Alors en tournée, All Them Witches avait posé ses flightcases à Bourlon dans le cadre du Rock In Bourlon. Et, quelques minutes après son concert, Michael Parks, chanteur/bassiste du groupe, a bien voulu revenir brièvement sur la carrière de son groupe qui commence sérieusement à faire parler de lui. Il faut dire que malgré leur style débraillé, les Américains ont toujours fait preuve d’exemplarité… Et il n’en fallait pas plus pour séduire Tobias Forge, ce dernier les a même conviés à ouvrir pour son groupe en novembre prochain…

Propos de Michael Parks (chant/basse) recueillis par Axl Meu 


Vous vous venez tout juste de sortir de scène. As-tu pris du bon temps sur la scène du Rock In Bourlon ? 

Vraiment, oui. On a vraiment un bon moment sur scène et ça fait vraiment du bien de se poser dans un festival de cet envergure. Les derniers jours ont été un peu chaotiques pour nous, mais tout va bien. Il y a vraiment un côté « famille » qui se dégage de ce festival. On est loin de l’ambiance « club », là, au fil des morceaux, je pouvais admirer le soleil se coucher. C’était vraiment agréable… Et j’avais l’impression de ne faire qu’un avec la nature ! 

La scène de Bourlon est quand même plus petite par rapport à La Valley du Hellfest, sur laquelle vous vous êtes produits la semaine dernière…

Quelle journée ! On s’est rendu sur le site du festival, quoi, quarante minutes avant le début du concert. On s’y est produit le dimanche, en début de journée. Encore un peu, et on allait devoir annuler. Le groupe a rencontré quelques problèmes à l’Aéroport,  notre vol a été reporté au lendemain… Puis, il y a eu la route. Donc, nous sommes arrivés juste à temps pour le concert. C’était tendu, mais le public du Hellfest était totalement fou. Le reste de la journée, on s’est amusés et nous avons trainé au niveau de la fontaine de l’espace V.I.P, tu vois laquelle ? 

Oui… All Them Witches tourne constamment. Votre rythme n’est-il pas trop difficile à suivre ? 

Non, pas forcément. Car le fait d’être sur la route à longueur de journée fait partie de mes obligations, de mon métier… J’ai signé pour ça. Quand tu es musicien comme moi, la seule chose à laquelle tu aspires est de rester sur la route et d’enchaîner les concerts. Bon, je dois avouer que, par moments, c’est tendu niveau « timing ». On roule, on arrive, on décharge le matériel, on joue et on repart et à la fin, on n’a pas vraiment le temps de se poser, de se détendre. Là, ici, au Rock In Bourlon, c’était un peu différent, on a pu saluer les autres groupes et boire quelques verres. Ça fait maintenant treize ans que je tourne intensément, et je ne compte pas arrêter de sitôt. 

Je sais que le nom de All Them Witches a été emprunté au film Rosemary’s Baby, un classique du cinéma. Néanmoins, je trouve que votre musique n’a rien à voir avec le film… Quels points communs y a-t-il vraiment entre ce film et vous ? 

Peut-être que notre conception de la vie est semblable, je ne sais pas ? Peut-être que la chose la plus effrayante dans le fait de « vivre » est le fait d’être « vivant », ce qui fait la mort est inévitable. Je ne sais pas, peut-être que notre musique est le reflet de tout ça… Je ne considère pas All Them Witches comme un « horror movie band », on n’est pas trop du genre à regarder des films d’horreur au sein du groupe, mais la vie, notre vie peut s’avérer effrayante par moments. 

L’année dernière, vous avez sorti un nouvel opus, c’est A.T.W.. Je sais que vous avez rencontré quelques problèmes de line-up avant de l’enregistrer… 

Oui, en fait, nous avions un clavier avant : Allan Van Cleave, et il s’en est allé du groupe au début du mois d’août dernier. Pour l’album, on l’a remplacé par Jonathan Draper, qui nous a épaulés pour la suite des dates, notamment au Download Festival l’année dernière. Malgré tout, on a décidé de rester à trois par la suite. 

L’image contient peut-être : 7 personnes, personnes souriantes, personnes sur scène, concert et foule
All Them Witches, en concert au Rock In Bourlon

« Il n’y a plus vraiment de différences entre l’underground et le mainstream aujourd’hui. Internet a tout rendu accessible »

Pourquoi Allan s’en est-il allé ? 

Il a tout simplement décidé de vitre sa propre vie, un choix que je respecte à 100%. Tu sais, tout le monde ne souhaite pas forcément faire partie d’un groupe. Il aspirait à faire autre chose de sa vie, faire des études et il est très heureux ainsi ! 

Le style de All Them Witches a toujours été très libre. Avec ce groupe, vous revenez au Rock psychédélique des origines. Êtes-vous influencé par des groupes comme Black Sabbath ?

Non, pas forcément, je n’ai pas tellement grandi en écoutant Black Sabbath pour tout t’avouer. Quand j’étais jeune, c’était surtout les disques de The Grateful Dead, des Allman Brothers, des Pink Floyd qui tournaient en boucle à la maison. Aujourd’hui, je dois dire que j’aime quelques titres de Black Sabbath, mais je ne dirais pas forcément qu’ils m’influencent au quotidien.  

Comment vous y êtes-vous pris pour composer A.T.W. ? 

Il n’y a pas dix mille façons d’écrire au sein de All Them Witches. Le but est de rester ouvert à ce que chacun des membres à a dire. Tout est question d’expression. Aucun de nous n’écrit les morceaux dans leur intégralité : il se peut que j’amène une trame et que Ben propose des choses par la suite. On mélange nos idées de sorte à faire ressortir le meilleur et quelque chose d’intéressant. L’idée est quand même d’expérimenter. 

À partir de quel instrument composes-tu, toi qui es bassiste/chanteur au sein du groupe ? 

Une simple guitare acoustique. Gamin, j’ai commencé avec une guitare acoustique, puis ce n’est que plus tard que je me suis mis à la basse et que j’ai commencé à participer à des projets divers et variés, puis j’ai lancé All Them Witches. Je ne suis jamais vraiment senti « bassiste » en vérité, mais plutôt guitariste rythmique, ce qui est plus confortable pour moi ! 

Composez-vous sur la route ou chez vous au Tennessee ? 

Chez nous, mais quand nous sommes sur la route, il m’arrive d’écrire quelques idées sur une feuille. En fait, je crée sans cesse, pas forcément avec ma guitare, mais avec ma tête. Je suis plutôt du genre à explorer des idées dans ma tête… Vraiment, sur la route, c’est toujours très délicat, nous n’avons pas le temps d’essayer quoi que ce soit. C’est toujours le « rush ».

Est-ce que l’on peut dire d’All Them Witches qu’elle est une formation « underground » ? 

Non, je ne sais pas, je ne pense pas, non. Aujourd’hui, qui saurait capable de donner une définition fiable du mot « underground » ? Il n’y a plus vraiment de différences entre l’underground et le mainstream. Internet a tout rendu accessible, donc il me semble impossible d’être « underground » à 100%, à moins de vivre dans une grotte. 


All Them Witches, c’est :

Michael Parks : chant, basse

Ben McLeod : guitare

Robby Staebler : batterie

Discographie : 

Our Mother Electricity (2012)

Lightning At The Door (2013)

Dying Surfer Meets His Maker (2015)

Sleeping Through The War (2017)

ATW (2018)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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