Pour sa 15èmeédition le Resurrection Fest présente une affiche riche et variée. En effet, plus que jamais une alternative en matière de festival, le Resurrection Fest a su marquer de son empreinte toute la communauté Metal espagnole, mais pas que… Beaucoup de Français s’y rendent pour vibrer aux sonorités des musiques extrêmes, tout en se la coulant douce sous un soleil de plomb !

Report : Franck Lasselle // Photos : Maurice Delciotto


Mercredi 3 juillet : 

Le Mercredi 3 Juillet est la journée de chauffe sur la Ritual Stage. Une fois l’installation achevée tout débute avec Bury Tomorrow. Devant un public déchainé la formation balance le meilleur de son Metalcore. Les slams et les circle-pits s’enchainent dans la bonne humeur. L’ambiance ne va pas retomber avec l’arrivée de Municipal Waste. Les américains vont tout déchirer avec leur Crossover/Thrash. La fosse est bouillante et l’énergie dégagée fait plaisir confirmant la folie des fans du sud de l’Europe. Ignite propose une solide prestation avec un Hardcore accrocheur porté par un ‘’Zoli’’ charismatique. Le groupe a su bouger le public avec « Bleeding ». Il fait aussi place aux mélodies accrocheuses avec un « Nothing Can Stop Me » qui a remué son monde ou avec la reprise teintée de punk de « Sunday Bloody Sunday ». Kvelertak n’a rien perdu de sa popularité malgré son changement de chanteur. Il reste un monstre qui entraine le public dans la folie. Ivar est un frontman parfait et il ira slamer dans le public. Avec « 1985 », « Bruane Brenn » ou « Blodtorst », le groupe fait un carton avec ce mixe irrésistible de Rock, de Black et de Punk. Kvelertak a été un joli bouquet final pour ce parfait galop d’entrainement.

Jeudi 4 juillet : 

Le 4 Juillet est le véritable début, les quatre scènes sont ouvertes. A partir de 15h les concerts vont s’enchaîner sur la Ritual et la Main Stage. Lostregos vient de Galice et balance un Pagan black sonnant comme un mixe intense entre Folklore espagnol et anti-christianisme. Trallery vient de Majorque et propose devant un public fourni un bon Thrash Metal Old School dans l’esprit du Metallica des années 80. Entre Neo Metal et Metalcore, Cane Hill balance un concert solide. Le groupe ne propose rien de neuf avec une alternance entre growl et chant clair et une rythmique efficace, mais il le fait avec envie. Avec « Lord Of The Flies » ou de « Too Far Gone », il a su être convaincant et a fait son effet. 

Kause 4 Konflikt va tout défoncer avec son Deathcore. Les Parisiens savent faire exploser un public et ils le font avec bonne humeur et une joie de jouer. Chauffé à blanc, le public va exploser avec l’arrivée des Japonais de Crystal Lake. La chaleur a laissé place à la pluie, mais cela reste raisonnable. Avec un Metalcore à la fois puissant et mélodique, ils vont mettre le feu. Les slams s’enchaînent et des titres comme « Agony » ou « Apollo » font un carton. Altarage va entrainer le public dans son univers Black Death. Parfaitement interprétée, la musique fait son effet avec un côté massif et un côté mystique qui a donné à ce concert une atmosphère particulière. Le premier gros morceau arrive avec Gojira. Habitué du festival, le groupe français va faire un carton. En une heure intense et avec de la pyrotechnique, il met le feu. Son Death est toujours aussi intense et colle au mur. Que ça soit avec « Flying Whales », « Silvera », « L’Enfant Sauvage » ou « Backbone », il ne fait pas de quartiers. Les musiciens dégagent un charisme fort à commencer par un Joe Duplantier impérial. Après un énorme « Blow Me Away You(Niverse) » et preuve de la complicité avec le public Mario va faire un petit tour dans le public. La présence de Toundra peut surprendre les non-Espagnols. Mais, devant ses fans la formation est à fait à sa place. Avec un Post-Metal instrumental, elle entraîne dans un univers sombre intense. Ce concert aura été un voyage intéressant. 

Le gros morceau c’est Slayer, la légende Thrash est en tournée d’adieu et personne ne veux manquer ce moment. Même un énorme orage n’empêchera pas la tenue de ce concert. Après 45 minutes et un certain chaos le groupe débarque. Le décor est splendide et dès l’entame sur « Repentless » le ton est donné. Le titre est une claque Thrash, les musiciens sont au top, notamment un Tom Araya rajeuni. La suite avec « World Painted Blood », « Hate Worldwide » ou « War Ensemble » ne fait pas de quartiers. Les flammes sont au rendez-vous et le public se déchaîne. Holt et King alignent riffs et soli avec une précision chirurgicale puis avec « Disciple » ou « Born Of Fire », le groupe enfonce le clou. La dernière partie est un best-of. Il y a « Hell Awaits » et « Black Magic » qui sont furieuses. « Seasons In The Abyss”, “South Of Heaven” et “Raining Blood” achèvent leur monde en parfait classiques. Le final avec « Dead Skin Mask » et « Angel Of Death » est phénoménal et donne le frisson. Le groupe se retire de manière royale, Araya salue la foule avec émotion et chacun ressent le sentiment d’avoir vécu un moment rare. 

La journée n’est pas finie, il y a Parkway Drive. La pluie est intense mais cela ne va pas faire peur aux australiens qui vont proposer un concert de grande qualité. Au-delà du Metalcore ils sont une valeur sure capable de fédérer les foules. Ce concert ne va pas faire exception, le groupe pioche dans sa riche discographie et fait un carton avec « Pray », « Dedicated » ou « Wild Eyes ». On ne peut que savourer ce parfait mélange de puissance et de mélodie qui a fait un carton auprès de fans conquis. La journée s’achevant ainsi de la meilleure des manières.

Vendredi 5 juillet : 

La journée du 5 Juillet débute avec Megara. Le groupe espagnol emmené par une Kenzy haute en couleur propose une prestation sympathique avec un Metal alternatif teinté d’Electro qui a mixé reprises et titres originaux. Brothers Till We Die va mettre le feu en habitué des lieux avec un Metalcore énergique. La foule va fortement réagir et le petit passage du chanteur en slam dans la fosse a fait son effet. Childrain vient du Pays Basque et va faire son effet avec un Metalcore costaud et grâce à une énergie certaine. Le Metalcore reste à l’honneur avec While She Sleeps. Pour ce concert Loz est absent et est remplacé par Scott Kennedy de Bleed From Within. Cela ne va pas empêcher le groupe de faire un carton avec « Hurricane » ou « Four Walls » dans une excellente ambiance et avec une facette métallique mise en avant. Trivium débarque tôt pour un groupe de son envergure, mais cela ne va pas le refroidir. Au contraire, Matt Heafy et sa bande sont en forme. Le groupe balance quatre titres de The Sin And The Sentence. Parmi eux, « Beyond Oblivion » fonctionne à merveille, à côté on retrouve un joli best-of. Il y a le puissant « Down From The Sky », l’efficace « Until The World Goes Cold » et le classique « In Waves ». Ce dernier voit la foule se chauffer dans une excellente ambiance. Même court, ce concert a été une réussite. Derrière, Wormed a tiré son épingle du jeu avec un Death Brutal et technique dans la lignée d’un Cannibal Corpse. Le groupe n’a pas fait de détails et a ravi les fans. 

Arch Enemy va proposer un show carré et professionnel. Alissa est en forme et hurle avec intensité tandis que ses compères tissent cet ensemble Death mélodique avec précision. Avec « War Eternal », « You Will Know My Name » ainsi que « Dead Eyes See No Future », « The Eagle Flies Alone » ou « No Gods, No Masters » le groupe propose un beau regard sur sa carrière sans négliger les temps anciens. Avatar propose son show burlesque avec énergie. Le côté artistique et théâtral fascine toujours, le charisme de John Alfredsson emporte l’adhésion du public. Rien qu’avec « Hail The Apocalypse » ou avec « The Eagle Has Landed » ou « Smells Like A Freakshow », il a fait un carton. 

Tête d’affiche, Slipknot va proposer un concert intense et impressionnant visuellement. Il y a cette folie que l’on ressent chez des musiciens déchainés, à commencer par un Corey Taylor maitre de cérémonie charismatique. La setlist est efficace en forme de Best-Of avec juste un nouveau titre, « Unsainted ». A côté les classiques vont s’enchaîner dans une ambiance survoltée. « Get This », « Before I Forget » ou « The Devil In I », « The Heretic Anthem » et « Duality » et bien d’autres ont été savourés comme il se doit. Taylor a montré une grande forme en growl et en chant clair et ses partenaires ont tissé cet univers oppressant. Sur les rappels Taylor fait s’agenouiller le public pour un effet énorme… À « Spit It Out » et « Surfacing » d’achever le concert avec force. Spliknot a montré qu’il n’était pas rouillé. 

Cradle Of Filth va proposer une solide prestation avec un Dani Filth en voix et hurlant comme un damné et des musiciens brillants qui permettent au groupe de retrouver tout son aura. La setlist fait la part belle aux grands titres du groupes avec « Nymphetamine » et « Her Ghost In The Fog » et aussi avec des classiques du Black Metal que sont « Cruelty Brought Thee Orchids » ou « Malice Through The Looking Glass ». Cradle Of Filth a proposé un excellent show et rencontré un succès mérité. Crisix achève la journée alors que la nuit est tombée. Les thrasheurs vont donner la leçon, la fête est énorme et le guitariste fait même un tour dans une fosse survoltée. Ce concert aura été une réussite.

Samedi 6 juillet : 

La dernière journée commence avec Celtiberrian. Et débuter avec une dose de Folk Metal à l’Espagnol est idéal pour se mettre en forme avec de belles mélodies et une puissance certaine. Derrière, Strikeback balance un concert solide avec un Thrash percutant inspiré des grands anciens comme Exodus ou Slayer. Alien Weaponry est la sensation du moment. Les Néo-Zélandais mixent Thrash Groovy avec des arrangements ethniques maoris et ont attiré les curieux. Ces derniers ressortent ravis tant le groupe maitrise son art. Avec « Holding The Breath » ou « Rū Ana Te Whenua», ils ont montré un énorme potentiel. Destroyers Of Alla proposé une bonne prestation avec un Death teinté de Groove et de Prog. Le public était clairsemé mais les amateurs ont apprécié la qualité technique. 

Testament va faire honneur à sa légende. Chuck Billy est en forme et s’amuse toujours autant avec son micro tandis que ses compères tissent le meilleur de ce son Thrash. La setlist best-of est très apprécié du public. “Low”, “Into The Pit”, “D.N.R.”, “Practice What You Preach” ou “Over The Wall” font un carton et le final sur “The Formation Of Damnation” restera un immense moment. Le public finit en feu dans un déluge de circle-pit, le concert restera comme un des meilleurs de ce week-end. Vhäldemar propose un concert sympathique taillé dans un Power Metal de qualité en forme de bon interlude entre deux gros morceaux. Lamb Of God va mettre le feu avec son Thrash Groovy percutant. Blythe emmène sa troupe avec énergie et la foule explose. Il faut dire qu’avec « Walk With Me In Hell », « 512 » ou « Hourglass » et « Redneck », le groupe dispose de sacrées cartouches. Après cette tempête, Berri Txarrak débarque pour célébrer devant ses fans 25 ans de carrière au service d’un Rock Metal puissant et teinté de Pop. 

Tête d’afficheWithin Temptation enchaîne et attire la foule. Avec son Metal symphonique teinté de Pop, le groupe néerlandais va faire un carton avec un show très professionnel malgré quelques soucis de son. Sharon brille et s’impose comme une immense frontwoman avec charisme et une bonne humeur communicative. Le dynamisme a été au programme avec les entrainants « In The Middle Of The Night », « Faster » ainsi que « The Reckoning » et « Paradise ». L’émotion a été présente avec « Ice Queen » en acoustique de même que les tubes comme « What Have You Done » ou « Angels ». En rappel ‘Our Solemn Hour’ et l’immense « Mother Earth » ont achevé une très belle prestationCult Of Luna nous entraine dans une expérience sonore hors du temps avec son post métal teinté de Sludge d’une rare force d’âme et d’une profondeur pénétrante. 

King Diamond va proposer un concert splendide dans un décor magnifique avec une maison sur deux étages. Le show va être intense avec ce côté théâtral que l’on aime tant. Il y a du spectacle, des interludes et la magie opère de manière instantanée. Le King est en forme, sa voix suraigüe légendaire fascine et le public rentre dans ce concert comme dans une comédie musicale horrifique. Ses compères ne sont pas en reste et tissent cet univers Heavy Metal au travers de riffs et soli incisifs. Avec des pièces comme « Arrival », « A Mansion In Darkness » ainsi que « Halloween » ou « The Invisible Guests » et « Sleepless Nights », le King a ravi les amateurs en fouillant au plus profond de sa riche carrière sans faire dans la facilité. En final « Burn » et « Black Horsemen » achèvent de la meilleure des manières un spectacle splendide. La fin du festival aura été royale avec ce concert hors-normes. 

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A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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