Nouvellement inscrite dans le paysage des nordistes, la Brat Cave a toutes les cartes en main pour devenir un lieu de rassemblement incontournable pour les amateurs de musique. Ses travaux de rénovation pourtant loin d’être achevé, rien ne l’a empêché de convier Moscow Death Brigade, de passage à Lille le jeudi 12 décembre dernier, alors accompagné de Mindslow, Années Zéro et Sick Nerves dans le cadre d’une soirée à guichets fermés, organisée par l’association Play Loud, placée sous le signe des revendications antifascistes. 

Report : Axl Meu

Crédit photos : Hannya Pythie’s


Sick Nerves nous revient en bonne forme en cette triste soirée d’hiver. Après quelques changements de personnel et quelques confusions (Vin’s à la guitare en juillet dernier revient à la basse), Sick Nerves peut enfin vaquer à ses occupations et nous présenter un Punk/Hardcore qui, sans pour autant taper sur les nerfs des quelques moshers présents sur place (à part une petits poignées), a le mérite d’amorcer les hostilités convenablement : simplicité, efficacité, authenticité. On n’en demande pas moins ! Dans un registre plus revendicatif, Années Zero rencontre le même succès que ses prédécesseurs avec un style quelque peu différent. À mi-chemin entre le Hardcore débraillé et le Punk des années 70’s, la formation marque de son fer rouge tous les politisés de la salle par le biais de missives plutôt explicites à l’égard de l’État (notamment sur les arrestations qui se sont multipliées ces derniers jours suite au mouvement de grève) et de morceaux comme « Nuit Blanche » et « Dispensé ».

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes sur scène, nuit et intérieur

Après une pause, et quelques billets placées par une association à la recherche de dons pour aider les victimes de violences policières, Mindslow – ce soir, épaulé par Franco (Lifescarred) à la basse – peut alors prendre la main et présenter son nouvel EP, Your Own Enemy, comme il l’avait fait dix jours avant en son fief, à La Forge d’Arras. Alors, Quentin Obin (président de l’association Play Loud) est au chant, reste maitre dans l’art de semer la discorde dans le pit, semble gagner en assurance au chant concert après concert et reste LE leader d’un groupe que plus rien ne semble ébranler, pas même les petits soucis techniques rencontrés à la guitare, rectifiés en cours de route. Après quelques featuring improvisés (« What Count » avec Res de Raise Your Shield) et un beau paquet d’animations, Mindslow peut repartir avec le sentiment du devoir accompli ! 

Moscow Death Brigade à Lille, c’est presque un événement en soi tant les passages en nos terres ne sont pas légions (on comptera cependant une performance attendue dans le cadre du BetiZFest en avril prochain). Ce soir, les Russes investissent l’ex-Capitale Européenne de la Culture pour la première fois de leur carrière dans une venue qui, hélas, ne se prête pas encore à ce genre de configuration : trois ‘’performers’’, une platine DJ, etc… L’installation s’éternisant, on peine donc à comprendre si Moscow Death Brigade se fait désirer ou si le dispositif de fortune mis en place à l’arrache leur permet – oui ou non – de se produire. Malgré tout, les trois cagoules – résolues à l’idée de livrer une performance franche et digne de ce nom – investissent la petite estrade de la Brat Cave, mais se voient vite privées de retours sonores et d’un son façade dès « Renegade Stomp », un comble quand on sait que l’intérêt de leur musique repose principalement sur les échanges vocaux. Malgré tout, ces problèmes finissent par se résoudre au fur et à mesure et les hits Boltcutter comme « Brother & Sisterhood » sont repris en chœur par une foule compacte qui répond régulièrement au slogan antifasciste (« Siamo Tutti Antifasciti ») proféré par les maîtres de cérémonie. Dommage cependant que ces humanistes de temps modernes aient préféré quitter les lieux après trente courtes minutes de set, laissant alors les plus défaitistes sur une impression d’inachevé malgré une ambiance de feu.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, nuit et intérieur

Une performance en demi-teinte pour une formation hélas plébiscitée, des plaintes (en tous genres, légitimes et absurdes) proférées en l’encontre des teneurs du lieu… Bref, cette soirée fait le constat d’une salle qui doit plus que jamais redoubler d’efforts (mise en application formelle de son règlement intérieur, optimisation de l’accueil des fans de musique et des groupes, amélioration du confort de jeu…) si elle ne veut pas connaître le même sort que celle qui l’a précédée, notre feu-Bobble Café.

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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