Voilà un rendez-vous que la rédaction ne manquerait pour rien au monde : celle de la finale du tremplin Play’N’Rec dont la vocation première est de catapulter une formation de moindre envergure sur la prestigieuse scène du BetiZFest… Et quelle scène ! Alors, on est loin du lancement des festivités, mais il ne nous a rien coûté de nous projeter et d’imaginer ce à quoi pourrait ressembler la prochaine édition du premier « vrai » festival de l’année en cette soirée bien animée au Garage Café où concourraient les trois derniers finalistes du tremplin : des locaux de S.M.B.U., d’AutoThune, jusqu’au moins locaux de Forsaken Crown (BE), épaulées par une petite tête affiche, les Drakkar, eux aussi de Belgique, hors-compétition.

Par Axl Meu


Organisation minutieuse oblige – et, ce, malgré l’absence des gars de Forsaken Crown – c’est à 20h30 pétantes que S.M.B.U. amorce les hostilités avec une musique que l’on peut qualifier de Metal « électro ». Alors bien déterminés à nous émoustiller, les Nordistes abordent des sujets légers tels que les pratiques sadomasochistes et autres, sur fond de riffs hachés, un peu « à la manière » des gros noms de la Neue Deutsch Härte. Il faut que dire que l’ensemble mélange à la fois musique électronique bon enfant et le gros « metal ». Dommage cependant que l’ensemble soit un poil trop lisse et qu’il manque assurément de relief. Car ces trois musiciens ont le « groove » dans la peau. Donc, à l’avenir, peut-être faudrait-il songer à intégrer un bassiste de sorte à gagner en lourdeur ? En tout cas, Smack My Beat Up – en ouvrant la soirée de la sorte et en multipliant les dédicaces et clins d’œil honnêtes – nous laisse sur une bonne impression. 

Encore inconnu d’une frange de la rédaction d’Heretik Magazine il y a quelques semaines, il nous a fallu consulter une première fois l’univers d’AutoThune – inscrit au tremplin malgré lui – pour saisir l’intérêt leur univers, largement plébiscité ce soir. Il faut dire que le concept  – sans nous faire sauter au plafond – mérite que l’on s’y attarde… Il s’agit là de ré-arranger des standards de la musique, de les combiner jusqu’à obtenir des mélanges improbables le tout sur fond de comédie burlesque (chacun des musiciens – déguisés – a un rôle particulier à jouer). Alors, AutoThune – qui n’a que trente minutes pour faire ses preuves – parvient quand même à tirer son épingle du jeu en distillant un peu partout dans le Garage Café une ambiance carnavalesque tellement conforme à celle du BetiZFest. Jamais trop loin d’un « Marcel Et Son Orchestre ‘’like’’ », les prises de parole, bourrées d’ironie, sont archi-bien pensées, hilarantes, et introduisent comme il se doit des pistes qui associent à la fois Nirvana et Dave, Abba et Black Sabbath, Johnny Hallyday et le classique « À la queue Leu Leu » (pour « Allumer Le Feu Leu Leu »). Aucune bavure aucune, il n’en fallait pas moins pour émerveiller les spectateurs et les encourager à lancer une mémorable chenille des familles dans le petit bar. Bref, autant vous dire que – expert dans l’art de divertir et d’amuser – AutoThune a marqué beaucoup de points même auprès des plus réfractaires. 

Au tour de Forsaken Crown qui aura cumulé bien des mésaventures en ce jour : un train qui leur fait faux-bond, du retard, des balances capricieuses et une interruption en plein concert causée par des tracas de son, encore une fois. Bref, beaucoup auraient jeté l’éponge à leur place. Mais non, pas eux. Loin de se démonter, les Belges nous imposent un retour forcé aux sonorités « Metal » sérieuses : un Deathcore de franche bonne qualité, très lourd, mené par un hurleur charismatique, tellement imposant qu’il finit même par faire de l’ombre à ses camarades. Alors, c’est vrai, la prestation est un poil décevante, mais elle est loin d’être honteuse. C’était juste un mauvais jour pour cette formation Belge – sans doute anxieuse – qui aura cependant gagné en visibilité en cette soirée pluvieuse… 

Hors compétition et déjà bien connu du public nordiste, Drakkar a laissé le temps au jury de délibérer avec un Metal qui revient aux origines du genre, celui qui rappelle les frasques de la N.W.O.B.H.M…. Malheureusement, et c’était prévisible, le style apparaît comme dépassé ce soir… Mais on ne peut que respecter des gars qui n’aspirent qu’à une seule chose : partager la passion qu’ils ont pour le Heavy Metal, et ce, en se rendant à maintes reprises (un peu trop d’ailleurs, non ?) dans l’espace réservé au public et en reprenant un gros moment (« We’re Not Gonna Take It » de Twisted Sister). Bref, parfois bancale, la prestation fleuve de Drakkar a tout de fois eu le mérite de tenir le public en haleine et de lui laisser le temps de faire ses jeux : « Mais qui va remporter ce fameux tremplin ? »

Finalement, après moult concertations et un vote collégial, le jury s’en est résolu à l’idée d’octroyer la victoire à AutoThune qui, on l’espère, s’en tirera aussi bien en avril que ce soir ! 

L’image contient peut-être : 5 personnes, personnes souriantes, texte

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.