Peut-être que vous n’étiez pas encore au courant, mais la formation la plus « déglingo » des Hauts-de-France, j’ai nommé Gronibard, se produira dans le cadre du Rock’N’Roll Wrestling Crusher en compagnie de Municipal Waste, Billy Bio, The Rock ’n’ Roll Wrestling Bash et bien d’autres… Certes, la formation nordiste n’a pas grand chose à promouvoir à part elle-même, mais il en faudra bien plus pour refroidir les amateurs de poésie et de finesse. Beaucoup se donneront rendez-vous dans la fosse de l’Aéronef de Lille le samedi 15 juin prochain ! 

Propos recueillis par Axl Meu


Il était inespéré ce retour de Gronibard à Lille ! Pourquoi vos prestations se sont-elles raréfiées avec le temps ?

On a notre petit rythme de croisière à deux/trois dates par an depuis un moment maintenant, ce n’est pas beaucoup mais c’est déjà ça : c’est l’occasion de se faire plaisir en jouant dans des lieux où on n’a jamais mis les pieds avant… Et ça nous va très bien ! 

La dernière prestation de Gronibard qui m’a marqué, c’était dans le cadre du Kaotoxin Fest en compagnie d’Azziard, et de Mithridatic en décembre 2016… Quels souvenirs gardes-tu de cette date ? 

Un « putain » de concert improbable ! Il faut dire ce qui est, on se chiait dessus à l’idée de jouer au Bistrot de St-So, c’est un peu comme l’Aéronef… Quand tu joues dans une salle que t’as déjà fréquentée beaucoup de fois en tant que spectateur… Bah t’as la pression quand les rôles s’inversent ! Donc on était tendus, bizarrement peu bourrés, en mode : « Ça va être naze, c’est trop grand pour nous ». Et résultat ça a été mortel, une ambiance de folie, un public bien déjanté comme on les aime… Bref, des supers souvenirs !

Vous n’avez rien à promouvoir à part vous-mêmes pour le Rock’N’roll Wrestling Crusher qui se tiendra le 15 juin prochain à l’Aéronef de Lille. Que comptez-vous faire pour surprendre vos fans et ceux qui ne vous connaissent pas encore ? 

Rien à promouvoir à part nous-mêmes ?! Parce que c’est pas suffisant à tes yeux ?! (Rires) 

On vous verra aussi au Motocultor cet été ! Je pense que ce festival vous a merveille… Que pensez-vous de sa programmation ? D’ailleurs, vous pensez encore avoir des fans en Bretagne ?  

Ouais, ça, c’est la fête ! Ça va bientôt faire dix ans maintenant que l’organisation nous demande chaque année si on veut jouer… Mais vu que c’est en plein mois d’août, les dates ne collaient jamais, pour au moins un des membres. Ça devenait super gênant de dire non chaque année. Du coup, on a un peu arrangé les vacances en fonction. On est super contents, la programmation est bien chouette, et entre Kadavar, Incantation, Magma, Iron Reagan et Voïvod chaque membre du groupe y trouve son compte ! Pour ce qui est des fans, je ne pense pas qu’on en ait encore un où que ce soit… À part Schifeul (Nicolas Warnier, que l’on salue au passage, ndlr) de Horns Up qui est particulièrement tenace.

Pourquoi tenez-vous toujours à vous mettre dans le plus simple appareil lors de vos concerts ? 

Ah, mais on n’y tient plus du tout ! Ça, c’était « fun » avant les smartphones, maintenant c’est l’horreur. Dès que t’as un petit bout de bite qui dépasse, ça y est, des tonnes de « teubés » trouvent que c’est malin d’aller mettre ça sur Youtube. Résultat : ma mère m’a vu à poil sur le net… Merde quoi ! Si jamais tu nous vois à poil sur scène, tu peux être sûr que la quantité d’alcool ingurgitée a été mal gérée et qu’un « rien à branler, je joue à poil ! » s’en est suivi… Mais, la gueule de bois à la quarantaine, c’est déjà pas simple à gérer, alors la gueule de bois avec ta « teub » sur le net je ne t’en parle même pas.

« Franchement, qui s’amuserait à perdre du temps à être scandalisé par nos conneries aujourd’hui ? »

Gronibard, et c’est bien connu, fait dans le Porno Gorerind. C’est amusant, très amusant, pour qui sait s’amuser. Mais aujourd’hui, n’avez-vous pas peur que les gens ne soient pas plus capables de comprendre le second degrés de vos morceaux ? En gros, vous sentez-vous toujours aussi libres après le mouvement #MeToo ? 

On est retombés à plusieurs reprises sur des vieilles interviews sur le net où on s’est dit : « Ouais, bah ça c’est clair, ça ne passerait plus aujourd’hui »… Après je ne sais pas trop… En même temps, à l’époque, il y en avait déjà une paire pour qui ça ne passait pas. Là étant donné qu’on n’est plus rien, franchement qui s’amuserait à perdre du temps à être scandalisé par nos conneries aujourd’hui ?

D’ailleurs, votre mentalité a-t-elle évolué depuis vos débuts ? 

En 1998, j’aurais sans doute répondu « bite » à toutes tes questions…

Votre dernier album, We Are French Fukk You, remonte à 2008. Les fans réclament la suite… Est-ce prévu ? 

On bosse sur la suite depuis des plombes… On le fait juste à notre rythme, soit 4/5 répètes par an vu que notre batteur ne vit pas près de chez nous… On avance bien, on a au moins quarante minutes de son je pense, mais il faut encore finaliser l’ensemble, trier, se mettre d’accord sur comment on veut enregistrer ça. Pour un groupe normal, ça pourrait être prêt assez vite… Là, je ne serais pas trop surpris si ça prenait encore un an ou deux…

Certains morceaux de Gronibard sont devenus des hymnes. Même si vous n’êtes plus très actifs, on continue de parler de Gronibard. En êtes-vous conscients ? 

Je ne sais pas… Pas trop non en fait, j’ai plus l’impression tu me parles d’un « p’tit groupe nantais » (Ultra Vomit, ndlr) de nos jours.

Justement, que pensez-vous du succès toujours plus grandissant d’Ultra Vomit ? Et d’un registre autre, de Gutalax et de Rectal Smegma ? 

Ah ben voilà, qu’est-ce que je te disais ! Nan, mais, pour Ultra Vomit, c’est cool pour eux, j’espère qu’ils s’éclatent en tout cas, j’ai aperçu le « teaser » de leur live à l’Olympia, c’est clair que ça change de l’époque où on se partageait l’affiche au Cassoulet Show ou à l’Infernal à Calais. Pour Rectal Smegma, je vais dire du bien d’eux parce que, le cas inverse, j’aurais peur que leur chanteur me pète la gueule… Et en plus, leur bassiste est un amour ! Par contre, je dois avouer que je me fais grave chier en écoutant Gutalax… Il y a quelque chose, un truc, qui m’échappe… Tous les ingrédients devraient être réunis pour que ça me plaise, et pourtant, j’ai juste l’impression qu’ils ont oublié de faire des riffs…


Gronibard, c’est :

Anal Capone : Chant

Necronembourg : Guitare & Chant

P’tite Bite : Guitare & Chant

Albatard : Basse

Godemichel : Batterie

Discographie : 

Gronibard (2001)

Satanic Tuning Club (MCD – 2004)

We Are French Fukk You (2008)



A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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