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Duel était sans doute l’une des formations les plus attendues en cette dernière édition du Rock In Bourlon, et elle n’a pas déçu. Leur Rock Psychédélique sous amphétamines a littéralement électrifié le public de la place de l’Abreuvoir de Bourlon, exténué sous ce soleil de plomb… Suite à ce concert déboussolant, Tom Frank, en bon vivant qu’il est, nous a donné rendez-vous dans l’ « espace presse » du festival. Il était enfin temps pour la rédaction de rencontrer la fine équipe de Duel. 

Propos de Tom Frank (chant/guitare) recueillis par Axl Meu


Tu reviens à l’instant de la scène du Rock In Bourlon, ça a été ? 

Ouais, mec ! C’était génial, et les gens du public ont été tout simplement géniaux ! On essaie de venir régulièrement en France… Et vraiment, à chaque fois que nous venons, c’est vraiment le pied ! 

Votre concert était vraiment intense. Que voulez-vous partager avec votre public une fois sur scène ? 

(Rires) Sur scène, on veut tout simplement donner envie aux genres d’acheter tout notre merchandising, d’écouter en boucle nos albums, et de revenir nous voir sur scène à chaque fois que nous serons de passage ! Sérieusement, Duel aspire à faire transporter ses fans, à transmettre une énergie de folie, une énergie pure dans la fosse. On est hors de nous-mêmes sur scène, comme si ce n’étaient pas vraiment nous qui nous exprimions. On va dire, une fois nos guitares branchées, que c’est notre côté sauvage qui s’exprime !

Sur scène, vous avez joué pas mal de morceaux tirés de votre dernier album. Il s’intitule Valley Of The Shadows… 

C’est sans doute le meilleur album composé par tout groupe confondu sur cette fichue planète (rires) – ou peut-être pas d’ailleurs. D’ailleurs, vous qui nous lisez, j’espère que vous l’avez acheté, écouté, et aimé !

Pourquoi est-ce ton préféré ? 

En fait, j’aime vraiment tous les albums que nous avons sortis avec Duel, mais les choses ont fait que nous avons passé plus de temps sur Valley Of The Shadows. On a pris plus de temps à composer, peaufiner ses chansons, et je trouve, à mon sens, que cela se ressent énormément. Pour les autres albums que nous avons sortis, nous aurions bien voulu nous attarder davantage, mais les choses ont fait que, non. En fait, une fois Fears Of The Dead, notre premier album, dans les bacs, nous sommes partis sur les routes du monde entier. Puis, nous avons enregistré le deuxième, Witchbanger, dans la foulée histoire d’avoir de nouvelles choses à proposer sur notre stand… Et, plus on donnait de dates, plus la demande évoluait, c’était juste dingue. Donc, pour faire patienter notre public, on a sorti un album live, Live at the Electric Church, histoire de nous dégager un maximum de temps. Donc, comme pour obtenir cet album auquel on aspirait, nous avons enregistré les morceaux à deux, voire trois reprises, puis avons sélectionné la meilleure prise.

J’imagine que la route est une sacrée source d’inspiration pour vous. Mais quels sont ces groupes qui vous ont le plus inspirés ?

 Oui, c’est une évidence, la route est pour nous une grosse source d’inspiration. On s’inspire de nos rencontres et des concerts que nous voyons, mais si je ne devais garder qu’un seul groupe, vraiment celui qui m’a donné envie de faire de la musique, ce serait MC5. Pour moi, ce combo, c’est la formule ultime du Rock, le Rock dans toute sa splendeur ! Peut-être que je n’étais pas encore né à l’époque, mais grâce aux videos et photos que j’ai vues, j’ai pu me faire une idée de ce qu’ils étaient vraiment à l’époque. Donc, à la suite de tout cela, j’ai voulu vraiment me lancer dans cette aventure musicale. Aujourd’hui, je passe la plupart de mon temps à vouloir leur ressembler ! (Rires)

« On est entre potes, ces gars avec qui je passe la plupart de mon temps sont des meilleurs amis ! »

Tu n’es pas sans savoir que MC5 s’est reformé ces derniers mois et que le groupe a donné des concerts sous le blase de MC50. 

Oui, on était sur la route, donc on n’a pas pu les voir… mais bon MC50, ce n’est pas la même chose…

Y a-t-il d’autres groupes qui ont eu un impact sur toi ? 

Oui, et vraiment tous styles confondus. Je pourrais par exemple te parler de ce groupe britannique du début des années 80, Angel Witch. Les deux premiers albums qu’ils ont sortis sont tout simplement fabuleux ! J’ai vraiment accroché à leur sens du rythme… Ils ont vraiment du swing dans leur manière de sonner. Bon, après, ça reste du Heavy Metal très classique, avec les thématiques caractéristiques de l’époque (Rires). Après, j’aime beaucoup ce groupe, Branchee, à l’origine d’un superbe album, Thinkin’, publié au début des années 70. Une vraie bombe. C’est comme si Queen et Pink Floyd s’étaient accouplés ! Il était vraiment sympathique ce groupe à l’époque.

Ce soir, vous partagez la scène avec All Them Witches. J’imagine que ce sont de bons potes à vous, non ? 

Ah… Nashville ! Oui, ce sont des super gars, et on n’en est pas à notre première beuverie ensemble. Humainement, ces types sont supers, musicalement, c’est de la bombe. Que demander d’autres ? D’ailleurs, un de nos gars leur avait prêté son appartement quand nous étions alors partis en tournée. Tu n’es pas sans savoir que le milieu de la musique est une niche, et que tous les groupes se connaissent et qu’ils ont leurs affinités. Les gars de All Them Witches sont un peu comme des frères pour nous ! Je pense que je vais assister à leur concert ce soir !

Est-ce que tu te sens libre à 100% en tant que musicien ? 

Oui, tout simplement, car les gens qui nous suivent ne savent jamais vraiment à quoi s’attendre lorsqu’ils viennent nous voir en concert… Et le pire dans l’histoire, c’est que même nous, nous ne le savons pas non plus ! Nous faisons de notre mieux pour essayer de vivre de notre musique. C’est un peu comme si c’était notre gagne-pain. Oui, nous ne sommes pas riches, et alors ? Je vis au jour le jour, et je suis très heureux ainsi ! À côté, quand nous ne sommes pas sur la route, nous avons des petits boulots, de mon côté, j’ai un studio d’enregistrement, donc je peux enregistrer des groupes. S’il n’y avait pas ces petits « trucs » à côté, peut-être que Duel ne pourrait pas envisager l’idée de partir en tournée…

Penses-tu que tu feras cela le restant de ta vie ? 

Et pourquoi pas ? On est entre potes, ces gars, avec qui je passe la plupart de mon temps sont des meilleurs amis ! Préparer une tournée revient à la même chose qu’organiser une escapade entre potes pour moi. Après, on fait en sorte que le projet soit viable, et non pas un gouffre économique, sinon… 

Quelle serait la meilleure chose que l’on pourrait souhaiter à Duel ? 

(Il réfléchit) Que l’on se produise, que l’on reçoive un chèque d’un million d’euros, et que l’on parte en vacances !

Et que penses-tu des groupes qui se font des millions tous les soirs ? 

Eh bien, je pense qu’ils sont bêtes de continuer. À leur place, je donnerai 2/3 concerts par an, et ensuite, vous pourrez être sûrs de ne plus jamais me voir ! (Rires) Trêve de plaisanteries… Si j’étais riche, Je continuerais à me produire dans des clubs, les grandes salles, ça va bien un moment. La vraie musique, elle se vit dans ces petits clubs, ces salles où l’on sent la transpiration dégouliner sur les murs !


Duel, c’est : 

Tom Frank : Guitare/Chant 

Shaun Avants : Basse, Chant

Justin Collins : Batterie

Jeff Henson : Guitar

Discographie : 

Fears Of The Dead (2016)

Witchbanger (2017)

Valley Of Shadows (2019)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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