Le In Theatrum Denonium est désormais un événement phare de la scène « Metal » des Hauts-de-France, sa réputation n’étant plus à faire. Bâti sur les cendres des Metallurgicales en 2015, il peut aujourd’hui se targuer de faire le plein de têtes chevelues et autres curieux tous les ans. Il faut dire que le concept est assez audacieux : Nord Forge investit le théâtre municipal de Denain et invite chaque année quelques formations aussi cultes qu’occultes à s’y produire. Quelques heures suivant le lancement des hostilités, Julien, le président l’association, a bien voulu répondre à nos quelques questions…

Propos de Julien recueillis par Axl Meu


Nous voilà enfin au quatrième acte du In Theatrum Denonium ! J’imagine que vous vous êtes posés les bonnes questions afin de faire mieux que les trois premières éditions ! 

Oui, bien sûr. Après, nous sommes tous bénévoles au sein de Nord Forge, pas pro’, mais puisque que ça fait un certain moment que nous organisons des concerts, nous commençons à prendre de la bouteille. Pour ce qui est de cette édition, tout se passe très bien pour le moment, et je trouve même que nous n’avions jamais été aussi prêts. On connaît bien la salle, l’équipe est très soudée… Bien sûr, tout ne joue pas le jour-même, un festival, ça demande des mois de préparation. En tout cas, on est de plus en plus sereins au sein de l’équipe. Notre but premier est quand même de faire plaisir aux festivaliers, mais aussi de se faire plaisir !

Le théâtre de Denain ayant été rénové ces derniers mois, c’est un peu une nouvelle salle pour vous, non ? 

Alors, oui et non. Il y a eu certes quelques travaux qui ont été très faits – ça a eu un impact sur l’organisation, notamment pour la date – mais rien n’a réellement changé pour finir, hormis le fait qu’on doive faire encore plus attention aux infrastructures… Ceci dit, j’ai toujours eu pleine confiance en le public « Metal » qui est sans doute le plus respectueux que je connaisse ! On a la chance d’accueillir ce style que nous aimons tous dans ce lieu magique : les sièges sont neufs, et l’intérieur a totalement été repeint avec de la vraie dorure ! La grosse nouveauté, c’est l’ouverture du fumoir, on ne pouvait pas y accéder l’année dernière encore…

C’est là où s’est produit Raphaël Verguin (Psygnosis, Spectrale) tout à l’heure…

Oui, et ça change tout ! Dans le fumoir, on y a pu mettre un stand de merch’ et quelques exposants. Le site du festival est donc plus fluide, il y a plus de place ! Puis, ça amène une animation en plus… Au fil des éditions, les fans commencent à prendre leurs habitudes : soit ils restent au niveau des balcons soit niveau de la fosse… L’année dernière, pour répondre à des soucis de fluidité, on avait ajouté une deuxième buvettes à l’étage et cette année, un deuxième stand de restauration. Je ne sais pas si la rénovation a vraiment eu un impact sur l’acoustique de la salle, mais personnellement, je trouve que oui, mais bon, ça sera aussi aux autres de se faire un avis là-dessus ! 

Comme chaque année, la programmation a été dévoilée progressivement. Néanmoins, à l’annonce du headliner, Amenra, le festival affichait déjà « complet » ! Ça a pu poser problème pour les fans d’Amenra, non ? Peut-être ne se reconnaissaient-ils pas dans la musique de Darkspace ou de Darkened Nocturn Slaughtercult…

Oui, c’est vrai. Mais il y a quand même un point commun entre tous ces gens qui se rendent au In Theatrum Denonium. Ils viennent pour voir des groupes qu’ils aiment, mais aussi pour en découvrir d’autres. Pour ce qui est d’Amenra, peut-être que ceux qui ne les avaient jamais vus en live avant prendront la claque de leur vie ce soir, surtout que le cadre et l’acoustique proposés sortent de l’ordinaire… Pour d’autres festivals, la tête d’affiche est un argument de vente… 

Plus pour vous, donc ! 

C’est quand même une bonne nouvelle. Sachant que c’était complet, j’avais un peu peur que l’effet d’annonce soit un peu gâché pour Amenra… J’espère enfin que le In Theatrum Denonium est devenu un rendez-vous, car on passe vraiment beaucoup de temps à le mettre en place et surtout, on fait en sorte, mon équipe et moi, de proposer plus qu’un simple concert. Aujourd’hui, beaucoup de festivals de renom ne se contentent plus de concocter une affiche alléchante, leur succès est également dû au concept qu’ils développent.

« Aujourd’hui, beaucoup de festivals de renom ne se contentent plus de concocter une affiche alléchante, leur succès est également dû au concept qu’ils développent. »

Depuis l’année dernière, vous ajoutez une « Surprise Act ». L’année dernière, c’était NKRT, le Cabaret du Coeur Fendu. Cette année, c’est Raphaël Verguin, le violoncelliste de Spectrale et Psygnosis qui s’est produit dans le fumoir… 

On avait déjà fait dans le visuel avec NKRT et cette année, on fait dans le sonore et il se trouve que la musique de Raphaël colle superbement bien avec l’univers du théâtre. Après, il faut que cela reste une surprise, et ça porte bien son nom ! L’association a pas mal d’idées pour la suite, donc il faut que l’idée murisse et que l’on trouve le bon filon pour la suite ! On peut aussi faire des expositions, mais là pour le moment, rien n’est encore fixé à ce jour. Chaque chose en son temps, on s’occupe déjà de cette journée de festivités et, pour ce qui est du cinquième acte, on commencera à réfléchir après.

Parmi les quatre groupes qui sont à l’affiche, lequel est parvenu à tirer son épingle du jeu selon toi ? 

Darkspace. Ça faisait un moment qu’on était en contact avec le groupe… D’ailleurs, on voulait les faire venir pour la première édition, mais ça ne s’est pas fait pour finir ! On tenait à les faire jouer car ils sont rares, et que leur musique est exceptionnelle. Quoi qu’il en soit, pour cette édition, il y a eu un « pic » dans les ventes dès que nous avons annoncé ce groupe !

La jauge a été revue à la hausse pour cette cette année, non ? 

Oui, c’était un peu la surprise de dernière minute ! Le théâtre a été inauguré le 13 janvier dernier et la commission de sécurité, qui devait encore valider certaines certaines choses, nous a finalement accordé quelques places en plus. Pour cette édition, on est montés à 700, ce qui nous a permis de remettre quelques places en vente à quelques semaines du Jour-J. Nous avons donc contacté ceux qui regrettaient de ne pas avoir eu de place, donc effectivement, il y a eu un petit changement de ce côté. Les concerts de Darkened Nocturn Slaughtercult ne courant pas les rues non plus, je pense que l’annonce de leur concert a également accéléré le remplissage de la salle. L’année dernière, c’était différent, on pensait qu’allait remplir le théâtre le jour-même…

À l’époque, vous n’aviez pas eu de chance. SepticFlesh avait annoncé les dates de la tournée promotionnelle de Codex Omega bien avant vous. Ceux qui avaient fait le rapprochement savaient SepticFlesh se produirait avec Inquisition au Theatrum Denonium…

C’est l’inconvénient des tournées, et une des raisons pour laquelle on essaie d’avoir des groupes « hors-tournée », ce qui est loin d’être une mince affaire !

En ce moment, on parle beaucoup du Black Metal. Avec Lords Of Chaos et le mouvement « Post-Black », on peut dire que les musiques sombres ont le vent en poupe ! 

Oui, le Black Metal a la côte en ce moment, c’est clair. Comme tu le sais sans doute, il y a eu quelques vagues de Black Metal avant celle que nous connaissons aujourd’hui. Puis, il y a eu tous ces « revivals », c’était pareil pour le Thrash Metal, et là, depuis quelques années, c’est au tour du Black Metal de connaître un nouveau souffle… Le Post-Black est un mouvement qui rencontre beaucoup de succès aujourd’hui ! 

C’est sans doute dû au fait que l’on vende surtout une imagerie, et que celle-ci complète la musique… 

Oui, voilà, avant on avait un Black Metal très satanique, que j’aime appeler « Black Metal à papas », mais aujourd’hui, les groupes puisent leur inspiration d’autres courants. En ce qui me concerne, j’aime beaucoup Pink Floyd, et quand j’ai commencé à écouter tous ces groupes de Black Metal qui incorporaient toutes ces sonorités typées « Rock Progressif » et atmosphérique, ça faisait tellement sens pour moi ! Aujourd’hui, les frontières qu’il pouvait y avoir ont totalement disparu, et les musiciens s’ouvrent et créent une nouvelle musique, parfois très visuelle, ce qui leur permet de développer tout un art graphique autour. Ça marcherait sans doute moins bien avec les groupes de Hard FM ! (Rires)

Pour plus d’informations : https://www.facebook.com/pg/intheatrumdenonium/

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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