Aorlhac n’a pas hésité une seconde lorsqu’on lui a proposé de remplacer Fange, alors indisponible le week-end du Tyrant Fest. Les événements allant bon train pour la formation occitane, Heretik Magazine s’est entretenu une nouvelle fois le temps de quelques instants avec deux de ses membres, Spellbound et Wynter… Ils nous ont fait part de leurs convictions et de leurs ideaux.

Propos de Spellbound (chant) et Wynter (guitare) recueillis par Axl Meu


Vous venez juste de vous produire dans le cadre du Tyrant Fest. C’était comment ? 

Spellbound : C’est toujours difficile de revenir à chaud comme ça sur une date… Au départ, quand tu vois le créneau horaire, tu te dis qu’il n’y aura peut-être personne devant toi et pourtant aujourd’hui, c’était plein ! Cinq, dix minutes avant d’investir la scène, nous ne nous doutions pas qu’il y aurait autant de monde à nous attendre ! Et effectivement, pour une formation qui ouvre la première journée d’un festival, c’est plutôt un bon score. Je regrette néanmoins que le public n’ait pas été aussi chaleureux que je l’espérais. En général, nous nous produisons en tête d’affiche dans le cadre de plus petits événements, et dans ces cas-là, le public m’a l’air plus réactif. Après, on ne blâme pas, c’est juste que le public nous donné l’impression d’être moins dedans ce soir.

Votre musique est empreinte de la culture occitane, qui vous est chère. Est-ce que tu peux développer ?

Wynter : Oui, notre région, l’Auvergne, c’est vraiment 287 000 mètres carré d’histoire. Nous avons lancé Aorlhac dans une partie de la France très prononcée au niveau des histoires locales. D’ailleurs, nous devons être les premiers à avoir puisé dans toute cette culture et à en faire une musique extrême. Ça fait partie de nos origines… Malheureusement, les habitants – surtout les jeunes – n’aspirent qu’à une seule chose aujourd’hui, celle de s’en aller bien loin de chez nous. Et pourtant, ils ne se rendent pas compte des trésors qui les entourent, de la richesse des lieux, des paysages… 

Spellbound : On a toujours été plus ou moins réceptifs à tout cet univers qui nous entoure…

Comment décririez-vous le style de Aorlhac ? 

Spellbound : Je dirais que l’on joue du « Epic Black Metal ». Je pense que c’est le style qui représente le mieux notre troisième album. Primordial, Dissection et bien d’autres sont des sources d’inspiration qui reviennent souvent, notamment chez Julien, le compositeur du groupe. Par contre, malgré notre côté « local », on n’ira pas jusqu’à s’auto-proclamer d’« Occitan Black Metal ». On préfère le terme « Epic Black Metal », car il y a un côté très grandiloquent dans la formule que nous proposons. D’ailleurs, pour le moment, nous n’avons pas comme vocation d’écrire des morceaux en langue occitane. On se positionne simplement par rapport à cette fameuse histoire qui nous fascine. On fait des recherches et on écrit. 

Aorlhac a la spécificité de s’exprimer principalement en langue française. 

Wynter : Oui, à l’heure d’aujourd’hui, on n’a pas encore les bases qui nous permettraient d’écrire pleinement en langue occitane. Après, pour la compréhension globale des textes, c’est une bonne chose que le groupe s’exprime principalement dans sa langue d’origine, le français. Ça nous permet de balayer pas mal de sujets comme celui des certaines figures locales allant du Moyen-Âge jusqu’au XVIIIème siècle. Le Moyen-Âge fait partie de notre culture, et on ne va surtout pas se priver de faire remonter des dossiers dont beaucoup ignorent l’existence, comme celui de Louis Mandrin, un contrebandier du XVIIIème et/ou celui du « Tuchinat » (la révolte des Tuchins est une série de révoltes survenues entre 1363 et 1384 en Auvergne puis en Languedoc, ndlr). Ce sont des sujets que tu peux facilement remettre au goût du jour en établissant des parallèles…

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« Le Moyen-Âge fait partie de notre culture, et on ne va surtout pas se priver de faire remonter des dossiers dont beaucoup ignorent l’existance »

Il me semble que L’Esprit des Vents était votre tout première collaboration avec les Acteurs de l’Ombre. Cette signature vous a permis de décrocher de belles dates, notamment cet été dans le cadre du Hellfest. C’est quand même assez impressionnant. 

Spellbound : Oui, surtout qu’Aorlhac revient de loin. On était en stand-by… On savait qu’il y avait une certaine attente, mais nous sommes conscients que notre retour serait resté « confidentiel » si nous n’avions pas signé pas chez Les Acteurs de l’Ombre. Après, on avait déployé les gros moyens de sorte à faire mouche. Et quand on a appris que Gérald (Milani, label-manager de Les Acteurs de l’Ombre, ndlr) était intéressé par notre musique, ça nous a vraiment encouragés à continuer de donner le meilleur de nous-mêmes. Et pour le coup, si tu nous avais dit que nous ferions le Hellfest il y a dix ans, nous ne t’aurions sans doute pas cru. Après, le Hellfest n’est pas forcément une fin en soi, mais je dois dire que nous n’envisageons pas le fait de jouer dans les caves toute notre vie. Ce à quoi aspire Aorlhac aspire aujourd’hui, c’est de partager sa musique, sa culture, avec le plus de monde possible, comme ce fut le cas cet après-midi au Tyrant Fest.

Oui, d’ailleurs, c’était pour remplacer Fange. Comment s’adapte-t-on à ce genre de situations ? 

Eh bien, j’ai reçu un coup de fil il y a trois semaines de la part de Gérald disant qu’il y avait un créneau de libre pour Aorhlac. Si nous ne nous n’étions pas produits cette année, notre programmation aurait sans doute reconduite à l’année prochaine. 

Quid du prochain album d’Aorlhac ? Il sortira l’année prochaine ? 

Ça me paraît un poil ambitieux ! On se laisse encore le temps de voir… Cela dit, on ne pourra pas se permettre de prendre huit années comme ce fut le cas pour L’Esprit des Vents. C’était clairement trop long. Quoi qu’il en soit, Aorlhac est appelé à se renouveler à l’avenir. On verra ce que l’avenir nous réserve.

Spellbound, est-ce que tu peux me présenter Asphodèle, ton autre projet. Ces derniers jours, vous avez publié Jours Pâles, votre premier album. 

J’ai commencé à composer pour Asphodèle il y a quoi, un an ? L’idée de ce groupe m’est venue suite à ma rencontre avec Audrey Sylvain (chant). À l’époque, je ressentais le besoin de créer autre chose. J’adore Aorlhac, mais il me fallait autre chose. Et finalement, je dois m’estimer chanceux, car le premier album d’Asphodèle est également vu le jour via Les Acteurs de l’Ombre

Que pensez-vous de l’impact qu’ont eu Les Acteurs de l’Ombre Productions sur la scène extrêmes en France avec toi ? 

Wynter : Ce label est géré par des gens passionnés qui ne comptent pas les heures. En son sein, tout le monde se complète… Et une place toute particulière est accordée aux graphismes et à la communication, ce qui fait de lui un label redoutable. D’ailleurs, c’est vraiment grâce à l’équipe que Aorlhac a connu un regain de popularité. Depuis que nous faisons partie de leur catalogue, notre musique dépasse désormais les frontières, et nous sommes plus professionnels dans nos démarches. Il faut dire que ce genre de label apporte une certaine crédibilité, d’où ces dates dans le cadre du Hellfest, Les Feux de Beltane, le Tyrant Fest

Vous allez faire votre grand retour dans le Nord en janvier prochain en compagnie de Nydvind et Griffon. 

Oui, ça sera le 25 janvier prochain à la Brat Cave à Lille. La date est organisée par la branche lilloise d’Onde Noire. Pour le moment, nous avons quelques dates pour décembre, deux dates en janvier, puis nous partirons en Allemagne. Nous n’avons plus de « booker », donc l’année 2020 s’annonce plutôt creuse en termes de concerts. Ça nous permettra de nous consacrer pleinement à l’écriture du nouvel album. 


Aorlhac, c’est : 

NKS : Batterie

Spellbound : Chant

Wynter : Guitare 

K.H. : Guitare

Alex : Basse

Discographie : 

À la Croisée des Vents (2008)

La Cité des Vents (2010)

L’Esprit des Vents (2018)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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