour les textes, j’ai vraiment laissé carte-blanche à Sam, d’ailleurs ses textes me plaisaient beaucoup, donc je n’ai rien eu à redire là-dessus ! Après, quand on a commencé à répéter, la musique a un peu muté, chacun a apporté des idées, au niveau de la guitare et de la batterie. Je ne voulais pas me comporter comme un chef d’orchestre qui imposerait telle ou telle chose à ses musiciens.

À la fin de l’album, il y a même ce morceau « I Am Life » dans laquelle il y a deux guitares, assurées par à Joe (Champ, guitare, ndlr) et Rudy (Blas, guitare, Magma, en guest sur ce morceau) qui sont totalement improvisées. À part Thomas (Cœuriot, guitare, ndlr), les musiciens ne savaient pas du tout ce qui allait se produire. On a répété une fois, deux fois, et on a enregistré le tout tel quel ! Ça a donné quelque chose de très libre pour finir, de très humain, de très aléatoire…

Ça marche comme ça aussi chez Magma ?

Alors, il faut savoir que c’est Christian (Vander, batterie, percussion, chant, Magma) qui compose tout pour Magma, et j’ai une fois composé un titre pour Magma dans les années 90, à mes tout débuts avec eux, mais c’était plus un exercice de style pour moi. Aujourd’hui, ça me paraît tellement difficile d’écrire un morceau de Magma. Après, je ne compose pas tout de la même façon, de mon côté, pour Welcome-X, j’ai toujours tenu à laisser beaucoup de place dans mes morceaux et je ne veux pas de musiques qui soient totalement fermées…

Sur Facebook, vous avez décidé de dévoiler les paroles des chansons dans leur intégralité. Pourquoi ? 

Tout simplement pour donner l’opportunité aux gens qui nous écoutent via les plateformes en ligne de comprendre ce que l’on raconte dans nos textes… La place accordée aux paroles est quand même bien importante. Après, je ne suis pas le mieux placé pour en parler, c’est le domaine de Sam. Par le biais de sa musique, il développe une belle chronique du monde dans lequel on vit.

Dans le livret, on peut voir que chaque chanson est associée à une illustration particulière. Tu peux m’en parler ? 

C’est Paul de chez Ëmgalaï Grafik qui s’occupe du visuel du groupe. Au départ, on cherchait un logo, il nous l’a conçu, il a proposé ce visuel en forme de chromosome, qui m’a vraiment plu, et on est partis là-dessus. Par la suite, on s’est posés les bonnes questions et j’ai trouvé ça intéressant qu’il y ait une illustration par titre.

Prochainement, vous allez vous produire avec DDENT et Nnra. Pour avoir interviewé Louis, le leader des deux groupes, je sais qu’il est vachement impliqué dans ses deux groupes et ses autres projets. Tu le connais ? 

Très, par contre, Sam, notre chanteur, le connaît très bien ! Pareil pour les personnes qui organisent les deux dates (le 22 mars à Paris – Backstage, le 23 mars à Nantes – Le Ferrailleur, ndlr), on s’est juste mis d’accord afin de partager les deux dates ensemble. J’aime beaucoup DDENT et Nnra, et les deux concerts que l’on donnera nous serviront pour promouvoir l’album, dont la sortie est prévue pour le 29 mars prochain !

Je te laisse le dernier mot !

N’oublions pas que Welcome-X signifie : « bienvenue à l’inconnu ». Comprendre alors que ce groupe est une invitation !


Welcome-X, c’est :

Sam Kün : Chant  

Philippe Bussonnet : Basse

Thomas Cœuriot : Guitare 

Joe Champ : Guitare

Yoann Serra : Batterie

Discographie :

Welcome-X (2019)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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