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Connaissez-vous l’histoire derrière le patronyme de Stoned Jesus ? Pourtant résolu à se produire derrière le blase de « Stoned Jesus From The Outer Space », ce n’est qu’après avoir suivi les conseils avisés de ses proches qu’Igor (chant/guitare) raccourcit le nom de son nouveau groupe, passant alors de « Stoned Jesus From The Outer Space » à « Stoned Jesus ».

Alors, pour fêter ses 10 ans – en plus de partir une nouvelle fois sur les routes d’Europe, avec un passage prévu à l’Alhambra (Paris) le 18 novembre prochain – Stoned Jesus a remasterisé ses deux premières démos qui se retrouvent sur ce fameux… From The Outer Space ! Un clin d’œil à ses balbutiements largement assumé disponible depuis peu en format digital et en format vinyle limité à… 300 exemplaires ! Avis aux collectionneurs !

Propos recueillis par Axl Meu 


Pourquoi avez-vous décidé de faire ça : sortir cette compilation à ce moment-là de votre carrière ? 

Igor (chant/guitare) : Eh bien, au départ, les deux démos avaient juste été balancées « comme ça » sur Internet il y a, maintenant, dix ans… Et puisque le groupe va partir en tournée « anniversaire », je me suis dit que ce serait une bonne idée que de sortir enfin ces fameuses démos de façon officielle. L’idée était également de marquer le coup en leur offrant une promotion d’une taille avec l’aide du label Napalm Records. L’objet sera disponible en vinyle, en édition limitée à 300 exemplaires ! Les fans ont déjà vu la gueule des vinyles, et ils m’ont l’air plutôt enthousiastes ! Donc, on peut considérer From The Outer Space comme un cadeau que nous faisons à nos fans !

Peux-tu revenir sur les débuts de Stoned Jesus ?

Quand j’ai lancé Stoned Jesus, ce n’était qu’un « one-man band ». Pour 2009, j’avais enregistré toutes les guitares et la basse, mais pas la batterie. Pour la deuxième démo, je m’étais enfin chargé de toutes les pistes. C’était vraiment de qualité amateure… Par la suite, je me suis rendu à Kiev là où j’ai rencontré des personnes compétentes pour agencer le line-up de Stoned Jesus… Et ce n’est qu’à ce moment-là que Stoned Jesus a pris la forme d’un groupe à proprement parler. Et pour revenir à From The Outer Space, on continue de jouer « Black Woods » tous les soirs. Il est en quelque sorte devenu un incontournable du groupe. D’ailleurs, ce titre figure également dans notre premier album, First Communion, que nous avons sorti en 2010. Nous l’avions retravaillé et enregistré à nouveau à l’occasion. 

T’es-tu senti un peu nostalgique lorsque que tu as réécouté toutes ces vieilles démos ? Je veux dire, le groupe a sacrément évolué depuis…

Bien sûr… À l’époque, le rendu sonore était très amateur… Donc, pour présenter le meilleur contenu au public, cet été, je me suis rendu à Kiev, dans un studio, le Lipky Recording Studio, de sorte à remasteriser les cinq pistes. Je ne tenais pas forcément rendre les pistes mieux qu’elles ne l’étaient, mais plutôt à respecter l’âme du projet, alors à ses balbutiements. Sinon oui, j’étais un peu nostalgique… C’est un peu comme si je les découvrais. À l’époque, j’avais d’autres projets, et je ne savais même pas que Stoned Jesus allait rencontrer autant de succès par la suite ! Par la suite, le groupe a évolué, nos riffs étaient bien plus bruts, et ce n’est que par la suite que nous avons proposé des morceaux plus longs comme « I Am The Mountain », alors bien différent de ce que nous avions l’habitude de proposer à l’époque. En écoutant ces cinq morceaux, on peut vraiment se faire une idée de ce que le groupe proposait à l’époque.

Comment expliques-tu que Stoned Jesus ait tant évolué en dix ans ? Aujourd’hui, l’ensemble de vos compositions sont plus progressives…

J’ai toujours été un mordu de musique progressive, de Hard Rock, et de toutes ces formations qui veulent expérimenter avec leurs instruments, jouer avec les sonorités en élargissant leur piste encore et toujours ! Dans le répertoire, on pouvait y trouver des morceaux qui duraient aussi bien cinq minutes que dix minutes. J’ai toujours voulu apporter ce côté-là à la musique de Stoned Jesus… Et ce n’est qu’à partir de la chanson « I Am The Mountain » que j’ai fait le grand saut. Et quel saut ! Ce morceau était très long, très trippant, comportait différents mouvements, et était dénué de tous refrains. Je dois avouer que je l’ai composé comme on composerait un morceau de Tool… Le succès a été quais-immédiat. Vu que le public semblait apprécier ce genre de titres, nous avons décidé de continuer sur cette lancée. Mais il était hors-de-question de copier d’autres groupes de style Progressif comme, je ne sais pas moi, Dream TheaterGenesis ou même Porcupine Tree. Je dirais plutôt que l’on s’est inspiré de leur attitude, de leur façon de voir les choses. J’aimerais être capable de te dire que l’on s’est amélioré, et que l’on continue à évoluer, mais il est toujours difficile de prendre du recul par rapport à ce que l’on écrit. D’ailleurs, nous sommes actuellement en train de composer le nouvel album. Je peux déjà te dire que les fans seront surpris !

« Nous sommes actuellement en train de composer le nouvel album. Je peux déjà te dire que les fans seront surpris ! »

On revient sans cesse à « I Am The Mountain ». Il est sans conteste le morceau le plus connu de votre répertoire. Dirais-tu que ce morceau a amorcé un nouveau chapitre pour le groupe ? 

On peut dire ça, oui… Au départ, aucun de nous ne se serait douté que « I Am The Moutain » serait si plébiscité à l’époque. Quand Stoned Jesus a publié Seven Thunders Roar en 2012, on ne tournait pas tant que ça. On donnait combien ? 25 dates par an à tout casser, et c’est tout ! On avait encore un métier à côté, puis du jour au lendemain, beaucoup ont commencé à nous réclamer par rapport à ce titre. Toutes les vues sur Youtube ont commencé à s’accumuler, puis, par la suite, Stoned Jesus a été appelé à se produire un peu partout en Europe dans le cadre des plus grands festivals. Cette popularité nous a clairement aidés… Je regrette cependant que beaucoup ne connaissent que ce morceau-là. Certains vont même jusqu’à nous réclamer une deuxième partie et dire que le reste de notre répertoire compte pour du beurre ! « Eh mes gars, vous avez tout faux là ! » Je leur dirais simplement de s’ouvrir et d’apprécier notre catalogue à sa juste valeur. Alors, ils s’apercevront que le reste de notre répertoire vaut également son pesant de cacahuètes ! 

Aujourd’hui, les musiques lourdes, psychédéliques, ont le vent en poupe. Penses-tu que la marque « Desert Fest » a lancé une mode, qu’elle vous encourage à jouer ce genre de musique ? 

Je ne sais pas… J’ai toujours été attiré par ce style, et ce, depuis longtemps. Une musique à la fois lourde et paisible. Je veux dire par là que beaucoup des autres styles liés aux musiques extrêmes n’engagent que des animations violentes dans la fosse… Mais ce n’est pas trop mon truc. Je ne suis pas un type agressif, je suis plutôt du genre à me laisser bercer quand j’écoute de la musique. Avec Stoned Jesus, je souhaitais tout simplement dégager cette fameuse transe, mais par le biais de sonorités plus lourdes. Ce n’est que lorsque j’ai découvert des groupes comme Electric WizardSleep, tous ces groupes qui ont enfoncé les portes déjà ouvertes par Black Sabbath que j’ai compris que c’était possible. C’est toujours plus lourd, toujours plus lent… C’était ce à quoi j’étais à la recherche depuis pas mal d’années ! 

Certes, nos morceaux sont progressifs, mais ils contiennent toujours des éléments lourds et « heavy ». Je pense que ce sont ces deux facettes qui amènent des gens à se rendre dans des festivals comme le Desert Fest et le Freak Valley. Dans le cadre de ces festivals, les fans n’ont pas qu’à fermer les yeux et se laisser porter par les musiques que l’on y joue ! Ils ne sont pas en train de slammer ou je ne sais quoi ! (Rires) 

Tout à l’heure, tu m’as dit que vous aviez déjà commencé à travailler sur le successeur de Pilgrims. Est-ce que tu peux développer davantage à ce sujet ? Quand sortira-t-il ? L’année prochaine ? 

On aimerait le sortir à la fin de l’année 2020, mais ça sera sans doute impossible. Pour le moment, notre emploi du temps n’est pas trop chargé, on va essayer de passer un maximum de temps au studio, à composer, à peaufiner toutes nos idées… Mais tu n’es pas sans savoir qu’on ne peut jamais prévoir quoi que ce soit quand on est musicien. Notre emploi du temps est en perpétuelle mutation, et on est sans cesse appeler à repousser les échéances. Donc, je dirais que le prochain album sortira plutôt en 2021. 

Pour le moment, il n’y a que la moitié de l’album de composée et je n’ai pas encore pris le temps de m’attarder sur les paroles… Je prends le temps, je consulte les autres membres qui ne donnent de précieux conseils. Soit ils me disent d’allonger certaines parties, soit de les raccourcir. Par moments, ils me conseillent d’abandonner une idée… On se concerte pas mal, oui ! En tout cas, bien que le nouvel album ne voie pas le jour avant 2021, il est fort possible que nous présentions quelques nouvelles pistes à notre public d’ici l’année prochaine ! 

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« Le format vinyle de From The Outer Space, limité à 300 exemplaires, est destiné à tous ceux aiment encore l’objet ! »

Pour revenir à From The Outer Space, j’ai cru comprendre qu’il ne sortirait qu’en vinyle. Pourquoi ? 

Aujourd’hui, plus grand monde prend le temps d’ouvrir un boitier pour écouter de la musique. Beaucoup par les sites de streaming, comme Spotify, Deezer, Itunes et d’autres continuent de collectionner les vinyles, et non plus les CDs. Donc, le vinyle de From The Outer Space, limité à 300 exemplaires, est destiné à tous ceux aiment encore l’objet ! Malheureusement, le CD est en train de mourir à petit feu… Je veux dire, personnellement, ces dix dernières années, je n’ai acheté aucun CD, mais que des vinyles. Tous les mois sont organisées à Kiev des conventions de disque auxquelles je me rends quand j’ai du temps sur moi. Au départ, il n’y avait que des vieux, mais aujourd’hui, c’est différent ; les plus jeunes semblent avoir reconsidéré l’objet !

Le 18 novembre prochain, vous vous produirez à Paris, à l’Alhambra, en compagnie de My Sleeping Karma et Somali Yatch Club. Il me semble que vous êtes très proches de Somali Yatch Club…

C’est dans le cadre de la fameuse tournée « anniversaire » dont je te faisais allusion. Dans le cadre de cette tournée, nous allons jouer des morceaux que nous n’avons pas joué depuis un moment, notamment « Red Wine » que nous avions laissé de côté depuis 2015 ! Lors de cette date, j’espère que je serai capable d’offrir un panorama complet de l’art de Stoned Jesus : du plus lourd au moins lourd, du plus progressif au moins progressif…

Tu me parles de Somali Yatch Club… C’est vrai ! Ce sont des proches… Ils sont de la même nationalité que nous, et il nous a toujours tenu à cœur de présenter la scène underground de notre pays. L’Ukraine est surtout connu pour sa scène Black Metal, mais il existe bien une scène alternative avec des groupes comme Jinjer qui, à mon sens, est formation la plus en vogue du moment ! Mais il n’y a pas qu’eux ! Cette année, nous sommes partis sur les routes avec trois formations ukrainiennes, Straytones, VolkFirejam, et Somali Yatch Club sera la quatrième ! 

Que sais-tu au sujet de la scène Stoner française ? 

Stoned Jesus a déjà tourné avec Mars Red Sky : ce sont des bons amis maintenant. Chaque soir, nous les regardions jouer et ils étaient toujours très très bons. Puis ce sont des crèmes… J’aimerais beaucoup repartir en tournée avec eux. Je me souviens également du Hellfest là où j’ai pu voir Magma en concert. Je m’excuse d’avance auprès des autres groupes, Il y avait beau y avoir de très bons groupes de Death, Black, Heavy, mais Magma les a tous soufflés !

Comment expliques-tu que tu aies cassé deux cordes de guitare lors de votre dernière date aux MetalDays remontant à cet été ? 

Au début, je ne jouais que sur des guitares bas de gamme… À chaque fois, je brisais mes cordes, et que je devais toujours changer mes cordes en plein concert, sans pour autant, interrompre le concert. Stoned Jesus n’est composé que de trois gars, et j’ai dû apprendre à remplacer mes cordes, en un temps record, sans demander de l’aide à qui que soit. (Rires) À la fin, certains ont même pensé que c’était une animation… Les fans étaient là à me dire : « Eh, mec, c’était vraiment pas mal ce que tu as fait là avec ta guitare »… Croyez-le ou non, j’ai appris ce tour malgré moi, et il me sauve la vie par moments, comme cet été dans le cadre des MetalDays ! (Rires) 


Stoned Jesus, c’est : 

Igor : Chant/Guitare 

Sid : Basse 

Dmitry : Batterie 

Discographie :

First Communion (2010)

Seven Thunders Roar (2012)

The Harvest (2015)

Pilgrims (2018)

From The Outer Space (Compilation – 2019)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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