15ème édition pour le Metal Mean qui propose une affiche taillée dans le meilleur de l’extrême. Nous retrouvons ce cadre verdoyant, la tente a été agrandie avec ce même caractère familial attachant.

Report : Frank Lasselle // Photo : Wacken Delciotto


Ce sont les Lituaniens de Au-Dessus qui ouvrent. Nouvelle sensation des Acteurs de l’Ombre le groupe arrive masqué et propose un Post-Black intense. Il y a cette ambiance lugubre, cette voix d’outre tombe, cette longueur lancinante qui permet de plonger dans un univers effrayant et attirant. Ce concert fort en âme a pris aux tripes et parfaitement lancé la journée.

Le mysticisme oriental est à l’honneur avec les chinois de Zuriaake. Le festival fait un plongeon hors du temps avec ce Black épique avec un décor splendide et des musiciens en tenue traditionnelle. La majesté des titres et la profondeur d’âme envoûtent, les samples ajoutent une force spirituelle à cette violence qui monte savamment en puissance. Les titres sont longs et pénétrants et laissent le temps de s’imprégner de leur force. Zuriaake a frappé un grand coup et a marqué les esprits.

Le mystère demeure avec Mephorash. Le groupe suédois surfe sur une voie mystique en vogue avec des musiciens en tenue de cérémonie, des étendards et des bougies. Le groupe dispose de deux chanteurs et propose un Black misanthropique aux allures de messe noire. Même si cela n’a rien d’original, on se laisse entrainer dans ce mixe d’ambiances avec une puissance certaine et de la spiritualité. Ce concert aura été un voyage du côté obscur donnant au festival des allures maléfiques.

Le ton change avec Midnight. Le groupe américain ne fait pas dans la dentelle avec un Black Speed féroce, gras et hargneux comme si Venom avait fusionné avec Motörhead. Très attendu le groupe va faire un carton et remuer son monde. Crus et crades des titres comme « Poison Trash », « Satanic Royalty » ou « Lust Filth And Sleaze » font leur effet. Le chant hurlé est intense, les riffs sont simples et directs et tout cela remue avec un bon côté Rock’n’Roll. Le groupe rencontre un joli succès et confirme sa classe pour envoyer la sauce sans fioritures et avec une sacrée pêche.

Incantation est une référence en Death occulte et blasphématoire. L’ambiance est énorme à leur arrivée, les Américains vont ravir avec des titres taillés dans le meilleur d’un Death guttural d’un rythme intense. Le chant de John est gras et grave, il porte sa formation avec charisme. « Shadows Of The Ancient Empire », « Carrion Prophecy « ou « Profanation » auront été de belles baffes qui n’ont pas fait de quartiers. Incantation a fait parler la poudre et a rappelé qu’il restait un des patrons en matière de Death à l’américaine.

Le Death à la suédoise est à l’honneur avec Vomitory. Ils vont mettre le feu avec un son rapide et hargneux. Dès « The Voyage », on comprend que le groupe n’est pas venu pour plaisanter. Le chant grave d’Erik est implacable et à côté, ses compères tissent cet ensemble Death à grands coups de riffs rapides portés par une batterie en fusion. La suite avec « Revelation Nausea » ou « Serpents » et « Raped In Their Own Blood » est explosive. Vomitory a proposé un concentré de brutalité en forme de leçon de violence qui a ravi le public.

Les Néerlandais d’Asphyx débarquent dans une tente blindée pour une leçon de Death/Doom. D’entrée, chacun est collé au mur avec un « Vermin » intense taillé dans le meilleur d’un Death guttural sans concessions. Le groupe va enchainer titres rapides et écrasants avec une puissance de frappe de dingues. « Division Brandenburg », « Deathhammer » ou « Der Lander » et « Wasteland Of Terror » n’ont pas fait de quartiers et ont mis le feu. Le rouleau compresseur a été parfait, et le final sur « Last One Earth » féroce. Asphyx a confirmé qu’il était un mastodonte et il a ravis son public avec classe. 

Primordial est attendu. L’âme de l’Irlande va souffler sur le festival portée par un Alan habité qui prend sa force dans un très bel accueil. Ce Pagan/Black transporte hors du temps dès « As Rome Burns ». Il y a ce chant à fleur de peau captivant et cette musique puissante  qui joue avec les émotions en forme de voyage intérieur. La suite va être prenante, « When Greater Men Have Fallen », « To Hell Or The Hangman » ou « Nail Their Tongues » prennent aux tripes avec ce mixe entre force brute et mélodies fortes. Le final sur « Empire Falls » est majestueux et transporte dans cette Irlande que le groupe chérit. Primordial a frappé un grand coup avec un concert qui a fasciné par sa puissance émotionnelle.

Après ce voyage, la brutalité est de retour avec Bloodbath. Nick Holmes, parfaitement maquillé en mode « zombie », et ses hommes vont balancer un set parfait taillé dans le meilleur d’un Death Old School guttural. Dès « Fleischmann », on pénètre cet univers sombre et violent avec délectation, la foule encore nombreuse savoure cette leçon de violence. Holmes impressionne de ce chant d’outre tombe avec ce détachement « British ». Dans la suite, plusieurs missiles comme « Like Fire », « Chainswa Lullaby » ou « Cancer Of The Soul » auront fait impression avec des musiciens distillant soli et riffs avec précision. En fin de concert, « Cry My Name » et « Eaten » achèvent une prestation parfaite, Bloodbath a fait honneur à son statut de tête d’affiche.

Il reste le traditionnel « after » avec un nom droit sorti du passé, Tormentor. Les anciens se souviennent que le groupe a vu le jour au milieu des années 80 avec Attila de Mayhem. Après un long silence, il est de retour avec cet esprit occulte malsain et « Old School ». Le public est moins présent, mais va savourer ce concert. L’intensité est énorme et Attila et sa bande montrent une envie de se faire plaisir, le chanteur hurlant comme un damné avec une énergie impressionnante. Le voyage dans le temps est total avec « In Gate Of Hell », « Tormentor » ou « Elisabeth Bathory ». Nerveux, secs et crus, ils ravissent les amateurs ravis du côté culte de la prestation.

Tormentor a la cerise sur le gâteau pour un festival une fois de plus parfait à tous les niveaux qui malheureusement est appelé à tirer sa révérence l’année prochaine, en invitant Tom G. Warrior et Triumph Of Death.

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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