Un troisième opus pour les Hard Rockers d’Iron Bastards ! Les Motörhead français nous sont tout dernièrement revenus avec Cobra Cadabra, un album qui fleure bon le Hard Rock et les guitare/basse saturées des années 80 ! Et quand le groupe n’est pas sur la route et qu’il ne compose pas, il prend le temps de défendre sa musique autrement, en passant des interviews. Alors en journée promotionnelle pour faire parler de Cobra Cadabra, les Rockers nous ont accordé un peu de leur temps, surtout David, pas le guitariste du même patronyme, mais le chanteur/bassiste. 

Propos de David Bour recueillis par Axl Meu


Iron Bastards renvoie l’image d’un groupe qui tourne beaucoup. Vous vous êtes d’ailleurs produit en Angleterre à maintes reprises…

Oui, quand on a lancé le groupe, l’idée était de faire le plus de concerts possible, car le Rock’n’Roll, c’est fait pour être joué ! Donc, le but était de tourner… C’était une évidence pour nous ! Oui, nous sommes souvent sur la route. Parfois, c’est casse-gueule, parfois, non. Parfois, tu fais cinq ou six heures de route, et à force de tourner tu rencontres la personnes qui va te mettre en relation avec d’autres personnes. Nous sommes indépendants, c’est nous qui gérons notre agenda… Certes, c’est plus difficile, mais on sait toujours où on en est. Toutes ces dates, c’est vraiment le fruit de tout le boulot qu’on a amassé ! Il y a quand même un certain acharnement de notre part ! 

Le style que vous jouez vous aide-t-il à jouer à l’étranger, plus qu’en France ?

Pour ce que l’on joue, il y a un public en Angleterre et en Allemagne. Encore une fois, c’est un engrenage, tu te fais une réputation, tu joues, une, deux, trois fois… Tu rencontres des personnes, et où que ce soit, on donne le meilleur de nous-mêmes à chaque fois. L’Allemagne est vraiment en forme pour ce qui est du Rock, et je dirais que l’Angleterre est nostalgique de sa scène Hard Rock… Ça se bouge encore dans ces coins-là. Après, en Allemagne, la mentalité est tout autre. Le samedi soir, là-bas, on ne se pose pas de questions : on va aux concerts, c’est tout. En Angleterre, c’est principalement les groupes de reprises qui tournent… 

On ne va pas se le cacher. On a tendance à faire trop facilement le rapprochement entre vous et Motörhead… Comment parvenez-vous à tirer votre épingles du jeu, vous qui n’êtes pas un cover-band ? 

En fait, Iron Bastards, à ses tout débuts, était un cover-band… Et on n’a aucune envie d’y retourner ! Aujourd’hui, on a vraiment des choses à dire et nos sources d’inspiration ne se limitent pas qu’à Motörhead. Elle est là, on ne le nie pas… Mais on écoute d’autres choses ! On l’assume, on le revendique, mais je trouve cela un poil réducteur. Et personnellement, je trouve que sur ce nouvel album, nous sommes parvenus à sortir un peu de cette principale influence. Pour ce qui est des tribute-bands, oui, il y en a beaucoup qui se forment, trop même. Et je n’ai pas grand chose à dire à leur sujet. Je veux dire, si c’est bien joué, tant mieux. Mais pour moi, quitte à écouter du Motörhead, je préfère me passer un DVD à la maison. Iron Bastards a ses propres compositions, et je suis sûr qu’elles pourraient plaire à un public autre que celui de Motörhead !

« Iron Bastards a ses propres compositions, et je suis sûr qu’elles pourraient plaire à un public autre que celui de Motörhead ! »  

Pourquoi avez-vous décide de devenir un « groupe de compositions » par la suite ? 

Ça se passait bien, aussi bien musicalement et humainement, j’avais un autre groupe à l’époque, David, notre guitariste, aussi… Il y avait vraiment un bon « feeling » entre nous et nous avons pensé qu’il serait dommage de ne se limiter qu’à un « tribute » de Motörhead. Mais on ne savait pas si on allait se lancer dans le Hard ou non… On aurait également pu faire dans le Stoner… Et on a commencé, David a lâché un gros riff à la guitare, et c’était parti. On a pris de la bouteille par la suite, on a amélioré nos compositions sans pour autant oublier nos origines.

Vous avez mis trois ans pour sortir Cobra Cadabra…

Un peu moins quand même ! Je dirais deux ans et cinq mois… (rires) En vrai, on n’a pas vraiment chômé entre Fast & Dangerous et cet album ! On a fait un paquet de dates, on est partis en Angleterre, il y a eu cette date au Hellfest sous le MetalCorner… Mais rien n’est jamais trop planifié. On ne s’est donné aucune limite. Après notre tour en Angleterre, on s’est posés et on savait que c’était le bon moment pour nous de commencer à réfléchir à l’album.  

D’ailleurs, sur ce nouvel album, Cobra Cadabra, vous avez plus ou moins fait dans l’expérimentation… C’est ce qui est ressorti à l’écoute de la plage éponyme de l’album. D’ailleurs, à qui t’adresses-tu lorsque tu chantes : « Cobra Commanda, you are going to make me dance » ?

Ce titre d’album, il faut surtout le voir comme une formule magique, une formule qui, par le biais du cobra qui est là depuis nos débuts, incarne bien notre musique ! Et ces paroles se prêtaient particulièrement bien à ce morceau. Je suis d’accord avec toi, ce morceau est différent, car il a un petit côté « Rock Psyché » en lui… En fait, on l’a composé autrement, on a commencé par la… fin. Je suis venu avec mes quatre accords et on s’est focalisé sur les accords de fin, d’où son côté ‘progressif’ !

Que devons-nous savoir au sujet de la production de l’album ? Qui l’a produit ? 

On a gardé la même équipe que notre deuxième album. Ce sont Samuel Lichawski et Harold Feuerstoss, deux personnes qui étaient déjà aux manettes pour le précédent. On a fait ça au même endroit, et on a suivi la même procédure. L’enregistrement des parties de basse, batterie et guitare s’est fait en « live », puis on a travaillé sur le reste dans le « home-studio » de Samuel. La différence, c’est qu’on a passé plus de temps sur les pré-productions… Et vu que c’étaient des morceaux que nous jouions déjà régulièrement en live, nous avions pris de l’assurance, et je pense que cela se ressent sur l’album. 

Hier, vous avez publié un clip pour le morceau éponyme, est-ce que tu peux m’en parler ? 

En fait, il s’agit tout simplement d’un animation video autour de la pochette de l’album qui tourne autour de la thématique de l’espace et du cobra. Ce n’est pas video un clip à proprement parler, parlons plutôt d’une « lyric-video » avec de l’animation. 

« Aujourd’hui, il y a beaucoup de groupes qui font dans le « revival ». Et vraiment, ça fait plaisir à voir. »

Pourquoi avoir fait un clip de ce morceau-là ?

Un autre morceau de l’album, « Days Of Rage » avait aussi fait l’objet d’une vidéo, c’était le morceau le plus « rentre-dedans », et là, on a voulu faire l’inverse, en prenant ce morceau plus progressif, en sachant qu’on avait la possibilité de faire un clip plus animé. Pour le coup, le souhait était de partir sur un thème un peu plus « psyché ». Ce morceau donne bien à voir de l’évolution du groupe ces dernières années ! 

J’aimerais savoir comment vous faites pour composer… Pensez-vous à l’effet qu’il aura sur scène plus que sur CD ?

Les deux, mais on pense surtout à la scène. Quand on a commencé à composer pour ce nouvel album, l’idée était d’abord de savoir si les morceaux allaient bien s’intégrer à notre setlist. Vu qu’on a donné pas mal de concerts avant d’entrer en studio, on a pu présenter notre nouveau répertoire, et prendre du recul. On adore le studio, ce n’est pas une punition pour nous de nous y rendre… mais vraiment, c’est sur scène que nos morceaux vivent ! 

Quand on pense au Hard Rock, tout de suite, on a tendance à croire que ce style a vraiment trop mal vieilli… Mais il y a des nouveaux groupes qui ont redoré son image, notamment 77’ et Audrey Horne, qui essaie tant bien que mal de faire découvrir cette musique à un public plus jeune. 

Oui, ce n’est pas évident ! Mais j’ai comme l’impression – et c’est peut-être dû au fait que nous venons de l’est de la France – qu’on assiste à un renouvellement du public en ce moment. Par moments, il y a des jeunes de 15/16 ans qui remettent une veste à patchs et qui affirment une identité plus Rock ! Alors, c’est vrai, le Rock, ce n’est pas l’étendard de la génération actuelle et c’est un peu comme si le Rock’n’Roll était devenu un style « underground » vu qu’il n’est plus sous les projecteurs… Néanmoins, comme je te disais tout à l’heure, j’ai l’impression d’assister à une sorte de « renouveau » de la scène. Aujourd’hui, il y a beaucoup de groupes qui font dans le « revival ». Et vraiment, ça fait plaisir à voir. Ce n’était pas vraiment le cas il y a encore cinq ans ! 

Votre dernière prestation dans les Hauts-de-France remonte à avril dernier. Vous vous étiez alors produits dans le cadre du Ch’ti Rock Festival, le tremplin du Raismes Fest ! 

Oui, c’était le tremplin du Raismes Fest, mais nous n’étions pas en lisse. Il me semble que ce sont les Sweat Needles qui l’ont remporté ! En tout cas, on adore se produire chez vous. Sur place, on a vraiment beaucoup d’amis, des gens qui viennent nous voir régulièrement. L’ambiance du Nord est vraiment top, et on s’y sent comme à la maison ! Il y a ce même esprit festif, populaire, que l’on retrouve également à Strasbourg. Puis, ces dernières années, nous avons rencontrés les Overdrivers, qui sont devenus de supers copains, avec qui il nous est arrivé de partager la scène à plusieurs reprises ! Pour moi, les Overdrivers est vraiment l’un des meilleurs groupes Français, en matière de Hard Rock ! 

Est-ce que tu peux revenir sur votre passage sous le MetalCorner du Hellfest en 2017 ? C’était comment ? 

C’était vraiment de la balle ! Se produire devant 4000/5000 personnes, ça ne nous arrive pas tous les jours ! Puis le public a été assez réactif dans son ensemble, et on a profité d’un créneau horaire plutôt agréable. On s’est produit à 19 heures, donc c’était blindé ! On a joué, les gens semblent avoir aimé ! Parmi les gars du public, on avait même reconnu des personnes qui nous suivent, des connaissances… Et le fait de voir des visages familiers, c’était franchement rassurant ! Par moments, quand tu ne te produits que devant des inconnus, tu ne sais pas vraiment ce qu’ils pensent de ta musique…

Iron Bastards, c’est surtout une histoire de potes… Quel est votre meilleur souvenir ? 

Oui, sur ça, je ne peux pas te contredire. Iron Bastards est avant tout une belle histoire de potes… On garde beaucoup de bons souvenirs ! Le Hellfest, notre « trip » en Angleterre, même si les conditions de jeu n’étaient pas optimales… Là-bas, on y est restés quand même trois mois, il y a eu et des hauts et des bas, mais quand on est rentrés, on était toujours potes, et je pense que ce n’est pas donné à tous les groupes !


Iron Bastards, c’est : 

David Bour : Basse & Chant 

David Semler : Guitares

Anthony Meyer : Batterie 

Discographie : 

Boogie Woogie Violence (2015)

Fast & Dangerous (2016)

Cobra Cadabra (2019)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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