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La scène Electro Metal française se porte bien en ce moment ! Après Shaârghot, c’est au tour de Herrschaft de revenir au charbon avec un nouvel album. Et même si le rythme de sortie des Parisiens n’est pas très régulier, il semblerait toutefois que leurs fans, eux, ne les aient pas oubliés ! La preuve au Hellfest, en Juin dernier, où ils ont assuré quelques opérations com’ de sorte à présenter Le Festin Du Lion… Quelques jours après l’événement, nous avons contacté, Zoé H., une des têtes pensantes d’Herrschaft…

Propos de Zoé H. (guitare, basse…) recueillis par Axl Meu


Herrschaft a une identité très affirmée… Vous faites dans le Metal Techno Indus’… Il me semble que vous vous produisez à visage couvert !

C’est le cas pour cet album, mais ça ne l’était pas forcément avant. Désormais, Herrschaft incarne des personnages en live, mais ça ne dure pas forcément pendant tout le concert… Ça dépend des morceaux, Herrschaft tend à incarner différents arcanes du pouvoir, parfois, c’est en lien avec la religion, parfois avec le pouvoir. Il faut nous voir en concert pour réellement saisir la portée de notre musique et son message. 

En juin dernier, vous avez choisi le Hellfest pour assurer la promotion de votre nouvel album, Le Festin Du Lion. Vous étiez alors en présentation sur le stand de Season Of Mist. J’imagine que c’était pour marquer le coup…

Oui, Le Festin Du Lion est distribué via Season Of Mist, mais l’album sort sur le label Les Noires Productions, une structure indépendante. Donc, on a quand même profité du Hellfest pour assurer une petite séance de dédicace. Season Of Mist nous est d’un grand soutien depuis de nombreuses années maintenant. On s’est donc mis sur le stand de Season Of Mist, avec tout notre attirail, les casques et le reste. Ce n’était vraiment pas évident au vue de la chaleur qu’il faisait. Mais bon, on était en Enfer, donc on peut dire que l’inverse aurait été plus inquiétant. (rires) Après la séance de dédicace, on s’est baladés sur le site du Hellfest de sorte à faire parler de nous et surtout à montrer aux gens qui nous connaissaient déjà que le groupe existait encore. Le Festin du Lion était enfin dans les bacs et on voulait vraiment marquer les esprits !

Vous avez quand même pris six ans pour succéder à Les 12 Vertiges. Pourquoi avez-vous pris tant de temps pour écrire Le Festin Du Lion ?

Il y a deux raisons à ça. Pour commencer, Herrschaft a toujours privilégié la qualité à la quantité, donc on prend toujours notre temps : on tient à rester indépendants, Herrschaft a toujours tout fait tout seul, et ce, à l’aide de ses propres moyens… Mais pour ce nouvel album, on a été amenés à nous organiser différemment. Jusque 2014, Herrschaft était composé de trois membres, mais notre chanteur, M[z]X, a quitté le groupe en 2014. On s’est donc posés les bonnes questions, à savoir si on pouvait continuer à deux, ou si on devait recruter un troisième membre. Mais Max, qui était alors à la batterie, a fait quelques essais, plutôt concluant au chant, et puisque le binôme était vraiment fonctionnel, on a décidé de continuer à deux. Ça a quand même pris du temps, car il fallait aussi voir si ça prenait en « live », mais ça l’a fait. Donc à partir de ce moment-là, on a pu se pencher sur l’écriture du Festin Du Lion.

J’imagine que le clip que vous avez publié en 2015, « How Real Men Do » faisait office de transition, de présentation en quelques sortes, non ? 

Oui, voilà. C’était encore la phase de test et il s’avère que le clip a rencontré un petit succès, donc on a été assez fiers. Les fans pouvaient alors découvrir la nouvelle mouture de Herrschaft. Aujourd’hui, « How Real Man Do » figure sur l’album. On est actuellement sur la suite de ce clip. C’est vraiment le prochain chantier à venir ! 

J’imagine que les gens qui suivent le groupe depuis un moment ont noté une petite évolution de style dans ce que vous proposez…

Oui, et j’ose même dire qu’on peut parler de renouveau pour le groupe. En revanche, Herrschaft a gardé la même recette : on mélange le Metal à l’Electro, ou bien même l’Electro au Metal… Herrschaft aspire vraiment à créer une musique unique, que personne n’aurait entendu ailleurs. On ne met trop en avant aucun des deux styles de sorte à proposer une musique riche et homogène.

C’est amusant, j’ai eu Étienne de Shaârghot au téléphone il y a quelques semaines, il m’a dit la même chose que toi… D’ailleurs, ils étaient au Hellfest cette année ! 

Oui, c’est moi qui me suis occupé de leur son. On aimerait vraiment également avoir l’opporunité de se produire au Hellfest l’année prochaine. L’année dernière, Herrschaft s’était produit au Wacken Open Air, aujourd’hui, nous avons d’autres festivals à conquérir, désormais le Hellfest en fait partie ! Après, on n’est pas maîtres de tout ça. 

Sinon pour revenir à Shaârghot, je dois te dire que ce sont des amis de longue date, nous sommes très proches d’eux, et il s’avère qu’Étienne a mis son grain de sel sur Le Festin du Lion

Est-ce que tu peux développer ? 

Étienne chante sur le titre « The Great Fire ». On tenait à inclure un morceau à deux voix, deux tessitures vocales, il se trouve que la voix de Max et celle d’Étienne rendaient bien ensemble. Sur ce morceau, c’est un peu comme s’ils dialoguaient ensemble !

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« Herrschaft aspire vraiment à créer une musique unique, que personne n’aurait entendu ailleurs »

J’ai lu qu’il y avait un autre featuring sur l’album : celui de Bertrand de öOoOoOoOoOo… Il intervient sur le morceau « The White Russians »…

C’est un morceau un peu particulier, il est différent des autres de l’album… En fait, « The White Russian » est un hommage à Mika Bleu, qui nous a brusquement quittés il y a maintenant deux ans… On trouvait ça important de faire participer Bertrand, le guitariste de öOoOoOoOoOo. Asphodel, la chanteuse de öOoOoOoOoOo a également pris part au processus de création du Festin Du Lion. Elle s’est occupée de la session-photo pour la pochette…

« Hate Me », le morceau qui clôt l’album est très dansant. Pourtant les thématiques abordées ne sont pas très joyeuses…. Est-ce que tu peux m’en parler ? 

Oui, c’est vrai, malgré les apparences, il y a beaucoup de désespoir dans ce morceau… Il comporte plus de parties « electro »… On l’a mis à la fin de l’album, mais c’est l’un des premiers morceaux que l’on a composés pour cet opus. C’est le premier si mes souvenirs sont bons. Quand on s’est retructurés avec Max, on s’est posés beaucoup de questions, notamment en ce qui concerne le style qu’on voulait aborder. Et avec ce morceau, on se tâtait encore, on ne savait pas si on allait prendre une voie plus « Cold-Wave »… Bien qu’il sorte des sentiers battus, on a quand même décidé de l’intégrer à l’album, et qui sait… Peut-être que l’on partira de ce morceau et développera des musiques plus « Cold-Wave » à l’avenir ?

Peut-on y voir quelques influences de Black Metal dans la musique jouée par Herrschaft ? 

Oui ! On ne fait pas dans le Black Metal, mais il y a une partie de nous qui est très « Black », c’est vrai. Et je m’en réjouis que tu t’en sois aperçu. Les premiers morceaux que l’on avait proposé pouvaient être estampillés de « Black Electro ». Ça fait partie de nos sources d’inspiration… On a toujours été fascinés par la scène Black Metal Norvégienne : Emperor, Mayhem… On a pris leurs idées et on y a ajouté une touche « Electro ». Sur Le Festin Du Lion, ça ne se voit plus trop, mais les influences sont bien là ! 

En ce moment, la scène Metal Electro connaît un renouveau. Beaucoup de Metalheads recommencent à s’intéresser à la scène New Wave Electro… J’imagine que tu n’es pas resté insensible à tout cela. 

C’est en train de revenir, c’est vrai. Nous, on vient d’une époque où l’Electro était très en vogue. Punish Yourself était déjà là, Temple of Nemesys aussi. Puis la scène a connu une sorte de traversée du désert. Par chance, nous sommes restés là… Puis, il y a eu ces belles dates, et cette année au Hellfest, la Metal Electro a bien été représentée : Shaârghot, Punish Yourself, Combichrist. Pareil pour l’année dernière, Perturbator et Carpenter Brut étaient alors sur l’affiche. Et comment rester indifférents ? Car on sent que Heerschaft a son mot à dire, donc on profite du faire qu’on revienne à la mode pour le faire. Pour nous, cette musique, elle ne nous a jamais quittés.

Quid des prochains concerts ? 

Pour le moment, on a un nouveau booker qui s’occupe de nos dates… La première date que je peux t’annoncer est celle que l’on donnera le 1er novembre prochain au Warehouse à Nantes. On se produira en compagnie de Kinbaku Mtsuri, Geisterwald, OST, Front, Punish Yourself et Shaârghot. Voilà une date à ne pas rater ! 


Heerschaft, c’est : 

MaX  : Cris, Sons électroniques 

Zoé H. : Guitare, Basse, Sons électroniques, Producteur

Discographie : 

Architects Of The Humanicide (MCD-2006)

Tesla (2008)

Les 12 Vertiges (2013)

Le Festin Du Lion (2019)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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