The Black Estern Ceremonies, c’est le nom qu’a choisi Noctem (Blackened Death metal) pour sa tournée Européenne, et ça en dit long ! C’est à Lomme, au Bobble Café qu’ils ont choisi de célébrer leur rituel. Accompagnés d’Atroxentis (Death Metal Melodique), les Valenciens nous ont livré un concert surprenant, malgré quelques péripéties…

Compte-rendu proposé par Thomas Deffrasnes


Lumière tamisée, sans backdrop, sobriété, voilà comment nous accueillent les Bruxellois d’Atroxentis. Le combo formé en 1997 ouvre la cérémonie et nous propose un Death Mélodique plutôt technique. Surprenant pour un concert d’ouverture qui peine à chauffer la salle peu remplie ! Pour cause, le son est approximatif ; une basse trop exprimée qui étouffe les guitares et qui camoufle l’ensemble du travail technique du Frontman. Mais le groupe ne se démonte pas et assure le concert : hommage à Baudelaire en reprenant une de ses oeuvres en anglais, des interludes plongeant le spectateur dans leur univers et même un morceau inédit de leur prochain album. Mais rien n’y fait, quelque chose manque : le public. Ce dernier se montre peu réceptif aux morceaux. Pourtant, Atroxentis multiplie les tentatives d’interaction sans grand succès. Le chanteur s’essaie à l’humour pour tenter de récupérer le public, en vain. En dépit de tout cela, le groupe signe tout de même un bon concert. Bien que peu sublimée par l’acoustique, leur musique est riche, intéressante et mériterait une écoute d’autant plus attentive.

Après le passage d’Atroxentis, on s’attend à reprocher à Noctem le son également… Il n’en est rien ! Noctem entame son set de manière très agressive. Beleth (chant) bondit du public sur la scène, grimé comme les autres membres du groupe, hurlant son texte au rythme effréné de la musique. Cette énergie et cette brutalité ne tardent pas à gagner le public. L’atmosphère que crée Noctem, couplée à la salle murée de briques poussiéreuses nous replongent presque dans les débuts de la seconde vague de Black Metal dans un sous sol lugubre des contrés de Sarpsborg.

À la différence de l’époque, ici le son est de très bonne facture. La guitare dessine parfaitement ses riffs sans être obstruée par le blast-beat fracassant du batteur. Mention particulière au bassiste qui fut sans doute le moins présent de tous, mais qui a tout de même su garantir un jeu propre en dépit des incidents de la tournée. En effet, Varu (bassiste officiel du line up), a dû renoncer, au bout des deux premières dates aux Pays-Bas, a assuré le poste de bassiste durant cette tournée. Un drame familial l’a malheureusement contraint à rejoindre Valence… Ainsi, n’ayant pas de sample, Noctem a dû recourir dans l’empressement à un musicien temporaire qui a su rester fidèle à l’âme du groupe. C’est justement avec cette âme et cette prestation forte que le groupe parvient à rendre son concert d’autant plus macabre, non sans rappeler les shows de Behemoth, ou encore de Darkned Slaugther Cult. Le chanteur s’éclipse pour réapparaître souillé de sang, simulant sa propre crucifixion. Pour ce qui est de la musique, les riffs sont simples mais efficaces, et le guitariste, bien que seul, nous gratifie de très bons soli. Les morceaux s’enchaînent et finissent par enflammer la foule qui s’égosille dès que possible. Après 45 minutes de concert, « A Cruce Salus » viendra clôturer la soirée sous la tonalité solennelle des roulements de caisse claire.

L’ambiance sera montée crescendo. Tel un vieux diesel, le public aura mis du temps à démarrer et à offrir l’accueil que cette soirée méritait. Mais les groupes loin d’être rancuniers, ont chaleureusement remercié la foule des Hauts-de-France. Place maintenant à l’Espagne pour Noctem qui continue sa tournée européenne qui s’aboutira à Fojando Leyendas de Séville.

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.