C’est à Lille, à l’Aéronef plus exactement, que Skindred, accompagné de la formation scandinave Blood Command, a mis un terme à sa tournée pour le moins couronnée de succès. En effet, célébrant plus que jamais la diversité au sens large du terme, la formation de Benji Webbe n’avait pas trop eu mal à faire exploser la jauge du club de l’Aéronef quelques mois avant le lancement des hostilités. Une autre option – une autre configuration scénique – n’aurait-elle pas été préférable ? Sans doute ! 

Car, souvenez-vous, Skindred – en plus d’avoir le flow dans la peau – est une formation aguerrie dans l’art de fédérer, ainés comme cadets, connaisseurs comme néophytes. Dernier exemple frappant, le passage ‘’express’’, mais intense des Britanniques au Hellfest en Juin dernier… Bref, le 19 décembre dernier, les Lillois ont tout simplement vibré au rythme des sonorités Reggae, comme pour clore cette année sur les chapeaux de roues. Après un petit « Warm-Up » des familles animé par les Belges de Through The Void et les Nordistes de Smack My Beat Up, le public investit les abords de la petite scène.

Par Axl Meu


Blood Command fait peut-être ses premiers pas à Lille ce soir, mais a toutefois déjà donné une série de belles dates un peu partout en Europe, notamment dans le cadre de festivals de prestige comme le Dowload Festival (UK), le Getaway Rock Festival et le Nova Rock (AT). Et porte-parole d’une musique Pop/Punk/Rock féminisée, elle ne rencontre pas trop de mal à imposer son « groove » rappelant les sonorités #SO2000 et le mouvement lancé par Sum 41, Blink 182, Bloc Party, le tout épaulé par une verve un poil agressive « à la Converge ». C’est du moins ce que laisse entendre le comportement de sa leadeuse, Karina Ljone qui électrise par sa fougue l’ensemble du cortège à coup de vocalises et de charisme. À vrai dire, même si sa performance en elle-même laisse parfois à désirer (la voix n’y est clairement pas), on ne pourra pas lui reprocher de ne pas mener à la baguette ses musiciens, notamment sur les titres « Cult Drugs », « Quitters Don’t Smoke », « Ctrl + Art + Delete », tirés de leur dernier album en date, Cult Drugs

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes sur scène

Ces trente courtes minutes de set auront amplement suffi à faire mettre en branle le thermomètre jusqu’à sa déflagration quand ont retenti la bande sonore de « La Marche Impériale » et les premiers accords de « Sound The Siren » . Il faut dire cette prestation a répondu en bonne et due forme aux critères d’un bon concert : une pincée d’extravagance (marquée par les tenues décadentes d’un Benji Webbe au perf’ épineux, et de son acolyte Mikey Demus, sorte de fidèle réplique de Billy Gibbons des ZZ Top) et un paquet de hits qui embrasent le public sur des rythmiques estampillées « Ragga/Punk/Rock/Metal », style porté en étendard par les derniers morceaux : « Big Tings », « Machine », « That’s My Jam », trois nouveaux titres judicieusement imbriqués dans une setlist principalement composée de classiques : « Saying It Now », « Kill The Power » et « Ninja », et d’autres reprises bien connues de tous « California Love » (2Pac) et « Boom! Shake The Room » (DJ Jazzy Jeff & The Fresh Prince). 

L’image contient peut-être : une personne ou plus, nourriture et intérieur

Bref, chacun y va de sa forme pour honorer le charisme des performers : ça slamme, ça jump, ça danse et ça transpire énormément jusqu’à la pause et l’hommage solennel que le Britannique rend à l’un de ses amis parti trop tôt – comme pour inciter chacun à profiter de ses proches – sur un « Nobody », franchement honnête, ce soir repris façon « unplugged ». Mais, il en faudra bien plus pour tuer l’ambiance, car le maître de la cérémonie, en véritable entertainer qu’il fait, reste un des meilleurs quand il s’agit de ranimer ses convives. « Let’s me see you get down ! » leur martèle-t-il à l’heure du deuxième rappel de la soirée « Boom! Shake The Room! » qui débouche sur une explosion de bonne humeur avant le final de « Warning », ce dernier ayant pour objectif de marquer au fer rouge la sympathie que les deux groupes ont l’un pour l’autre avec le featuring surprise des Blood Command

Bref, concert après concert, depuis 1998, Skindred continue de susciter l’admiration de ses fans de par sa sincérité et son professionnalisme… Et ce nouveau concert dans la région n’a fait que nous conforter dans notre avis !  

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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