Boulimiques, les Brésiliennes de Nervosa ne cessent jamais de se produire sur scène. À croire que c’est plus fort qu’elles… Quoi qu’il en soit, tournée après tournée, elles sont parvenues à se faire un nom auprès des plus grands de la scène Thrash, les amenant ainsi à s’entourer des meilleurs. Downfall Of Mindkind, leur troisième effort, est certes sorti l’année dernière via Napalm Records, mais de passage à Courtrai, dans le cadre de l’Alcatraz Festival, nous avons décidé de prendre la température pour les prochaines années qui s’annoncent déjà très mouvementées pour les trois musiciennes ! Thraaaaaash !  

Propos de Prika Amaral (Guitare & Backing-Vocals) recueillis par Axl Meu 


Nervosa est désormais habitué du sol Belge. Il y a quelques semaines, vous vous produisiez encore à Roseselare au De Verlichte Geest.

Oui, oui, nous avons pris nos marques en Belgique, chez vous. Je me souviens, notre première date en Belgique remonte à 2015, nous étions alors en tournée avec Hirax et Desolator. C’était la toute dernière date de la tournée d’ailleurs !  

Maintenant que vous avez pris vos marques en Européens, que vous connaissez en partie nos festivals. Est-ce que tu peux me dire quelles sont les grosses différents entre nos festivals et les vôtres. 

Nous avons joué, je l’accorde, un peu partout en Europe, et que dire si ce n’est que les festivals latin-americains sont totalement différents par rapport aux vôtres. Je veux dire, ici, rien que le matériel est fonctionnel et aux normes, ce qui n’est pas forcément le cas chez nous. À ma connaissance, tous les festivals Européens où nous avons été conviés ont toujours été très bien organisés, et leurs affiches sont toujours très riches, il y a du vieux, du moins vieux… Après, il faut dire que nous venons d’un pays au P.I.B. et à l’I.D.H. beaucoup plus faibles. Cela-dit, il y a quand même une scène intéressante chez nous, le Rock In Rio, et je sais même qu’il y a beaucoup d’événements au Mexique.

Oui, il me semble que la scène de Tampico est très active ! 

Exact, nous nous sommes produits là-bas il y a deux ans. Au Mexique, il y a également le Hell and Heaven Festival, une référence en termes de festival, vraiment. Et à titre personnel, j’adore me produire au Mexique. Le Mexique a sans doute le meilleur public Metal au monde ! Après, il y a étalement de bons festivals en Colombie, comme le Rock Al Parque. Mais en général, il est toujours plus difficile d’organiser des événements par chez nous, mais l’énergie déployée est toujours intense. Pour organiser un quelconque événement, les promoteurs n’y vont pas de main morte, ils donnent tout ! Tout le monde est très passionné là-bas ! 

Est-ce que tu penses que le fait le venir d’un pays en développement t’a amené à jouer ce style de musique ? 

Oui, vraiment, parce que nous vivons dans un monde où les politiciens sont vraiment corrompus. Rien ne va chez nous, donc nous refoulons une certaine colère qui se ressent dans notre musique. C’est sans doute pour cette raison que la musique de Nervosa est très nerveuse justement. Nous avons choisi le Thrash Metal, non seulement car nous adorons toutes ce style de musique, mais aussi car c’était sans doute le meilleur moyen d’exprimer notre colère. 

C’est vrai que vous n’êtes pas gâtés avec votre nouveau président, Jair Bolsonaro.

C’est la pire personne du monde, et je pèse mes mots. Vraiment, j’ai honte que mon pays ait ce président à sa tête. D’habitude, les autres, s’ils sont corrompus, ça va encore, mais lui, il n’est vraiment qu’un tas de merde. Ça me désolé vraiment de parler de lui. Il est vraiment en train de bafouer les droits de tous les brésiliens. Il est vraiment pire que Trump. 

Vraiment ? 

Oui, Trump est aussi stupide. Mais Bolsonaro a fait pire que Trump en 4 mois. J’espère vraiment qu’il ne finira pas son mandat.

J’ai appris qu’il voulait détruire une partie de l’Amazonie, pourtant considéré comme le poumon de la Terre. 

Oui, c’est vrai. Pourtant, l’Amazonie renouvèle l’air et c’est ce qui équilibre la température… 

« Rien ne va chez nous, donc nous refoulons une certaine colère qui se ressent dans notre musique. C’est sans doute pour cette raison que la musique de Nervosa est très nerveuse justement.« 

Downfall Of Mankind est incontestablement l’album de Nervosa le plus sombre, le plus agressif que vous ayez sorti à ce jour…

Depuis la formation du groupe, nous aspirons à écrire des morceaux toujours plus rapides, toujours plus violent. Mais, nous en voulons toujours plus et on a beaucoup travaillé de sorte à évoluer, et puis il y a eu le changement de line-up. Nous avons accueilli Luana Dametto à la batterie qui nous a ouverts pas mal de portes, elle qui s’y connaît vraiment en Death Metal. Elle joue mieux, plus vite… Désormais, on est moins limitées techniquement parlant ! 

Son implication a-t-elle remis en cause l’identité du groupe ? En d’autres termes, peut-on toujours dire de Nervosa qu’il est un groupe de Thrash Metal ? 

Oui, vraiment. Nervosa est un groupe de Thrash Metal à cause de ses riffs et de la tessiture vocale de Fernanda (Lira, basse-chant, ndlr). Il y a les riffs caractéristiques, la double, mais aussi un tas d’autres gimmicks liés au Thrash Metal. Après, il y a une part de nous qui est dans le Death Metal, c’est vrai, mais le son reste Nervosa reste du Thrash Metal ! 

Est-ce que tu peux revenir sur votre collaboration avec Martin Furia, votre producteur et également ingénieur-son ? 

Je l’ai rencontré dans le cadre de la tournée qu’on a faite avec Destruction, Flotsam & Jetsam et Enforcer en 2016. Il travaillait avec Destruction et Flotsam & Jetsam… On avait pris le temps d’échanger, et par la suite, on a noué des liens d’amitié. C’est vraiment quelqu’un de très talentueux qui a vraiment le sens du détail. Il n’arrête jamais ! Normalement, il aurait dû être là aujourd’hui pour faire notre son, mais il a dû rester auprès de Destruction qui est actuellement au Brutal Assault. Quand il n’est pas avec Schmier (chant-basse, Destruction, ndlr), il est avec nous.

Il a également travaillé avec Evil Invaders, des locaux ! 

Oui ! J’aime beaucoup Evil Invaders également, ils sont un côté très « Old-School » mais sont « nouveaux ». C’est une future référence « live » à mon sens. 

Avez-vous commencé à réfléchir à la suite pour Nervosa ? 

Oui, après la tournée, nous allons nous y mettre ! On ne pouvait pas trop avant, car on est vraiment archi-bookées. Nous sommes tout le temps sur la route, et lorsque nous sommes au Brésil, nous pouvons pas toujours nous voir. En fait, Luana, notre batteuse, habite à deux heures d’avion de chez moi, tu sais, le Brésil est vraiment un immense pays, donc parfois, il est parfois tout simplement impossible pour nous de nous réunir dans une même pièce… Toutefois, le groupe fait de son mieux pour se réunir le plus souvent possible. Nous prévoyons de sortir un album pour fin 2020 ou début 2021. 

Il sortira chez Napalm Records, j’imagine.

Oui ! 

C’était bien un contrat de trois albums, non ? 

Oui, nous avions au départ signé pour trois albums, mais il nous ont expliqué que l’on pourrait faire une prolongation. Ce qui nous convient, tu t’en doutes !

« Dernièrement, j’ai été épatée par le retour de Destruction. Born To Perish est totalement fou. Depuis qu’ils sont à quatre, le groupe dégage une énergie monstre !« 

Pour moi, Nervosa, c’est un peu la version brésilienne de Sodom. D’ailleurs, le groupe se produit aujourd’hui à l’Alcatraz…

Et compte sur moi pour y être ! Néanmoins, je dirais qu’on est aussi bien influencées par le Thrash Metal « teuton », que par le Thrash Metal Brésilien et Américain. J’adore le son de la Bay-Area. Sodom, Kreator Sodom sont des groupes phares que j’admire énormément. Ce sont des sources d’inspiration capitales pour moi, je continue d’écouter leurs classiques. Dernièrement, j’ai été épatée par le retour de Destruction. Born To Perish est totalement fou. Depuis qu’ils sont à quatre, le groupe dégage une énergie monstre !

Sodom est désormais un groupe à quatre membres. Est-il envisageable que vous engagiez une deuxième guitariste ?

Pour le futur, pourquoi pas ! Je reste ouverte à toute proposition, on verra comment les choses évoluent au fur et à mesure ! 

Aujourd’hui, Nervosa est une machine à concert. Bien que vous soyez désormais habituées aux grosses scènes, vous continuez de fréquenter le petit club quand même.

Nous sommes un groupe et nous vivons de notre musique. S’il n’y a pas de rentrées d’argent, on est bonnes pour la casse. À côté, on tient toutefois à continuer à se produire dans les clubs, dans des cadres où nous pouvons aller à la rencontre de nos fans, discuter avec eux… Cela-dit, j’adore quand même me produire sur de plus gros festivals car les affiches sont souvent intéressants et que je peux assister à quelques concerts quand j’ai le temps, mais je préfère les clubs. C’est beaucoup moins de stress, et niveau proximité, il n’y a pas mieux !

Nervosa ne s’est, à ma connaissance, jamais produit au Hellfest… 

Non, pas encore. Je connais le festival de réputation, c’est un festival très connu, mais on ne nous a encore jamais proposées de nous y produire. Peut-être l’année prochaine, qui sait ? Faites que ça se fasse s’il vous plaît ! En fait, c’est simple, nous voulons nous produire partout : dans les grands et petits festivals ! (Rires) En Belgique, il y a également le Graspop Metal Meeting, je sais qu’il est encore plus gros que l’Alcatraz

La scène Thrash Metal se porte particulièrement bien ces dernières années. Il y a comme un « revival » qui a redonné au Thrash ses lettres de noblesse. Il y a notamment Crisix avec qui vous avez fait vos premiers pas en France.

J’adore Crisix… Et je pense que la nouvelle scène Thrash Metal devient très importante, et il est de notre devoir de la renouveler tout en respectant ceux qui nous ont précédés. J’aime beaucoup Havok également ! 

As-tu néanmoins écouté le nouveau morceau de Lost Society, « No Absolution »… Ils ont pris un virage très Metalcore. 

Oh ? Je n’ai pas écouté leur nouveau morceau, mais c’est étrange venant d’eux, je te l’accorde. Peut-être qu’ils ont pris cette direction, car ça marche mieux aux États-Unis et qu’ils veulent approcher un nouveau public ? 

Donc, on peut dire que Nervosa n’évoluera pas dans la scène Metalcore par la suite ? 

Non, désolée ! (Rires) Je reste très classique dans mes goûts ! Je n’ai aucun problème avec le Metalcore, mais vraiment, ce n’est pas du tout ma tasse de thé ! (Rires)


Nervosa, c’est : 

Fernanda Lira : Chant & Basse

Prika Amaral : Guitare & Backing-Vocals

Luana Dametto : Batterie

Discographie : 

Victim Of Yourself (2014)

Agony (2016)

Downfall Of Mankind (2018)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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