« C’est normal qu’il y ait aussi peu de monde ? ». Eh bien… Comment répondre à ce couple qui a passé une partie de son dimanche sur la route pour se rendre au Poche de Béthune ? Un sujet un poil délicat qui nous fait cependant relativiser. Car si l’audience a préféré rester chez elle en cette veille d’Armistice, Le Poche de Béthune a réussi à sauver les meubles. Les vrais de vrais étaient dans la place, vous savez, ceux qui boycottent les réunions de famille, ceux qui ne manqueraient pour rien au monde une date… Et ce soir, la rédaction a été servie en décibels avec New Favorite, Bison Bisou et Listener !

Photo + texte : Axl Meu 


Et c’est qu’il fallait se lever de bonne heure pour ne pas manquer l’appel des gars de New Favorite sur les planches du Poche à 19h pétantes. Alors, la jeune formation n’a aucun objet à défendre, c’est un fait… Mais à la conquête de la France, c’est armés de leurs instruments et leur couteau que les gars nous ont semblé bien décidé à y présenter sa vision à elle du Rock. Le leur, il est classe, un poil trop lisse, mais taillé pour les belles scènes. Alors, peut-être inconnu du cortège Béthunois, le trio s’en sort sensiblement bien pour une première date nordiste. 

Pourtant issu de nos contrées et malgré quelques apparitions sympathiques, notamment dans le cadre du festival Crossroads, Bison Bisou n’a pas encore franchi ce fameux cap qui fera d’elle une véritable sensation « live » que s’arracheront tous les festivals. Et pourtant… Ils ont déjà tout l’étoffe de grand, notamment ce soir. Plus que jamais « porte-parole » d’une musique qui sort des normes, ces gars dévergondent autant qu’ils déconcertent par le biais d’une musique qui semble à première vue n’avoir ni queue ni tête. Mais, la rédaction est bien placée pour dire qu’il n’est jamais bon de ne se fier qu’aux apparences. Car leur ensemble est toujours calculé – au poil de cul près – et retranscrit parfaitement la névrose de son frontman, lui et ses vêtements atypiques. Bref, une belle performance.

Listener… Jamais trop loin des sentiers de ses deux prédécesseurs, la formation américaine se produit dans une configuration archi-simple, à trois sur scène, une scène qu’ils auront pourtant bien du mal à investir dans sa globalité ; les trois gars restants cloués à leur place pendant tout le concert. Néanmoins, honnête à souhait, leur frontman, Dan Smith multiplie les tentatives de sympathie avec son public et le convie aux concerts du lendemain et du surlendemain, se confie à son public, lui raconte son quotidien sur un ton empreint de sarcasme, et assure en même ses vocalises dans un registre à la frontière du « Rock Parlé », du « Slam » et de la « Pop Britannique », ce fameux mélange style consolidé sur ce dernier album, Being Empty : Being Filled représenté ce soir avec au moins cinq titres (« A Love Letter To Detroit », « Add Blue », « Little Folded Fingers »…). Alors, il est vrai, la prestation pouvait s’éterniser pour ceux qui ne portaient pas dans leur coeur les alliages du combo, notamment ce Rock poétique épaulé par une trompette sinistre à la toute fin du gig… Mais force est de constater, que Le Poche de Béthune a toujours le truc pour faire passer un agréable moment.

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Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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