L’image contient peut-être : nuit et texte

Première journée « officielle » du Motocultor et « un adieu » provisoire aux sonorités celtiques qui auront parfois divisé… Et comme il est bon de retrouver les univers métalliques que nous chérissons tant au sein de la rédaction : Stoner, Black Metal, Trash… Retour en texte et en images sur cette journée marquée en partie, comme l’ensemble du week-end par les intempéries…

Par Axl Meu et Hyass.
Photos Cédric Cambien.


VENDREDI 16 AOÛT 

(Axl) Après une performance bien accueillie sur le camping, les Bordelais de Mars Red Sky remettent le couvert sur la DaveMustage… Et quoi de mieux qu’un Sludge en mode décontracté pour se remettre des abus de la veille ? Car si la recette n’a guère évolué, leur musique n’a jamais autant fait écho. Des riffs lourds, mis en rythme par des coups de batterie effroyable : Mars Red Sky joue la carte de la modestie, ne soigne pas trop son image scénique, mais est particulièrement attractif. En atteste l’humeur bon enfant de son bassiste, Jimmy Kinast, qui se plaira de temps à autres à prendre la parole pour nous faire profiter de son sens de l’humour bien à lui. Une belle performance ! 

Mars Red Sky

(Hyass) Un groupe de Sludge en chasse un autre. C’est au tour de Oaks Crown de prendre le relais sur la Massey Ferguscene. Le trio de Vannes est encore un jeune groupe (2005), mais il défend sans faillir son bout de terrain. Bien sûr, jouer après Mars Red Sky n’est pas mince affaire, et le jeu de la comparaison aurait tendance à les desservir, mais la fraîcheur du groupe contraste plutôt bien avec la lourdeur Stoner que le groupe distille dans ses titres. La découverte n’est donc pas du tout désagréable et le set remplit parfaitement son rôle de carte de visite.

(A) Première escapade aux abords de la Supositor Stage, là où les groupes de « durs à cuir » joueront principalement. Et le premier d’entre eux est Extermination Dismemberment – le type de groupe qui s’est offert un logo indéchiffrable – quoi qu’il en soit, son style est facile à reconnaître : il s’agit ni plus ni moins d’un bon Slamming Death Metal des familles, interprété par un frontman qui sait y faire dans l’art d’imiter le bruit de la chasse d’eau avec sa gorge. Ça « groove », oui, mais ça bute  aussi ! Une vraie performance qui aura trouvé preneurs au Motocultor. 

Extermination Dismemberment

(A) Mustach, c’était la « non-pause » certifiée 100% Rock’n’Roll de la journée. On passera sur les jeux de mots dont sont sans doute victimes les protagonistes du groupe… Ils ont la pêche, et le concert – entrecoupé par quelques gorgées de Jack Daniel’s – est assez bien performé dans l’ensemble. Mustach se veut fédérateur… mais Mustach est loin de nous faire dresser les poils en cet fin d’après-midi. 

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Mustach

(H) C’est au tour d’Au-Dessus d’ouvrir le bal des groupes de Black Metal dont la programmation du Motocultor regorgera durant ces trois jours. Après avoir foulé la scène du Brutal Assault, les Lithuaniens visitent donc leurs fans français sur la Massey Ferguscène et leur proposent comme à l’accoutumé de traverser le Styx sur la barque de Charon. Comprenez par là, que contre une maigre obole, c’est la descente aux Enfers assurée. Toujours encapuchonné de noir, le quatuor mené au chant (et à la basse) par Mantas séduit. Un show sobre et efficace qui nous fait attendre avec impatience la suite de End Of Chapter, son premier album sorti en 2017.

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Au-Dessus

(H) Il est presque 16h, et c’est l’heure pour les Lyonnais de Not Scientists d’investir la scène principale. Malheureusement, les 40 minutes allouées au groupe se transforment vite en « heure de la sieste ». Ce n’est pas que la formation démérite – son Punk Indie est plutôt ciselé – mais programmé entre un Au-Dessus et un Iron Reagan la mayonnaise ne prend pas. Ce sera donc pour beaucoup l’occasion de faire un tour sous le chapiteau de merchandising ou d’aller chercher ce pull supplémentaire dans la voiture pour affronter le reste de la soirée.

(A) Après Municipal Waste l’année dernière, c’est Iron Reagan qui est convié cette fois à la fête par le Motocultor. Iron Reagan, c’est une sorte de super band réunissant des gars de Municipal Waste, Cannabis Corpse et autres. Tony Foresta se sent particulièrement à son aise, expédie les morceaux sur un rythme galopant et nous fait tout simplement mordre la poussière… C’est qu’il se passe vraiment beaucoup de choses dans le pit : circle pits, slams… Preuve que l’on ne peut pas apprécier un gig des Américains sans être à 100% impliqué dedans ! 

Iron Reagan

(H) Pendant qu’Iron Reagan retourne la Supositor Stage, les Grecs de 1000mods entament leur set sur la Massey Ferguscene… « Encore du Stoner Psychédélique ? » me direz-vous… Hé bien oui, preuve est faite que le genre a toujours de beaux jours devant lui. Le quatuor qui cite Black Sabbath ou Kyuss parmi ses influences propose des titres issus de ses déjà 3 albums, dont le dernier en date Repeated Exposure To… (2016). La scénographie est minimaliste, mais l’énergie bien présente. Un bon moment sans prises de tête, parfait pour attaquer la seconde partie de cette journée.

(A) Retour de Death Angel en France après sa prestation « éclair » au Hellfest… Et une question : comment se fait-il qu’une formation de cette envergure joue si tôt ? Et pourtant… Death Angel livre un concert remarquable, plein d’énergie, mettant au tapis tous ceux qui s’étaient déjà bien amusés pendant Iron Reagan… Mark Oseguada, en véritable père fait l’éloge de la famille Metal, bouteille d’alcool fort à la main, et inclut au set quelques titres du nouvel album : Humanicide. Un set qui revient sur l’ensemble de la carrière des gars de la Bay Area (« Thrown To The Wolves , « The Moth »). A titre personnel, ce fut ma deuxième torgnole de ce festival, même si le son était franchement limite (souci réglé en cours de route néanmoins).

Death Angel

(H) Tribulation ou Ange ? Cette fois-ci la rédaction ne se séparera pas en deux, car une vraie attente nous tenaille. Rendez-vous donc devant la Supositor Stage pour le set des Suédois. Depuis 2004, le quatuor allie Heavy Metal et esthétique Black, tout en proposant une expérience proche du pantomime. Il se passe beaucoup de choses sur scène assurément : entre des titres forts parfaitement exécutés, des musiciens qui incarnent leur personnage avec entièreté, des costumes recherchés qui n’ont rien de carnavalesque, il reste encore de la place pour un véritable ballet gestuel qui donne un supplément d’âme à leur interprétation. Une immersion totale dans un univers sombre qui nous aura semblé bien trop court. On en redemande !

Tribulation

(A) On revient aux classiques, aux groupes qui, par leur rigueur n’ont plus rien à prouver : Soilwork, dont on avait fait les éloges à la sortie de Verkligheten, est enfin de retour au Motocultor… Mais quand bien même les morceaux sont foutrement bien exécutés, il ne se passe trop rien sur scène : la scénographie se résume juste à cinq mecs, sans doute encore passionnés, qui jouent de la bonne musique ensemble. Bref, le concert type des festivals. On attendra dès lors de Björn Strid qu’il nous offre une prestation bien plus poignante avec The Night Flight Orchestra, le lendemain… ce qui sera le cas ! 

Soilwork

(A) Beaucoup auront préféré se retrouver devant les Punks de The Casualties, mais la foule était quand même au rendez-vous pour les Allemands de Kadavar – même si, avouons-le, la fatigue commence à pointer le bout de son nez. Alors, Kadavar, c’est simple : pas de mode d’emploi particulier pour apprécier. Posé sur un carré d’herbe ou aux barrières, libre à vous de choisir ! Beaucoup ont apprécié à leur juste valeur les sonorités très 70’s que les Berlinois ont expulsées de leurs instruments. Sans fioritures, du Rock mou, mais avec une vraie âme, et avec des gars qui ne font pas semblant de jouer.

Kadavar

(H) Après Tribulation, place à une autre de mes grosses attentes : le concert de Gaahls Wyrd ! Le ciel avait commencé depuis quelques heures a bien s’assombrir, mais le déluge s’est réellement abattu pendant le set de l’ex-Gorgoroth, rendant la prestation encore plus épique. Dès son arrivée sur la Supositor Stage, Gaahl donne le ton en occupant le front de scène et en laissant ses musiciens se débrouiller derrière. Arpentant de gauche à droite la scène comme un fauve tranquille, il délivre donc les titres de leur 1er album GastiR – Ghosts Invited. Et puis, patatra, le ciel se déchire. Les équipements électriques prennent cher. Le staff en coulisse se démène pour tout protéger et de longues minutes s’égrainent. Le public est trempé jusqu’à l’os mais reste, car il est comme hypnotisé par le leader du groupe qui, sans un regard en arrière, reste immobile sous cette pluie torrentielle. Le quart d’heure passe, on vient lui murmurer que la fête est finie, et sans un mot, avec uniquement un geste de la main, Gaahl quitte alors la scène. Alors oui, il n’est plus seulement question de musique ici mais d’incarnation, de charisme et d’intimité, car malgré ce show écourté, c’est avec un plaisir certain que nous sommes restés sous la pluie en sa compagnie.

Gaahls Wyrd

Il pleut beaucoup ! De mon côté, je me rue vers la Massey Ferguscene pour assister à la dernière partie du concert de Magma, qui continue de rallier à sa cause de nombreux fans de musique extrême. C’est blindé. Alors, Magma, c’est le monstre Prog’ à la française, le projet de l’emblématique Christian Vander (batterie), l’homme ayant mis au point sa propre langue, le Zeuhl… Et difficile de rester de marbre devant l’interprétation mystique et millimétrée que nous livre cette formation, alors sur la célébration de son 50è anniversaire. Aussi bien envoûtantes que techniques, les pistes alambiquées dont on croirait qu’elles sont d’un autre monde, emportent les partisans bien loin des sentiers boueux du Motocultor, parvenant même à nous faire oublier qu’il pleut. Néanmoins, ce voyage – et question de goût oblige – n’est certes pas accessible de tous. Force est de constater qu’une fois les codes de leur musique déchiffrée, c’est tout un monde qui s’ouvre à nous, et Magma nous la bien prouver ce soir ! Une claque ! 

(H) Jouera ? Jouera pas ? Watain est prévu sur la Supositor Stage, mais la séance écourtée de Gaahls Wyrd nous fait craindre le pire. Pourtant, bravant les intempéries, les équipes installent coûte que coûte le lourd decorum du groupe. Puis c’est le temps des tests pyrotechniques : une prestation de Watain sans feu serait comme une messe sans ses cierges ! Tout fonctionne ! Avec un léger retard sur l’horaire, la bande à Erik Danielsson prend d’assaut le public du Motocultor, très nombreux dans cette clairière humide. Et le rituel opère sans aucune difficulté : les forces du Mal sont convoquées, l’odeur de la mort et de la chair en putréfaction nous monte aux narines, quant ce n’est pas tout simplement un calice remplit de sang que nous recevons au visage… Un show classique donc, sans heurts, mais qui aura vu sa valeur augmentée grâce aux conditions climatiques ajoutant un surplus mystique certain.

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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