Toujours dans l’attente du successeur de VII: Sturm und Drang, les fans de Lamb Of God ont toutefois pu se mettre sous la dent le premier album solo de son guitariste, Mark Morton. Un album au concept plutôt ambitieux puisque le chanteur a décidé, lui et son ami, le producteur Josh Wilbur, d’inviter sur ce disque une belle flopée d’amis à eux. En découle donc d’Anesthetic, un opus au style très hétérogène, bien Rock, en bref, une belle parenthèse « Rock » avant le retour tant attendu de Lamb Of God !

Propos de Mark Morton recueillis par Axl Meu le 26 février dernier.


Anesthetic est ton premier album solo. Quand as-tu commencé à assembler ses morceaux ? 

Les morceaux sont arrivés bien avant que l’idée d’enregistrer un album n’émerge. J’ai toujours aimé composer, et jamais je n’ai calculé quoi que ce soit. Il se trouve qu’au fil des mois, des années, j’ai collecté pas mal d’idées de morceaux qui ne correspondaient pas vraiment à ce je proposais habituellement avec Lamb Of God. Il y avait des morceaux plus Rock, très typés « années 80 », d’autres bien plus « Bluesy ». En tout cas, je me suis associé à mon producteur, Josh Wilbur, et on a commencé à réfléchir sur l’agencement des titres… 

Quel est le but de cet album ? Rendre hommage à la scène Rock en général ?

Oui, je pense qu’il y a un peu de ça. J’ai tout simplement saisi l’opportunité de présenter quelque chose d’autre, de faire découvrir une autre facette de ma personnalité. Je ne joue pas que du Metal dans la vie… Mon jeu est assez éclectique ! Anesthetic n’a pas pour but de prouver quoi que ce soit… À l’inverse, c’est un peu l’aboutissement de toutes mes années de pratique ! 

Je t’avouerais quand même avoir été assez surpris à l’écoute du titre « Reveal ». Je m’attendais à tout sauf à un titre de Soul Rock. Tu es fan de ce style toi-même ? 

Oui, oui ! J’aime beaucoup tout ce qui est dans ce style. Après, je m’exprime par l’intermédiaire de ma guitare et ne me pose pas vraiment de questions. Sur cet album, j’ai fait ce qui plaît, et les titres : « Axis » et « Blur » en sont la preuve formelle.

Pour ce premier album, tu as suivi la même démarche que Slash et de son premier album solo : tu as convié plusieurs musiciens, beaucoup de chanteurs (Jacoby Shaddix, Mark Lanegan, Chuck Billy,  Myles Kennedy…), beaucoup de proches. Pourquoi avoir procédé ainsi ? 

Car les morceaux sont très riches en eux-mêmes, en termes de styles et de sonorités. Il y a tellement de styles abordés dans la musique d‘Anesthetic. J’ai fait en sorte de convier des musiciens dont je savais qu’ils sauraient s’approprier les morceaux et leur style. Pour ce qui est des chanteurs, il fallait qu’ils chantent sur les morceaux sur lesquels ils se sentaient à l’aise.

Pour les sections rythmiques, on y retrouve notamment Mike Inez (basse, Alice In Chains), Alex Bent (batterie, Trivium), Paolo Gregoletto (basse, Trivium), David Ellefson (basse, Megadeth), Roy Mayorga (batterie, Stone Sour) et d’autres… Ça en fait du beau monde ! Mais comment avez-vous fait en sorte de tout agencer de sorte que l’ensemble sonne de manière organique ? 

C’est vraiment ça qui nous a donné le plus de fil à retordre. C’est Josh qui s’est occupé de cette partie et qui serait le plus à même de répondre à cette question. Il fallait à tout prix que la production ne diffère pas d’un morceau à l’autre. On a vraiment passé beaucoup de temps sur le « sequencing », et sur les détails de sorte que tout sonne le mieux possible, et je pense que nous y sommes parvenus !

La première piste de l’album est sans doute la plus importante, la plus symbolique. C’est le dernier enregistrement sur lequel figure Chester Bennington de Linkin Park. Est-ce que tu peux me parler de la relation que tu entretenais avec lui et de la manière dont vous avez travaillé sur « Cross Off » ?

Je ne connaissais pas Chester personnellement avant que l’on commence à travailler sur cette chanson, mais plus son timbre, comme beaucoup de monde pour finir. Et Josh m’a aiguillé et expliqué que sa voix irait à merveille avec l’album. C’est pour cette raison que nous l’avons contacté. Il a écouté le titre et il s’avère qu’il l’a beaucoup aimé. Chester était un gars très ouvert d’esprit. On a donc commencé à travailler ensemble sur le morceau, et il a vraiment apporté sa pierre à l’édifice dans le sens où c’est lui qui a mis au point le refrain. On a beaucoup échangé, et ensuite on est allé enregistrer tout ça. Ce fut un honneur de pouvoir travailler avec lui. Il était toujours très calme, très posé, très terre-à-terre, de très humain, surtout quand on a échangé au sujet de nos expériences respectives. Sa disparition m’a beaucoup attristé… 

« J’ai tout simplement saisi l’opportunité de présenter quelque chose d’autre, de faire découvrir une autre facette de ma personnalité »

Y a-t-il des collaborations qui t’ont plus marqué que d’autres ? Peut-être Chuck Billy de Testament ?

Oui, mais je connaissais déjà bien la plupart des chanteurs qui figurent sur l’album. Il y a des bons moments de longue date qui y ont participé, notamment Chuck Billy, mais aussi et surtout Randy Blythe (Lamb Of God, ndlr) qui est l’un de mes meilleurs amis… Après, d’un autre côté, il y a également ces chanteurs que je connaissais pas trop, mais dont j’appréciais la musique… J’ai rencontré de nouvelles personnes grâce à Anesthetic, notamment Chester Bennington… Pareil pour Mark Lanegan (ex-Queens Of The Stone Age, ndlr)… Je lui avais demandé s’il était intéressé par l’idée d’enregistrer un titre avec moi, il l’était. 

En général, les artistes qui sortent un album solo font en sorte de se livrer, un peu à la manière d’une autobiographie, c’est le cas pour toi ? 

Non, non, vraiment, au risque de me répéter, cet album m’a permis d’enregistrer des morceaux aux styles différents, de développer des nouvelles idées également. Je suis vraiment très fier de tout ce que j’ai pu accomplir avec Lamb Of God, et je considère vraiment Anesthetic comme une belle parenthèse ! 

Sur l’album, on te retrouve également au chant, notamment sur « Imaginery Days. À ma connaissance, c’est la première fois que l’on t’entend chanter… 

J’ai toujours chanté. En vrai, quand j’enregistre, quand je compose, j’écris les lignes vocales, et en général, j’ai l’habitude de chanter par dessus les lignes de guitare…. J’utilise vraiment ma voix tel un outil quand je compose… Pour le morceau « Imaginery Days », il se trouve que ça s’est fait ainsi, on cherchait un chanteur, mais tout compte fait, on a décidé d’essayer avec ma propre voix. 

Est-ce que tu peux me parler de ce morceau « The Truth Is Dead », le fameux morceau dans lequel Alissa White-Glow et Randy Blythe partage le micro… 

C’est un excellent morceau, je le trouve spectaculaire vraiment, j’aime beaucoup la manière dont la voix d’Alissa et celle de Randy se combine. J’espère que ce fameux duo s’inscrira dans le temps ! 

Tu partiras en tournée pour défendre le mérite de cet album solo. Tu as monté un line-up pour cette tournée. On y trouvera Mark Morales (Sons Of Texas) au chant, Doc Coyle (Bad Wolves) à la guitare, Nick Villarreal (Sons Of Texas) à la basse, et Art Cruz (Prong) à la batterie… Ne sera-t-il pas trop difficile pour Mark de respecter les idées des chanteurs qui figurent sur l’album ? 

Je ne pense pas, je veux dire, Mark est un excellent chanteur, il a vraiment beaucoup de potentiel. Sur scène, on proposera nos re-interprétations des morceaux qui figurent sur l’album. Je pense que ça ne sonnera pas comme sur l’album, et qu’en ce sens, ce sera un peu différent… 

Est-ce que vous viendrez en France ? 

Je l’espère ! Il n’y a rien de booké pour le moment, mais j’aimerais que l’opportunité s’offre à nous à l’avenir. 

Ma dernière question portera sur le prochain  »vrai » album de Lamb Of God… Ça fait un moment que les fans attendent la suite de VII: Sturm Und Drang ? Qu’en est-il ? 

Tout ce que je peux te dire à l’heure actuelle, c’est que nous travaillons dessus, qu’il y a pas mal de bonnes idées qui arrivent au fur et à mesure… Nous les développons et essayons d’en tirer le meilleur… Pour le moment, nous avons engagé le processus décrire, je ne peux pas te dire ni quand nous l’enregistrerons, ni quand il sortira, mais une chose est sûre, il arrive ! 


Mark Morton, c’est :

Mark Morton : Guitare/Composition

Josh Wilbur : Guitare/Composition

+ Line-up variant selon les morceaux.

Album (solo) :

Anesthetic (2019)

Avec Lamb Of God :

Burn The Priest (1999)

New American Gospel  (2000)

As the Palaces Burn  (2003)

Ashes of the Wake (2004)

Sacrament (2006)

Wrath  (2009)

Resolution (2012)

VII: Sturm und Drang  (2015)

Burn the Priest – Legion: XX 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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