Le Hellfest 2019 approche à grands pas et tous les « pass 3 jours » ont déjà été vendus en un temps record depuis quelques mois. Le 20 avril 2019, a eu lieu à L’Aéronef à Lille un avant-goût promotionnel de ce que sera le festival français de Metal de Clisson dont le rayonnement international n’est plus à prouver. Le W4rm Up 7our 2019 du Hellfest « est venu », selon son adage « Si tu ne viens pas au Hellfest, le Hellfest viendra à toi ! ».  

En ce caniculaire samedi soir, aux Lillois, qui ont répondu présents, avec un programme exceptionnel : sur scène, le groupe marseillais Dagoba, avec en première partie le groupe lillois Stengah et le groupe Les Princesses Leya, suivis de la projection du film promotionnel du Hellfest, hors de la scène, les stands de Stengah, de Dagoba et du Hellfest 2019 avec un grand concours « Air Guitar » permettant au public de gagner un « pass 3 jours » pour le festival. En dépit de la chaleur, 500 Lillois ont embarqué dans l’Aéronef pour s’envoler vers le concert et la rédaction d’Heretik a envoyé sur place un de ses chroniqueurs lillois…

Par Patrice Gaches

Crédit photo : Christophe Kozibura


A 20h00, Stengah est arrivé sur scène sous le logo du Hellfest et entre deux panneaux latéraux représentant celui du groupe : un crâne dévorant la partie supérieure d’un coeur. Stengah, quintète d’origine lilloise de style Prog Metal décide de présenter au public lillois sept morceaux, dont trois issus de son EP Mechanic of The Sphere (2016) (« The Earth Awakes », « Sheltered Within » et « Reign of the Apocryph ») et quelques compositions inédites dont certaines seront sur un album dont la sortie est prévue pour bientôt (l’intro bruitiste de « Noisia », « Above Inhumanity », « At The Behest of Origins », « Blank Masses » et « Inheritence »). Les déplacements de Stengah sur la scène ont été accompagnés par des faisceaux de lumière alternant avec la plongée dans l’obscurité. Nicolas, le chanteur, au meilleur de sa forme, se déplaçant en permanence sur la scène a poussé des growls maîtrisés alternant avec des instants de voix Hardcore ou d’adresse au public plongé dans les moshs : « Lille, si tu veux bouger, c’est le moment ! », allant jusqu’à growler le dernier morceau à pleine puissance parmi les spectateurs occupant les trois quarts de la salle. Les jeux de guitare se sont avérés appuyés et intenses poussant Benoît à se placer sur le devant la scène pour rappeler l’importance de la basse dans les compositions du groupe. Le concert se termine sous les applaudissements, les sifflements de joie, l’appel à se préparer pour l’arrivée de Dagoba et la photo du groupe devant le public de L’Aéronef. Ce soir, Stengah a confirmé son appartenance aux grands groupes de Metal des Hauts-de-France.

En entracte, des spectateurs volontaires ont pu participer au premier tour du grand concours de « Air Guitar » permettant de gagner un « pass 3 jours » pour le Hellfest 2019 en mimant leur guitariste préféré en musique et sous l’oeil amusé du chargé de com’ du Hellfest et d’une partie du public.

Animé par le comédien-métalleux Dédo, le combo comique Les Princesses Leya a attiré en peu de temps une foule immense. Les Princesses Leya, c’est un quatuor français de comédie musicale qui s’est attribué ce nom suite au décès de Carrie Fisher – Princesse Leia dans Star Wars -, qui ne s’inscrit dans aucun genre musical précis tout en tournant en ironie le milieu du Metal. Il comporte « quatre bras cassés sur scène que le destin a réunis pour un spectacle désespérément idiot mais touchant » (selon le guitariste Antoine Schoumsky) et « qui n’auraient jamais dû se rencontrer » (nous afficheDédo Schoumsky), parmi lesquels la bassiste Cléo Bigontina et le batteur Xavier Gauduel. Le groupe s’affirme héritier du Jamel Comedy Club pour l’humour, de Tenacious D et d’Ultra Vomitpour le Comic Metal et influencé par MetallicaSystem Of a DownSlipknot et Foo Fighter pour la musique… 

Le spectacle des Princesses Leya a reposé ur la divergence de goûts musicaux entre le comédien Dédo, le “prince des ténèbres”, prétendant être la réincarnation d’un grand nom du Metal, mais aussi de Dark Vador, car « il a de l’asthme quand il y a de la poussière » et le guitariste Antoine contraint d’accompagner son frère, alors qu’il déteste le Metal et affiche une tenue acidulée : chemise hawaïenne et guitare rouges. Ainsi les vannes se sont succédées sur fond de jeux de mots ou de parodies au sujet, entre autres, de l’Eurovision et de Lordi, du nom du groupe – qui aurait pu « s’appeler Les Lady Di, mais qui préfère les princesses qui vont dans l’espace plutôt que celles qui vont dans les poteaux » -, de la voix de Céline Dion, du problème de cohérence entre le Reggae et l’Apartheid et de l’impossibilité de jouer du Punk avec une guitare « accordée ». Les vannes fonctionnent, suscitant les rires des Lillois à chaque fois, et alternent, en amenant les spectateurs à danser, avec des morceaux Rock (reprise de la BOF de Star Wars avec la seule syllabe « la » et de « The Time Of My Life » B.O. de Dirty Dancing qui a suscité un engouement tel que le chanteur a été porté par le public en effervescence tout autour de la salle), Reggae, Hardcore, Valse et Punk Rock à travers le refrain : « Tue tes parents c’est marrant/Tue tes parents à tes 18 ans »… En bref, Les Princesses Leya ont réussi le pari de faire salle comble en faisant rire le public et en l’amenant à danser sur des rythmes inattendus.

Les Lillois ont par la suite assisté à la projection d’un documentaire sur le Hellfest. A la fin du court-métrage, Alexxx Rebecq, le second du Hellfest, a pris le micro sur scène pour faire la promotion de la 14ème édition du Hellfest et assurer que l’équipe du festival était disponible après le concert de Dagoba pour répondre aux questions du public. Après avoir remercié Stengah et Les Princesses Leya, il a demandé aux spectateurs un tonnerre d’applaudissements pour Dagoba.

A 22h23, c’est face à une salle aux trois quarts pleine que Dagoba a fait son entrée en scène d’abord par l’intermédiaire du batteur qui s’est installé derrière sa monstrueuse batterie, pourvue de deux grosses caisses et de quatre charlestons haut perchés, et a commencé à frapper des mains en rythme avec le public. Puis sont venus le guitariste, le bassiste et le chanteur, ShawterDagoba a articulé son concert autour de l’album Black Nova paru en 2017, plus Indus Electro que les précédents, à travers les morceaux : « Black Smokers », « Inner Sun », « The Infinite Chase », « The Sunset Curse », « Stone Ocean » et « The Thing Within ».  L’arrivée sur scène de Shawter a suscité dès 22h30 l’acclamation des Lillois charmés par son charisme, le tournoiement de sa longue queue occipitale. Ses puissants growls, alternant avec les refrains en voix claire, ont fait vibrer la totalité de la salle au gré du jeu puissant, martial et percutant des cordes de Werther Ytier et de Richard « Ritch » DeMello mobiles pendant tout le concert. Avec son accent du sud-est, Shawter n’a pas hésité à vanter les qualités de L’Aéronef et arranger la foule : « On se régale dans cette ‘’putain’’ de salle ! ». Avant d’enchaîner sur « Inner Sun », il a demandé aux Lillois, déjà en transe à travers de multiples moshs, d’organiser un petit Wall Of Death des familles.

Dagoba s’est imposé à la fois par le jeu des lumières (blanche, jaune et rouge) sous forme de faisceaux et par les sonorités électroniques de ses derniers titres. La puissance sans appel du groupe a reposé sur le jeu de Nicolas Bastos, qui tel un samouraï ou un pratiquant du « nunchaku », a croisé les baguettes à multiples reprises pour taper aussi bien à droite qu’à gauche sur ses larges toms. Elle a été telle que non seulement le bassiste a dû changer d’instrument en cours de concert et a été happé et porté par des spectateurs, mais aussi le chanteur s’est placé parmi les Lillois en plein mosh, leur demandant de « sauter du premier jusqu’au dernier ». Dagoba a montré sa maîtrise des cordes vocales et des cordes instrumentales, des sons électriques, électroniques et percutants, sa prestance dans l’occupation de la scène et son amour pour le public lillois : « Ca va toujours les copains ? », si ce n’est un bémol lorsqu’il n’a pas donné suite après 23h15 aux demandes enthousiastes des fans conquis : « Une autre ! Une autre ! », qui se sont estompés dans un « Du fond du coeur, les amis, merci ! » de Shawter et le départ des musiciens de la scène.

Les spectateurs ont ensuite rejoint le second tour du grand jeu concours « Air Guitar » qui s’est terminée par la victoire d’une Lilloise sur un morceau de The Offspring. Somme toutes, ce soir, un grand hommage a été rendu au Metal français, celui du nord et du sud. Beaucoup se souviendront encore de cette soirée, car le W4rm Up 7our aura laissé une marque indélébile dans l’esprit des inconditionnels du Hellfest et de l’Aéronef.

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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