Dawn Of Disease a beau avoir cinq albums à son compteur et faire partie du catalogue de Napalm Records, ses apparitions scéniques restent inexistantes en France. En effet, il aura fallu attendre cet été pour que les Allemands se produisent chez nous dans le cadre d’une seule et unique date… Et quelle date ! Le Hellfest, sous la Altar, le samedi 22 juin. À l’aube de la sortie du cinquième album de Dawn Of Disease, Procession Of Ghosts, Lukas K., l’un de ses guitaristes et compositeurs du groupe, a bien voulu tailler le bout de gras avec nous !

Propos de Lucas K. (guitare) recueillis par Axl Meu


Dawn Of Disease est une formation allemande qui fait dans le Death Metal mélodique… Ce n’est pas très courant ! 

Oui ! Nous sommes principalement influencés par tous ces groupes qui viennent du nord de l’Europe, comme la Finlande et la Suède. Dans ces pays, le Death Metal est légion ! Des groupes plus extrêmes y sévissent, notamment Dismember, Vomitory et Entombed, mais il y a aussi des groupes qui sont bien plus atmosphériques et mélodiques à l’image d’Insomnium et Dark Tranquillity… Tous ces groupes nous inspirent, c’est vrai, mais je ne saurais trop te dire pourquoi nous jouons de ce style-là. Le côté mélodique de notre musique a surtout fait surface sur nos deux derniers albums… Par le passé, on évoluait dans un Death Metal plus classique…

Vous sentez-vous proches de la scène de Göteborg ? 

Oui, quand même. J’aime beaucoup la scène de Stockholm, mais il y a quand même de très bons groupes à Göteborg, comme In Flames. Nous nous y sentons proches, mais pas au point de dire que nous appartenons à cette scène. On habite en Allemagne et la Suède, ce n’est pas la porte à côté !

Revenons sur votre nouvel album, Procession Of Ghosts. Comment perçois-tu cet album ?

Quand on regarde derrière nous, Procession Of Ghosts est différent de tout ce que l’on a pu offrir par le passé. Au cours de notre histoire, nous avons travaillé avec différents producteurs de sorte à développer notre son, notre identité… Et je trouve que pour cet album, nous sommes parvenus à saisir le son et la production auxquels on a toujours aspiré au sein du groupe. C’est sans doute grâce à l’apport de Jens Bogren du Fascination Street Studios… Il a déjà travaillé de gros noms de la scène Metal actuelle, comme Amon Amarth, Arch Enemy, et même Bloodbath, et est à l’origine d’un paquet d’albums géniaux ! Tu n’imagines pas à quel point on est heureux d’avoir pu collaborer avec lui pour la construction d’un album qui s’annonçait épique et mélodique. 

Pour Procession Of Ghosts, on sent que vous avez travaillé davantage sur les atmosphères… C’est Jens Bogren et Linus Corneliusson qui ont travaillé cet aspect-là ? 

Oui, ces deux producteurs ont participé à la construction de ces atmosphères en travaillant autrement sur les nappes de clavier qui ont, indéniablement, transformé ces morceaux. En tout cas, ces deux producteurs ont su rendre la production de Procession Of Ghosts très claire. À titre personnel, j’ai l’impression que tous les instruments – même le chant – ont leur propre place dans la production. Comme si tout se fondait dans un ensemble commun ! Ce n’est jamais trop dense, et on a l’impression d’écouter qu’une seule piste, alors que ce n’est pas le cas !

« Aujourd’hui, Dawn Of Disease aspire à développer différentes facettes de sa personnalité en composant des chansons qui sonnent différemment les unes des autres »

Il y a un côté très Rock’n’Roll, très « Old School » dans la manière de sonner de « Shrine ». Selon toi, est-ce le morceau qui sort le plus de l’univers du groupe ?

Oui, c’est vrai. Il est clairement différent des autres… Rien qu’au début, il y a des parties que tu peux retrouver un morceau de Punk traditionnel (rires). C’est un peu « Old School », oui, je te l’accorde… Mais je trouve que ce morceau se fond bien dans l’imagerie du groupe, car s’il sonne « Rock’n’Roll » comme tu dis, il n’en reste pas moins mélodique ! On a également choisi de le mettre en images. Car c’était aussi une façon pour nous de montrer à nos fans et à tous ceux qui nous découvre qu’on ne pouvait pas seulement réduire le style du groupe au seul « Death Metal Mélodique ». Aujourd’hui, Dawn Of Disease aspire à développer différentes facettes de sa personnalité en composant des chansons qui sonnent différemment les unes des autres. 

La style de Dawn Of Disease a toujours considéré évolué au fil des années, et est voué à évoluer davantage au fil des années. Est-ce que tu aurais déjà une idée de la manière dont vous pourriez sonner à l’avenir ?

C’est toujours assez difficile de savoir à l’avance comment le groupe sonnera. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que Dawn Of Disease donnera le meilleur de lui-même et qu’il aspire toujours autant à monter un cran au-dessus, et ce, à chaque sortie d’album. À l’époque de notre premier opus, on le trouvait déjà très bon, et on était déjà très fiers de tout le chemin qu’on avait parcouru. C’est encore le cas aujourd’hui. Néanmoins, il est toujours difficile d’anticiper quoi que ce soit… Sans doute que je serai une nouvelle fois étonné par la direction que l’on prendra sur le prochain album. On verra ça dans un ou deux ans… Peut-être que l’on reverra et exploitera nos idées d’une autre façon…

En tout cas, nous voulons éviter à tout prix de nous répéter et faire l’effet d’un quelconque Motörhead ou Iron Maiden, groupes, qui, malgré le respect que je leur dois, avaient et ont tendance à se répéter. Dawn Of Disease, c’est l’inverse ; on est sans cesse dans l’expérimentation… Et comme je t’ai dit, cette fois-ci, on a travaillé avec Jens Bogren, la dernière fois, c’était avec Dan Swäno, l’avant-dernière fois, c’était avec V. Santura (Triptykon, Dark Fortress)… À nous de continuer et de nous entourer de nouvelles personnes de sorte à développer notre univers. Donc, pour l’heure, je ne pourrai te dire comment le prochain album sonnera ! Dawn Of Disease est une aventure à elle seule, et nul ne sait encore où celle-ci nous mènera… 

« Dawn Of Disease est une aventure à elle seule, et nul ne sait encore où celle-ci nous mènera… » 

Vous prévoyez déjà de publier un nouvel album dans un an, voire deux ans… Ça peut surprendre quand même. Vous êtes quand même très productifs ! Comment expliquez-vous cela ? 

La motivation ? Nous avons toujours eu des retours très positifs venant de la presse spécialisée et de nos fans. C’est vraiment ce qui nous fait tenir ! Aussi, nous adorons donner des représentations scéniques, et nous avons eu la chance de saisir de sacrées opportunités ici, chez nous, en Allemagne où nous nous sommes produits dans certains des plus gros festivals comme le Wacken Open Air et le SummerBreeze. Nous nous sommes également produits chez vous, en France, cet été dans le cadre du Hellfest. C’était tout simplement génial. Ce sont toutes ces dates qui m’encouragent ! Nous n’aurions jamais eu toutes ces opportunités de concert si nous avions attendu quatre ou cinq ans avant de sortir un nouvel album… Tout va si vite aujourd’hui que – si tu ne sors pas d’albums dans un rythme régulier – il y a de fortes chances que l’on ne se souvienne plus de toi… Enfin, quand tu t’appelles Dawn Of Disease. Pour une formation comme Amon Amarth, c’est encore différent. Aujourd’hui, eux peuvent se permettre de prendre une pause pour mieux rebondir par la suite. En tout cas, pour l’heure, il nous faut rester productifs, créatifs et actifs sur les réseaux sociaux et se montrer toujours plus enthousiastes à l’idée de présenter notre musique ! 

Plus tôt, tu as mentionné le show du Hellfest qui était, comme tu disais, votre tout premier en France. Comment expliques-tu que vous n’aviez jamais donné de concert en France auparavant ? 

C’était amusant, car, oui, après quatre albums, nous nous étions encore jamais produits en France… Et dès qu’on nous a proposé, c’était directement au Hellfest, sans être passés par la case « club » et « tournée français ». Mais hélas, pour le moment, il n’y a encore aucun plan pour que l’on s’y produise à nouveau à l’avenir. Peut-être que tout se jouera par la suite ? En tout cas, on espère se produire plus régulièrement en France, pas forcément dans le cadre de gros festivals comme le Hellfest, mais plutôt dans les petits clubs, comme nous le faisons régulièrement en Allemagne. Nous gardons un souvenir dingue de cette date au Hellfest… On était programmé à quelle heure ? 10 heures ? 11 heures ? Et il y avait déjà un paquet de festivaliers sous la tente à attendre notre concert ! Et aussi, j’ose espérer qu’il y a des Français qui nous ont découverts et qui aiment notre musique depuis !

Jusqu’à présent, quel a été le rôle de Napalm Records dans l’évolution du groupe ? 

Comme tout le monde le sait, Napalm Records est un très gros label qui doit s’occuper d’un tas de groupes… Mais j’ose croire que nous avons réussi à tirer notre épingle du jeu parmi leur roster. Il faut dire que les groupes de Death Metal n’y sont pas très nombreux ! Il y a Unleashed dans le Death/Black, il y a également Legion Of The Damned dans le Thrash/Death… N’ayant pas beaucoup de groupes de Death dans leur catalogue, Napalm Records peut alors les mettre en avant de manière efficace, sans qu’ils soient noyés dans la masse ! En tout cas, le label nous aide à évoluer au bon rythme, et nous leur en serons toujours reconnaissants pour tout ce qu’il a pu faire pour nous ! 


Dawn Of Disease, c’est : 

Tomasz W. : Chant

Olli K. : Guitare

Lukas K. : Guitare

Christian W. : Basse

Mathias B. : Batterie

Discographie : 

Legends Of Brutality (2011)

Crypts Of The Unrotten (2012)

Worship The Grave (2016)

Ascension Gate (2017)

Procession Of Ghosts (2019)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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