#TouchePasÀMonUnderground, le principe est simple, une semaine sur deux, un groupe de la scène underground des Hauts-de-France peut s’exprimer ! Cette semaine, c’est Otage qui s’est confié à nous !

Propos de J. (batterie/chant) recueillis par Axl Meu


Je pense qu’une petite présentation s’impose d’elle-même ! 

Nous sommes Otage, jeune groupe de Fastcore/Crust cambrésien fondé sur les cendres de plusieurs groupes adolescents. Le projet voit le jour en juin 2018 autour de mon frère N. (guitariste) et moi-même (batteur). Très vite, nous sommes rejoints par E., un ami bassiste de longue date. On s’est d’abord réuni sous la bannière de « Mark Tree‘, avec un quatrième larron, Dylan, que nous saluons… Puis, nous avons ensuite formé un groupe de Punk Hardcore nommé Howling Dogs sous l’impulsion de E. qui, lui, avait déjà un pied dans la milieu. Malheureusement, par manque de temps, le projet n’a pas pris… Mais un an plus tard naissait Otage. Nous avons mûri et développé nos goûts, nos écoutes… Néanmoins, le projet reste le même : jouer une musique Punk abrasive et engagée.

Chose assez anodine, c’est toi qui assures les parties de chant. D’où vous est venue à l’idée de vous produire sous cette configuration ?

En fait, j’ai toujours eu cette habitude de chanter et d’assurer la rythmique en même temps, que ce soit en tant que chanteur principal ou juste pour faire des backing-vocaux dans d’autres projets. Le côté « 2 en 1 » a un aspect pratique, c’est sûr ! Mais étant le parolier du groupe, je suis le plus à même d’interpréter mes textes… En fait, ça s’est fait de manière très naturelle !

On peut dire que vous officiez dans une sorte de Power Violence, style réputé pour être une mélange de Hardcore/Punk/Noise. Quels sont les groupes qui vous ont amenés à jouer de ce style ?

On ne sait pas si l’étiquette Power Violence est adéquate pour Otage. On se qualifierait plus comme étant un groupe de Fast Hardcore Punk, sous-genre encore accéléré du Punk/Hardcore, même si tu peux trouver du « blast-beat » et du « break », un peu gras chez nous… Mais tu as en partie raison, nous écoutons effectivement beaucoup de groupes de la scène Power Violence (rires) ! Parmi les nombreux groupes qui nous ont conduits à faire une musique brute et très rapide, on compte Reproach

Par la suite, on pourrait citer des groupes cultes tels que Spazz ou encore Yacopsae. Après, je pense aussi à Strafplanet, formation qui a eu un impact énorme sur nous, ou bien les locaux de Jodie Faster ! À côté, nous puisons aussi notre inspiration dans d’autres scènes. En l’occurrence, le Crust pour l’esthétique visuelle ainsi que la scène Screamo/Emo française pour les paroles et les thèmes

Otage est un groupe engagé. Quelles sont vos revendications ? Pensez-vous que la musique peut faire changer les choses ? N’est-elle pas juste un « défouloir gratuit » pour finir ?

Effectivement, nos paroles sont engagées, et cela nous paraissait tout-à-fait normal. Le Punk est une musique majoritairement contestataire, et le monde actuel nous semble tellement absurde qu’il nous est impossible de rester insensible, de ne pas en parler dans nos textes. Les membres du groupes ont chacun leurs idées, cependant nous nous rejoignons sur beaucoup de points : la destruction du système capitaliste, l’écologisme radical, plus de justice sociale, plus de bienveillance en général… Il faut s’émanciper, détruire ce système qui transforme la planète en mouroir et construire des sociétés nouvelles et viables. La musique est un peu des deux. Elle un moyen parmi tant d’autre de faire passer des messages, de rassembler des gens autour de causes communes et peut aussi avoir un effet cathartique. Pour nous, c’est un moyen de faire germer des graines dans l’esprit des gens et de les réunir, de les faire se sentir « vivants ».

Otage a un premier EP qui est sorti dernièrement. Est-ce que vous pouvez nous en parler ? D’ailleurs, j’ai entendu dire que vous alliez ré-enregistrer les voix… Pourquoi ?

Cet EP a une histoire un peu particulière, puisque que je l’ai enregistré avec N., en deux jours. E. était en connaissance du projet, mais n’était pas encore impliqué dedans… Il est arrivé pile au moment de faire les back-vocaux, mais n’a pas enregistré les parties de basse, que j’avais dû moi-même enregistrer. Nous avons par contre supervisé à trois le mixage et le mastering. Tout a été fait chez un ami, Simon Beudin de Boar Prod qui a été un amour avec nous. Simplement intitulé EP 2019, cet EP nous sert de base pour ce qui est des thèmes et du style. Et comme tu dis, nous allons effectivement profiter du mois de Juillet pour donner une nouvelle peau à l’enregistrement. Mon chant a tout simplement évolué, donc nous voulons l’actualiser. On en profitera pour retravailler un peu le son et rajouter la basse de E., mais la première version restera disponible sur nos plateformes !

Otage ne compte que deux dates à son actifs : quels sont vos plans à l’avenir pour vous démarquer et assurer le maximum de dates ?

On a envie d’en refaire d’autres, c’est sûr ! Mais on est tous dans des phases de nos vie où le temps nous manque, donc on profite des pauses pour faire un maximum de choses avec Otage sans promettre l’impossible. On prend les dates comme elles viennent, et on ne cherche pas particulièrement à se vendre comme un produit. Si tu aime notre son et nos idées, tu peux nous contacter et on se fera un plaisir de jouer ! Ce qui est sûr, c’est qu’on continuera à entretenir patiemment notre projet sur le long terme en enregistrant et jouant dès que possible, et en partageant aussi ! 

Quel regard sur la scène locale portez-vous ?

La scène Punk Lilloise en particulier est très vivace. On te citait plus haut les fabuleux Jodie Faster mais il y en a bien d’autres que nous admirons : Gummo, Short Days, Listix, Fake Off…  On n’imagine pas le talent et la créativité qui se déploie à dix kilomètres de chez soi. Dans notre coin plus rural, on a aussi du lourd, nous pensons à False. Les distro et les orgas se démène, et on a parfois tendance à oublier tout ça. La bonne musique ne se fait pas qu’ailleurs ! Tu l’auras compris, nous avons un regard plutôt positif sur la scène. Ce qui manque, ce sont des lieux où se produire. Les normes deviennent de plus en plus strictes, les bars ferment. Il faut le calme, partout. On espère que ce ne sera jamais le cas !

Pour contacter : https://www.facebook.com/otage.hxc/

Pour écouter :

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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