TankrusT a beau arpenter les routes de France et de Navarre depuis pas moins de treize ans maintenant, il n’a à son actif que deux seuls albums, The Fast Of Solace, et le tout dernier, Opposite Terror, sorti tout dernièrement via Almost Famous. Et si la formation francilienne préférait tout simplement privilégier la qualité à la quantité ? Sans doute… Car, croyez-nous ou pas, Opposite Terror est, à l’instar de celui qui l’a précédé, typiquement le genre d’albums qui te fait rentrer tes Chocapic par les trous de nez de beau matin… 

Propos de Guillaume Kottoh (chant) recueillis par Axl Meu


Est-ce que tu peux me présenter Opposite Terror, le nouvel album de TankrusT ? 

C’est un vaste sujet… Il faut voir Opposite Terror comme l’ouverture d’un nouveau chapitre pour TankrusT. Puisque pendant sa conception, nous avons changé de guitaristes… Et étant donné que la guitare est au centre de nos compositions, il a fallu que l’on revoie la chose. Celui qui avait comme l’habitude de composer la musique de Tankrust, Will, a décidé de quitter le navire après neuf ans de bons et loyaux services…

Si Opposite Terror lance une nouvelle ère pour le groupe, on y retrouve toutefois votre identité musicale, à savoir un Metal nerveux caractérisé par ses morceaux courts et vifs. 

Oui ! Au sein de TankrusT, on est dans un style qui nous invite à développer beaucoup de rage… Et vu ce que l’on a à dire, on a toujours préféré le faire dans un format plus court. Je ne vois pas pourquoi on perdrait notre temps à faire trainer les choses, ça n’aurait aucun sens. Notre identité se construit à partir de ce format-là… Et je te remercie d’avoir souligné ce fait. Opposite Terror s’inscrit bien dans la suite logique de The Fast Of Solace

Vos influences restent les mêmes. Vous êtes principalement influencés par la scène Thrash/Death, toutes origines confondues. 

Oui, et comme tu t’en doutes, il n’y a pas qu’un seul groupe, ni un seul mouvement qui nous inspire à proprement parler. Par exemple, si tu demandes à notre batteur ce qui l’a inspiré au fil des années, il te dira qu’il était beaucoup plus branché par des groupes comme Dying Fetus, il y a une dizaine d’années… Par contre, aujourd’hui, il aura plutôt tendance à te dire qu’il a du mal à se retrouver dans le Metal. Quant à moi, c’est différent. Je continue de découvrir des groupes un peu tous les jours, via mes écoutes personnelles. À chaque fois, je m’imprègne des sonorités des groupes qui marquent l’actualité. Quand nous avions lancé TankrusT il y a déjà treize ans, j’écoutais beaucoup des groupes de Death Metal mélodique et de Metalcore, comme In Flames et Lamb Of God… mais au fur et à mesure, j’ai commencé à me retrouver dans la scène Hardcore. La question des sources d’inspiration est toujours un peu complexe. 

Tout à l’heure, tu me parlais de l’intégration des deux nouveaux guitaristes, Jean-Phillipe, puis Olivier… Est-ce que l’arrivée de ces deux nouveaux membres ont mis à mal l’identité sonore du groupe ? Certains groupes auraient tout simplement changé de nom à votre place.   

Malgré le changement de line-up, pas une seule fois nous n’avons songé à changer de nom. Ça serait comme repartir de zéro… Or, l’idée était quand même de retrouver des guitaristes en accord avec l’identité du groupe, des musiciens qui sauraient se retrouver dans ce que le groupe a à proposer… Et ça ne nous a pas donné de fil à retordre. Au cours de nos pérégrinations, nous avons rencontré un tas de gens motivés, et par chance, les deux perles rares. Jean-Philippe, le dernier arrivé, a, dès son intégration, montré qu’il avait compris l’essence-même de notre musique.

Est-ce que vous pouvez me donner plus d’informations concernant l’enregistrement, le mixage et le mastering de Opposite Terror ? 

L’album a été mixé et masterisé au Hydreed Studio par Andrew Guillotin. C’est un excellent ingénieur-son. Il a déjà un pied dans le milieu depuis un moment maintenant et a fait ses armes avec un paquet de groupes bien connus… Il comprend le « Metal » dans le sens large du terme… Par exemple, il pourra aussi bien travailler avec des groupes comme Temple Of Baal ou bien avec The Arrs. Du coup, on savait qu’il pourrait obtenir le son auquel nous étions à la recherche avec TankrusT. Pour Opposite Terror, il nous a taillé le son massif que l’on souhaitait… Et dans l’optique d’assister à toutes les étapes de sa conception, nous l’avons également choisi du fait de sa proximité par rapport à chez nous. 

L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes debout

« Il est clair que TankrusT a pour objectif d’intensifier les dates et de jouer le maximum possible »

« Another Blank Page » a fait l’objet d’un clip dernièrement. Vous avez utilisé des banques d’images pour arriver à vos fins… De qui vous êtes-vous entourés pour le réaliser ? 

Olivier Jacques, c’est quelqu’un avec qui on avait déjà travaillé sur nos autres vidéos. On savait donc déjà comment on allait procéder avec lui… On a discuté au sujet de la vidéo, et on ne voulait pas de clip « cliché » qui mette en scène un groupe sur scène. Donc, nous sommes venus avec l’idée de reprendre des extraits de films que l’on aime au sein du groupe. Pour le cas présent, nous avons sélectionné des rushes de Metropolis, un film expressionniste allemand, réalisé par Fritz Lang en 1927. Et nous avons disposé et placé les plans de sorte que les intonations et l’intensité concordent à chaque fois. 

Dernièrement, TankrusT est parti en tournée un peu partout en France, et en Espagne. Vous êtes même passés par Lille, au Midland ! À quoi ressemble le quotidien d’un groupe comme vous qui part en tournée ? Est-il difficile de fédérer le public ? 

Je ne dirais pas que c’est difficile, plutôt que ça dépend de beaucoup de paramètres. Par exemple, s’il y a une grosse date à proximité, je peux t’assurer que tu ne te produiras pas devant la masse de public. Néanmoins, c’est toujours un plaisir d’aller faire découvrir notre musique… Et on a, au fil de notre carrière, réussi à nouer des liens avec des organisateurs, des salles… C’est vrai que l’on ne sait jamais à quoi s’attendre le jour-j, mais finalement, c’est toujours une expérience agréable dans le sens où, même s’il n’y aura peut-être pas beaucoup de monde, tu seras d’une manière ou d’une autre amené à rencontrer des nouvelles personnes.

À côté de TankrusT, vous officiez également dans d’autres formations, notamment toi, qui sévis aussi au sein de Clegane… Comment fais-tu la part des choses ? 

Oui ! D’ailleurs, nous avons partagé l’affiche avec Nornes de chez vous, en novembre dernier dans le cadre d’une soirée organisée au Do It Yourself de Lille par notre label, Sleeping Church Records. Après, pour ce qui est de la faire la part des choses, il faut savoir que je n’endosse pas le même rôle. J’officie au poste de guitariste au sein de Clegane ! Ce n’est pas le même exercice… Puis, les styles de TankrusT et de Clegane étant de toute évidence bien différents, ça me permet de jongler entre deux univers. Quand la musique de Clegane est, elle, plus axée sur les atmosphères, celle de TankrusT est bien plus agressive…

Quels sont les futurs projets pour TankrusT ? Produire un nouveau clip ? Repartir en tournée ? 

Oui ! On va certainement réaliser une sorte de clip qui pendra la forme d’un mini-documentaire portant sur notre dernière tournée. TankrusT devrait également reprendre les concerts plus vite que prévu. Nous sommes actuellement en train de booker la deuxième partie de la tournée visant à promouvoir Opposite Terror. Mais c’est assez fastidieux, il faut l’admettre. Quand on est un groupe qui a un mode de fonctionnement « D.I.Y. », l’agencement des dates est loin d’être quelque chose d’aisé à gérer. À contraire… Mais il est clair que TankrusT a pour objectif d’intensifier les dates et de jouer le maximum possible. 

Je te laisse le dernier mot ! 

Merci à toi d’avoir pris le temps de recueillir mes propros ! Sans média, les groupes n’auraient pas de visibilité, ne pourraient pas partager leurs musiques aussi facilement et se construire, tout simplement ! Sans communication, on serait sans doute restés dans l’ombre à répéter dans notre local de répétition…


TankrusT, c’est : 

Schuff : Batterie 

Seyn : Guitare rythmique 

Jules : Basse 

KooTôh : Chant  

Araneae : Guitare lead

Discographie : 

The Fast Of Solace (2015)

Opposite Terror (2019)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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