Bien qu’ayant déjà flirté à plusieurs reprises avec la gloire et le succès chez lui, en Belgique, les cinq de King Hiss n’ont aucunement envie de renier à leurs principes de base. Toujours plus partisants du « fais-le-toi-même » et s’appuyant toujours plus sur les talents locaux de la Flandre Occidentale, ils nous délivrent en ce mois de novembre ce Earthquaker qui, comme tout bon tremblement de terre qui se respecte, saura faire parler de lui… 

Propos recueillis par Axl Meu


Quelles sont les différences entre Mastosaurus et Earthquaker ? 

Mastosaurus était un album sombre, épique, qui portait en lui une grosse charge émotionnelle. À l’époque, nous étions en train de traverser des épisodes assez particuliers dans nos vies respectives, et d’une façon, tout cela s’était retrouvé dans notre musique. On croit énormément en cet album, mais d’un autre côté, on peut concevoir que cet album était difficile à digérer. À l’inverse, Earthquaker est plus agressif, et ne laisse aucun répit à tous ceux qui nous écoutent. Nous avons également fait évoluer le style de l’album ; le nouvel album est bien plus varié ; on fait à la fois dans le Sludge, dans le Thrash, dans le Stoner et même dans le Grunge. Sans doute que cette diversité nous aidera à élargir notre fan-base. 

Cette fois-ci, vous vous êtes entourés de Stef Exelmens pour la production. Est-ce que vous pouvez m’en parler ? 

Oui. Il n’a pas été le seul à nous accompagner. Sur le plan de la production, Brent Vanneste nous a donné un sacré coup de pouce, il a nous aidés à franchir un nouveau cap et a clairement bonifié nos morceaux. Travailler avec lui, c’était à la fois très intense, mais aussi très agréable. Pour le mixage et le mastering – le côté plus « technique » de l’album, on a décidé de travailler avec Stef, oui… Pour son jeune âge, il a beaucoup de talent à revendre ! C’est grâce à son travail avec Bear que nous l’avons découvert. Il se trouve qu’il a également mixé le nouvel album de Fleddy Melculy, et quand nous avons écouté des extraits de l’album, nous avons vite été sur le cul ! King Hiss a toujours mis un point d’honneur à ne s’entourer que de talents locaux… C’est pour cette raison que Earthquaker a été enregistré, produit, mixé et masterisé en Belgique, par des professionnels de la musique Belge. 

Quels risques avez-vous pris pour ce nouvel album ? 

Aucun compromis ! Sur le plan purement « créatif », Earthquaker est le meilleur album que nous n’ayons jamais sorti. Je dirais que le plus gros risque a été, et ce, une nouvelle fois, de sortir l’album par nous-mêmes, sans l’aide d’un quelconque label. Nous continuons à faire les choses par nous-mêmes, et ça ne nous empêche pas de rencontrer du succès auprès de nos pairs et autres. Aujourd’hui, aucune maison de disque n’est venue toquer à notre porte pour nous signer, et nous ne forçons pas la main non plus. Désormais, un groupe peut très bien évoluer sans pour autant bénéficier de l’apport d’un quelconque label. Le plus important est de ne s’entourer que de bonnes personnes et d’avoir un réseau solide. Et il semblerait que nous avons toujours eu de la chance : King Hiss a toujours été là où il fallait être au bon moment. C’est difficile certes, mais il semblerait que nous nous en sortions plutôt bien ! 

Depuis vos débuts, vous n’avez jamais connu un quelconque changement de line-up. Comment vous êtes-vous évolué, notamment le plan de la composition ? 

À l’époque, nous composions nos morceaux très rapidement, de manière très instinctive, durant les sessions de répétition… Désormais, nous prenons plus de temps à écrire nos morceaux, couche après couche. Remarque qui compte pour beaucoup, si tu veux t’améliorer… Il faut travailler dur à la maison et ne jamais attendre que les choses se fassent à ta place. On pense sincèrement que cet album nous montre sous un jour plus audacieux et plus ambitieux ! Et oui, aucun changement de line-up n’est venu basculer, bousculer le groupe, que nous voyons tous comme un mariage. Je pense que c’est surtout lié au fait que nous nous sommes permis quelques infidélités ici et là… (rires)

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« Nous continuons à faire les choses par nous-mêmes, et ça ne nous empêche pas de rencontrer du succès auprès de nos pairs et autres »

Quelle est l’histoire de la chanson GTWHR, qui figure sur le nouvel album ? Est-ce un clin d’oeil au groupe Goatwhore…

Joost : J’écoutais Goatsnake en fait, je connais Goatwhore, mais pas au point de dire qu’ils m’ont influencé. On s’est appuyé sur les paroles de Jan pour ce titre…

Jason : Je pense que Jan voulait faire allusion à la controverse qu’il y a eu autour du « hashtag » « Me Too », et du rôle de la femme dans la société occidentale aujourd’hui, mais c’est également un véritable témoignage de leur force et de leur ténacité à réclamer leurs droits. 

Il y a quand même une référence plus précise dans ce nouvel album, ce fameux hommage rendu à Lemmy Kilmister de Motörhead dans le morceau « Kilmister »… Pourquoi avez-vous décidé de lui rendre hommage presque trois ans après sa disparition ? 

Joost : Eh bien, j’étais en train de lire sa biographie, White Line Fever en écoutant l’album Overkill, puis j’ai pris ma guitare et cette idée de morceau m’est venue de façon quasi-instantanée. C’est comme si j’avais été guidé par l’une des plus grandes icônes du Rock’n’Roll. « Kilmister » est tout simplement le titre qu’il fallait donner à cette chanson.

Aujourd’hui, King Hiss est principalement connu dans les pays néerlandophones. Quel est votre plan aujourd’hui pour conquérir le plus d’espace, notamment en France ? 

C’est vraiment que l’on se produit beaucoup en Belgique et en Hollande, mais il nous est quand même arrivé de nous produire en France et en Allemagne, mais pas assez à mon goût ! Depuis peu, nous travaillons avec SOZ Concerts, et nous espérons que cette boite engagera de nouvelles tournée, donc plus de dates un peu partout en Europe ! Si des organisateurs nous lisent… ! 

Vous avez quand même un paquet de belles dates à votre actif, notamment celle à l’Alcatraz Festival en 2017 ! 

C’était très cool, oui ! On s’était produit sous la Swamp. Ce festival se déroule tous les ans à Courtrai, là où va fêter la sortie de l’album au De Kreun (le 1ernovembre, entrevue passée en octobre 2019, ndlr). Ce n’était pas forcément gagné d’avance pour nous, puisque nous étions programmés à 11 heures du matin ! En tout cas, nous adorons ce festival, nous respectons les gars qui se démènent tous les ans pour qu’il ait lieu… 

La scène « Metal » flamande me semble être en très bonne forme en ce moment. Il y a Evil Invaders, Carnation, vous… 

C’est amusant, car les gens n’arrêtent pas de nous associer à tous ces groupes de Metal alors que nous n’en avons ni la dégaine, ni le son. Nous tirons tout simplement quelques influences ici et là, mais jamais trop. En tout cas, Kiss Hiss est voué à rester lié à cette scène, ce qui ne nous dérange pas, bien au contraire. C’est toujours un plaisir que de partager la scène avec ces groupes, comme ce fut le cas en 2017 avec Evil Invaders et Channel Zero. Evil Invaders est sans conteste l’un des meilleurs groupes de Speed Metal actuel ! Je connais et apprécie également Carnation pour qui tout sembler aller comme sur des roulettes ! Ils sont même allés se produire au Japon tout dernièrement ! 


King Hiss :

Jan : Chant

Josh : Guitare

Visioene : Basse

Jason : Batterie

Discographie :

Sadlands (2014)

Mastosaurus (2016)

Earthquaker (2019)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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